André Payan (tourisme)

André Payan (1913-1984)
Description de cette image, également commentée ci-après
André Payan en 1980
Naissance à
Entraunes (Alpes-Maritimes)
Décès à
Nice (Alpes-Maritimes)
Profession
professeur de tourisme puis
Expert-chef de projet de l'ONU au Moyen-Orient et en Afrique
Conjoint
Aimée Bouckaert
Famille
Deux filles

André Payan (1913-1984) est à la fois le concepteur-fondateur en 1969 de l'Association mondiale pour la formation touristique (AMFORT devenue AMFORHT), l'écrivain auteur en 1983 de La Délivrance du musée et le fondateur-rédacteur en chef du journal Le Réveil Boulonnais en 1936-39.

Biographie

André Payan[1] est né le dans la commune montagnarde d'Entraunes (Alpes-Maritimes) où le Var prend sa source. Son père - César Payan (1879-1918) - en était le maire, tandis que sa mère - née Honorine Bermond (1888-1960) et originaire de Bendejun - y avait été nommée institutrice à l'âge de vingt ans. Ses parents s'étaient mariés quatre ans plus tôt en février 1909 et avaient déjà eu un premier fils, Marcel. André Payan, lui, âgé d'un an seulement à la déclaration de guerre, n'a que très peu connu son père, « poilu » de la Première Guerre mondiale tué en août 1918, lors de la grande offensive alliée de la Somme.

Le pupille de la Nation reçu à l'E.N.S.E.T. à Paris puis à l'école des officiers de réserve de Saint-Maixent

Orphelin de père, pupille de la Nation, il réussit le concours d'entrée à l'École normale de Nice puis, à 19 ans, à celui de l'Ecole normale supérieure de l'enseignement technique à Paris (ENSET). De 1934 à 1936, il effectue ses obligations militaires et passe par l'Ecole des officiers de réserve de Saint-Maixent (dont il sort sous-lieutenant de réserve) avant d'être nommé professeur à Boulogne-sur-Mer avec son épouse.

Le fondateur et rédacteur en chef du journal progressiste « Le Réveil Boulonnais »

C'est à Boulogne-sur-Mer qu'il crée, avec des amis, un journal engagé - Le Réveil Boulonnais - dont il devient le rédacteur en chef. Journal de gauche favorable au mouvement ouvrier de 1936 et au Front populaire (France). Journal antifasciste qui soutient les Républicains espagnols et critique la politique anglo-française de non-intervention en Espagne où a commencé de fait la Deuxième Guerre mondiale en Europe.

L'officier combattant avec ses hommes une panzerdivision dans les Ardennes sera fait prisonnier à l'issue de la bataille de Dunkerque

Le jeune officier d'infanterie André Payan, cigarette aux lèvres, avec ses hommes durant la « drôle de guerre »
Prisonnier en Allemagne


Avec la déclaration de guerre de la France et de la Grande Bretagne à l'Allemagne, il est mobilisé en septembre 1939 et va rester désœuvré avec ses hommes dans le Nord durant les huit longs mois de la drôle de guerre. Le 10 mai 1940, il est dans le massif boisé des Ardennes non protégé par la ligne Maginot car déclaré « infranchissable par les blindés » (sic) selon l'état-major français. Lieutenant d'infanterie, il va affronter avec ses hommes la « guerre éclair » (blitzkrieg) hitlérienne et notamment les avant-gardes d'une de leurs dix divisions blindées (panzerdivisions) dont les Français sont dépourvus car leurs blindés - très supérieurs en nombre (3 700 contre 2 550) - sont dispersés et non concentrés en puissantes unités mobiles comme l'avait recommandé en vain le colonel Charles de Gaulle. C'est dans les Ardennes justement qu'il se trouve, commandant la défense d'un pont avec ses hommes dont plusieurs sont tués ou blessés à ses côtés lors des terrifiantes attaques des stukas en piqué. Mais ils tiennent bon et repoussent toutes les attaques des avant-gardes ennemies. C'est pourquoi, ses hommes et lui - le 15 mai - refusent d'abord d'obéir à l'ordre de repli. Menacés de passer en conseil de guerre et d'être fusillés, lui et ses hommes sont obligés d'exécuter l'ordre de repli. Conformément aux ordres, ils vont alors battre en retraite - combattant le jour et marchant la nuit - jusqu'à la « poche de Dunkerque » où les armées franco-britanniques - prises en tenaille - ont été encerclées. Là, lui et ses hommes sont désignés (avec bien d'autres) pour protéger héroïquement l'embarquement de 338 000 alliés (dont 123 000 Français) vers l'Angleterre. Et, le 4 juin 1940, il fait partie des 35 000 survivants faits prisonniers par les forces allemandes. Comme il le disait, « la défaite organisée de longue date le transforme alors en prisonnier de guerre en Allemagne pendant cinq ans ». En 1945, il retrouvera des généraux de cette débâcle dans la forteresse de Königstein en Saxe.

Le sujet de son récit historique en mai 1945 à la forteresse de Königstein en Saxe en Allemagne

Fait prisonnier, il est transféré en Allemagne. En février 1945, devant l'avancée des armées soviétiques, les nazis le transfèrent de l'Oflag IV-D d'Hoyerswerda à l'Oflag IV-B de la forteresse de Königstein située sur l'Elbe à 30 km au sud-est de Dresde et où sont logés les généraux français faits prisonniers (à l'exception du général Giraud qui s'en est échappé en 1942). Généraux entre les mains desquels le commandant allemand de la forteresse se constitue prisonnier le 8 mai 1945 et organisera leur rapatriement à l'Ouest par une colonne américaine spécialement constituée à cet effet. Les prisonniers français y sont libérés ledit 8 mai par les officiers et soldats de l'Armée rouge. Seul officier français parlant l'allemand et le russe (qu'il a appris pendant ses cinq années de captivité), André Payan va se trouver au cœur de la protection, puis de l'inventaire des célèbres collections d'œuvres d'art des musées de Dresde dont celles de la Voûte verte (Grünes Gewölbe en allemand) qui y étaient entreposées depuis 1940. Et c'est tout cela qui constitue le sujet de son récit historique et de ses réflexions humanistes titrés « La Délivrance du musée » et écrits en 1983. Récit historique qui relève notamment de l'Histoire de l'art par sa narration de l'ouverture d'une des caisses par un expert russe hors du commun[Qui ?]. Expert auquel nous devons une magistrale leçon concernant la signification des trésors d'orfèvrerie et de joaillerie que s'offraient les cours saxonnes du XVIIIe siècle et qui constituent une partie des célèbres trésors de la « Voûte verte » à nouveau exposés depuis 2004 et 2006 dans leur Château de la Résidence de Dresde.

Le fondateur d'une ONG : l'Association mondiale pour la formation touristique (AMFORT devenue AMFORHT)

De retour en France, il est nommé avec son épouse à l'Ecole hôtelière de Nice, à la renommée internationale et qui deviendra le Lycée technique d'hôtellerie et de tourisme. Il s'y consacre au développement de l'enseignement touristique et à la formation continue des personnels du tourisme avec, notamment, la mise au point de circuits touristiques sur la Côte d'Azur. Mais surtout, il est le concepteur et le fondateur en 1969 d'une ONG : l'Association mondiale pour la formation touristique (AMFORT) créée officiellement à Nice au Lycée où il enseigne et qui va acquérir rapidement une dimension internationale. Il s'agit d'une association de professionnels du tourisme - véritable Organisation internationale non gouvernementale - qui est devenue, en février 1998, la nouvelle Association mondiale pour la formation hôtelière et touristique (AMFORHT)[2] incluant non seulement les secteurs du tourisme et des transports mais aussi, maintenant, ceux de l'hôtellerie et de la restauration. Organisation qui a rendu hommage à son fondateur André Payan lors de son congrès à Nice en 1990 en remettant à sa fille cadette le diplôme qui en atteste[3]. Il participera aussi aux instances de l'Association internationale du transport aérien (IATA).

L'expert-chef de projet du B.I.T. (P.N.U.D. - ONU) au Moyen-Orient et en Afrique

Parallèlement, encouragé par son ami l'éditeur suisse Louis Nagel, il rejoint en 1970 le Bureau international du Travail (BIT) comme expert pour l'aide au développement touristique des pays en voie de développement dans le cadre du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD-ONU) comme chef de projet d'abord au Liban puis, successivement, en Tunisie, en Irak, au Zaïre, en Guinée et enfin au Cameroun. Un an avant sa mort, il écrit notamment le récit de sa libération en 1945 et de son action de sauvegarde des collections du musée de Dresde dont le conservateur accusera réception de son témoignage. Il est mort à Nice le 7 avril 1984.

Notes et références

  1. Biographie d'André Payan (Fiche n° 819) dans le Dictionnaire historique et biographique du Comté de Nice, Serre Editeur, Nice
  2. « Et c'est pour rendre hommage à la ville et au lycée où elle est née, que l'AMFORHT a réalisé à Nice son premier « Forum mondial de la formation hôtelière et touristique »  en février 2000. Source : page « Historique » du site internet de l'AMFORHT en date du 29 novembre 2009
  3. Site de l'AMFORHT

Bibliographie

  • André Payan (1913-1984), La Délivrance du musée, récit historique écrit à Nice et adressé au Conservateur du Musée de Dresde en mai 1983.
  • Dictionnaire historique et biographique du Comté de Nice, biographie d'André Payan (fiche n° 819), Serre Editeur, Nice.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes