Baby-boom

(Redirigé depuis Baby boom)
Taux de natalité aux États-Unis entre 1909 et 2009 ; le segment en rouge correspond au baby-boom dans ce pays.

Le baby-boom ou babyboum (en français, « explosion des naissances ») est une augmentation importante du taux de natalité dans certains pays, juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les enfants nés durant cette période sont appelés des baby-boomers (voire simplement des boomers).

Cette période s'étend de 1945 jusqu'à 1955-1960[1], voire jusqu'au milieu des années 1970 selon les sources[2] pour la plupart des pays occidentaux[N 1]. Durant les deux premières décennies du XXIe siècle, les baby-boomers qui partent massivement à la retraite créent un nouvel effet socio-économique d'envergure : le papy-boom.

Fin de la Seconde Guerre mondiale

Cérémonie de baptême le 27 juillet 1944 de plusieurs bébés nés à la maternité de la maison maternelle départementale du Calvados, au château de Bénouville.
Cérémonie de baptême le de plusieurs bébés nés à la maternité de la maison maternelle départementale du Calvados, au château de Bénouville.

La Seconde Guerre mondiale se termine en 1945 par une victoire totale des Alliés, soit notamment le Royaume-Uni, la France, le Canada, l'Union des républiques socialistes soviétiques et les États-Unis. Si elle laisse un grand fossé dans l'économie et la démographie de la plupart des pays d'Europe, l'Amérique du Nord bénéficie pour sa part d'un renouveau économique et d'une explosion démographique historique[3].

La durée du baby-boom aux États-Unis s'étend de 1947 à 1965 (voir le schéma ci-dessus). Cette période est caractérisée par les 4P, abréviation de « Paix, Prospérité, Plein-emploi, Progrès »[4].

Pic de la natalité au Canada

Le taux annuel de naissances pour 1 000 habitants atteint « son plancher au Canada en 1937 à 20,1. L'amélioration des conditions économiques entraîne sa remontée, qui s'accélère pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce taux atteint 24,3 pour 1 000 habitants en 1945. En 1946, il grimpe à 27,2 et fluctue entre 27 et 28,5 jusqu'en 1959 puis redescend progressivement par la suite »[5].

En Asie

Taux de natalité chinois en orange : on observe un baby-boom peu après le Grand Bond en avant.

Les pays d'Asie connaissent de nombreuses difficultés après la guerre, et la Corée du Sud, Taïwan ou le Japon ont un baby-boom plus tardif et de plus faible intensité, dans les années 1950. Le baby-boom le plus important d'Asie a lieu en Chine populaire, immédiatement après la Grande famine, entre 1962 et 1976. Ce baby-boom a été très important, et en 2019 les baby-boomers représentaient près du quart de la population chinoise[6].

Génération sociologique

Les baby-boomers sont également une génération sociologique. Selon la théorie de William Strauss et Neil Howe, la génération des boomers occidentaux serait composée en grande partie d'idéalistes et d'égocentriques. Cette génération serait en conflit avec la génération X et aurait parfois des difficultés à comprendre le conservatisme, l'homogénéité et les capacités de travail en équipe qu'arborent leurs enfants de la génération Y.[réf. nécessaire]

Le sociologue français Louis Chauvel souligne la chance des membres de cette génération, dans les pays occidentaux, et souligne ce qu'il considère comme leur responsabilité dans la crise vécue par les générations suivantes. À l'inverse, des chercheurs comme Claudine Attias-Donfut ou Serge Guérin récusent cette approche mécaniste et soulignent l'importance des solidarités entre générations. Ils montrent que les disparités s'exercent d'abord au sein de chaque génération.

Selon le découpage des démographes, quatre générations composent actuellement la société occidentale : la génération silencieuse (née entre 1901 et 1944), la génération des baby-boomers (née entre 1945 et 1961), la génération X (née entre 1960 et 1978) et la génération Y (née entre 1979 et 1995)[1].

Déséquilibre démographique

La génération baby-boom se rapproche toujours plus de la retraite, à tel point que d’ici 2035 le nombre de retraités en Suisse aura augmenté de 61 %[7]. En revanche, le nombre de personnes entrant dans la vie active aura augmenté de seulement 7%, entraînant ainsi un manque de main d’œuvre.

Notes et références

Notes

  1. Patrice Minart (Patrice Minart, « La population française dans le temps - Le baby-boom (1946-1974) » (consulté le 24 novembre 2019)) soutient qu'en France le baby-boom commence en 1942, en conséquence de la politique familiale du régime de Vichy et du retour des prisonniers. Ceci est démenti par la courbe de natalité de la France pour le XXe siècle (voir par exemple Gérard-François Dumont, « La population de la France au XXe siècle : un bilan extraordinairement contrasté », Population et avenir, no 646,‎ , p. 4-9 (lire en ligne [PDF], consulté le 27 novembre 2018), p. 5).

Références

  1. a et b Carol Allain, Le choc des générations, Éditions Numeriklivres, , p. 83.
  2. « Baby boom, définition », sur ined.fr (consulté le 27 novembre 2018).
  3. « Le Canada de l'après-guerre à la fin des années 1950 », dans Histoire du Canada, , archive (lire en ligne).
  4. Jean-François Sirinelli, Génération sans pareille. Les baby-boomers de 1945 à nos jours, Tallandier, , p. 47.
  5. Baby boom sur L'Encyclopédie canadienne
  6. (en) Salvatores Babones, « Hao, Boomer! », sur foreignpolicy.com, (consulté le 24 avril 2020).
  7. Jérôme Cosandey, « Une base solide pour la pyramide des âges », sur Avenir Suisse, .

Voir aussi

Bibliographie

  • Jean-François Sirinelli, Les Baby-boomers. Une génération (1945-1969), Paris, Fayard, , 324 p. (résumé).
  • Jean-François Sirinelli, Génération sans pareille. Les baby-boomers de 1945 à nos jours, Paris, Tallandier, 2016, 277 p.
  • Rusty Monhollon, Baby Boom : People and Perspectives, Santa Barbara, ABC-CLIO, , 246 p. (lire en ligne).

Articles connexes