Axelle Lemaire

Axelle Lemaire
Axelle Lemaire en 2015.
Axelle Lemaire en 2015.
Fonctions
Députée de la 3e circonscription des Français établis hors de France

(2 mois et 24 jours)
Prédécesseur Christophe Premat
Successeur Alexandre Holroyd

(1 an, 10 mois et 19 jours)
Élection 17 juin 2012
Législature XIVe (Cinquième République)
Groupe politique SRC
Prédécesseur Circonscription créée
Successeur Christophe Premat
Secrétaire d'État chargée du Numérique et de l'Innovation[n 1]

(2 ans, 10 mois et 25 jours)
Président François Hollande
Gouvernement Manuel Valls I et II
Cazeneuve
Prédécesseur Fleur Pellerin
Successeur Christophe Sirugue
Biographie
Date de naissance (43 ans)
Lieu de naissance Ottawa (Canada)
Nationalité Française
Canadienne
Parti politique Parti socialiste
Diplômé de IEP de Paris
Université Panthéon-Sorbonne
King's College
Profession Juriste
Résidence Paris

Axelle Lemaire, née le à Ottawa, est une femme politique et juriste française-canadienne membre du Parti socialiste.

Élue en 2012 députée de la troisième circonscription des Français établis hors de France (Europe du Nord) et secrétaire nationale du Parti socialiste aux droits de l'Homme[1], elle est secrétaire d’État chargée du numérique dans les gouvernements Valls I, Valls II et Cazeneuve de 2014 à 2017. Elle est alors notamment responsable du projet de loi pour une République numérique.

Biographie

Formation

Axelle Lemaire est née au Canada d’une mère française et d’un père québécois[2], ce dernier était professeur de communications à l'Université d'Ottawa et à l'Université St-Pau, ses deux parents étant très politisés à gauche[3]. Ayant grandi à Hull, au Québec, elle arrive à Montpellier à l’âge de 16 ans[4] suite à la retraite de son père et la volonté de sa mère de revenir en France[3]. Elle effectue une première année de classe préparatoire littéraire au Lycée Joffre de Montpellier puis une licence et un Master en Management Public à Sciences Po (section service public). Elle effectue ensuite une maîtrise puis un DEA de droit à l'Université Paris II Panthéon-Assas (2000) et un LLM (Maîtrise) au King's College de Londres (2003).

Vie professionnelle

Elle a travaillé entre 2007 et 2011 auprès de l'ancien député travailliste Denis MacShane à la chambre des Communes[5] au Royaume-Uni.

En 2014, elle est désignée marraine de la promotion 2017 de l'ENSEA[6].

Carrière politique

François Hollande et Axelle Lemaire, au siège du PS, en août 2011.

De 2008 à 2012, Axelle Lemaire est la secrétaire de la section du PS de Londres. Secrétaire nationale aux Français de l'étranger en 2012, elle est nommée secrétaire nationale aux droits de l'Homme en novembre 2012[7].

Lors des élections législatives de 2012, elle est élue députée de la 3e circonscription des Français établis hors de France en l'emportant avec 54,76 % des voix[8]. Son suppléant est Christophe Premat[9].

Selon le site internet lepoint.fr, elle réside à Londres, qu'elle ne souhaite pas quitter. Ses responsabilités de mère de deux jeunes enfants l'auraient conduite, le , à refuser[10] le portefeuille de « secrétaire d'État » auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Français de l'étranger, dans le deuxième gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Sur la proposition du président François Hollande, elle était pressentie pour remplacer Yamina Benguigui, qui cumulait cette fonction avec celle de ministre déléguée à la Francophonie, dans le premier gouvernement Ayrault. Après qu'elle a décliné cette offre[11], c'est la sénatrice Hélène Conway-Mouret qui est devenue ministre déléguée des Français de l'étranger, tandis que Yamina Benguigui conservait le portefeuille de la Francophonie.

Désignée secrétaire de la commission des Lois constitutionnelles, de la Législation et de l'Administration générale de la République, elle est, en 2013, rapporteur pour avis du projet de loi de régulation des activités bancaires. En 2013, elle est chef de file du groupe socialiste, républicain et citoyen lors de l'examen du projet de loi pour l'égalité entre les femmes et les hommes[12].

Elle est également membre de la commission des Affaires européennes, pour laquelle elle suit plus précisément le secteur du numérique dans le cadre de la labellisation French Tech[13]. Elle a présenté avec Hervé Gaymard un rapport sur la stratégie numérique de l'Union européenne publié en [14]. Elle est également présidente du groupe d’amitié parlementaire France/Grande-Bretagne et Irlande du Nord et s'intéresse à la protection des droits fondamentaux et des libertés publiques, la politique européenne, les secteurs du numérique et de l’innovation, l’entrepreneuriat, l’intelligence économique, la régulation bancaire[2].

Axelle Lemaire, secrétaire d’État chargée du Numérique, lors de la clôture des Assises nationales de la médiation numérique, à la MRI de Caen, le 10 octobre 2015.

Le , elle est nommée secrétaire d’État chargée du numérique, sous l'autorité du ministre de l’Économie et du redressement productif[15], dans le gouvernement Valls I[16]. Elle est confirmée dans ses fonctions dans le gouvernement Valls II en août, sous la tutelle d'Emmanuel Macron.

En juin 2014, elle menace de quitter le Comité consultatif gouvernemental[17] de l'ICANN notamment en raison des répercussions commerciales négatives sur le marché viticole français de son nouveau programme de domaine générique[18],[19].

Dans le cadre du futur projet de loi relatif à l'économie numérique, Axelle Lemaire plaide pour une République numérique : « Le numérique doit être un outil au service du développement économique, de l'inclusion sociale et de l'animation de la vie dans les territoires. La République numérique, c'est une stratégie globale qui se décline au sein du gouvernement, pour chacun des ministères ». Ce projet de loi préfigure aussi un soutien plus important des startups : « Les jeunes entreprises innovantes doivent bénéficier, en Europe, de possibilités de financement aussi importantes qu’aux États-Unis »[20]. La loi pour une République numérique est définitivement adoptée le 28 septembre 2016[21]. Axelle Lemaire a également participé à la création de la Grande École du Numérique[22],[23].

Fin 2016, elle reproche au ministre de l'Intérieur des garanties insuffisantes dans la création du fichier TES[24]. Dans le cadre de la primaire de 2017, elle reste neutre au premier tour, mais exprime une certaine préférence au second tour : « je ne crois pas que [Manuel Valls] soit aujourd’hui en capacité de rassembler. Benoît Hamon a décliné un programme solide sur le fond et met en avant des propositions intéressantes[25] ». Elle juge le bilan du gouvernement « globalement positif », mais « J’ai vécu l’épisode de la déchéance de nationalité comme une blessure. Je suis une binationale : j’aurais un côté moins français que les autres[25]. »

Après la victoire de Benoît Hamon à la primaire, elle est chargée d'une « mission Innovation 2025 » dans le cadre de sa campagne présidentielle[26]. Elle démissionne ensuite du gouvernement le pour se consacrer à sa campagne pour les élections législatives[27],[28] expliquant que le contexte politique et ses obligations familiales lui nécessitent un temps long pour faire campagne : « En 2012, lorsque j’ai été candidate sur cette circonscription, j’ai eu besoin de deux ans. Aujourd’hui, faire une campagne éclair alors que le moment, avec le Brexit, est historique, c’est impossible[29]. »

Critiques

Durant son mandat de secrétaire d’État chargée du numérique, Axelle Lemaire se prononce en septembre 2014, lors d'une interview avec Le Journal du Net, en faveur de la défense du principe de neutralité du réseau, et réitère sa position le 22 mai 2015 lors d'un débat réalisé par la chaîne ThinkerView dans le bureau du Ministre. Sa défense apparente de la neutralité du net à l'échelle européenne est remise en cause par La Quadrature du Net qui a effectivement dénoncé la décision du Conseil de l'Union européenne de favoriser au contraire la neutralité du réseau et la surveillance numérique généralisée avec le filtrage des contenus au moyen de l'inspection profonde des paquets[31].

Axelle Lemaire met en colère Christian Thorel, directeur de la librairie Ombres blanches, en conseillant aux libraires de collaborer avec Amazon et en les prévenant qu'il ne sert à rien de s'enfermer dans « des réflexes défensifs de résistance »[32].

Il lui est régulièrement reproché l'écart entre ses discours favorables à une liberté d'Internet et aux lanceurs d'alertes, et son soutien au projet de loi relatif au renseignement de son gouvernement[33].

Le 16 juin 2015, s'étant peu exprimée lors des discussions sur le projet de Loi relative au renseignement, jugé restrictif pour les libertés fondamentales par ses détracteurs[34], jusqu'à son adoption par une large majorité du Parlement, Axelle Lemaire aurait évoqué, selon Mediapart, l'idée récurrente d'une démission du gouvernement[35].

Notes et références

Notes

  1. Secrétaire d'État chargée du Numérique jusqu'au .

Références

  1. « Les secrétaires nationaux du Parti Socialiste », parti-socialiste.fr, consulté le 30 avril 2013.
  2. a et b http://www.axellelemaire.eu/ma-bio/
  3. a et b Axelle Lemaire, Gatinoise devenue députée française, journallarevue.com.
  4. Invitée de l'émission On n'est pas couché du 14 mars 2015
  5. « Axelle Lemaire, une franco-canadienne au Parlement », lemonde.fr, 20 juin 2012. Consulté le 22 juin 2012.
  6. « Des parrains et marraines de promotion de renom » (consulté le 16 juin 2015).
  7. « Le PS a son nouveau gouvernement », lelab.europe1.fr, consulté le 30 avril 2013
  8. Résultats des élections législatives, Ministère de l'Intérieur, consulté le 2 avril 2014
  9. www.franskainstitutet.se
  10. « Hollande a voulu recruter une ministre sur Canal+ », 22 juin 2012, lepoint.fr, consulté le 22 juin 2012.
  11. « Axelle Lemaire, la députée qui a retardé le mini-remaniement », lelab.europe1.fr, consulté le 30 avril 2013.
  12. « Axelle Lemaire : "l’égalité entre les femmes et les hommes a progressé " », sur lessocialistes.fr, (consulté le 16 juin 2015).
  13. French Tech : Axelle Lemaire à Grenoble Place Gre'net, 12 septembre 2014.
  14. Rapport sur la stratégie numérique de l'Union européenne, Assemblée nationale, consulté le 2 avril 2014.
  15. Composition du Gouvernement, présidence de la République, 9 avril 2014.
  16. Décret du 9 avril 2014 relatif à la composition du Gouvernement, JORF no 0085 du 10 avril 2014, p. 6560.
  17. https://gacweb.icann.org/display/gacweb/Governmental+Advisory+Committee
  18. https://archive.icann.org/fr/topics/new-gtlds/factsheet-new-gtld-program-oct09-fr.pdf
  19. « La France s'oppose à l'attribution des noms de domaine en «.vin» » (consulté le 17 juin 2015)
  20. Damien Leloup et Sarah Belouezzane, « Une loi pour créer une « république numérique » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  21. « Le projet de loi pour une République numérique définitivement adopté | Le portail des ministères économiques et financiers », sur www.economie.gouv.fr (consulté le 1er décembre 2016)
  22. « Axelle Lemaire : « Le Brexit Ferme Les Portes A L’Avenir » | Forbes France | Page 2 », sur www.forbes.fr (consulté le 24 novembre 2016)
  23. Vincent Fagot, « Les partenaires privés font leur entrée dans la Grande Ecole du numérique », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  24. Julien Lausson, « Axelle Lemaire : quel bilan sur le numérique ? », numerama.com, 28 février 2017.
  25. a et b Adrien Schwyter, « Primaire à gauche: pour Axelle Lemaire, Valls n'a pas "la capacité de rassembler" », challenges.fr, (consulté le 25 janvier 2017)
  26. « Hamon forme un nouvelle "gouvernance" de sa campagne, avec Peillon et Montebourg », lepoint.fr, 26 février 2017.
  27. « La secrétaire d'État Axelle Lemaire démissionne », sur Le Dauphine libéré, (consulté le 27 février 2017)
  28. Sandrine Cassini et Martin Untersinger, « Axelle Lemaire, une secrétaire d’Etat attirée par les mutations sociétales liées au numérique », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  29. Lilian Alemagna, « Axelle Lemaire : «Pourquoi je quitte le gouvernement» », liberation.fr, (consulté le 27 février 2017)
  30. « L'Union Européenne tente encore de sacrifier la neutralité du Net | La Quadrature du Net », sur www.laquadrature.net (consulté le 17 juin 2015)
  31. Axelle Lemaire met Christian Thorel en colère, Livres-Hebdo du 12 octobre 2014.
  32. « Axelle Lemaire : la loi renseignement «n’a rien à voir» avec la CIA et la NSA », sur liberation.fr, (consulté le 16 juin 2015).
  33. « Atteintes aux libertés publiques de la loi sur le renseignement : à défaut d’éviter son vote, les garde-fous qui pourraient encore limiter le dérapage » (consulté le 25 septembre 2015)
  34. « Loi renseignement : Axelle Lemaire aurait songé à quitter le gouvernement », sur lefigaro.fr, (consulté le 16 juin 2015).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes