Arc Holdings

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Arc Holdings
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Création 1825
Dates clés 30 octobre 1956 : immatriculation de la société actuelle
Forme juridique Société par actions simplifiée
Siège social Arques (Pas-de-Calais)
Drapeau de France France
Direction Nicholas Hodler (depuis le 13 septembre 2018)
Actionnaires Peaked Hill Partners (80%) et famille Durand (20%)[1]
Activité Holding d'un groupe de production industrielle Arts de la table
Produits verrerie
Effectif 39 en 2017 (niveau holding)
SIREN 575 680 350
Site web www.arc-intl.com

Chiffre d'affaires 1 324 000 € en 2017 (niveau holding)
Résultat net -127 659 000 € en 2017 (perte au niveau holding)

Arc Holdings est une société française créée en 1825, œuvrant dans les arts de la table et de la verrerie, et commercialisant en France et à l'international les marques déposées Luminarc, Arcopal, Cristal d'Arques, Eclat, Arcoroc et Chef&Sommelier.

Historique

XIXe siècle

En 1825, Alexandre des Lyons de Noircarme fonde, à Arques, la Verrerie des sept écluses. L'année suivante, le , cette dernière s'associe à une autre verrerie. La verrerie Carpentier-Mancel, fondée en 1823 à Saint-Martin-au-Laërt par Charles Carpentier, sous sa direction. Une ordonnance, le , autorise Carpentier à y établir un nouveau four de verrerie[2]. Le , la verrerie d'Arques est reprise par Messieurs Allard et Ladey. Elle est endommagée par un incendie en qui provoque l'effondrement des toits. Reconstruite, la verrerie est reprise, le , par la société Ladey et Bléchet. En 1869, Alexandre des Lyons de Noircarme cède la totalité de ses parts dans la verrerie. Le , la société Ladey et Bléchet devient la société Blechet et Collette puis, le , Bléchet et compagnie. En , la verrerie cesse son activité. Elle la reprend en 1893 à la suite de la création de la SA Verrerie et Cristallerie d'Arques, le . Le , elle est rachetée par Prudent Avot lors d'une vente judiciaire. Georges Durand, qui a travaillé trois ans à la cristallerie de Sèvres, en devient le directeur[3]. Le , il accède au statut d'associé avec la création de la société Avot Durand. Le , la verrerie passe sous le contrôle exclusif de Georges Durand, qui fonde la société G. Durand et cie[4].

XXe siècle

La verrerie s'est d'abord imposée comme l'un des fleurons industriels du Nord de la France avant de devenir, au fil des années, un groupe international, leader mondial des arts de la table[5]. Le développement débute véritablement après la Première Guerre mondiale, en 1927, quand le second fils de Georges Durand, Jacques, intègre l’entreprise[6].

En 1930, Jacques Durand se rend aux États-Unis pour étudier les verreries américaines, déjà équipées de fours à bassin et de machines automatiques. Il prend le parti de développer de nouvelles techniques de fabrication, et équipe, peu à peu, l'entreprise de nouvelles machines qui permettront d'améliorer la production, tout en préservant la créativité verrière. Un premier four à bassin est construit et les premières presses sont installées en 1934[7].

Après la Seconde Guerre mondiale, la Verrerie Cristallerie d'Arques poursuit son essor industriel, sous l'impulsion de Jacques Durand, seul copropriétaire avec son père en 1946. Jacques Durand profite des bas taux d'intérêt pour les emprunts dans le cadre du Plan Marshall pour compléter l'équipement de l'usine avec les machines les plus récentes conçues aux États-Unis[8]. En 1950, la verrerie qui dispose d'un équipement sans équivalent en Europe[8], produit 15 000 tonnes de verre par an pour un effectif de 993 personnes.

En parallèle, l'entreprise poursuit activement sa politique d’innovation. Elle est la première en France à proposer des verres décorés et à automatiser la fabrication du verre opale. Dès 1958, le premier verre à pied dit verre ballon est fabriqué en automatique[6]. En 1968, la Verrerie Cristallerie d’Arques opère une révolution industrielle au niveau mondial, en parvenant à mécaniser la production des verres à pied en cristal. La baisse des prix de vente rendue possible par cette innovation met le cristal à la portée de tous les consommateurs. En 1980, la verrerie produit 250 000 tonnes de verre par an et emploie 9 000 personnes en France[4], pour l'essentiel à Arques.

L'évolution des effectifs de l'entreprise éclaire le développement connu au XXe siècle ː 315 employés en 1930, 993 en 1950, 2161 en 1970, 5048 en 1970, 8857 en 1980, 11 514 en 1990[8].

Des années 30 jusqu'en 2015, la Verrerie Cristallerie d’Arques est restée une entreprise locale à capitaux 100 % familiaux. À partir des années 1980, le Groupe entre dans une logique d'internationalisation de ses productions avec la création, en 1979, de Durand Glass Manufacturing Company (DGMC), filiale de production à Millville, dans le New Jersey, et le début de la production en 1982[9].

À l'apogée de sa production, l'entreprise fabrique plus d'1,6 milliard d'articles par an expédiés dans 144 pays, elle est la première entreprise privée du Nord-Pas-de-Calais et la première verrerie de table du monde[8].

Jacques Durand, qui fut le moteur de cette expansion, meurt le , la direction de la verrerie est reprise par son épouse et un des fils[8].

XXIe siècle

Ce n'est que dans les années 2000, date à laquelle la Verrerie Cristallerie d’Arques change de nom et devient Arc International, que les implantations internationales se multiplient : une unité de production est créée à Nankin[10], en Chine, en 2003, une autre est acquise en 2004 dans l'émirat de Ras el Khaïmah[11] et une troisième à Gous-Khroustalny[12], en Russie, en 2011.

Ce développement à l'international est concomitant aux difficultés que rencontre le groupe à partir du début des années 2000. En 2004, les pertes dépassent 100 M€. Un premier Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) conduit entre 2004 et 2008 à presque 3 000 départs volontaires du site historique d'Arques. Deux autres Plans de Départs Améliorés sont réalisés dans les années qui suivent et, à fin , l'effectif du site se trouve réduit de moitié par rapport à 2004, passant de 12 000 salariés à 6 000[13].

Le , dans une logique de redressement économique du Groupe[14], HIG Capital France et Arc International annoncent la signature d'un accord visant l'acquisition de la majorité du capital[15] d'Arc International par HIG. Ce projet n'aboutira pas.

Le , après de nouvelles difficultés économiques, un Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) est présenté aux syndicats. Ce PSE prévoit la suppression d'un peu moins de 200 postes[16],[17].

Le , le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer valide le projet de reprise du groupe verrier Arc International par l'américain Peaked Hill Partners (PHP) à la suite de l'accord entre les actionnaires historiques, les banques, l'État et les investisseurs. Les créanciers ont accepté que la dette du groupe qui s'élevait à 280 millions d’euros soit réduite à 62 millions[18]. Le fonds d’investissement PHP va débourser 58 millions pour recapitaliser l’entreprise en échange d’un Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui débouche, à la suite de la négociation avec les syndicats, sur 195 licenciements secs pour 233 créations de poste sur le site historique d’Arques[19].

Les Filiales

SIREN Chiffre d'affaires Résultat Effectif
Arc France 504313032 504 054 200 € - 27 769 200 € 4 763
Arc Packaging 577280274 9 690 800 + 71 100 138

Les marques du groupe

Le groupe a six marques principales et 20 000 références commerciales, aussi bien pour les professionnels de l'hôtellerie et de la restauration que pour les particuliers[20].

Les marques grand public

Les marques professionnelles

  • Arcoroc : la marque est réputée pour la résistance de ses produits aux chocs thermiques et mécaniques. Elle est appréciée des collectivités (cantines, hôpitaux…), bars et restaurants.
  • Chef&Sommelier : la marque propose des collections de vaisselle et de verres destinés aux professionnels (restauration, hôtellerie, professionnel du vin, etc) ainsi qu’aux amateurs et professionnels de la dégustation du vin.

La division Business to Business (B2B)

Cette division propose des solutions de produits verriers sur mesure pour les clients professionnels (industriels, fabricants de produits semi-finis et finis, distributeurs et prestataires de service…).

Production

Chiffres

Le Groupe produit plus de 4,3 millions d'articles par jour dans ses cinq usines : sur le site historique d'Arques mais aussi aux États-Unis (depuis 1979), en Chine (depuis 2003), en Russie et aux Émirats arabes unis[21].

Sites de production

Notes et références

  1. David Monnery, « Arc International : c’est officiel, le fonds d’investissement américain PHP reprend le géant verrier », sur www.lavoixdunord.fr, (consulté le 19 juin 2015)
  2. Société du Recueil Sirey,, Collection complète des lois, décrets d'intérêt général, traités internationaux, arrêtés, circulaires, instructions, etc, vol. 35, (lire en ligne), Ord qui autorise le Carpentier Manuel à établir un four dans verrerie située à Arques Pas de Calais O 2 sect no 87 14 Ord qui autorisent l acceptation de divers.
  3. Arc International, de l’entreprise artisanale au groupe de renommée mondiale, Revue PIC-INTER, no 285, mars - Avril 2004
  4. a et b Michel Ravez, Projet de régularisation administrative de l'activité de la verrerie cristallerie "Arques International", enquête publique du 15 mars au 15 avril 2010, Annexes no 1, Historique du site
  5. Adrien Cahuzac, Le plan anti-crise d'Arc International, L'Usine Nouvelle no 3210, 21 octobre 2010
  6. a et b Yannick Boucher, « Arc International : la ville-usine a mis sous verre notre art de vivre », sur http://www.lavoixdunord.fr, (consulté le 18 juin 2015)
  7. Cécile Ducourtieux, « Fin d'âge d'or à "Cristalville" », sur www.lemonde.fr, (consulté le 16 juin 2015)
  8. a b c d et e Jean-Paul Chavaudra, « La Verrerie d'Arques accélère son industrialisation », dans Cent ans de vie dans la région, tome 3 : 1939-1958, La Voix du Nord éditions, hors série du 17 juin 1999, p. 64-65.
  9. a et b (en) « Company Overview of Durand Glass Manufacturing Company, Inc », sur https://www.bloomberg.com (consulté le 18 juin 2015)
  10. a et b Pierre-Olivier Rouaud, « Dans l'antre du verrier français Arc, à Nankin », sur http://www.usinenouvelle.com/, (consulté le 16 juin 2015)
  11. a et b Pierre-Olivier Rouaud, « Arc s'étend aux Emirats », sur http://www.usinenouvelle.com, (consulté le 16 juin 2015)
  12. a et b « Arc International s'installe en Russie en investissant fortement dans le verrier OSZ », sur http://www.lavoixdunord.fr, (consulté le 16 juin 2015)
  13. Sylvie Andreau, envoyée spéciale, « Le verrier Arc évite la casse - leJDD.fr », sur LeJDD.fr (consulté le 10 juin 2013)
  14. Arc International cherche de nouveaux investisseurs, Patrick Puy, dans GMB, BFM Business, 14 janvier 2014
  15. Le verrier français Arc International passe sous pavillon américain, Challenges, 1er septembre 2014
  16. http://www.lavoixdunord.fr/region/arc-international-le-plan-du-repreneur-php-presente-ia37b0n2624584
  17. Laurie Moniez, « Arc international : dernière ligne droite avant la reprise par PHP », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  18. Laurie Moniez, « Un accord sur la dette ouvre la voie à la reprise d’Arc International », sur www.lemonde.fr, (consulté le 19 juin 2015)
  19. Le Monde avec AFP, « Le tribunal de commerce valide la reprise d'Arc International », sur www.lemonde.fr, (consulté le 19 juin 2015)
  20. « Dossier de Presse Institutionnel » [PDF], sur www.arc-intl.com, (consulté le 19 juin 2016)
  21. Arc dresse ses verres sur les tables hors de France, le Figaro, 20 septembre 2011

Annexes

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Jean-Marc Petit, « Arc International : la ville-usine qui a mis sous verre notre art de vivre », La Saga des marques, t. 1,‎ , p. 14-17.