Andrzej Duda

Andrzej Duda
Andrzej Duda en 2017.
Andrzej Duda en 2017.
Fonctions
Président de la République de Pologne
En fonction depuis le
(2 ans et 24 jours)
Élection 24 mai 2015
Président du Conseil Ewa Kopacz
Beata Szydło
Prédécesseur Bronisław Komorowski
Député européen

(10 mois et 24 jours)
Élection 25 mai 2014
Législature 8e
Groupe politique ECR
Successeur Edward Czesak
Député à la Diète

(2 ans, 6 mois et 19 jours)
Élection 9 octobre 2011
Législature VIIe
Groupe politique PiS
Successeur Piotr Ćwik
Biographie
Nom de naissance Andrzej Sebastian Duda
Date de naissance (45 ans)
Lieu de naissance Cracovie (Pologne)
Nationalité polonaise
Parti politique UW (2000-2001)
Indépendant (2001-2005)
PiS (2005-2015)
Indépendant (depuis 2015)
Conjoint Agata Kornhauser
Diplômé de Université Jagellon
Profession Juriste
Religion Catholicisme
Résidence Palais présidentiel
(Varsovie)

Signature de Andrzej Duda

Andrzej Duda
Présidents de la République de Pologne

Andrzej Sebastian Duda ([ˈandʐɛj ˈduda], né le à Cracovie, est un homme d'État polonais, président de la République depuis le .

Juriste de profession, il entame sa carrière politique en 2000 en adhérant à l'Union pour la liberté (UW), parti centriste et libéral. En 2005, il rejoint le parti conservateur Droit et justice (PiS), fondé par les frères Kaczyński, dont il devient l'un des collaborateurs.

En 2006, il est nommé sous-secrétaire d'État au sein du ministère de la Justice à l'époque du gouvernement dirigé par Jarosław Kaczyński, mais il doit quitter cette fonction après la défaite des conservateurs aux élections législatives de 2007. Lors de ce scrutin, il se présente sans succès dans la circonscription de Tarnów.

Moins d'un an plus tard, en 2008, il entre au service du président Lech Kaczyński en prenant un poste de sous-secrétaire d'État de la chancellerie présidentielle. Après la mort de celui-ci lors de la catastrophe aérienne de Smolensk, il est désigné porte-parole de la campagne de Jarosław Kaczyński pour l'élection présidentielle anticipée. Il quitte la chancellerie présidentielle après la victoire du candidat libéral, Bronisław Komorowski.

Élu député européen en 2014, il est désigné candidat du PiS à l'élection présidentielle de 2015 sur proposition de Jarosław Kaczyński. Il bat le président sortant, Bronisław Komorowski, grand favori du scrutin, avec 51,55 % des voix au second tour.

Biographie

Jeunesse et formation

Alors qu'il fréquente le lycée Jan III Sobieski  de Cracovie, Andrzej Duda fait partie du mouvement scout polonais entre 1984 et 1990. En 1994, il épouse Agata Kornhauser, fille du poète Julian Kornhauser, avec qui il a une fille, Kinga, née en 1995[1],[2]. Deux ans plus tard, en 1996, il sort diplômé de la faculté de droit et d'administration de l'université Jagellon, puis intègre, un an plus tard, le département de procédure administrative de cette même université.

Parlant anglais, il comprend aussi le russe et l'allemand[3].

Carrière politique

Fidèle des frères Kaczyński

Andrzej Duda est proche de l'ancien président du Conseil des ministres Jarosław Kaczyński. Il a ainsi été sous-secrétaire d'État du ministère de la Justice quand ce dernier dirigeait le gouvernement. Il quitte ce poste après la défaite du PiS aux élections législatives du pour travailler auprès de Lech Kaczynski, comme sous-secrétaire d'État à la chancellerie présidentielle[1]. Parallèlement, il intègre le tribunal d'État.

Duda participe activement à la campagne du chef du parti Droit et justice pour l'élection présidentielle anticipée de 2010 qui fait suite à la mort accidentelle de Lech Kaczyński, frère jumeau de Jarosław et président de la République depuis 2005.

Il se voit élu député à la Diète lors des élections législatives du , totalisant 79 981 votes préférentiels dans la circonscription de Cracovie-II. Il réalise le meilleur résultat du territoire, devant le libéral Jarosław Gowin.

Porte-parole de Droit et justice de novembre 2013 à janvier 2014, il est présenté comme un cadre important du parti conservateur et fait figure de successeur présumé de Kaczyński.

Il entre au Parlement européen à l'issue des élections européennes du 25 mai 2014[4] avec 97 996 suffrages de préférence dans la circonscription de Cracovie. Il rejoint alors le groupe des Conservateurs et réformistes européens (ECR) et la commission des Affaires juridiques.

Candidat à l'élection présidentielle

Andrzej Duda durant sa campagne présidentielle, le .

Le , contrairement à ce qu'il avait précédemment annoncé, Jarosław Kaczyński renonce à briguer une fois encore la présidence de la République, préférant soutenir la candidature d'Andrzej Duda à l'élection présidentielle de 2015. Ce choix surprend les médias et les spécialistes, compte tenu de la faible expérience d'Andrzej Duda.

Il fonde sa campagne présidentielle sur les aspirations sociales du pays, quand bien même la politique sociale dépend du seul gouvernement et non pas du président. Néanmoins, le , alors que tous les sondages le donnaient distancé par le président sortant, Bronisław Komorowski, il arrive en tête du premier tour avec 34,77 % des voix, devançant le chef de l'État sortant qui obtient 33,76 %[5].

Andrzej Duda remporte le second tour, le , avec 51,55 % de voix face à Bronisław Komorowski, qui recueille 48,45 %[6]. Il s'agit de l'élection présidentielle la plus serrée de l'histoire de la Pologne. Le 25 mai 2015, il démissionne de son siège de député européen.

Parmi ses promesses de campagne figurent le gel sous son mandat de l'adoption de l'euro ainsi que l'abaissement de l'âge de départ à la retraite, passant de 67 à 65 ans[7], comme avant la réforme de son prédécesseur, Bronisław Komorowski[8].

Président de la République

Andrzej Duda, Bronisław Komorowski et leurs épouses, lors de la passation de pouvoir le .

Andrzej Duda devient, après sa prestation de serment le devant l'Assemblée nationale, le 10e président de la République de Pologne et le sixième président de la IIIe République.

Réputé eurosceptique, comme le PiS, qu'il a quitté avant de prendre ses fonctions, il appelle, dans un discours inaugural, à « soigner la cohésion de l'Union européenne »[9], tout en réclamant que soient davantage pris en compte « les intérêts »[9] du pays. De même, il souligne, dans son discours, le « besoin de garanties supplémentaires » de l'OTAN vis-à-vis de la Pologne, mais aussi de l'Europe centrale et de l'Est, compte tenu de la « situation géopolitique difficile », faisant ici référence à la situation de l'Ukraine, pays frontalier de la Pologne.

Il s'entoure comme plus proches collaborateurs de jeunes députés issus de Droit et justice. Au lendemain de son entrée en fonction, il nomme effectivement Małgorzata Sadurska, 40 ans, chef de la chancellerie, et Adam Kwiatkowski, 42 ans, chef de cabinet.

Son investiture marque aussi le début d'une nouvelle cohabitation entre son parti Droit et justice et le parti Plate-forme civique de la présidente du Conseil Ewa Kopacz[10]. Mais cette cohabitation est de courte durée avec la victoire de Droit et justice aux législatives d'octobre 2015[11].

Le , lors de la séance inaugurale du nouveau Parlement, le gouvernement de la présidente du Conseil sortante, Ewa Kopacz, présente sa démission[12],[13]. Andrzej Duda nomme alors Beata Szydło, issue des rangs du PiS, pour lui succéder[14],[15],[16],[17]. Le nouveau gouvernement prête serment le 16 novembre suivant[18],[19].

Le gouvernement fait voter plusieurs mesures promises par Andrzej Duda durant sa campagne présidentielle, notamment l'abaissement de l'âge légal de la retraite à 65 ans alors que les libéraux l'avait repoussé à 67 ans[20]. En politique étrangère, en pleine guerre du Donbass, il renforce les liens de la Pologne avec l’Otan[20].

Andrzej Duda en 2016.

En dépit des protestations de la Commission européenne, il signe, en décembre 2015, la loi introduisant la règle de la majorité qualifiée des deux tiers pour les décisions du Tribunal constitutionnel, qui se voit obligé de réunir, pour pouvoir statuer dans les cas de grande importance, 13 de ses 15 juges, au lieu de neuf auparavant[21].

Le 3 mai 2017, il annonce son souhait d'organiser, d'ici à novembre 2018, un référendum visant à modifier le régime constitutionnel en vigueur en Pologne[22]. Cette annonce ne constitue pas une surprise, le PiS étant opposé à la Constitution de 1997, qualifié par Jarosław Kaczyński de « document postcommuniste »[22]. Andrzej Duda juge la Constitution floue et ambiguë sur un certain nombre de points, en particulier sur la répartition des pouvoirs entre les différentes autorités étatiques[23].

Lors des débats à la Diète sur le système judiciaire du pays, en juillet 2017, Andrzej Duda use de son droit d’initiative pour obtenir que l'élection des membres du Conseil national de la magistrature se fasse à une majorité qualifiée des trois cinquièmes de la Diète, et non à la majorité simple comme le prévoyait le texte soutenu par le gouvernement[24]. Une fois les lois sur la justice votées par les parlementaires, il oppose son veto à deux lois : une sur la Cour suprême (prévoyant la mise à la retraite d'office de ses juges, à l'exception de ceux nommés par le gouvernement) et l'autre sur le statut du Conseil national de la magistrature (permettant au Parlement le droit d'en nommer la plupart des membres)[25]. Alors que des dizaines de manifestants protestaient contre ces réformes, Andrzej Duda déclare qu'« il n’y a pas en Pologne de tradition juridique et constitutionnelle pour des prérogatives aussi larges du procureur général [qui est aussi le ministre de la Justice] en matière de nomination des juges »[26],[27] et annonce qu'il va présenter une nouvelle version de ces deux lois après consultations des milieux juridiques et politiques[28],[29].

Jusqu'ici présenté comme très dépendant de la majorité conservatrice et notamment de Jarosław Kaczyński, il se voit critiquer par les responsables du PiS, y compris par la présidente du Conseil des ministres, Beata Szydło[28]. Il ne tient cependant pas compte des appels de l'opposition à un troisième veto et signe le troisième texte voté par la majorité, qui prévoit que les présidents de juridictions ordinaires soient nommés par le ministre de la Justice sans consultation préalable des assemblées générales des juges et, en cas d'avis négatif de ces dernières, du Conseil national de la magistrature[28].

Notes et références

  1. a et b « Qui est Andrzej Duda, le nouveau président polonais? », AFP,
  2. (pl) Anna Szulc, Ewelina Lis, « Kim są kobiety Andrzeja Dudy? », Newsweek Polska,
  3. (fr) « Pologne: le conservateur Andrzej Duda investi président », Le Parisien - Aujourd'hui en France,
  4. Alain Salles, « Andrzej Duda « l’inconnu », nouveau président polonais », Le Monde,
  5. Reuters, « Andrzej Duda devance le président sortant au 1er tour en Pologne », sur Capital,
  6. (pl) « Wybory Prezydenta Rzeczypospolitej Polskiej 2015 », sur www.prezydent.2015.pkw.gov.pl (consulté le 26 mai 2015)
  7. (fr) « Andrzej Duda remporte la présidentielle polonaise », Libération,
  8. RTL Belgium, « Le président Komorowski scelle la retraite à 67 ans en Pologne » (consulté le 7 novembre 2015)
  9. a et b « Pologne: le conservateur Andrzej Duda investi président », Challenges,‎ (lire en ligne)
  10. (fr) « Début de la cohabitation en Pologne », Le Figaro,
  11. « Législatives en Pologne : les conservateurs victorieux », sur Libération.fr (consulté le 7 novembre 2015)
  12. « Pologne: réunion du Parlement élu et démission du gouvernement sortant le 12 novembre » (consulté le 12 novembre 2015)
  13. « Pologne: Mme Kopacz a présenté la démission de son gouvernement » (consulté le 13 novembre 2015)
  14. « Le nouveau gouvernement polonais est annoncé », sur Métro (consulté le 12 novembre 2015)
  15. « Pologne-Beata Szydlo va être nommée Premier ministre » (consulté le 13 novembre 2015)
  16. (en)« Beata Szydło sworn in as new Prime Minister of Poland », TheNews.pl, le
  17. « Pologne : Beata Szydlo nommée Premier ministre », sur euronewsfr (consulté le 14 novembre 2015)
  18. « Poland's new government is sworn in », sur Washington Post (consulté le 16 novembre 2015)
  19. (pl) « Prezydent Andrzej Duda powołał nowy rząd. Pokieruje nim Beata Szydło », Wyborcza,
  20. a et b http://www.liberation.fr/planete/2017/07/27/pologne-andrzej-duda-un-fidele-de-kaczynski-qui-a-ose-lui-dire-non_1586536
  21. https://www.lesechos.fr/28/12/2015/lesechos.fr/021583414758_le-president-polonais-enterine-la-reforme-controversee-du-tribunal-constitutionnel.htm
  22. a et b http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/05/04/en-pologne-le-pouvoir-ouvre-un-debat-constitutionnel_5122440_3214.html#CEd0DlWIOf8sYzZS.99
  23. http://www.thenews.pl/1/9/Artykul/322547,Poland-needs-new-constitution-president
  24. http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/07/19/le-president-polonais-fait-de-la-resistance_5162344_3214.html#DXjkFvrCsAScQxqD.99
  25. http://www.capital.fr/economie-politique/pologne-duda-oppose-son-veto-pour-une-question-de-constitutionnalite-1237884
  26. http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/07/24/pologne-le-president-duda-s-oppose-au-pis_5164196_3214.html#gXTtXqyr8jDQiOXT.99
  27. President to veto two judicial bills, says will sign bill on common courts
  28. a, b et c https://fr.news.yahoo.com/pologne-apr%C3%A8s-deux-veto-pr%C3%A9sident-approuve-autre-loi-090442749.html
  29. http://www.rfi.fr/europe/20170724-reforme-cour-supreme-veto-president-duda-manifestations

Annexes

Article connexe

Liens externes

  • Notices d'autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Bibliothèque universitaire de Pologne • WorldCat
  • « Andrzej Duda », sur la base de données des députés au Parlement européen