André Ulmann

André Ullmann
Biographie
Naissance
Décès
(à 57 ans)
Paris
Nationalité
Activité

André Ulmann est un journaliste français né le dans le 16e arrondissement de Paris[1], ville où il est mort le à l'Hôpital Cochin dans le 14e arrondissement[2].

Biographie

Après le premier et le second baccalauréat (lettres et maths), il mène de front des études de droit et de lettres et commence une carrière de journaliste à L’information sociale. Il rencontre Jacques Maritain, qui le présente à Emmanuel Mounier, et devient secrétaire de rédaction de la revue Esprit en 1932.

En reportage pour la revue en Espagne, il aurait contribué, à la fin de la guerre d'Espagne, à l'organisation de l'évacuation des républicains espagnols vers la France[réf. nécessaire].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il participe, en tant qu'ancien prisonnier de guerre, avec Michel Cailliau, à la fondation du Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés et crée un réseau de résistance. Ayant habité en Suisse avant guerre, il est germanophone. Selon ses dires, il a effectué des missions en Suisse et en Allemagne[3]. Arrêté en 1943, il est déporté en 1944 au camp de concentration de Mauthausen, puis dans son Kommando de Melk, et enfin au camp d'Ebensee. A Melk, sous la fausse identité d'Antonin Pichon, il organise une résistance interne qui permet de sauver d'une mort affreuse des hommes de toutes nationalités (Espagnols, Yougoslaves, Hongrois, Tchèques, Français, Allemands)[4]. À son retour en France, il est délégué à l'Assemblée consultative provisoire (juillet-août 1945).

Après la Libération de la France, il reprend son métier de journaliste. Il devient le rédacteur en chef du journal Les Étoiles, puis de l'hebdomadaire La Tribune des Nations. Selon les archives du KGB apportées par le transfuge Vassili Mitrokhine, ce journal (nom de code : ÉCOLE pour le KGB), envoyé aux ministères et aux principaux décideurs ainsi qu'à de nombreuses ambassades, a bénéficié largement de 3 500 000 francs français versés en 24 ans par l'Union Soviétique à André Ulmann[5].

En 1946, selon son dossier au KGB, il a secrètement adhéré au Parti communiste français[5]. La même année, selon Thierry Wolton, il aurait été recruté par le NKVD sous le nom de code de Durant. Pour Thierry Wolton, qui écrivit sans disposer des archives Mitrokhine, il est impossible d'affirmer avec certitude qu'André Ulmann fut un agent d'influence soviétique malgré son rôle déterminant dans l'affaire Kravchenko. Wolton pensait qu'André Ulmann n'avait jamais appartenu au parti communiste[6].

André Ulmann écrit en 1947 un article signé Sim Thomas, censé être un journaliste américain, affirmant que le livre J'ai choisi la liberté du transfuge soviétique Victor Kravtchenko était un faux et son auteur un ivrogne. Publié par Les Lettres françaises, journal proche du Parti communiste français, ce texte sert de motif à un procès en diffamation largement médiatisé à l'époque. Ce n'est qu'à la publication en 1979 des mémoires de Claude Morgan, directeur du journal, que sera révélée la véritable identité de l'auteur de l'article[7].

Les archives Mitrokhine affirment en outre qu'André Ulmann était également un agent des services de la république populaire de Pologne, en 1948, sous le nom de code de YULI[5].

Celui qui se présentait comme un humaniste de gauche est qualifié d'intellectuel progressiste par Thierry Wolton.

En 1992, son nom est donné au jardin André-Ulmann à Paris.

Œuvres

  • Le Quatrième Pouvoir, police, Fernand Aubier, 1935
  • L'Humanisme du XXe siècle, Enfant poète, 1946
  • La Conjuration des habiles, Jean Vigneau, 1946
  • André Ulmann et Henri Azeau, Synarchie et pouvoir, Paris, Julliard, 1968
  • Poèmes du camp, Julliard, 1969

Bibliographie

  • Michel Goldschmidt, André Ulmann ou le juste combat, Société d'éditions internationales, 1982 (ouvrage dans la préface duquel Maurice Schumann salue « la présence du polémiste intransigeant et serein d’Esprit et de La Tribune des nations, du militant, du prisonnier, du soldat de l’ombre et du camp »)
  • Thierry Wolton, Le KGB en France, Paris, Bernard Grasset, (ISBN 978-2-246-34151-2)

Liens externes

Notes et références

  1. Archives de Paris 16e, acte de naissance no 1056, année 1912 (avec mention marginale de décès) (page 29/31)
  2. Archives de Paris 14e, acte de décès no 3661, année 1970 (page 8/31)
  3. André ULMANN - "Antonin PICHON" (1912-1970), Caroline Ulmann, Site officiel de l'Amicale de Mauthausen - déportés, familles et amis (association créée par André Ulmann), non daté
  4. Jean Varnoux, Clartés dans la nuit - La Résistance de l'Esprit, Neuvic-Entier, La Veytizou, , 304 p. (ISBN 2-907261-54-1), p. 116 - 123
  5. a, b et c (en) Christopher Andrew et Vassili Mitrokhine, The Sword and the Shield : The Mitrokhin Archive and the Secret History of the KGB, New York, Basic Books, (1re éd. 1999) (ISBN 0-465-00312-5), p. 461-462 (édition française : Christopher Andrew et Vassili Mitrokhine, Le KGB contre l'Ouest 1917-1991 : Les archives Mitrokhine, Paris, Fayard, (1re éd. 1999), 983 p. (ISBN 978-2-213-60744-3))
  6. Le KGB en France, Thierry Wolton, Grasset
  7. Les « don Quichotte » et les autres, Paris, éd. Guy Roblot, 1979