Attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo

Du sarin est propagé dans cinq rames du métro convergeant vers la station de Kasumigaseki.

L'attentat au gaz sarin dans le métro de Tōkyō (地下鉄サリン事件, Chikatetsu sarin jiken?), est un acte de terrorisme perpétré par des membres de la secte Aum Shinrikyō le [1].

Attentat

Lors de cinq attaques coordonnées, sur les lignes Chiyoda, Marunouchi et Hibiya du métro de Tōkyō, un membre de chaque équipe perce un sac contenant des poches de sarin sous forme liquide avec la pointe d'un parapluie après que celui-ci fut posé au sol, laissant le gaz s'évaporer dans les cinq rames bondées. Cet attentat qui a lieu à 8 heures du matin, à une heure de pointe, tue douze personnes, en blesse gravement cinquante et cause des problèmes de vision temporaires à près d'un millier d'autres. Le bilan, relativement léger vu la toxicité extrême de cette substance, serait dû à la mauvaise qualité du produit, très difficile à synthétiser[2]. Cela n'empêche pas que certaines victimes sont paralysées à vie, d'autres restant dans le coma des dizaines d'années[3].

L'attaque est dirigée contre les trains passant par Kasumigaseki et Nagatachō, qui abritent le gouvernement japonais. C'est le plus grave attentat au Japon depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce groupe a effectué une première attaque  au sarin le , un camion modifié pour la circonstance lâchant du gaz sur un parking d'un supermarché de Matsumoto dans un quartier résidentiel, faisant sept morts et intoxiquant plus de 200 personnes[4].

Le bilan final fait état de douze morts et plus de 5 500 blessés[5].

Le , la police perquisitionne de nombreux locaux de la secte, découvrant que la secte s'est procuré et a constitué des stocks de bacilles du charbon, de la fièvre Q, et de toxine botulinique. De 1990 à 1995, Aum avait tenté des attaques bioterroristes avec ces armes, sans succès[6]. La police découvre également que des membres scientifiques de la secte avaient préparé un stock de 80 tonnes de trichlorure de phosphore (élément important pour la fabrication du sarin), qui aurait suffi à tuer cinq millions de personnes[7].

Une procédure judiciaire est engagée depuis 1995 contre 189 membres d'Aum impliqués à des degrés divers dans la fabrication du gaz neurotoxique mortel. Le , treize membres de la secte Aum, dont le gourou Shōkō Asahara, sont condamnés à mort par pendaison pour cet attentat, attendant depuis, dans le couloir de la mort, la mise en œuvre de cette sentence[8].

Le , Katsuya Takahashi, dernier membre de la secte responsable des attaques encore en fuite, est arrêté dans un manga café, au sud de Tokyo[9].

Conséquences

L'attentat terroriste perpétré par des membres de la secte Aum Shinrikyō a entraîné le changement de nom de l'organisation en 1999, qui s'appelle maintenant « Aleph ». Elle est sous la surveillance de la police. Les principaux membres dirigeants sont derrière les barreaux, certains, dont le gourou, Shōkō Asahara, attendent toujours leur exécution par pendaison dans le couloir de la mort.

Œuvres littéraires

  • Le roman de Romain Slocombe La Crucifixion en jaune, tome 2 : Brume de printemps porte en partie sur les agissements d'Aum Shinrikyo, et en particulier sur l'attentat au gaz sarin.
  • L'essai de Haruki Murakami Underground paru en 2013 en France (1997 au Japon) regroupe un ensemble d'entretiens avec les victimes de ces attentats et certains membres de la secte Aum Shinrikyō.
  • La bande dessinée Matsumoto de Laurent-Frédéric Bollée et Philippe Nicloux, parue en 2015 aux éditions Glénat.
  • La bande dessinée de Hisaichi Ishii Mes voisins les Yamada parue aux éditions Delcourt relate l'évènement.

Œuvres télévisuelles

  • En raison de cet attentat, le scénario de la série de super Sentai Ohranger dut être modifié à la dernière minute.[réf. souhaitée].

Notes et références

  1. « À l'origine de l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo, la secte Aum Shinrikyō sera bientôt dissoute » [archive du ], sur archives.lesoir.be (consulté le 20 juillet 2010).
  2. Universalia : les événements, les hommes, les problèmes en 2003, Encyclopædia Universalis France, , p. 286.
  3. Jean-Claude Raspiengeas, « Gaz sarin : témoignage des victimes de l'attentat du métro de Tokyo en 1995 », sur la-croix.com, .
  4. Luca 2016, p. 87.
  5. « Attentat dans le métro de Tokyo » [archive du ], sur archives.radio-canada.ca (consulté le 20 juillet 2010).
  6. Berche 2007, p. 259.
  7. Catherine Le Brech, « L'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo et la secte Aum », sur francetvinfo.fr, .
  8. « Le Japon commémore l'attaque au gaz sarin à Tokyo », sur www.peinedemort.org (consulté le 20 juillet 2010).
  9. Leblond 2012, p. 87.

Voir aussi

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Nathalie Luca, Les sectes, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? » (no 2519), , 3e éd. (ISBN 2-13078-760-6 et 978-2-13078-760-0, présentation en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Patrick Berche, Une histoire des microbes, John Libbey Eurotext, , 307 p. (ISBN 2-74200-674-5 et 978-2-74200-674-8, présentation en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Renaud Leblond, Dérives sectaires. Les nouveaux gourous, Éditions StoryLab, , 54 p. (ISBN 2-36315-197-6 et 978-2-36315-197-1, présentation en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes

Lien externe