Anne Hidalgo

Anne Hidalgo
Illustration.
Anne Hidalgo en 2016.
Fonctions
Maire de Paris
En fonction depuis le
(4 ans, 1 mois et 1 jour)
Élection
Prédécesseur Bertrand Delanoë
Première vice-présidente de la métropole
du Grand Paris
En fonction depuis le
(2 ans, 3 mois et 14 jours)
Président Patrick Ollier
Prédécesseur Fonction créée
Conseillère régionale d'Île-de-France

(10 ans et 8 jours)
Élection 28 mars 2004
Réélection 21 mars 2010
Circonscription Paris
Président Jean-Paul Huchon
Première adjointe au maire de Paris

(13 ans et 11 jours)
Maire Bertrand Delanoë
Prédécesseur Jacques Dominati
Successeur Bruno Julliard
Biographie
Nom de naissance Ana María Hidalgo Aleu
Date de naissance (58 ans)
Lieu de naissance San Fernando (Espagne)
Nationalité espagnole
(1959-1973 ; 2003-)
française
(depuis 1973)
Parti politique PS (depuis 1994)
Conjoint Jean-Marc Germain (depuis 1999)
Diplômée de université Lyon 3 Jean Moulin
université Paris Ouest Nanterre La Défense
Profession inspectrice du travail
Religion athéisme[1]

Signature de Anne Hidalgo

Anne Hidalgo
Maires de Paris

Anne Hidalgo, née Ana María Hidalgo Aleu le à San Fernando (Espagne), est une femme politique française, membre du Parti socialiste. Elle possède la double nationalité franco-espagnole mais n'a pas d'activité politique en Espagne.

Elle est de 2001 à 2014 première adjointe au maire de Paris, Bertrand Delanoë, et de 2004 à 2014 conseillère régionale d'Île-de-France. À l'issue des élections municipales de 2014, elle devient la première femme maire de Paris.

Anne Hidalgo

Sommaire

Jeunesse et carrière professionnelle

Origines et enfance

Anne Hidalgo naît à San Fernando le [2].

Son père, Antoine Hidalgo, ouvrier électricien syndicaliste, et sa mère, Maria, couturière[3], émigrent en France et s'installent en 1961, avec leurs deux filles, à Lyon.

Anne Hidalgo grandit à Vaise, un quartier de Lyon. Ses parents sont retournés en Espagne tandis que sa sœur aînée, Marie, gère une entreprise à Los Angeles en Californie.

Née Ana María Hidalgo Aleu, elle est naturalisée française avec ses parents le , à l'âge de 14 ans. Elle reprend en 2003 la nationalité espagnole et a depuis la double nationalité franco-espagnole[4],[5].

Vie familiale

Depuis , elle est mariée avec Jean-Marc Germain, ancien directeur de cabinet de Martine Aubry et député de 2012 à 2017. Ils ont ensemble un enfant ; elle est aussi mère de deux enfants nés d'une union précédente[6].

Formation

Anne Hidalgo est titulaire d'une maîtrise de sciences sociales du travail[7] à l'université Jean Moulin Lyon 3 et d'un DEA de droit social et syndical, qu'elle obtient à l'Institut du travail de Lyon[réf. nécessaire].

Inspectrice du travail

En 1982, elle est cinquième au concours national de l'inspection du travail.

Elle obtient un premier poste d'inspectrice du travail à Chevilly-Larue, en 1984[8]. Elle s'installe alors dans le 15e arrondissement de Paris.

En 1993, elle intègre la délégation à la formation professionnelle au ministère du Travail puis obtient une mission au Bureau international du travail à Genève entre 1995 et 1996. Elle est ensuite, durant une année, chargée de mission auprès du directeur des ressources humaines de la Compagnie générale des eaux.

Depuis le , Anne Hidalgo est en retraite de son poste d'inspectrice du travail[9].

Membre de cabinets ministériels

Entre 1997 et 2002, Anne Hidalgo a travaillé dans trois cabinets ministériels au sein du Gouvernement Jospin, d'abord au sein du cabinet de Martine Aubry au ministère de l’Emploi et de la Solidarité en tant que conseillère technique[10], puis auprès de Nicole Péry, secrétaire d'État aux droits des femmes et à la formation professionnelle, de 1998 à 2000, comme conseillère technique puis conseillère au cabinet, participant, notamment, à l’élaboration des lois sur la parité et l’égalité professionnelle entre femmes et hommes. De novembre 2000 à mai 2002, elle est conseillère technique puis chargée de mission, chargée des relations sociales et du statut des fonctionnaires, au cabinet de Marylise Lebranchu, ministre de la Justice.

Elle affirme le 4 avril 2013 sur RMC : « Je gagne 5 000 euros nets par mois pour mes mandats ». Selon le site Atlantico, elle touche, pour l'ensemble de ses revenus, environ 8 200 euros nets par mois[11].

Carrière politique

Première adjointe au maire de Paris

Anne Hidalgo en 2010, sur la place de l'Hôtel-de-Ville de Paris.

Aux élections municipales de 2001 à Paris, elle conduit la liste du Parti socialiste dans le 15e arrondissement de Paris, qui obtient 26,5 % des voix au premier tour, puis arrive au second tour derrière la liste d’Édouard Balladur et du maire sortant, René Galy-Dejean. Élue conseillère d'arrondissement dans le 15e arrondissement, elle entre également au Conseil de Paris, où la gauche est désormais majoritaire.

Le nouveau maire de Paris, Bertrand Delanoë, souhaitant appliquer la parité au sein de son administration et parmi ses adjoints, la nomme première adjointe chargée de l'égalité femme/homme et du bureau des temps[12]. Proche de François Hollande[13], elle n'a alors aucune expérience d'élue.

En 2002, elle assure par intérim les fonctions du maire de Paris le temps de la convalescence de Bertrand Delanoë, poignardé par un déséquilibré.

Cette même année, elle confie dans un entretien à La Dépêche du Midi « ne pas écarter » une candidature à la mairie de Toulouse en 2008[14].

En , candidate aux élections législatives dans la 12e circonscription de Paris, elle recueille 29,6 % des voix au premier et unique tour contre 54,2 % des voix pour le député sortant Édouard Balladur, qui est donc réélu. Elle échoue également à enlever la 13e circonscription de Paris à la droite en , en obtenant au premier tour des élections législatives 28,2 % des voix, puis 43,3 % des voix au second tour contre 56,7 % pour l'ancien ministre Jean-François Lamour (UMP).

Anne Hidalgo s'engage pour le « oui » au traité établissant une Constitution pour l'Europe dans le cadre de la campagne parisienne[15].

Lors des élections municipales des 9 et 16 mars 2008, la liste de rassemblement (PS-PCF-PRG-MRC) qu'elle conduit dans le 15e arrondissement de Paris arrive en tête au premier tour avec 35,9 % des suffrages (soit 28 313 voix) contre, une droite fortement divisée, 33,9 % à la liste UMP de Philippe Goujon et 10,1 % à celle de Gérard d'Aboville (divers droite). Elle améliore alors de plus de 8 points son score de 2001. Au second tour, sa liste obtient 47,35 % des voix contre 52,65 % à Philippe Goujon, dont la liste a fusionné avec celle de Gérard d'Aboville[16]. Anne Hidalgo reste première adjointe au maire, Bertrand Delanoë. Elle est alors chargée de l'urbanisme et de l'architecture[17] et préside le conseil d'administration de l'Atelier parisien d'urbanisme[18].

En 2017, un article de Capital affirme qu'Anne Hidalgo aurait été payée par le ministère du Travail de 2001 à 2003 pour un montant de 100 000 euros, tout en étant première adjointe de Bertrand Delanoë. Le cabinet d'Anne Hidalgo indique alors qu'elle va porter plainte pour diffamation[19],[20].

Conseillère régionale d'Île-de-France

Anne Hidalgo en meeting à Paris lors des élections régionales françaises de 2010.

À l'issue des élections régionales de 2004, elle est élue au conseil régional d'Île-de-France après avoir été tête de liste pour Paris sur la liste conduite au niveau régional par Jean-Paul Huchon[21]. Elle est membre de la commission des Transports et de la Circulation et prend la présidence du Centre régional d'information et de prévention du Sida (CRIPS).

Aux élections régionales de 2010, la liste du PS qu'elle conduit à Paris arrive en deuxième position du premier tour, avec 26,3 %, derrière la liste de droite conduite par Chantal Jouanno (28,9 %) et devant la liste Europe Écologie de Robert Lion (20,6 %)[22]. Au second tour, sa liste arrive en tête avec 57,9 % des suffrages exprimés, l'emportant dans le 1er arrondissement et le 5e arrondissement, deux bastions traditionnellement ancrés à droite[23]. Réélue conseillère régionale, elle intègre la commission de la culture et devient présidente de l'organisme Île-de-France Europe, qui assure la représentation de la région à Bruxelles[24]. Jean-Luc Romero lui succède à la présidence du Centre régional d'information et de prévention du Sida[25].

Maire de Paris

Campagne et élection

Anne Hidalgo annonce, le 2 septembre 2012, sa décision de briguer la succession de Bertrand Delanoë aux municipales de 2014 à Paris[26]. Un sondage la crédite alors de 54 % des intentions de vote contre 46 % pour François Fillon ou Nathalie Kosciusko-Morizet[27] ; quelques mois plus tard, un autre sondage lui accorde 51 % des intentions face à Nathalie Kosciusko-Morizet[28].

Seule candidate de son parti après le retrait de Jean-Marie Le Guen, Anne Hidalgo est désignée le 22 mai 2013 pour diriger la campagne municipale, avec 98,3 % des voix de 2 715 militants socialistes parisiens[29]. Le 28 août 2013, elle nomme Pascal Cherki porte-parole de sa campagne, secondé par Bruno Julliard, Rémi Féraud (également codirecteur de campagne avec Jean-Louis Missika), Ian Brossat (après l'accord PS-PCF), Colombe Brossel, Seybah Dagoma et Myriam El Khomri[30]. Le 10 octobre 2013, elle est reconduite comme tête de liste PS dans le 15e arrondissement.

Le , à l'issue du deuxième tour des municipales, les listes qu'elle conduit remportent la majorité au Conseil de Paris[31]. Dans le 15e arrondissement, sa liste est battue par celle de Philippe Goujon (UMP) qui obtient 63,4 % des voix au second tour. Elle devient ainsi maire de Paris sans être majoritaire dans son arrondissement. Le , elle est élue par le Conseil de Paris maire de la capitale, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste. Paris étant également département, elle devient aussi présidente du conseil départemental de Paris [32], et l'une des dix femmes (sur 101) présidentes de conseil départementaux[33].

Politique fiscale et budgétaire

Photo utilisée par Anne Hidalgo lors de sa campagne électorale de 2014.

Pendant le mandat d'Anne Hidalgo, l’endettement de la ville de Paris continue de progresser[34]. De 2014 à 2017, le montant cumulé de la dette passe de 3,4 à 5,16 milliards d’euros[35].

Alors que le JLL City Research Center estime en 2017 que Paris est la troisième métropole la mieux gérée au monde[36], la Cour des comptes française dénonce les artifices comptables de la mairie de Paris. Elle pointe du doigt en particulier des aménagements de la comptabilité publique qui évitent à la mairie de comptabiliser en propre la dotation d'amortissement[37]. La mairie réitère par la suite cette opération[38].

Anne Hidalgo durant la campagne électorale pour la mairie de Paris a promis de ne pas augmenter les impôts pendant toute la durée de la mandature[39].

La hausse de la taxe de séjour acquittée par les touristes apporte 55 millions d'euros à la ville en 2015 [39]. Afin de remettre les comptes de la mairie de Paris à l'équilibre[40], elle décide de relever de 20 % la surtaxe d'habitation sur les résidences secondaires et autres biens meublés non loués. La Mairie propose à nouveau en octobre de relever ce taux d'imposition[41], puis de la quintupler en 2017[42]. Elle augmente également les tarifs de stationnement de 180 % en janvier 2015[43], majore les droits de mutation sur les ventes immobilières de 3,8 % à 4,5 %[44] au 1er janvier 2016, et réduit les abattements sur les résidences secondaires[45].

Pour que les autorités dépensent structurellement moins, elle annonce également vouloir fusionner commune et département de Paris, et les quatre arrondissements centraux de la ville. Cette proposition se concrétise avec la « loi relative au statut de Paris et à l'aménagement métropolitain » promulguée le [46].

En janvier 2018, Le Canard enchaîné révèle que la mairie de Paris, à la suite d'une consigne d'Anne Hidalgo, a dépensé 224 580 euros pour un rapport de 14 pages visant à recueillir l'avis de 105 Parisiens sur l'état de propreté de la capitale[47]. Dans le même temps, une mission d'information et d'évaluation remettait à la mairie un rapport de 232 pages sur ce sujet pour un coût significativement inférieur[48].

Action en matière d'environnement

Transports
Restriction de la circulation automobile

Dans le cadre de la lutte contre la pollution automobile, la majorité du Conseil de Paris adopte, le 9 février 2015, un plan à échéance 2020 : à partir du 1er juillet 2015, les autocars et camions de plus de 14 ans sont interdits dans Paris ; à partir du 1er juillet 2016, les véhicules particuliers de plus de 14 ans sont bannis de la capitale ainsi que les véhicules utilitaires légers de plus de 20 ans[49].

Anne Hidalgo fait également fermer une partie des voies rapides longeant la Seine du côté de la rive droite pour les piétonniser. Elle rencontre avec ce projet une opposition forte de la droite, menée par Nathalie Kosciusko-Morizet et Valérie Pécresse, et un groupe d'intérêt d'utilisateurs de voiture[50]. Une guerre de communication s'engage alors sur le suivi et l’évaluation des impacts de la piétonisation des voies sur berge rive droite pour en montrer les aspects soit négatifs[51], soit positifs[52].

Le 21 février 2018, le tribunal administratif de Paris juge illégale la délibération du Conseil de Paris qui déclarait d'intérêt général l'aménagement (piétonnisation) d'une partie des voies sur berge. Cette annulation est décidée principalement en raison de l'étude d'impact préalable qui comporte des « inexactitudes, des omissions et des insuffisances concernant les effets du projet sur la circulation automobile, les émissions de polluants atmosphériques et les nuisances sonores, éléments majeurs d'appréciation de l'intérêt général du projet »[53]. Dans sa décision, le juge administratif annule par ailleurs l'arrêté pris par Anne Hildalgo pour interdire la circulation automobile sur cette voie, en ce qu'il n'est pas fondé juridiquement[54]. La maire de Paris annonce faire appel de cette décision. Cette annulation est interprétée comme « un nouveau revers » par le journal Le Parisien qui titre le lendemain « Camouflets à répétition pour Anne Hidalgo » en l'ajoutant à une liste de dossiers sujets à polémique (mise en place des nouveaux Vélib, nouvelles règles de stationnement sur la voie publique, annulation par le Conseil d'État du contrat entre la ville et JCDecaux, propreté, « prolifération » des rats)[55].

Le 10 mars 2018, près de 800 personnes[56] manifestent sur la section de voies sur berge fermée à la circulation, en présence et à l'appel d'Anne Hidalgo, pour défendre le maintien de leur piétonnisation et son extension « sans voiture, Paris est la ville parfaite, ou presque ! ». Le lendemain, une tribune publiée dans Le Journal du dimanche, cosignée par cent personnalités du monde culturel, médiatique, environnementaliste ou politique appelle « les Parisiens et toutes celles et ceux qui le souhaitent à défendre comme un bien commun cet espace gagné sur la pollution »[57].

Le 19 mars 2018, Anne Hidalgo annonce avoir l'intention de commander une étude sur le modèle économique de la gratuité dans les transports publics à Paris et dans son agglomération. Elle déclare : « la question de la gratuité des transports est une des clefs de la mobilité urbaine »[58].

Mise en service de nouveaux Vélib'

En octobre 2017, le syndicat mixte en charge des Vélib' (vélos en libre-service de Paris) lance une nouvelle version du service après avoir changé de délégataire, passant de JCDecaux à Smovengo. Bien qu'Anne Hidalgo ne soit pas directement décisionnaire (le syndicat mixte est présidé par Catherine Baratti-Elbaz, maire PS du 12e arrondissement de Paris), elle soutient cette évolution[59],[60].

À la fin de l'année 2017 et au premier semestre 2018, l'installation des nouvelles stations et la gestion des nouveaux vélos connaissent des difficultés (travaux, coordination des différents intervenants, grève des personnels, etc.) conduisant à un retard de plusieurs mois dans leur déploiement et une indisponibilité partielle du service. Plusieurs titres de presse qualifient cette phase de « fiasco » du nouveau Vélib et le lient à l'action de la maire de Paris [61],[62],[63],[64],[65].

Fin février 2018, 300 stations sont installées (contre 600 prévues dès janvier), ce qui conduit l'adjoint à la maire de Paris Christophe Nadjovski à « [reprendre] les choses en main avec un pilotage beaucoup plus étroitement assuré par la Ville [de Paris] »[66]. Fin avril 2018, 670 stations sont en service sur les 1400 qui auraient dû l'être dès le mois de mars 2018. La mairie de Paris s'engage à nouveau publiquement sur le dossier et exige de Smovengo « un plan d'urgence »[67].

Question du nettoyage des rues

Critiquée pour l'augmentation de la saleté dans la capitale, elle annonce différentes mesures destinées à améliorer la propreté des rues parisiennes[68]. Celles-ci se traduisent principalement par une augmentation importante des personnels du service technique de la propreté de Paris (100 éboueurs et conducteurs), la création de nouvelles tournées, la lutte contre la prolifération des rats[69]. Une nette majorité des Parisiens continuent de juger la ville sale[68] tandis que la prolifération des rats à Paris fait régulièrement la une des médias[70],[71],[72].

C40 Cities Climate Leadership Group

Le 8 août 2016, elle est la première femme à devenir présidente du C40 Cities Climate Leadership Group[73]. En , elle signe aux côtés de onze maires de grandes villes dont, outre Paris, Los Angeles, Mexico, Auckland ou Londres, une déclaration s'engageant à acheter des bus propres et tendre vers le « zéro émission » d'ici 2030, pour lutter contre le changement climatique[74]. Par cet engagement, signé dans le cadre d'une réunion du réseau de villes C40, ces maires s'engagent à « acquérir, avec nos partenaires, uniquement des bus à zéro émission à partir de 2025 et à s'assurer qu'une partie importante de nos villes soient des zones à zéro émission à l'horizon 2030 »[75]. Début novembre 2017, elle reçoit à Lisbonne le prix du maire le plus novateur[76].

Projet de baignade au lac Daumesnil

En 2018, son projet de baignade « écologique » au lac Daumesnil, sur l'île de Bercy, fait l'objet de critiques de la part de mouvements écologistes, qui estiment que la bétonisation et la densité humaine attendue (2 000 personnes par jour) auront des impacts négatifs sur la faune (chassée par des jets d'eau de 2 mètres, le soir et la nuit) et la flore (racines d'arbres abîmées par le piétinement)[77],[78].

Projets d'aménagement contestés

Anne Hidalgo à la cérémonie des César 2014.

Plusieurs initiatives d'Anne Hidalgo ont été contestées, autant par des riverains, des associations de défense du patrimoine et de l'environnement que par l'opposition municipale : la tour Triangle[79],[80], le refus de faire classer les toits de Paris au Patrimoine mondial de l'UNESCO[81], son intention de remplacer certains mobiliers urbains de style haussmannien par des installations contemporaines de type international (kiosques à journaux, bancs publics)[82].

L'accord de la ville de Paris aux projets de destruction d'immeubles des XVIIIe et XIXe siècles rue de Rivoli et de construction par le groupe LVMH d'un bâtiment contemporain au profit de La Samaritaine restaurée, qui a entraîné une procédure devant diverses instances, s'inscrit dans le même contexte[83],[84]. La destruction d'une partie du jardin et des serres d'Auteuil au profit de la Fédération française de tennis fait aussi l'objet de procédures[85],[86].

Organisation des Jeux olympiques d'été de 2024

Se déclarant « pas vraiment favorable » pendant sa campagne à une candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2024, elle promet néanmoins « de travailler le dossier » si elle est élue maire de Paris, voulant « s'assurer que les conditions soient réunies ». Elle craint que la candidature coûte cher, et précise qu'avant de porter cette candidature, elle souhaite « un partage » des frais pour qu'ils n'incombent pas qu'aux contribuables parisiens[87]. Fin , en déplacement à New York, depuis élue maire, elle déclare au sujet d'une potentielle candidature : « Je n'ai pas porté ce projet dans ma campagne. Les Parisiens attendent de moi du logement, des équipements, de la justice, de la facilité économique ».

Le , le président de la République, François Hollande, déclare : « Je suis favorable à ce que la ville de Paris, si elle le décide, présente sa candidature pour les Jeux olympiques ». Le lendemain, Anne Hidalgo tempère l'enthousiasme du président, ne voulant pas prendre de « décisions hâtives prises sous le coup de l'émotion », et précise que « rien ni personne » ne la fera « changer de calendrier et de méthode »[88]. Le 12 février 2015, Anne Hidalgo reçoit un rapport du Comité français du sport international (CFSI) qui préconise pour l'organisation des Jeux un coût d'environ 6,2 milliards d'euros (dont deux milliards financés par le CIO). Elle confirme qu'elle présentera courant mars le projet aux maires d'arrondissement et proposera au vote du Conseil de Paris, en avril, la candidature de Paris aux JO[89].

Le , Anne Hidalgo propose aux élus parisiens « d'engager pleinement et avec responsabilité Paris en faveur d'une candidature aux Jeux olympiques et paralympiques de 2024 »[90]. La candidature de Paris est officiellement lancée le , avec à sa tête Tony Estanguet et Bernard Lapasset.

Après deux ans de campagne, Paris est officiellement désignée hôte des Jeux olympiques d'été de 2024 le , à Lima, au Pérou, lors de la 131e session du Comité international olympique. Anne Hidalgo est donc la première maire de Paris a réussir à faire revenir les Jeux d'été à Paris, après plusieurs tentatives infructueuses.

Vice-présidente de la métropole du Grand Paris

Après le rejet des dispositions proposées au Sénat, elle propose avec Claude Bartolone, Jean-Paul Huchon et une quarantaine d'élus socialistes d'Île-de-France de créer la Métropole du Grand Paris en tant qu'intercommunalité avec des compétences exclusives du logement, de l'hébergement des sans-abris, de la lutte contre la pollution et de la transition énergétique sur le périmètre des communes de Paris, des Hauts-de-Seine, du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis[91].

Le , elle est élue première vice-présidente de la métropole du Grand Paris[92], déléguée aux relations internationales et aux grands événements[93].

Émergence de La République en marche à Paris

En 2017, à mi-mandat, elle doit faire face à une recomposition du paysage politique parisien. Lors des élections législatives, La République en marche (LREM) a gagné la majorité des sièges, deux de ses adjoints (Mao Peninou à la propreté et Jean-Louis Missika à l'urbanisme) soutiennent Emmanuel Macron et son ancien adjoint aux finances Julien Bargeton est élu sénateur LREM, ce dernier souhaitant par ailleurs créer un groupe distinct au Conseil de Paris. Début octobre, alors que ses trois adjoints communistes ont menacé de démissionner si des « marcheurs » intègraient son équipe, elle procède à un remaniement de son équipe d'adjoints, en nommant six nouveaux. Restant membre du PS mais se positionnant à l'écart de la vie du parti, elle vante sa capacité à rassembler, sa majorité municipale continuant à aller des communistes au centre gauche[94].

Dans un entretien accordé à Libération, Anne Hidalgo annonce qu'elle se représentera aux élections municipales de 2020 et qu'elle portera « une candidature de coalition ». Elle indique que « tous les partis qui voudront [la] soutenir sont les bienvenus », y compris La République en marche à qui elle propose une démarche de « co-construction »[95],[96].

Le 25 mars 2018, le député LREM Stanislas Guerini déclare que « la question n'est pas tranchée, mais il me semble assez improbable qu'il n'y ait pas de listes LREM à Paris »[97].

Évolution de sa popularité et de l'adhésion de l'opinion à son action

Anne Hidalgo en 2017.

En octobre 2015, testée pour la première fois dans le baromètre Elabe/Les Échos, elle arrive en tête chez les sympathisants de gauche avec 67 % d'opinions positives contre 15 % d'opinions négatives[98].

Mais elle doit faire face à la multiplication des polémiques et à la contestation croissante de son action[99],[100]. Sa politique est ainsi l'objet de critiques récurrentes en ce qui concerne les transports (piétonnisation des voies sur berges, augmentation des pistes cyclables, embouteillages et pollution), la gestion de la crise migratoire, du harcèlement de rue, de la prolifération des rats ou encore de la politique du logement (achat d'immeubles transformés en logements sociaux aboutissant, selon ses détracteurs, au départ des classes moyennes de la capitale)[101],[102],[103].

À partir de 2017, sa popularité s'érode de façon significative, y compris à gauche[104],[105],[106]. En janvier 2018, le baromètre Elabe/Les Échos indique qu'elle ne recueille plus que 32 % d'opinions positives à gauche et 18 % chez l'ensemble des Français[107]. Sa popularité est encore plus faible en Île-de-France (16 %)[108]. Des médias font alors état de l'inquiétude de ses partisans et évoquent « l'après Hidalgo »[109],[110],[111],[112].

Le 25 mars 2018, un sondage de l'Ifop indique que 58 % des Parisiens sont « mécontents » de l'action d'Anne Hidalgo [113]. Le même jour est publié un autre sondage[114] du même institut qui donne 29 % d'intentions de vote à une liste de la majorité municipale sortante menée par Anne Hidalgo, ce qui la place derrière une liste LREM menée par Benjamin Griveaux (32 %), qui arrive en tête, et en net retrait par rapport à son score réalisé en 2014 (34,4 % pour la liste d'Anne Hidalgo et 8,86 % pour celle de Christophe Najdovski, les deux listes dont est issue l'actuelle majorité municipale).

Prises de position

Engagements politiques au niveau national

2006 : soutien à Dominique Strauss-Kahn à la primaire

Lors de la primaire présidentielle socialiste française de 2006, elle appelle à voter pour Dominique Strauss-Kahn[115]. Elle conteste la position de Ségolène Royal sur la licence globale, un mode de rémunération des auteurs d'œuvres disponibles sur Internet par le biais d'un forfait payé par les internautes, comme n'étant pas « la solution »[13].

2008-2011 : soutien à Bertrand Delanoë puis porte-parole de Martine Aubry à la primaire

Au congrès de Reims de 2008, elle soutient la motion présentée par Bertrand Delanoë[115].

Lors des primaires socialistes de 2011 pour désigner le candidat à l’élection présidentielle de 2012, Anne Hidalgo prend position pour Martine Aubry et devient sa porte-parole[116]. Elle critique cependant l'accord national passé entre le PS et EELV attribuant la 6e circonscription de Paris à Cécile Duflot. Les médias indiquent qu'elle craint une candidature de celle-ci à la mairie de Paris en 2014[117]. D'ailleurs, le bureau fédéral, sous la présidence de Rémi Féraud, a adopté une motion appelant à une révision de cet accord[118]. Elle publie un communiqué avec Bertrand Delanoë afin de dénoncer le « parachutage d'une candidature »[119]. Elle n'est, d'ailleurs, pas candidate dans sa circonscription à cette élection législative, le redécoupage de la carte électorale ayant renforcé la 13e circonscription de Paris à droite[réf. nécessaire].

2017 soutien à Vincent Peillon à la primaire puis à Benoît Hamon à l'élection présidentielle

Elle soutient Vincent Peillon pour la primaire citoyenne de 2017[120]. Elle est membre du comité politique de sa campagne[121]. Marquant sa différence forte avec Manuel Valls dans un entretien au Monde le 12 janvier 2017, elle déclare : « Benoît Hamon est quelqu’un que j’aime beaucoup. J’apprécie le courage avec lequel il a entrepris de relever le défi climatique. Mais il a un positionnement politique qui n’est pas le mien. Je n’ai jamais été à la gauche du parti. » Sans se prononcer pour un des finalistes du second tour, elle souligne néanmoins sa convergence avec Hamon sur l'enjeu climatique[122]. Elle soutient Benoît Hamon au premier tour puis Emmanuel Macron au second tour[123].

Lancement du mouvement « ¡ Dès demain ! »

Logotype de « ¡ Dès demain ! », mouvement lancé par Anne Hidalgo au lendemain de l'élection présidentielle de 2017.

En mai 2017, quelques jours après la victoire d'Emmanuel Macron, dans « une démarche [qui] ne s'inscrit pas dans le cadre du PS », elle crée avec 160 personnalités parmi lesquelles Martine Aubry, Christiane Taubira, des proches de Benoît Hamon[124], des intellectuels et des artistes, « ¡ Dès demain ! », un « grand mouvement d'innovation pour une démocratie européenne, écologique et sociale » ouvert à « tous les humanistes qui croient encore en l'action »[125].

Droits d'auteur

Le , dans le cadre des débats sur la loi relative au droit d'auteur et aux droits voisins dans la société de l'information (loi « DADVSI »), elle prend position contre les amendements du groupe socialiste instaurant la « licence globale » pour le téléchargement. Le 26 décembre, elle signe, avec l'adjoint au maire de Paris chargé de la Culture, Christophe Girard, un point de vue dans le journal Le Monde, où elle défend sa position au nom de la diversité culturelle qui serait menacée par la « licence globale ». Cette position sera reprise par François Hollande, premier secrétaire du parti socialiste, et par le groupe socialiste au Sénat, mais pas par le groupe socialiste à l'Assemblée nationale.

Le , elle présente avec François Adibi et la section culture du Parti socialiste un rapport réalisé par Franck Laroze et de nouvelles préconisations[126], Pour une solution équitable[127], rejetant autant les DRM (Digital Rights Management) que la « licence globale ». Les instances dirigeantes du PS préféreront finalement défendre à l'Assemblée nationale l'option de la licence globale prônée par les députés Patrick Bloche (Paris), Didier Mathus (Saône-et-Loire) et Christian Paul (Nièvre).

Droits des femmes

Féministe, elle a une opinion proche du prohibitionnisme au sujet de la prostitution[128].

En octobre 2013, au cours d'une émission télévisée, elle déclare avoir « de la bienveillance pour les Femen » et les trouver « émouvantes ». À la suite de nouvelles actions des Femen largement dénoncées par la classe politique[129], et dans le contexte des élections municipales de 2014 à Paris où elle est candidate, elle relativisera ses propos par la voix de son directeur de campagne. Le site d'information Le Lab relève néanmoins que « le jour de l'enregistrement de cette émission, les Femen avaient déjà ouvert leur « centre d'entrainement » à Paris et multiplié les actions seins nus, aussi bien pour accueillir Marine Le Pen en Bretagne que dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, en février 2013 »[130].

Salaires des chefs d'entreprise

En mai 2016, Anne Hidalgo est l'une des signataires d'un « Appel des 40 au CAC40 » qui demande à légiférer sur le salaire du patronat[131].

Collectivités territoriales

Anne Hidalgo est favorable au maintien de la Métropole du Grand Paris, tandis que Valérie Pécresse souhaite sa suppression et le transfert de ses compétences à la région Île-de-France[132].

International

Elle apporte son soutien à Pedro Sánchez en vue de la primaire socialiste espagnole de 2017[133].

Roms

En septembre 2013, elle déclare : « Il faut lutter contre ces réseaux criminels de délinquance à l’échelle européenne. Paris ne peut pas être un campement géant et je soutiens la politique de M. Valls, qui consiste à démanteler ces camps »[134],[135].

Festival Nyansapo

En mai 2017, après les révélations du site François Desouche[136], elle demande l'interdiction de la tenue du festival afroféministe Nyansapo, qui veut proposer des ateliers « non mixtes », c'est-à-dire interdits aux Blancs[137]. Elle n'exclut pas de déposer une plainte contre les organisateurs[138].

Hommage à Che Guevara

En décembre 2017, à l'occasion de l'exposition consacré à Che Guevara à l'hôtel de ville de Paris, Anne Hidalgo tweete : « Avec l’exposition Le CHE à Paris, la capitale rend hommage à une figure de la révolution devenue une icône militante et romantique. […] »[139]. Cette prise de position lui attire des critiques à droite et au centre : en particulier, Luc Ferry dénonce un hommage à « une crapule sanguinaire qui a personnellement torturé et assassiné de sa main 130 malheureux dans l'abominable camp de concentration et de torture qu'il dirigeait »[140].

Condamnations judiciaires

Le 11 mars 2016, le tribunal correctionnel de Paris condamne Anne Hidalgo, en raison de ses propos selon lesquels le Front national aurait « soutenu pendant la guerre la collaboration avec les nazis », à une peine avec sursis de 500 euros d'amende pour diffamation, ainsi qu'un euro de dommages et intérêts et 2 000 euros pour les frais de justice[141].

Le 25 mai 2016, elle est condamnée à 500 euros d'amende avec sursis et un euro de dommages et intérêts pour avoir diffamé l'architecte Jean-François Cabestan[142]. La cour d'appel de Paris confirme le 9 mars 2017 sa condamnation en reprochant à Anne Hidalgo d'avoir affirmé que Jean-François Cabestan avait utilisé des documents municipaux « à des fins personnelles pour un colloque »[143].

Distinctions honorifiques

Insigne de dame commandeur de l'ordre d'Isabelle la Catholique.

Legion Honneur Chevalier ribbon.svg Order of Civil Merit (Spain) GC.svg Order of the Polar Star - Ribbon bar.svg ESP Isabella Catholic Order COM.svg SEN Order of the Lion - Knight BAR.png

En juillet 2010, Anne Hidalgo est promue commandeur de l'ordre d'Isabelle la Catholique. Ces insignes lui sont remis, sur proposition du gouvernement espagnol et sur décision du roi Juan Carlos, par l'ambassadeur d'Espagne en France qui souligne alors que « cette décoration constitue une reconnaissance à l'immigration espagnole en France à travers Anne Hidalgo qui représente pour nous un modèle exemplaire d'intégration réussie »[144].

En juillet 2012, elle est nommée chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur[145].

En 2014, elle est désignée « personnalité de l'année » par l'édition espagnole du magazine Vanity Fair[146].

En juin 2015, lors de sa visite d'État en France, le roi Felipe VI lui remet les insignes de grand-croix de l'ordre du mérite civil espagnol[147].

En décembre 2016, lors de sa visite d'État en France, le président sénégalais Macky Sall la nomme chevalier de l'ordre national du Lion du Sénégal[148].

Essais

  • Une femme dans l'arène, Éditions du Rocher, coécrit avec Jean-Bernard Senon, préface de Bertrand Delanoë, 2006 (ISBN 2-2680-5961-8)
  • Travail au bord de la crise de nerfs, coécrit avec Jean-Bernard Senon, Flammarion, 2010 (ISBN 2-0812-4522-1)
  • Mon combat pour Paris : quand la ville ose, Flammarion, (ISBN 2-081-27769-7)

En avril 2014, elle préface la bande-dessinée La Nueve, qui narre l'histoire de républicains espagnols qui ont participé à la Libération de Paris, en 1944[149].

Ouvrages sur Anne Hidalgo

Notes et références

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  142. « Hidalgo condamnée pour avoir diffamé un architecte », leparisien.fr, 24 mai 2016.
  143. Christine Henry, Paris : Anne Hidalgo condamnée en appel pour diffamation envers un architecte, le 10 mars 2017.
  144. « Vidéo : Anne Hidalgo décorée par le roi d'Espagne », LeParisien.fr.
  145. « Légion d'honneur : Simone Veil, Juliette Gréco, Michel Blanc au menu de la promotion 2012 », LeMonde.fr.
  146. « Hidalgo passe de Hillary Clinton à Felipe », lejdd.fr, 6 juillet 2014.
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  148. « Macky « Conforte » Anne Hidalgo La « Lionne » », sur sen360.fr, (consulté le 22 juillet 2017)
  149. « Quand Anne Hidalgo préface une BD », programme-tv.net, 25 avril 2014.

Voir aussi

Articles connexes

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