Aquifère

L'aquifère peut stocker de l'eau souterraine.

Un aquifère est une formation géologique ou une roche, suffisamment poreuse ou fissurée pour stocker de grandes quantités d'eau, et suffisamment perméable pour que l'eau puisse y circuler librement[1]. Pour se représenter un aquifère, il faut imaginer un vaste réservoir naturel de stockage d'eau souterraine[2].

Dans le monde, et notamment dans les zones arides[3], « pour enrayer la surexploitation des nappes en accès libre, une gestion de la demande en eau basée sur le suivi de l'état des nappes et des études prospectives et de besoins est de plus en plus préconisée »[4]. On parle parfois à cet égard de gestion patrimoniale[5].

Article détaillé : Gestion de l'eau.

Différents types d'aquifères

On distingue aquifères poreux et aquifères lamellés :

Les aquifères poreux 
l'eau est contenue dans les pores ouverts de la roche et peut y circuler librement (sables, craie, graviers, grès, scories volcaniques, etc.). La perméabilité est matricielle.
Les aquifères fissurés 
l'eau est contenue et circule dans les failles, fissures ou diaclases de la roche (calcaires, granites, coulées volcaniques, etc.). La perméabilité est fissurale.
Les aquifères karstiques 
ce sont des systèmes complexes particuliers associant une zone superficielle plus ou moins fissurée et insaturée (en eau) servant de zone d'infiltration, et une zone inférieure fissurée, présentant également des conduits, grottes, etc. Cette zone est saturée en dessous d'un certain niveau, et l'eau y circule à une grande vitesse par rapport aux systèmes poreux.

Les argiles sont des roches qui peuvent contenir une grande quantité d'eau, du fait de leur porosité élevée, mais qui ne la laissent pas circuler librement (perméabilité faible voire nulle).

Exemples d'aquifères importants

Article connexe : Liste d'aquifères.

Afrique

Amérique du Nord

Amérique du Sud

Antarctique

Asie

Océanie

Europe

France

  • Nappe de la craie : la nappe du calcaire carbonifère est la principale source d'eau potable et industrielle du nord de la France (seule région de France à ne pas recevoir au moins un fleuve alimenté par une montagne ou une région peu habitée). Les deux départements du Nord et du Pas-de-Calais, densément habités et industrialisés depuis la révolution industrielle, disposent en été tout juste de l'eau pluviale nécessaire pour alimenter les canaux, sans grands lacs naturels. La nappe de la craie a vu son niveau piézométrique (pour le calcaire carbonifère) chuter de 35 m de 1917 à 1957 (dont 15 m perdus entre 1952 et 1956) et le mouvement s'est accéléré après plusieurs années sèches[10]. Depuis les années 1980-1990, la désindustrialistion et la fermeture du bassin minier du nord de la France ont ensuite freiné cette surexploitation ; permettant à la nappe de lentement remonter, avec un risque d'inondation des zones d'affaissement minier dans le futur.


La Nappe de la craie du bassin parisien[11],[5] ;

Belgique

Porosité

La quantité d'eau que peut contenir un aquifère est fonction de sa composition :

  • Si l'eau circule dans des pores, on dit que la roche a une porosité « en petit ».
  • Si l'eau circule dans des fissures, joints de stratification, diaclases..., on dit que la roche a une porosité « en grand ».

Le tableau ci-dessous donne la quantité d'eau que peut contenir un mètre cube d'aquifère saturé en fonction de sa composition interne.

Composition Volume d'eau en litres
Sable et gravier 200 à 400
Sable fin 300 à 350
Grès 50 à 200
Craie 100 à 400
Calcaire massif fissuré 10 à 100
Argile 400 à 500
Schiste 10 à 100
Granite fissuré 1 à 50

Notes et références

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « aquifère » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales, consulté le 10 novembre 2016.
  2. « Recharge des eaux souterraines », sur gwp.org (consulté le 8 mars 2016)
  3. Faysse, N., Hartani, T., Frija, A., Marlet, S., Tazekrit, I., Zaïri, C., & Challouf, A. (2011) Usage agricole des eaux souterraines et initiatives de gestion au Maghreb: Défis et opportunités pour un usage durable des aquifères.
  4. Feuillette S (2001) Vers une gestion de la demande sur une nappe en accès libre: exploration des interactions ressource usages par les systèmes multi-agents: application à la nappe de Kairouan, Tunisie centrale
  5. a et b Ollagnon H (1979) Propositions pour une gestion patrimoniale des eaux souterraines: l'expérience de la nappe phréatique d'Alsace. Bulletin interministériel pour la rationalisation des choix budgétaires, 36, 33-73.
  6. « Système Aquifère du Sahara Septentrional », sur gwp.org (consulté le 10 novembre 2016)
  7. Observatoire du Sahara et du Sahel, oss-online.org: Projet « Système Aquifère du Sahara Septentrional » - SASS (26. April 2017)
  8. Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal, cda.portail-omvs.org: Système aquifère du Sahara Septentrional (26. April 2017)
  9. Global Water Partnership, gwp.org: Système Aquifère du Sahara Septentrional (26. April 2017)
  10. Leroux E, Ricour J & Waterlot G (1958) Variation du niveau des nappes aquifères du nord de la France. Bulletin de la Société Géologique de France, 6(3), 191-206.
  11. [PDF]Les nappes profondes de l’Albien et du Néocomien dans le bassin de Paris, sur cfgi-geologie.fr, consulté le 10 novembre 2016. Autre lien
  12. La nappe d’Alsace, sur brgm.fr, consulté le 10 novembre 2016.
  13. [PDF]Hydrologie souterraine - Bassin Aquitain - Octobre 2012, sur developpement-durable.gouv.fr, consulté le 10 novembre 2016.

Voir aussi

Articles connexes

Lien externe

Bibliographie