Anne-Marcelle Kahn

Anne-Marcelle Kahn
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Formation
Activité
Père
Conjoint
Louis Kahn (depuis )

Anne-Marcelle Kahn (née Schrameck) (, Paris 7e arrondissement-, Paris 14e arrondissement) est la première femme ingénieure diplômée d'une grande école, la première, en 1919, à intégrer l'École nationale supérieure des mines de Saint-Étienne. Elle est la fille du ministre Abraham Schrameck. Elle est l'épouse de l'amiral Louis Kahn.

Biographie

Anne-Marcelle Schrameck est née le dans le 7e arrondissement de Paris[1]. Elle est la fille du ministre de l'Intérieur Abraham Schrameck[2] et de Marguerite Odile Bernheim (1872-1945)[3],[1].

Première femme diplômée ingénieure d'une grande école

En 1919, Anne-Marcelle Schrameck est la première femme ingénieure diplômée d'une grande école[4],[5],[6],[7],[8].

Anne-Marcelle Schrameck, au titre de la promotion 1917-1919, obtient le diplôme d’ingénieur civil des mines[4].

Pendant 50 ans (jusqu'en 1968), aucune autre femme n’entre dans une École des mines.

Usines Kulhmann

En 1920, Anne-Marcelle Schrameck travaille un certain temps dans les usines des produits chimiques Kuhlmann (Établissements Kuhlmann), en Lorraine[9],[10].

Mariage avec Louis Kahn

Le mardi , Anne-Marcelle Schrameck épouse, à 14:30, à l'oratoire de la synagogue de la Victoire à Paris, Louis Kahn, de Brest. Elle habitait au 54, rue La Bruyère[11].

Elle rejoint son mari à Brest, puis Saïgon et Lorient[4].

Seconde Guerre mondiale

En , le père de Anne-Marcelle Kahn, Abraham Schrameck vota les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Il est déchu de son mandat de sénateur par Pétain le [12]. Il fut bientôt arrêté et interné en raison de ses origines juives. Parvenant à gagner la Provence, il y resta caché jusqu’à la Libération[13].

Louis Kahn, évadé de France par l'Espagne, dirige de Londres, qu'il rallie le , les constructions navales des Forces navales françaises libres (FNFL). Il a le grade d'ingénieur en chef. Avec le ministre de la Marine Louis Jacquinot et le vice-amiral Lemonnier, Louis Kahn est l'un des maîtres d'œuvre du renouveau de la Marine depuis Alger, conquise en novembre 1942, où il occupe le poste de directeur des constructions navales en 1943.

Anne-Marcelle Kahn raconte son propre parcours durant la Seconde Guerre mondiale dans un interview[9].

Marseille

Après l'armistice, Anne-Marcelle Kahn part avec ses deux fils, Pierre Kahn (1926-1997) et Jean Kahn (1931-2017), en zone libre, à Marseille. En , les Allemands envahissent la zone libre. Louis Kahn était en Angleterre. Le une bombe est déposée dans un des grands hôtels de Marseille. La femme du consul allemand a les deux jambes coupées et meurt quelques jours après. Les représailles commencent. Avec arrestations et déportations.

Anne-Marcelle Kahn voudrait quitter Marseille, ville devenue dangereuse. Quand les Allemands détruisent le quartier du Vieux-Port de Marseille, et avec la rafle de Marseille (22-), sa décision est prise, de quitter Marseille.

Grenoble

Ils vont dans les Alpes, aux environs de Grenoble. Les enfants sont dans une pension.

Anne-Marcelle Kahn reçoit un message de son mari, Je suis arrivé. Ce message d'Angleterre met du temps à lui parvenir et il signifie que Louis Kahn attend sa famille, en Angleterre.

La Résistance lui fournit de fausses cartes d'identité.

Passage des Pyrénées

Anne-Marcelle Kahn ne trouve pas de "passeur" acceptant de guider de jeunes enfants: le plus jeune fils, Jean, n'a que 10 ans, l'aîné, Pierre, 15 ans.

Elle décide de partir seule, un an plus tard, en , avec ses deux enfants, utilisant une boussole de Scout et des cartes d'état-major.

Ils franchissent les Pyrénées à partir de Perpignan seuls. Le passage des Pyrénées se fait en deux jours. Ils n'emportent rien avec eux, voulant se faire passer pour des touristes. Ils mettent 9 jours de Perpignan pour atteindre Casablanca, en incluant 3 jours de prison, en Espagne.

Casablanca, puis Alger

Anne-Marcelle Kahn et ses deux fils arrivent à Casablanca le .

Ils vont à Alger, qu'ils quittent le , pour retourner à Paris.

Mort

Anne-Marcelle Kahn meurt le , dans le 14e arrondissement de Paris, à l'âge de 69 ans.

Notes et références