Assassinat de Theo van Gogh

Assassinat de Theo van Gogh

Localisation Amsterdam (Pays-Bas)
Cible Theo van Gogh
Coordonnées 52° 22′ 01″ nord, 4° 54′ 00″ est
Date 2 novembre 2004
9 h (CET)
Type Assassinat
Armes Armes à feu et blanches
Morts 1
Auteurs Mohammed Bouyeri
Organisations Réseau Hofstad 
Mouvance Terrorisme islamiste

Géolocalisation sur la carte : Amsterdam

(Voir situation sur carte : Amsterdam)
Assassinat de Theo van Gogh

L'assassinat de Theo van Gogh est l'assassinat du réalisateur néerlandais Theo van Gogh le 2 novembre 2004 par Mohammed Bouyeri à la suite d'un court-métrage critiquant l'islam.

Contexte

Theo van Gogh est un réalisateur néerlandais, qui tient des propos très critiques à l'égard de l'islam, qualifiant, après les attentats du 11 septembre, le prophète Mahomet d'« oncle obscène » et un « violeur de petites filles » et déclarant que « les Musulmans sont des enculeurs de chèvres ». Il réalisa par la suite un court-métrage très hostile à l'islam, Submission, en collaboration avec Ayaan Hirsi Ali.

Mohammed Bouyeri est né aux Pays-Bas de père marocain. Au moment des faits, il est âgé de 26 ans. Il fait partie du réseau Hofstad , une organisation islamiste terroriste composée principalement de jeunes Néerlandais d'origine maghrébine[1],[2].

Les faits

Vers 9 heures du matin, Mohammed Bouyeri tire à 8 reprises sur Theo van Gogh qui se déplace à vélo. Selon des témoins, Theo van Gogh, blessé et gisant sur le bitume, aurait supplié son assaillant de l'épargner en lâchant ces quelques mots : « Pitié! Pitié! Est-ce qu'on peut parler? ». En guise de réponse, Bouyeri lui tire plusieurs balles en pleine tête, l'égorge en le décapitant presque, puis plante le couteau dans la poitrine de la victime. Il plante ensuite un second couteau, plus petit, accompagné d'une note de menace de mort contre Ayaan Hirsi Ali, dans la poitrine de Theo van Gogh, qui est mort sur le coup. En plus de menaces contre les pays occidentaux et les Juifs, la note comprenait des références à un groupe islamiste égyptien radical.

Bouyeri est arrêté au cours d'une chasse à l'homme durant laquelle la police le blesse par balle à la jambe.

Conséquences

Aux Pays-Bas

Cet événement a eu une grande répercussion sur la politique et la vie de société aux Pays-Bas. Des manifestations ainsi que des actes violents xénophobes se multiplient[3].

La Fondation Anne-Frank note dans un rapport de décembre 2004 que « le problème de l'extrême-droite et de la culture raciste parmi les jeunes n'a jamais jusqu'à aujourd'hui atteint de telles proportions aux Pays-Bas »[4].

Le meurtrier est condamné le 26 juillet 2005 à perpétuité, sans possibilité de libération[5].

Les élections voient la montée des partis hostiles à l'islam, d'abord le WD, qui dépasse le seuil des 5 % pour la première fois après l'assassinat, ensuite du Parti pour la liberté (Partij voor de Vrijheid, PVV) créé en 2006 par le politicien Geert Wilders[6]. Ce dernier compare l'idéologie islamique au fascisme, et le Coran à Mein Kampf[7].

Dans le monde de la presse

D'aucuns prétendent qu'une auto-censure est apparue dans le monde de la presse et de l'édition à la suite de l'assassinat. Ainsi, l'écrivain Kåre Bluitgen se plaint que nul ne veut illustrer son nouvel ouvrage sur Mahomet. C'est en réponse à cette réflexion de Kåre que seront publiées en septembre 2005 les caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten[8].

Postérité

Outre son impact sur la société des Pays-Bas, l'assassinat de Theo van Gogh est également commémoré par une statue, De Schreeuw.

De Schreeuw

De Schreeuw, statue érigée en la mémoire de l'assassinat.

Une statue est érigée dans l'Oosterpark à Amsterdam, intitulée De Schreeuw (littéralement le cri), non loin du lieu de l'assassinat[9]. Elle est inaugurée le 18 mars 2007 par le bourgmestre d'Amsterdam, Job Cohen.

Celle-ci est réalisée par Jeroen Henneman , en acier inoxydable, d'une hauteur de 4,6 m[10], et montre de façon stylisée Theo van Gogh de profil, d'un côté pleurant la bouche grande ouverte, de l'autre la bouche fermée[10].

Elle est financée par l'Amsterdams Fonds voor de Kunst (littéralement le fonds d'Amsterdam pour l'art) et la ville d'Amsterdam[10].

L'ancien conseiller municipal d'Amsterdam Martin Verbeet décrit l'œuvre comme « un puissant symbole de la liberté d'expression »[10].

Articles connexes

Notes et références

  1. « Hoofdofficier: Mohammed Bouyeri handelde niet alleen », sur Dossier EenVandaag, (consulté le 30 septembre 2014)
  2. « Mohammed Bouyeri was leider Hofstadgroep », sur Elsevier, (consulté le 30 septembre 2014)
  3. « Après l'assassinat de Theo Van Gogh, les incidents xénophobes se multiplient aux Pays-Bas », Le Monde,‎
  4. Ine Koevoet, « LONSDALE Gone, Racism Solved? LONSDALE Youth and the Police. » (consulté le 30 septembre 2014)
  5. « L’assassin de Theo Van Gogh condamné à la perpétuité », sur La Libre Belgique, (consulté le 30 septembre 2014)
  6. « Partij voor de Vrijheid (PVV) », sur Parlement & Politiek (consulté le 30 septembre 2014)
  7. Thierry Portes, « Geert Wilders : «L'idéologie islamique est fasciste» », sur Le Figaro, (consulté le 30 septembre 2014)
  8. (de) Jörg Lau, « Islam: Allah und der Humor », sur Zeit, (consulté le 30 septembre 2014)
  9. « Monument Theo van Gogh onthuld (video) »
  10. a, b, c et d « Monument Theo van Gogh onthuld », sur Trouw, (consulté le 15 octobre 2014)

Liens externes

  • (fr) Revue de presse autour de l'assassinat de Theo van Gogh