Attentat de Gao

Attentat de Gao

Localisation Gao (Mali)
Cible Groupes armés de la Plateforme et de la CMA, armée malienne
Coordonnées 16° 16′ 00″ nord, 0° 03′ 00″ ouest
Date
Vers h 40 (UTC)
Type Attentat-suicide
Armes Voiture piégée
Morts 54 à 77[1],[2],[3]
Blessés 115 à 120[4],[5],[3]
Auteurs Abdelhadi al-Foulani
Participants 1 kamikaze[4]
Organisations ShababFlag.svg AQMI
Mouvance Terrorisme islamiste

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Attentat de Gao

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Attentat de Gao

L'attentat de Gao a eu lieu le dans un camp militaire de Gao, pendant la guerre du Mali. Revendiqué par Al-Mourabitoune, un groupe affilié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), l'attaque vise des groupes armés de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) et de la Plateforme des mouvements du 14 juin 2014 d'Alger, elle fait 54 morts.

Contexte

Le nord du Mali tombe en 2012 aux mains des rebelles touaregs du MNLA, évincés ensuite par leurs anciens alliés djihadistes, notamment Al-Qaïda au Maghreb islamique. La région est reprise l'année suivante par une coalition de pays africains menée par la France qui lance l'opération Serval en janvier 2013. En août 2014, elle est remplacée par l'opération Barkhane dans tout le Sahel. Malgré tout, les djihadistes restent actifs dans le nord du Mali, profitant notamment des divisions entre groupés armés loyalistes et rebelles indépendantistes.

En 2015, les rebelles de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) signent l'accord d'Alger avec le gouvernement malien, son application prévoit notamment la mise en place de patrouilles mixtes entre les anciens belligérants[6]. L'application de l'accord est cependant retardée par des combats à l'été 2015, puis à l'été 2016, entre les rebelles de la CMA et les groupes armés loyalistes de la Plateforme[7].

Déroulement

Le matin du mercredi , environ 600 combattants des groupes armés de la CMA, de la Plateforme et quelques militaires maliens se rassemblent dans le camp du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) à Gao, situé à proximité de l'aéroport, tenu par 1 500 soldats français[6],[8],[9].

À h 40, alors que les combattants des groupes armés effectuent une séance d'entraînement avant de commencer une patrouille mixte, un véhicule aux couleurs du MOC force la barrière à l'entrée du camp[4],[8]. Il s'agit en réalité d'un véhicule piégé conduit par un kamikaze[4]. Il explose près des membres de la patrouille, faisant des dizaines de victimes[9],[6],[4].

L'explosion provoque une panique générale à l'intérieur du camp[10]. La zone est ensuite quadrillée par les casques bleus de la MINUSMA et l'armée malienne[4].

Bilan humain

Le soir de l'attaque, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta annonce un bilan d'au moins 60 morts et 115 blessés[4]. Le lendemain, l'état-major de l'armée française annonce que le bilan est monté à 77 morts[2]. L'attentat de Gao est alors le plus meurtrier jamais commis au Mali[6],[4]. Le gouvernement malien décrète un deuil national de trois jours[6].

Le 23 février 2017, le général Amadou Kane, commandant adjoint MINUSMA, déclare que le bilan humain de l'attentat a été revu à la baisse, à 54 morts, après vérifications auprès des listes des combattants des groupes armés et de l'armée malienne[1]. Le décompte erroné des victimes serait du à la précipitation après l'explosion et à un certain nombre de corps déchiquetés[1]. Cependant le même, l'AFP affirme avoir eu accès à un document du MOC qui fait état d'un bilan de 61 morts et 116 blessés[3].

Revendication

L'attentat est revendiqué le jour même par la katiba Al-Mourabitoune, le groupe de Mokhtar Belmokhtar affilié depuis plus d'un an à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI)[11],[12],[13]. Dans son communiqué, publié par l'agence de presse mauritanienne Al-Akhbar, le groupe affirme que l'attaque a été menée par un Peul nommé Abdelhadi Al-Foulani ou Abdellah Hadi al-Ansari[12],[8],[14].

Dans son communiqué, Al-Mourabitoune déclare : « Nous n’autorisons pas l’installation de baraquements et de bases ni le regroupement de patrouilles et de convois appartenant aux occupants français, pour faire la guerre aux moudjahidin »[14]. L'objectif est alors d'ébranler le processus de paix[14].

Suites

La mise en place du MOC est retardée à cause de l'attentat, les premières patrouilles mixtes ont lieu à Gao le 23 février 2017[15],[3].

Voir aussi

Vidéographie

Références

  1. a, b et c Baba Ahmed, Mali : le bilan de l’attentat contre le camp militaire de Gao revu à la baisse, Jeune Afrique, 24 février 2017.
  2. a et b 77 morts dans l'attentat suicide de Gao, Le Figaro avec AFP, 19 janvier 2017.
  3. a, b, c et d Mali : les premières patrouilles mixtes font leur apparition à Gao, Jeune Afrique avec AFP, 23 février 2017.
  4. a, b, c, d, e, f, g et h « Mali : un attentat-suicide tue 60 soldats de la future armée malienne unitaire », sur lemonde.fr avec AFP,‎ (consulté le 19 janvier 2017).
  5. Mali: six jours après l’attaque meurtrière, Gao reste sous le choc, RFI, 24 janvier 2017.
  6. a, b, c, d et e « Mali: un attentat-suicide fait au moins 47 morts dans un camp à Gao », sur rfi.fr,‎ (consulté le 18 janvier 2017).
  7. Mali : gouvernement et groupes armés s’accordent pour créer des autorités intérimaires dans le nord, Jeune Afrique avec AFP, 16 juin 2016.
  8. a, b et c Célian Macé, A Gao, le sanglant message d’Al-Qaeda à l’ONU et à la France, Libération, 19 janvier 2017.
  9. a et b Diane Berger, « Mali : un attentat suicide vise les forces progouvernementales », sur lefigaro.fr,‎ (consulté le 18 janvier 2017).
  10. Attentat à Gao : "On peut entrer et sortir comme on veut dans ce camp militaire", France 24, 18 janvier 2017.
  11. Mali: un groupe lié à al-Qaida revendique l'attentat de Gao, Le Figaro avec Reuters, 18 janvier 2017.
  12. a et b Mali : le groupe de Belmokhtar revendique l'attentat qui a fait près de 50 morts, Le Point avec AFP, 18 janvier 2017.
  13. Mali: le groupe terroriste al-Mourabitoune revendique l'attaque du camp de Gao, RFI, 18 janvier 2017.
  14. a, b et c Christophe Châtelot, Au Mali, les djihadistes ont attaqué un symbole du processus de paix, Le Monde, 19 janvier 2017.
  15. Mali: à Gao, coup d'envoi des patrouilles mixtes pour sécuriser le Nord, RFI, 24 février 2017.