Arnulf de Carinthie

Arnulf de Carinthie
Illustration.
Enluminure d'un manuscrit du XIVe siècle
Titre
Roi de Germanie
Prédécesseur Charles III le Gros
Successeur Louis IV de Germanie
Roi d'Italie
Prédécesseur Lambert de Spolète
Successeur Bérenger Ier de Frioul
Empereur d'occident
Prédécesseur Lambert de Spolète
Successeur Louis III l'Aveugle
Biographie
Dynastie Carolingiens
Date de décès
Père Carloman de Bavière
Mère Liutswinde
Conjoint Oda
Enfants Voir section

Arnulf de Carinthie[1] (vers 850 - 899) est un monarque carolingien, roi de Francie orientale de 887 et empereur d'Occident de 896 à 899.

Origine

Descendant de Charlemagne et petit-fils du roi Louis II le Germanique, Arnulf est fils de Carloman, qui gouverna les marquisats orientaux de Bavière, et de sa concubine Liutswinde, de noblesse bavaroise. ce fait il porte un nom carolingien réservé aux fils illégitimes[2]. Vers l'an 861, Carloman se détourna de sa maîtresse. En même temps, il s'insurge contre l'autorité du son père ; après une phase de réconciliation à partir de 865[3], il devient roi de Bavière à la mort de Louis en 876.

Roi de Germanie

Sa naissance hors mariage ne s'opposait pas à l'avancement d'Arnulf : en 876, son père lui assigna les marches bavaroises de Pannonie et de Carantanie (avec résidence à Moosburg). Carloman et son frère cadet Louis III le Jeune sont décédés en 880 et 882, et le plus jeune fils Charles III le Gros, pour une courte période, a été en mesure d'établir son règne sur tous les royaumes francs. Néanmoins, dans les années suivantes, il est apparu qu'il était incapable de restaurer ordre, paix et justice, peut-être par une santé mentale défaillante. Son mariage avec Richarde de Souabe resta sans enfants.

Arnulf est investi du duché de Bavière en 887 ; en novembre de la même année il est élu roi de Francie orientale à la diète de Tribur, après la déposition de Charles le Gros. Il combat victorieusement les Normands et bat les Vikings sur la Dyle dans la région de Louvain en . En à la tête d'une grande armée composée de Francs d'Alamans et de Bavarois, il mène une expédition victorieuse en Moravie[4]. Arnulf fait ensuite appel aux Magyars pour envahir la Grande-Moravie qui disparait dans les années qui suivent la mort de Svatopluk[5]. En 895 il accorde la Lotharingie à Zwentibold, le fils illégitime que lui avait donné sa concubine Winburge[6].

Empereur d'Occident

Dès 890, le pape Étienne V dont la confiance envers Guy de Spolète s'est estompée fait appel à Arnulf[7]. Toutefois, ce n'est qu'à partir de 893 que la conquête de l'Italie et le rétablissement de l'empire deviennent son objectif. Au début de 894, il s'impose en Italie du Nord et mène l'assaut contre Bergame. Au retour de cette expédition au début de , à l'assemblée générale tenue au palais de Tribur près de Mayence, le roi de Germanie parait prépondérant. Peu après à l'assemblée de Worms en , il fait figure d'arbitre de l'Occident et soutient son jeune cousin Charles le Simple comme héritier de Louis II le Bègue. L'année suivante, la situation s'étant dégradée en Francie occidentale, il arbitre en faveur du roi Eudes de France qui se présente devant lui avec des présents, contre le parti qui soutient son cousin qui n'a pas fait le déplacement[8].

Après la mort de Guy III de Spolète en , il se rend à Rome, où le pape Formose le couronne empereur d'Occident le puis il se fait reconnaître à Pavie en 897 comme roi d'Italie[9].

Au cours d'une campagne en Italie contre Lambert de Spolète, fils de Guy III, il est victime d'une attaque cérébrale qui l'oblige à rentrer en Bavière en 897. Ayant cessé de gouverner dans les faits à partir de cette date, il meurt à Ratisbonne le .

Son successeur est son fils Louis IV, dit l'Enfant, le dernier des Carolingiens en Germanie.

Ascendance

Article détaillé : Généalogie des Carolingiens.

Union et descendance

Arnulf épouse Oda dont il a un fils :

De sa maîtresse Winburge, il a un autre fils :

d'une autre maîtresse nommée Ellinrat, il a eu une fille homonyme. D'une autre maîtresse, il a un autre fils :

Notes et références

  1. Sa généalogie sur le site Medieval Lands
  2. Régine Le Jan Famille et pouvoir dans le monde Franc, Publications de la Sorbonne, Paris (ISBN 2859442685) p. 204
  3. Eric Joseph Goldberg Struggle for empire : kingship and conflict under Louis the German, 817-876 Cornell University Press, 2006 (ISBN 080143890X et 9780801438905)
  4. Louis Halphen Charlemagne et l'empire carolingien Albin Michel réédition 1968 p.  407
  5. Georges I. Bratianu, La mer Noire, des origines à la conquête ottomane, domaine roumain, Kryos, 2006 (3e édition).
  6. Joseph Calmette Le Reich allemand au Moyen Âge éditions Payot Paris 1951 p. 31.
  7. Louis Halphen Op.cit. p. 406
  8. Louis Halphen Op.cit. p. 408.
  9. Venance Grumel Traité d'Études Byzantines I « La Chronologie » dans Bibliothèque Byzantine Presses universitaires de France, Paris 1958 p. 414 & 418.

Sources

Voir aussi

Bibliographie

  • Pierre Riché, Les Carolingiens, une famille qui fit l'Europe, Paris, Hachette, coll. « Pluriel », (réimpr. 1997), 490 p. (ISBN 2-01-278851-3, présentation en ligne)
  • Jean-Charles Volkmann, Bien connaître les généalogies des rois de France, Éditions Gisserot, , 127 p. (ISBN 978-2-87747-208-1)
  • Michel Mourre, Le Petit Mourre. Dictionnaire d'Histoire universelle, Éditions Bordas, (ISBN 978-2-04-732194-2)
  • Louis Halphen Charlemagne et l'empire carolingien Albin Michel réédition 1968
  • Joseph Calmette Le Reich allemand au Moyen Âge éditions Payot Paris 1951

Liens externes