Arlit

Arlit
Administration
Pays Drapeau du Niger Niger
Région Agadez
Département Arlit
Démographie
Population 112 432 hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 18° 44′ 16″ nord, 7° 23′ 26″ est
Altitude 425 m
Localisation

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Arlit

Arlit est une ville de l'Aïr, dans le Sahara au nord du Niger, née en 1969 de la découverte de riches gisements d’uranium exploités depuis lors par la Société des mines de l'Aïr (Somaïr) ainsi que la Compagnie minière d’Akouta (Cominak).

Géographie

Arlit est une commune urbaine située dans le département d'Arlit (dont elle est le chef-lieu), dans la région d'Agadez au Niger, à environ 200 km au nord d'Agadez, 800 km au nord-est de Niamey la capitale du pays, et à 170 km au sud-est de la frontière algérienne.


Histoire

Arlit a été créée à la suite de la découverte et de la mise en exploitation en 1969 de riches gisements d’uranium par les autorités nucléaires françaises. Depuis les années 1970, la Compagnie générale des matières atomiques (Cogema), devenue Areva en 2006, a exploité avec ses filiales deux mines d'uranium, la carrière à ciel ouvert d'Arlit (Société des mines de l'Aïr) et la mine souterraine d'Akouta (société COMINAK). Ces deux mines ont fourni l'uranium utilisé comme combustible nucléaire dans les Centrales nucléaires en France et pour la Force de dissuasion nucléaire française.

Ancien eldorado qui attirait de nombreux immigrés de la région, Arlit est devenu aujourd'hui un lieu de transit important pour les clandestins en partance pour l'Algérie puis l'Europe.

Dans la nuit du , vers trois heures du matin, un groupe d'AQMI a capturé sept otages : un Togolais, un Malgache et cinq Français (dont Daniel Larribe et sa femme). La plupart des otages travaillaient pour le groupe nucléaire Areva.

Population

Démographie

La commune urbaine de Arlit comptait presque 90 000 habitants en (117 977 pour l'ensemble du département) dont 45 923 hommes et 43 634 femmes[2].

Évolution de la population de Arlit (commune urbaine)
2012 2013 2014 2015 2016
Nb d'habitants 79 725 80 966 83 735 86 598 89 557

Économie

Exploitation de l'uranium

Photo de la mine à ciel ouvert

Depuis 1968, 10 gisements d'uranium ont été exploités à Arlit (Ariège, Artois, Arlette, Tamou, Taza, Tagriza, Tamgak, Akola, Akouta et Afasto[3]). Actuellement, trois mines d'uranium (Arlit, Taza et Akouta) sont exploitées par des filiales de la société française Areva NC (du groupe Areva)[4], certaines sont exploitées à ciel ouvert (les mines de Somaïr) et d'autres par travaux souterrains (la mine de Cominak). Elles représentent un tiers des besoins en uranium des centrales nucléaires françaises[5].

La concession est de 375 km2 environ, à 250 km d'Agadez, 200 km de la frontière algérienne, dans le département d'Arlit, région d'Agadez, entre le 18e et 19e parallèles Nord, et 7e et 8e Est. Les villes d'Arlit et Akokan, qui se jouxtent, ont été créées par les compagnies minières[4].

En 2001, près de 80 000 tonnes d'uranium avaient été extraites des mines d'uranium d'Arlit et exportées vers la France par le port autonome de Cotonou (Bénin). Dans les années 1980, 40 % de la production mondiale en provenait et l'uranium représentait 90 % du montant des exportations du Niger.

De nos jours, l'exploitant subit la baisse des cours de l'uranium et a réduit ses effectifs à 700 employés. Les impacts sanitaires et environnementaux de l’exploitation ont été dénoncés par des militants et diverses ONG. Areva NC a notamment été critiquée pour les conditions d'exploitation du gisement et ses conséquences sanitaires et écologiques[6].

En septembre 2002, des renseignements provenant des services secrets occidentaux ont dénoncé la fourniture d'uranium d'Arlit à l'Irak. Bien que depuis lors démentis, ils ont été utilisés par les autorités américaines et anglaises pour accuser Saddam Hussein de développer des armes de destruction massive et justifier la deuxième guerre du Golfe en mars 2003[7]. Le 28 janvier 2003, lors de son discours sur l'état de l'Union, le président Bush fait référence au Niger pour défendre son plan de renversement du gouvernement de Saddam Hussein. Après la guerre, en 2005, des révélations sur ces mensonges d’État ont conduit au scandale du Nigergate et à l'Affaire Plame-Wilson.

Transport et communication

La ville d'Arlit possède un aéroport (code IATA RLT).

Elle est traversée par un grand axe nord-sud : la N25 Algérie-Arlit-Agadez-Tahoua (la route de l'uranium).

Culture et patrimoine

Films

Un cinéaste béninois, Idrissou Mora-Kpaï, a consacré un film à Arlit : Arlit, deuxième Paris (France / Bénin, 2005, 35 mm).

Amina Weira, nigérienne, a réalisé en 2016 un documentaire sur la contamination de la ville d'Arlit par les gisements d'uranium exploités par Orano (ex-Areva) dont le titre est La Colère dans le vent (Niger / Bénin / France, 54 min)[8],[9].

Notes et références

  1. Direction Régionale de l’Institut National de la Statistique d’Agadez, Annuaire des statistiques régionales 2012-2016, , 161 p. (présentation en ligne, lire en ligne [PDF]), p. 27.
  2. L'intégration de l'Afrique dans l'économie mondiale Par Arnaud Bourgain, Jean Brot, Hubert Gérardin
  3. a et b D'après beyond nuclear, Les mines d'Arlit et Akouta et Areva
  4. Nicolas de la Casinière, « Le soleil ne se couche jamais sur l'empire Vinci », sur monde-diplomatique.fr, (consulté le 17 janvier 2018)
  5. Le dossier sur la mine d'Arlit de la CRIIRAD
  6. Tony Blair maintient ses accusations - Nouvel Obs, 26/07/2003
  7. « La Colère dans le vent », sur film-documentaire.fr, (consulté le 27 février 2018)
  8. Matteo Maillard, « Niger : « A Arlit, les gens boivent de l’eau contaminée par la radioactivité » », lemonde.fr, (consulté le 4 mars 2018)

Voir aussi

Bibliographie

  • Michelle Gérard, Arlit et les retombées économiques de l'uranium sur le Niger, Secrétariat des missions d'urbanisme et d'habitat, 1974, 113 p. (texte remanié d'une thèse de 3e cycle de géographie)
  • Danièle Poitou, « Arlit, ville pionnière de l'industrialisation nigérienne », in L'Afrique et l'Asie modernes, 2e trimestre 1982, no 133

Articles connexes

Liens externes