Andrej Babiš

Andrej Babiš
Illustration.
Andrej Babiš en 2018.
Fonctions
Président du gouvernement tchèque
En fonction depuis le
(9 mois et 12 jours)
Président Miloš Zeman
Gouvernement Babiš I et II
Législature 8e
Coalition ANO 2011 (2017-2018)
ANO 2011-ČSSD (depuis 2018)
Prédécesseur Bohuslav Sobotka
Premier vice-président du gouvernement

(3 ans, 3 mois et 25 jours)
Président du gouvernement Bohuslav Sobotka
Gouvernement Sobotka
Prédécesseur Jan Fischer
Successeur Richard Brabec
Ministre des Finances

(3 ans, 3 mois et 25 jours)
Président du gouvernement Bohuslav Sobotka
Gouvernement Sobotka
Prédécesseur Jan Fischer
Successeur Ivan Pilný
Député de la République tchèque
En fonction depuis le
(4 ans, 10 mois et 23 jours)
Élection
Réélection
Circonscription Prague
Législature 7e et 8e
Groupe politique ANO
Président de l'ANO 2011
En fonction depuis le
(7 ans, 4 mois et 7 jours)
Prédécesseur Création du parti
Biographie
Date de naissance (64 ans)
Lieu de naissance Bratislava
(Tchécoslovaquie)
Nationalité tchèque
Parti politique KSČ (1980-1989)
ANO 2011 (depuis 2011)
Diplômé de Université d'économie de Bratislava
Résidence Villa Kramář, Prague

Andrej Babiš
Présidents du gouvernement tchèque

Andrej Babiš, né le à Bratislava, est un homme d'affaires et homme d'État tchèque, président du gouvernement tchèque depuis 2017.

Pendant sa carrière dans le monde des affaires, il fonde et dirige le groupe agroalimetaire Agrofert. Devenu milliardaire, il est considéré comme le deuxième homme le plus riche de la République tchèque.

En 2012, il entre en politique en fondant l'Action des citoyens mécontents (ANO), une formation de centre-droit d'obédience libérale et populiste dénonçant la corruption et l'archaïsme du personnel politique. Après que son parti a obtenu un résultat significatif lors des élections législatives de 2013, il conclut un accord avec les sociaux-démocrates et devient vice-président du gouvernement et ministre des Finances du gouvernement Sobotka.

Ses prises de position et les polémiques associées à sa carrière dans les milieux d'affaires contribuent à son limogeage du gouvernement Sobotka quelques mois avant les élections législatives de 2017. Lors de ce scrutin, l'ANO devient le premier parti du pays, ce qui conduit le président Miloš Zeman à le charger de former un gouvernement.

Biographie

Origines

Né à Bratislava, en Slovaquie, il est le fils d'un diplomate tchécoslovaque d'origine slovaque représentant son pays pour les négociations GATT.

Vie privée et familiale

Andrej Babiš avec Monika en 2015.

À partir des années 1970, il est marié à Beata Adamičová, avec qui il a deux enfants : Adriana (née en 1979) et Andrej (né en 1982). Depuis les années 1990, il vit avec Monika Herodesová (née en 1974), qu’il épouse en 2017. Ils ont ensemble deux enfants : Vivien et Frederik.

Formation

Il fait ses études supérieures à l'université d'économie de Bratislava.

Carrière professionnelle

À la chute des régimes communistes d'Europe de l'Est, il est chargé de l'approvisionnement en marchandises stratégiques. Il utilise dès lors sa position privilégiée et ses contacts pour prendre possession de la compagnie nationale slovaque d’agrochimie Petrimex. Par la suite, il rachète d’autres entreprises d'État bradées et sous-évaluées durant le processus de privatisation. Son biographe Jakub Patocka remarque qu'il « a notamment construit sa fortune en utilisant les subventions européennes en sa faveur »[1].

Dirigeant de l'entreprise Agrofert, il est le deuxième homme le plus riche de République tchèque[réf. nécessaire]. En 2017, le magazine Forbes estime sa fortune à 3,4 milliards d'euros[2].

Sa fortune lui permet de fortement investir dans les médias : il possède trois quotidiens, un hebdomadaire, des sites Internet et une radio[3].

Parcours politique

Il est membre du Parti communiste slovaque de 1980 à 1989[4].

Le , il fonde l'Action des citoyens mécontents (ANO 2011), parti de centre droit dont il prend la présidence.

Ministre des Finances

À la suite des élections législatives d'octobre 2013, lors desquelles son parti arrive en deuxième position, il négocie la formation d'une coalition avec le Parti social-démocrate tchèque (ČSSD) et l'Union chrétienne démocrate - Parti populaire tchécoslovaque (KDU-ČSL). Le , il est nommé premier vice-président du gouvernement et ministre des Finances dans le gouvernement Sobotka.

Il est limogé du gouvernement en mai 2017, sur demande de Bohuslav Sobotka, après de nombreuses controverses à son sujet. Il est notamment accusé d'avoir procédé à des transactions financières douteuses, à une fraude fiscale et d'avoir été plusieurs fois en situation de conflits d'intérêt[5].

Président du gouvernement

L'ANO remporte les élections législatives d'octobre 2017. Pour la première fois de l'histoire de la République tchèque, la mission de former un gouvernement ne devrait donc pas être attribuée à une personnalité issue du Parti social-démocrate (ČSSD) ou du Parti démocratique civique (ODS)[6].

Le 31 octobre 2017, il est chargé par le président Miloš Zeman de mener des négociations en vue de former un nouveau gouvernement[7]. Le 16 janvier 2018, la Chambre des députés refuse la confiance au gouvernement Babiš, par 117 voix contre 78 et cinq abstentions. La démission du gouvernement est présentée le 17 janvier[8]. Le gouvernement est alors chargé des affaires courantes[9]. Le 24 janvier, à deux jours du second tour de l'élection présidentielle tchèque de 2018, Babiš est de nouveau chargé par le président Zeman de former un gouvernement[10].

Après la réélection de Zeman et la signature d'un accord de gouvernement avec les sociaux-démocrates du ČSSD, Babiš est de nouveau formellement nommé président du gouvernement et doit former un gouvernement dans les 15 jours[11]. Il forme le 27 juin son gouvernement, qui obtient la confiance de la Chambre des députés le 12 juillet.

Prises de position

En 2015, il exprime l'opinion que « la Grèce n'aurait jamais dû rester dans la zone euro » et se montre très critique vis-à-vis du fonctionnement de la monnaie unique[12].

S'exprimant au sujet de la crise migratoire en Europe, il affirme en  : « Nous devons faire tout notre possible pour refuser les migrants, y compris les quotas, où nous avons été mis en minorité. Je veux rejeter les quotas, même au prix de sanctions. Et l'Europe doit au plus tôt fermer la frontière extérieure à Schengen »[13]. Deux ans plus tard, il confirme sa position de fermeté sur le sujet de l'immigration qu’« il s'agit d'un combat pour préserver notre civilisation européenne et notre culture » et ne pas vouloir « vivre en Afrique ou au Moyen-Orient ». Il considère que l'immigration au sein de l'UE n'est plus économique mais de colonisation[14].

Notes et références

  1. Rachel Knaebel, « Pourquoi oligarques et droites extrêmes prennent progressivement le pouvoir en Europe de l’Est », Basta,‎ (lire en ligne)
  2. « Andrej Babis, le "Trump tchèque" à la conquête du pouvoir », Challenges,‎ (lire en ligne)
  3. « A Prague, une guerre d’oligarques par médias interposés », sur Le Monde.fr (consulté le 26 avril 2018)
  4. « Qui est Andrej Babiš ? » (consulté le 7 juin 2018)
  5. « Fin de la crise gouvernementale à Prague, cinq mois avant les législatives », AFP,‎ (lire en ligne)
  6. https://hu-lala.org/tchequie-andrej-babis-aspire-a-pouvoir-quasi-absolu/
  7. https://www.rtbf.be/info/monde/detail_republique-tcheque-andrej-babis-charge-de-former-le-gouvernement?id=9751752
  8. « République tchèque : le gouvernement d’Andrej Babis n’obtient pas la confiance du Parlement », sur Le Monde, (consulté le 16 janvier 2018)
  9. « Le gouvernement de Babis démissionne », sur tdg.ch/ (consulté le 17 janvier 2018)
  10. https://www.ouest-france.fr/europe/republique-tcheque/republique-tcheque-babis-nouveau-nomme-premier-ministre-par-zeman-5521428
  11. « Rép. tchèque: le milliardaire Andrej Babis renommé Premier ministre », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 6 juin 2018)
  12. Andrej Babis : «La Grèce aurait dû sortir de l'euro», lefigaro.fr, 06/10/2015
  13. (cs) Ministr Babiš: Musíme udělat všechno proto, abychom migranty odmítli, parlamentnilisty.cz, 2.8.2016
  14. « Le Premier ministre tchèque : “Nous ne voulons pas devenir l'Afrique” », Valeurs actuelles,‎ (lire en ligne)

Voir aussi

Liens externes