Balade (Nouvelle-Calédonie)

Balade est un nom indigène de la Nouvelle-Calédonie. Il a été conservé de nos jours pour désigner une rade située à l'extrémité nord-est de la Grande Terre, une mission catholique et quatre tribus kanak (Saint-Denis, Saint-Gabriel, Saint-Paul et Sainte-Marie) à Pouébo.

Le village est anciennement dénommé Baïaoup.

Premier contact

James Cook séjourne dans ce port en 1774.

1843-1853

Balade est aussi le lieu où débarque, du Bucéphale (capitaine Julien Laferrière), la mission d'Amata, le 24 décembre 1843, pour évangéliser l'île de Nouvelle-Calédonie[1]. Guillaume Douarre (1810-1853), entouré du père Rougeyron (1817-1902) et des frères Blaise Marmoiton (1812-1847), Gilbert Roudaire (1813̠-1852), et Jean Taragnat (1816-1878), célèbre sa première messe le 25 décembre 1843 en tant qu'évêque in partibus d'Amata sur la plage de Ma(h)amate sous un banian qui existe encore actuellement. La première station missionnaire de Maamate est créée sur un domaine vendu par le chef Païma de Balade, qui en fixe lui-même les contours.

Le Bucéphale repart le 21 janvier 1844, laissant les cinq missionnaires missionnés pour assurer une présence française catholique.

En 1845,le navire Le Rhin rembarque un missionnaire, et laisse un chien saint-bernard, à qui on offre des ignames comme à un chef.

En 1846, la corvette La Seine fait naufrage à Pouébo, et les 232 hommes d'équipage viennent aider la mission à se développer, et compliquer les relations avec les tribus.

En 1847, le navire l'Arche d'alliance débarque quantité de marchandises qu'on stocke dans une grande case dénommée Société française d'Océanie. Tout semble changer ː sécheresse, mauvaise récolte d'ignames, et lèpre. On accuse les missionnaires de sorcellerie, et on fait place nette : une coalition Bayao-Bouélate-Maamate-Ouonbone-Pouébo laisse la mission en ruines.

Blaise Marmoiton connaît une fin tragique le 19 juillet 1847. L'église de Balade retrace à travers quelques vitraux la vie de ce martyr de cette mission catholique. Une stèle est visible devant l'église. La cause de sa béatification a été introduite en 1919[2]. Un procès-verbal des événements de 1847 (Balade et Pouébo) a été fait par CML Verguet.

Dans cette même rade de Balade, le 24 septembre 1853, le navire Le Phoque, avec 123 personnes à bord, amène l'amiral Auguste Febvrier Despointes qui prend possession de la région, au nom de l'empereur des Français Napoléon III, avant de repartir...

depuis 1853

Dès 1855, le gouverneur Eugène du Rouzet considère que le blockhaus protège un trop mauvais port. « Notre appui a affranchi la tribu de la sujétion des tribus voisines ». Le succès de la culture de la patate fait penser que construire une ville est possible.

Après les incidents de Touho de 1862, le chef Goa, de Balade, fait sa soumission.

En 1870, es créée la réserve de Balade, sur 2309 hectares, avec enclave de 163 hectares accordée à la Mission Mariste.

De 1892 à 1898, la tribu accueille, malgré elle, la population Béléma des îles Art et Pott (îles Bélep), réquisitionnées et transformées en léproserie.

En 1993, se déroule le cent-cinquantième anniversaire de la christianisation. Il est aussi voulu comme un deuil kanak. L'évêque de Nouméa annonce par lettre pastorale qu'il fera la demande publique de pardon, pour « les torts faits au peuple mélanésien dans les souffrances et les injustices dont furent victimes leurs ancêtres contraints d'abandonner de fait une part de leur culture ».

Bibliographie

  • Claire-Marie-Léopold Verguet (1817-1914), Société de Marie, Histoire de la première mission catholique au vicariat de Mélanésie, Carcassonne, 1854, réédition 2012 à Montpellier (ATR) par Léopold Verguet, pages 227-268, livre consulté le 15 avril 2016 à la Bibliothèque Bernheim (Nouméa),

Articles connexes

Sources

  1. http://docplayer.fr/15343567-Introduction-la-mission.html
  2. Henri Pourrat, L'épopée de Guillaume Douarre Ed. Flammarion
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