Arcabas

Arcabas
Naissance
Décès
Nom de naissance
Jean-Marie Pirot
Pseudonyme
Arcabas
Nationalité
Activités
Formation
Site web
www.arcabas.com

Jean-Marie Pirot, connu sous le nom d'artiste d'Arcabas, né le à Trémery en Lorraine et mort le à Saint-Pierre-de-Chartreuse, est un peintre et sculpteur français.

Le Lorrain, devenu Chartroussin, était un artiste reconnu en France et à l'étranger d'art sacré contemporain.

Biographie

L'église Saint-Hugues.
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Fils d'instituteur, Jean-Marie Pirot devenu plus tard Arcabas, naît le 26 décembre 1926 à Trémery en Moselle[1]. Arcabas passe son enfance à Metz. La première grande déchirure de sa vie est la Seconde Guerre mondiale. Comme tant d'autres Malgré-nous en Moselle annexée, Jean-Marie Pirot est incorporé de force dans l'armée allemande, et voit le sang couler à 17 ans[1].

Formé à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, où il est admis définitivement le 9 juin 1945 sous le n° 8541 à l'Atelier de Nicolas Untersteller (1900-1967) qui deviendra directeur de l'école en 1948. Il y a pour condisciples : Ernest Risse peintre verrier, Hubert Villaret, Geneviève Laurent, Henriette Lambert et d'autres de l'Atelier de Jean Dupas, dont le peintre fresquiste Geoffroy Dauvergne. Il se tourne vers l'enseignement à l'École des beaux-arts de Grenoble ; ce sont ses étudiants qui lui donnent son surnom.

À partir de 1953, il se fait connaître à travers une œuvre monumentale réalisée en plusieurs étapes pendant plus de 30 ans : l'ensemble d'art sacré de l'église Saint-Hugues-de-Chartreuse à St-Pierre-de-Chartreuse dans le massif du même nom, commencée en 1951 et terminée en 1986. L'église Saint-Hugues est devenue musée départemental d'art sacré en octobre 1984, lors de la donation de cette œuvre par l'artiste au Conseil général de l'Isère.

Jean-Marie Pirot est professeur titulaire, chef d'atelier de peinture à l'École des Beaux Arts de Grenoble de 1950 à 1969. Il expose à la première Biennale de Paris en 1959. De 1961 à 1972, il crée les décors et les costumes de : La Danse de la mort d'August Strindberg ; Le Journal d'un curé de campagne de Bernanos, Les Justes d'Albert Camus, avec la Comédie des Alpes L'histoire du soldat de Ramuz et Stravinsky à l'Opéra du centre national des arts du Canada. Puis, de 1969 à 1972, il est « artiste invité » par le Conseil national des arts du Canada, et professeur titulaire à l’université d’Ottawa, où il crée et dirige « l'atelier collectif expérimental ». De retour en France, il fonde un atelier d’arts plastiques « Éloge de la Main » à l'université des sciences sociales de Grenoble.

Il a reçu depuis des commandes du gouvernement français, de collectivités locales ou de communautés religieuses.

En 1994, il réalise, avec son fils Étienne, à la Cathédrale Saint-Pierre de Rennes, l'autel de célébration, le mobilier liturgique, l'ambon et la cathèdre, clipeata. Cette œuvre fut consacrée par Monseigneur Jacques Jullien, archevêque de Rennes, en 1995.

Il a réalisé le mobilier liturgique de la chapelle où est inhumé Robert Schuman à Scy-Chazelles en Moselle. Il s'agit de l'œuvre la plus importante réalisée par l'artiste dans son département d'origine.

Cependant, dauphinois de cœur, l'artiste est très présent dans différentes collections privées ou publiques en Rhône-Alpes : préfecture de Grenoble (fresque et toile), basilique de la Salette (peintures et vitraux), église œcuménique de Chamrousse (mur de lumière, tabernacle et toile), église de Pontcharra (retable), églises de Moirans, du Sappey, de l'Alpe d'Huez (vitraux de l'Église Notre-Dame-des-Neiges de L'Alpe d'Huez). Mais aussi ailleurs en France (mobilier liturgique pour la cathédrale de Saint-Malo, en collaboration avec le sculpteur Étienne ; mosaïques de l'école de Ferette en Alsace) ainsi qu'à l'étranger : à Bruxelles, Francfort, Berlin, Ottawa, Montréal (Musée des Beaux Arts), au Panama, au Japon, au Mexique et aux États-Unis. En 2008 il fut chargé de l'aménagement complet (peintures, sculptures, vitraux, céramique du sol, mobilier liturgique, chasubles) de la Chapelle de la communauté de Piturello à Torre de Roveri à Bergame en Italie ainsi que de la Campanella (5 cloches), puis de la Chapelle de la Peta, à Costa Serina : vitraux, toile, mobilier liturgique. En 2012 il est pressenti pour créer les vitraux de la basilique du Sacré-Cœur de Grenoble en cours de rénovation : 24 vitraux (de 13 m² chacun) sur le thème de la Création[2], qui seront réalisés par l'Atelier Berthier-Bessac. En mars 2016, les vitraux monumentaux sont inaugurés dans la basilique[3],[4].

Arcabas a par ailleurs fait de nombreuses expositions, à Paris, Berlin, Bruxelles, Luxembourg, Ottawa, Bergame, Francfort, Lyon, Grenoble, Marseille ou Strasbourg.

Depuis 1986, Jean-Marie Pirot vivait et travaillait à Saint-Pierre-de-Chartreuse en Isère où il est décédé le 23 août 2018[5].

Caractéristiques de l'œuvre

Trône de la Sagesse (1985). Peinture exposée à Saint-Hugues-de-Chartreuse (France).
Vue à 180° dans le Musée d'Art sacré contemporain de Saint-Hugues-de-Chartreuse.

Arcabas a exercé différentes formes d'expression plastique telles que la gravure, la sculpture, le vitrail, la tapisserie, la verrerie, l'ébénisterie et la mosaïque. Il a également créé des décors et costumes de théâtre. La peinture reste cependant son moyen d'expression privilégié.

Son travail, qui s'inspire des paraboles et récits de la Bible, se présente souvent de manière linéaire et narrative : généralement sous forme de fresques, de cycles de tableaux et de polyptyques complétés par des prédelles. C'est le cas de ses polyptyques L'Enfance du Christ (onze panneaux à l'huile exécutés entre 1995 et 1997) ou Passion/Résurrection. Arcabas réintroduit généralement une part de profane dans le traitement de sujets sacrés : éléments et figures de la vie quotidienne actuelle, allusions à des thèmes d'actualité ou à une universalité qui dépasse largement les cadres bibliques.

L'usage de la couleur doit également être remarqué : les toiles de l'artiste se caractérisent par leur intense chromatisme, et par l'application de feuilles d'or, qui font de son travail une véritable œuvre sacrée.

Symbolique utilisée

Les anges protecteurs et la violence de la vie sont les deux grands thèmes qu'aborde son œuvre[1]. Les symboles sont omniprésents dans le travail du peintre, jusqu'à composer exclusivement certains petits tableaux, ce qui leur confère une dimension abstraite. Parmi les symboles utilisés, nous pouvons évoquer une petite croix trapue comme le signe +, généralement réalisée à l'aide de la feuille d'or. Ainsi, la croix devient un signe de vie, d'une grande richesse. À plusieurs reprises, l'artiste utilise également un « x » mais ne donne pour explication qu' une inspiration abstraite.

Ouvrages

  • Arcabas, N.D. de la Salette, Arcabas et Patrick Laudet, Cerf, 2006
  • Arcabas, Passion Résurrection, Arcabas et Fabrice Hadjadj, Cerf, 2004
  • Arcabas, L’Enfance du Christ, Arcabas et Jean Bastaire, Cerf, 2002
  • Arcabas et les pèlerins d’Emmaüs, Arcabas et François Boespflug, Cerf, 1995
  • Arcabas, Saint-Hugues-de-Chartreuse, Arcabas, François Boespflug et Helmut Nils Loose, Cerf, 1988

Notes et références

  1. a, b et c Arcabas, peintre, émission de radio Jéricho du 13 août 2013
  2. « Présentation des vitraux » (consulté le 29 juillet 2015).
  3. « Grenoble aura mis plus d’un siècle pour finir sa basilique. », sur ledauphine.com, 22 mars 2016
  4. « Les couleurs d'Arcabas vont illuminer la basilique du Sacré-Cœur de Grenoble. », sur france3-regions.francetvinfo.fr, 11 janvier 2016
  5. Eddie Rabeyrin, « Mort du peintre Arcabas à l'âge de 92 ans », sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, (consulté le 24 août 2018)

Annexes

Bibliographie

  • Les pèlerins d'Emmaüs dans l'œuvre d'Arcabas et dans l'histoire de l'art, François Boespflug, Éditions Scriptoria, Éditions du Tricorne, 2011
  • Arcabas, ou la recherche infinie de la Beauté, Manuelle-Anne Renault-Langlois, Éditions Scriptoria, 2012
  • Arcabas, scènes de vie, Manuelle-Anne Renault-Langlois, Éditions Scriptoria, 2013
  • Arcabas, peintures, Régis Ladous, Bernard Berthod, CLD éditions, 2013
  • Arcabas, réalisations monumentales, Éditions Scriptoria, 2015

Article connexe

Liens externes

  • Notices d'autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
  • Ressources relatives aux beaux-arts : Bénézit • Design and Artists Copyright Society
  • Site officiel de l'artiste
  • Œuvres, réalisations monumentales (Polyptyque de l'Enfance du Christ)
  • Accueil : Saint-Hugues ; Musée d'art sacré contemporain
  • Art Sacré
  • Arcabas
  • Cathédrale St Pierre Rennes
  • Archives des Beaux Arts de Paris AJ52-1353 registre des élèves 1945-1957