Alphonse XIII

Alphonse XIII
Portrait d'Alphonse XIII, roi d'Espagne.
Portrait d'Alphonse XIII, roi d'Espagne.
Titre
Roi d'Espagne

(44 ans, 10 mois et 28 jours)
Président du gouvernement Francisco Silvela
Raimundo Fernández Villaverde
Antonio Maura
Marcelo Azcárraga Palmero
Eugenio Montero Ríos
Segismundo Moret
José Canalejas
Manuel García Prieto
Comte de Romanones
Eduardo Dato Iradier
Joaquín Sánchez de Toca Calvo
Manuel Allendesalazar Muñoz de Salazar
Gabino Bugallal Araújo
José Sánchez Guerra
Miguel Primo de Rivera
Dámaso Berenguer
Juan Bautista Aznar-Cabañas
Prédécesseur Alphonse XII
Successeur Monarchie abolie
Niceto Alcalá-Zamora
(président du gouvernement provisoire )
Prétendant au trône d’Espagne

(9 ans, 9 mois et 1 jour)
Prédécesseur Lui-même
(succession alphonsiste)
Alphonse-Charles de Bourbon
(succession carliste)
Successeur disputé entre :
Jacques de Bourbon,
duc de Ségovie, de Madrid et de Tolède
et Juan de Borbón,
comte de Barcelone
Prétendant aux trônes de France et de Navarre[N 2]
« Alphonse Ier »

(4 ans, 4 mois et 30 jours)
Prédécesseur Alphonse-Charles de Bourbon,
duc de San Jaime
Successeur Jacques-Henri de Bourbon,
duc d'Anjou
Biographie
Hymne royal La Marcha Real
Dynastie Maison de Bourbon
Nom de naissance Alfonso León Fernando María Jaime Isidro Pascual Antonio de Borbón y Austria
Date de naissance
Lieu de naissance Madrid (Espagne)
Date de décès (à 54 ans)
Lieu de décès Rome (Italie)
Père Alphonse XII
Mère Marie-Christine d’Autriche
Conjoint Victoire-Eugénie de Battenberg
Enfants Alfonso de Borbón, prince des Asturies
Jaime de Borbón, duc de Ségovie
Beatriz de Borbón
Fernando de Borbón
María Cristina de Borbón
Juan de Borbón, comte de Barcelone
Gonzalo de Borbón
Juana Milán y Quiñones de León
María Teresa Ruiz Moragas
Leandro de Borbón Ruiz
Héritier Alfonso,
prince des Asturies (1907-1931)

Signature de Alphonse XIII

Alphonse XIII
Monarques d’Espagne

Alphonse XIII, né le à Madrid, Espagne, et mort le à Rome, Italie, est roi d'Espagne de 1886 à 1931.

Fils posthume du roi Alphonse XII, Alphonse XIII règne sous la régence de sa mère Marie-Christine d'Autriche dès sa naissance et jusqu'à sa majorité, en 1902. Son règne est marqué par la perte des dernières possessions espagnoles d'outre-mer et une instabilité politique très forte (attentats, coups d'État). Après la proclamation de la République, en 1931, la famille royale est contrainte à l'exil, d'abord à Paris, puis à Rome.

Biographie

Une peseta à l'effigie d'Alphonse XIII, 1896.
Le roi Alphonse XIII et sa mère (1897).

Fils posthume d’Alphonse XII et de Marie-Christine d’Autriche, il est baptisé Alfonso León Fernando María Jaime Isidro Pascual Antonio de Borbón y Austria.

La régence est confiée à sa mère, femme respectée pour son comportement et sa dignité. Cependant, la guerre de 1898 contre les États-Unis fait perdre à l'Espagne ses dernières colonies dans le Pacifique et l'Atlantique : Cuba, Porto Rico et les Philippines.

Les débuts du règne personnel

Le 17 mai 1902, Alphonse XIII, âgé de 16 ans, est déclaré majeur et assume les fonctions constitutionnelles de chef de l’État ; un premier complot contre sa personne est déjoué, plusieurs autres tentatives d’assassinat suivront. Le 10 janvier 1903, il essuya un coup de feu en voiture. Le 23 janvier 1904, on trouva une bombe dans ses appartements au palais de Madrid. Le 6 avril 1904, un pétard explosa à Barcelone sous le portique d'une maison où allait passer Alphonse XIII, et l'on acquit la certitude que les anarchistes avaient conspiré pour tuer le souverain pendant sa visite dans cette ville.

Il visite l'ensemble des provinces espagnoles et voyage à l'étranger, notamment dans l'Empire allemand, au Royaume-Uni et en France. Dans la nuit du 31 mai au 1er juin 1905, dans ce dernier pays, le président Émile Loubet et lui-même sont victimes d'un attentat à la bombe organisé par un anarchiste espagnol (portant le nom d'Alexandre Farras) à l'angle des rues de Rohan et de Rivoli, à Paris. L'auteur de l'attaque, dont ils sortent indemnes, ne sera jamais arrêté[5].

L'auteur de l'attentat du 13 avril 1913 est terrassé après avoir tiré deux coups de revolver sur le roi sans l'atteindre.

Le 31 mai 1906, Alphonse XIII épouse à Madrid la princesse Victoire-Eugénie de Battenberg (1887-1969), fille du prince Henri de Battenberg (1858-1896) et de Béatrice du Royaume-Uni. Victoire-Eugénie est la nièce du roi Édouard VII du Royaume-Uni et la petite-fille de la reine Victoria.

Alors qu’Alphonse XIII et son épouse retournent au palais royal de Madrid après la célébration du mariage, un anarchiste, Mateo Morral, lance une bombe dissimulée dans un bouquet de fleurs face au numéro 88 de la Calle Mayor. Les jeunes époux sortent indemnes de l'attentat qui tue néanmoins 23 personnes dans le public et la suite royale[6].

Le dimanche 13 avril 1913, alors que le roi rentrait à cheval d'une revue militaire à Madrid, un anarchiste de 25 ans, nommé Rafael Sánchez Alegre, tire sur lui deux coups de revolver qui ne l'atteignent pas mais blessent son cheval, à l'angle de la promenade de Recoletos dans la rue d'Alcalá. Le tireur est assommé par un agent de police, mais tire encore un troisième coup de revolver qui blesse cet agent à la cuisse. Après son arrestation, il déclarera avoir agi seul[7].

Première Guerre mondiale

Pendant la Première Guerre mondiale, en tant que monarque d'un pays neutre, Alphonse XIII lança ce qui peut être considéré comme la première action humanitaire gouvernementale de l'histoire : le bureau des prisonniers de guerre (Oficina pro-cautivos). Ce bureau entendait fournir des réponses aux familles qui ignoraient le sort de militaires ou de civils qui se trouvaient dans les zones de combat.

Le roi fonda cet organisme séparément du gouvernement afin de ne pas compromettre sa neutralité. Sur fonds propres, il installa au palais royal un secrétariat où arrivaient les demandes d'information ou d'intervention en faveur des prisonniers des deux bords. Son action fut facilitée par les bonnes relations que le roi entretenait avec les pays belligérants. Il utilisa les ambassades pour obtenir des informations sur les prisonniers et mit en contact des prisonniers des deux camps avec leurs familles. Il sauva environ 70 000 civils et 21 000 soldats et intervint en faveur de 136 000 prisonniers de guerre en organisant 4 000 inspections de camps de prisonniers. Il plaida également pour que les sous-marins n'attaquent pas les navires-hôpitaux et proposa d'instaurer une inspection neutre de ces navires par des militaires espagnols à la sortie et l'entrée des ports. Il obtint des deux parties l'engagement de ne plus torpiller de bateaux arborant un drapeau d'hôpital. Le bureau traitait un tel volume de demandes que les jours fériés étaient travaillés.

Il faut également noter ses tentatives, en 1917, pour libérer et amener en Espagne la famille impériale russe. La suite de la Révolution d'Octobre ruina ses plans.

Il soutint les démarches de paix entreprises par l'empereur Charles Ier d'Autriche par l'intermédiaire des princes François-Xavier de Bourbon-Parme et Sixte de Bourbon-Parme.

Après la guerre et la mort prématurée de l'empereur Charles en exil, Alphonse XIII accorda l'hospitalité à l'impératrice sa cousine Zita de Bourbon-Parme et à ses enfants.

Une monarchie en crise

L’Espagne connut de nombreuses révoltes sociales dans la plupart des grandes villes au cours des deux premières décennies du XXe siècle. La plus violente eut lieu à Barcelone en 1909. Un des facteurs déclencheurs fut le mécontentement de la population face à la guerre du Maroc.

L'agitation dans le nord du Maroc, dans les protectorats espagnol et français, conduit d'ailleurs à la sanglante guerre du Rif. En 1921, l'Espagne subit une défaite désastreuse à Anoual. Le desastre de Annual fit naître dans l'opinion publique un sentiment très critique envers la politique au Maroc, mais également envers le système politique en général. Une enquête fut menée sur les responsabilités mais aucun rapport ne fut publié. Certaines voix attribuèrent le désastre d'Anoual au monarque, ardent partisan de la politique coloniale. Il avait de plus lui-même nommé les artisans du désastre avec qui il entretenait des relations d'amitié, comme Dámaso Berenguer ou le général en chef Manuel Fernández Silvestre.

Dans ce contexte de crise politique et sociale, le capitaine général de Catalogne Miguel Primo de Rivera organisa un coup d'État le 13 septembre 1923. Ce coup d'État fut avalisé par Alphonse XIII qui chargea Primo de Rivera de la formation d'un gouvernement. Certains justifient ce coup par la volonté de ne pas voir sortir les résultats de la commission d'enquête sur Anoual, ce qui aurait pu embarrasser gravement la monarchie.

Le « directoire » Primo de Rivera

Article détaillé : Dictature de Primo de Rivera.
Le roi Alphonse XIII entouré d'officiers, à sa droite Miguel Primo de Rivera.

Miguel Primo de Rivera forme un gouvernement, qu'il baptise directoire, exclusivement composé de militaires (directeurs militaires). Un directoire civil est ajouté plus tard en 1925.

Durant la dictature, on met un point final à la guerre du Maroc par le débarquement d'Al Hoceima en 1925 qui permet la conquête définitive du Rif en 1927. En 1929, sont inaugurées l'exposition universelle de Barcelone et l'exposition ibéro-américaine de Séville.

Cependant, l'opposition croît contre le dictateur, spécialement parmi les étudiants, les intellectuels et les artilleurs (ces derniers, opposés à la réforme du système de nomination). Alphonse XIII, inquiet pour l'avenir de la monarchie, démet Primo de Rivera du gouvernement le 19 janvier 1930, nomme président du conseil des ministres le général Dámaso Berenguer et affiche son intention de retourner vers un régime constitutionnel.

Cette période est appelée « Dictablanda », dictature douce par rapport à la dictature dure antérieure.

La « Dictablanda » : une monarchie contestée

Après la chute du dictateur et sa mort quelques semaines plus tard à Paris, les manifestations antimonarchiques se multiplient. On accuse le roi d'avoir protégé la dictature de Primo de Rivera et d'être en partie responsable du désastre d'Anoual.

Les partis de gauche et de droite s'agitent : les partis républicains font front contre la monarchie en signant l'Accord de Saint-Sébastien tandis que des coups d'État militaires sont déjoués, notamment à la base aérienne des Cuatro Vientos à Madrid et à Jaca. Ce dernier est dirigé par les capitaines Fermín Galán et Ángel García Hernández, qui sont fusillés après être passés en conseil de guerre.

Le départ et l'exil

En février 1931, l'amiral Juan Bautista Aznar-Cabañas est désigné président du conseil par Alphonse XIII. Son gouvernement convoque les élections municipales qui doivent se dérouler le 12 avril 1931. Lorsque la victoire des candidatures républicaines est connue, la Seconde République espagnole est proclamée le 14 avril.

Le roi renonce à rester à la tête de l'État mais n'abdique pas formellement. La nuit du 14 au 15 avril, il quitte le pays afin, selon ses propres dires, d'éviter la guerre civile. Parti de Madrid au volant de sa voiture Duesenberg pour Carthagène, il embarque sur un bateau de la marine espagnole vers Marseille et se rend ensuite à Paris. Sa famille quitte l'Espagne en train le lendemain.

A Paris, le roi s’installe à l’hôtel Meurice, puis à Avon (Seine-et-Marne) à l’hôtel Savoy, le gouvernement de la République française lui ayant demandé de rester à au moins 60 km de la capitale. Il adopte le titre de courtoisie de « duc de Tolède ». En 1934, l’ex-roi et sa famille quittent la France et s’installent définitivement à Rome au Grand Hôtel. La reine vit séparément d'abord dans sa patrie d'origine, le Royaume-Uni puis en Suisse, ne retrouvant son mari que lors des fêtes familiales.

Par la loi du 26 novembre 1931, les Cortes accusent Alphonse XIII de haute trahison et le déclarent déchu :

[...] Don Alfonso de Borbón será degradado de todas sus dignidades, derechos y títulos, que no podrá ostentar ni dentro ni fuera de España, de los cuales el pueblo español, por boca de sus representantes elegidos para votar las nuevas normas del Estado español, le declara decaído, sin que se pueda reivindicarlos jamás ni para él ni para sus sucesores.
« [...] Don Alfonso de Borbón sera privé de toutes ses dignités, droits et titres, qu'il ne pourra utiliser ni en Espagne ni hors d'Espagne, et dont le peuple espagnol, par la voix de ses représentants élus pour voter les nouvelles normes de l'État espagnol, le déclare déchu, sans possibilité de les revendiquer à l'avenir, pour lui comme pour ses successeurs. »

Cette loi est annulée le 15 décembre 1938 par Francisco Franco.

La guerre civile

Au début de la guerre civile, le roi appuya avec ferveur les nationalistes, affirmant être « un phalangiste de la première heure[8] ».

Les relations du roi Alphonse XIII avec le futur dictateur Francisco Franco sont bien documentées[9]. De par ses succès au Maroc, Franco était connu du roi et peu à peu devint une sorte de favori royal. En janvier 1923, le roi lui attribua la médaille militaire et la charge honorifique de « Gentilhombre de cámara ». Franco s'entretint personnellement avec le roi de la retraite du Maroc. En mars 1925, en visite au Maroc, le général Primo de Rivera remit une lettre à Franco ainsi qu'une médaille religieuse en or. Par décret royal du 4 janvier 1928, il le nomma directeur de l'Académie générale militaire récemment créée. Franco vota pour la candidature monarchique à Saragosse[10].

Le 4 avril 1937, Franco écrivit une lettre à Alphonse XIII : le roi qui venait de donner un million de pesetas à la cause franquiste, lui avait écrit sa préoccupation sur la faible priorité accordée à la restauration de la monarchie; Franco laissa clairement entendre que le roi ne pourrait pas jouer un rôle dans le futur au vu de ses erreurs passées. À la fin de la guerre, le roi déclara : « J'ai choisi Franco quand il n'était personne. Il m'a trahi et trompé tout le temps[11]. »

Questions dynastiques

Au décès de son cousin le « duc de San Jaime » à Vienne le , Alphonse XIII devint l'aîné des Capétiens. Les légitimistes français le reconnurent alors comme « roi de France et de Navarre » sous le nom d'« Alphonse Ier », et certains carlistes espagnols le reconnurent de leur côté comme « roi des Espagnes et des Indes » sous le nom d'« Alphonse XII ».

En 1933, il fait renoncer ses deux fils aînés à leurs droits au trône constitutionnel d'Espagne, sous prétexte de leur état de santé. Le premier, Alphonse (1907-1938) est hémophile et donc d'une faible espérance de vie à l'époque[réf. nécessaire]. Indépendamment, il doit renoncer à ses droits en raison de la pragmatique sanction de 1776 sur les unions inégales lorsqu'il épouse Edelmira Sampedro Robato, une roturière. Le puîné, Jacques (1908-1975) est sourd depuis l'enfance à la suite d'une opération des oreilles (consécutive à une otite mal soignée), ce qui lui donne une diction particulière. Le roi déchu désigne alors comme son « successeur » leur frère cadet Jean (1913-1993), futur comte de Barcelone, en faveur duquel il « abdique » le , prétendant laisser à ce fils le rôle de « chef de la maison royale ». L'infant Jacques, « duc d'Anjou et de Ségovie », récuse en 1949 sa renonciation de 1933, faite sous la pression paternelle et les circonstances de l'époque[C'est-à-dire ?].

Alphonse XIII meurt le au Grand Hotel de Rome d'une angine de poitrine. Il est enterré dans l'église Sainte-Marie de Montserrat des Espagnols .

Pour sa part, son fils Jean, comte de Barcelone, renoncera à ses prétentions au trône en 1977, deux ans après l'instauration de la monarchie en faveur de son fils Juan Carlos à la mort du général Franco, en vertu de la loi de succession de 1947 et de sa nomination comme prince d'Espagne en 1969. Par la renonciation du comte de Barcelone à ses prétentions, certains monarchistes considérèrent que Juan Carlos Ier « récupéra la légitimité dynastique de la monarchie historique », ce qui est inscrit dans l'article 57 de la Constitution espagnole de 1978 (« S. M. Juan Carlos I de Bourbon, légitime héritier de la dynastie historique »[12]).

En 1980, le roi Juan Carlos, petit-fils d'Alphonse XIII, ordonne le transfert de ses restes vers la nécropole royale de l'Escurial.

La famille royale

Alphonse XIII avait épousé en 1906 la princesse Victoria Eugenia, dite « Ena », de Battenberg. Petite-fille de la reine Victoria du Royaume-Uni, elle transmit, à l'instar de sa cousine l'impératrice Aleksandra de Russie, le gène de l'hémophilie à certains de ses fils.

S'estimant trahi, le roi s'éloigna peu à peu de la reine, connaissant de nombreuses liaisons adultérines, courtisant même en 1912 une femme de sang royal, la princesse Béatrice de Saxe-Cobourg et Gotha, une autre petite-fille de la reine Victoria, sœur cadette de la reine de Roumanie et cousine de sa femme, qui avait épousé l'infant Alphonse d'Espagne, duc de Galliera, un de ses cousins. Le scandale fut si grand que la reine mère Marie-Christine intervint et obligea son fils à ordonner au duc et la duchesse de Galliera de quitter l'Espagne, puis à nommer le duc à diverses fonctions diplomatiques afin de tenir le couple éloigné du territoire espagnol.

La reine Victoria Eugenia avec le prince des Asturies et l'infante Béatrice (1912)

De son mariage avec la princesse Victoria Eugenia von Battenberg, le roi eut sept enfants.

  • Alphonse (1907-1938), prince des Asturies (1907-1931), « comte de Covadonga » (1933-1938), « dauphin de France » (1936-1938). Il renonce à ses droits au trône en 1933 sous la pression paternelle, et épouse Edelmira Sampedro y Robato, Cubaine d’origine espagnole qui n’était pas de sang royal. Il prend le titre de courtoisie de « comte de Covadonga ». Il divorce en 1936, se remarie civilement puis divorce en 1938, et meurt en Floride sans descendance des suites d'un accident de la circulation.
  • Jacques (1908-1975), infant d'Espagne, devint sourd à l'âge de quatre ans à la suite d'une opération des oreilles consécutive à une otite mal soignée. Il dut renoncer à ses droits au trône en 1933 sous la pression paternelle et reçoit en 1935 de titre de courtoisie de « duc de Ségovie », auquel il ajoute en 1946 celui de « duc d'Anjou ». En France, il se fait appeler « prince Jacques-Henri de Bourbon » et se présente comme prétendant au trône de France sous le nom d'« Henri VI » (1941-1975). Il épouse en premières noces Emmanuelle de Dampierre (fille de Roger de Dampierre, « vicomte de Dampierre », duc pontifical de San Lorenzo Nuovo et noble de Viterbe, et de sa première épouse, la princesse italienne Vittoria Ruspoli des princes Poggio Suasa). Le couple a des enfants, mais fait annuler civilement son mariage en 1947. Jacques se remarie civilement avec la cantatrice Charlotte Tiedemann qui l'aide à améliorer sa diction, mais n'a pas de descendance de ce second mariage.
  • Béatrice (1909-2002), infante d'Espagne, princesse Torlonia et de Civitella Cesi (1935) par son mariage avec Alessandro Torlonia.
  • Ferdinand (1910-1910), infant d'Espagne.
  • Marie-Christine (1911-1996), infante d'Espagne, « fille de France » (1936) épouse en 1940 Enrico Eugenio, comte Marone-Cinzano.
  • Juan (1913-1993), infant d'Espagne puis « prince des Asturies ». Il est prétendant alphonsiste au trône d'Espagne (1941-1977) avec le titre de courtoisie de « comte de Barcelone » (1941), titre reconnu officiellement en 1977. Il renonce à ses prétentions au trône en 1977 en faveur de son fils Juan Carlos (qui est déjà roi depuis 1975). Il est considéré comme « fils de France » (1936-1993) par les légitimistes français. Il épouse en 1935 María de las Mercedes de Borbón y Orleans
  • Gonzalve, infant d'Espagne, (1914-1934). Né hémophile, il meurt sans descendance.

Enfants naturels

Alphonse XIII a laissé plusieurs enfants naturels :

  • Roger Levêque de Vilmorin (1905-1980), né de sa liaison avec Mélanie de Gaufridy de Dortan,[14], épouse de Philippe Levêque de Vilmorin qui acceptera de donner son nom à l'enfant. Roger est donc le frère utérin de Louise de Vilmorin, écrivain et compagne d'André Malraux ;
  • Juana Milán y Quiñones de León (19 avril 1916 -2005), née de sa relation avec Beatrice Noon, nourrice irlandaise envoyée par la belle-mère d'Alphonse XIII en Espagne. Le nom de Milán provient du titre de duc de Milan, appartenant historiquement au roi d'Espagne, et le nom de Quiñones de León de l'ambassadeur d'Espagne en France, dépositaire des secrets d'Alphonse XIII ;
  • María Teresa Ruiz Moragas (9 octobre 1925 - 1965), née de sa relation avec l'actrice María del Carmen Ruiz Moragas (1898-1936) ;
  • Leandro de Borbón Ruiz, né Leandro Alfonso Ruiz Moragas (26 avril 1929 - 18 juin 2016), également né de María del Carmen Ruiz Moragas. Il fut autorisé le 21 mai 2003 par la justice espagnole à utiliser le nom de Borbón.

Arbre généalogique

Galerie

Bibliographie

  • Branthôme, Alphonse XII, cœur de l'Espagne, Grasset, 1932
  • Jacques Bernot, Les princes cachés : Histoire des prétendants légitimistes 1883-1989, Paris, Lanore, , 288 p. (ISBN 226200725X).

Notes et références

Notes

  1. Conversation[2] devant témoins (dont l'épouse du ministre secrétaire d’État à la Guerre du régime de Vichy) avec l'ambassadeur français Georges Scapini (chef du S.D.P.G., le Service diplomatique des prisonniers de guerre), en 1940 à Genève.
  2. La branche carliste s'éteint en 1936, date à laquelle, meurt l'aîné des Capétiens Alphonse-Charles de Bourbon (le « duc de San Jaime »). Le roi détrôné d'Espagne Alphonse XIII lui succède à ce rang par primogéniture et collatéralité masculines (son arrière-grand-père était l'infant François de Paule, frère de Ferdinand VII). En 1931, il avait été fait chevalier de l'ordre du Saint-Esprit par le « duc d'Anjou et de Madrid », qui lui avait déclaré : Petit fils aîné de Louis XIV, petit-fils aîné de Philippe V je suis chef de la Maison de France, chef de la Maison d'Espagne. Après moi, mes droits saisissent mon oncle D. Alphonse qui n'a pas d'héritier direct ; après lui, qui est vieux, c'est toi qui es jeune. (…) Tu seras un jour chef de la Maison de France ; après toi ce sera ton fils aîné[1]. Discutant un jour avec un ambassadeur de France du régime de Vichy, et évoquant une hypothétique restauration de la monarchie en France, Alphonse XIII se désigne en disant : Restauration, oui ; mais la bonne, la légitime[N 1]. L'ex-roi Alphonse meurt en 1941, non sans s'être déclaré chef de la maison de Bourbon[3],[2] et avoir pris les pleines armes de France[2].

Références

  1. Lettre de Jean de Mayol de Lupé à Jacques de Francqueville d'Abancourt, citée par : Hervé Pinoteau, État de l’ordre du Saint-Esprit en 1830 et la survivance des ordres du roi, Paris, Nouvelles Éditions Latines, coll. « Autour des dynasties françaises » (no II), , 165 p. (ISBN 2-7233-02 13-X), p. 144.
  2. a, b et c Hervé Pinoteau, L'héraldique capétienne en 1976, Paris, Nouvelles Éditions Latines, coll. « Autour des dynasties françaises » (no I), , 80 p. (ISBN 2-7233-0001-3, lire en ligne), p. 14-16.
  3. Patrick Van Kerrebrouck et avec la collaboration de Christophe Brun (préf. Hervé Pinoteau), Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France, t. IV : La maison de Bourbon - 1256-2004, vol. 1, Villeneuve-d'Ascq, Patrick Van Kerrebrouck (auto-édition), , 2e éd. (1re éd. 1987), 491 p. (ISBN 2950150950), partie 2, chap. I (« Rois de France et de Navarre, Chefs de la maison de Bourbon »), p. 264, note 4.
  4. Carte du théâtre de l'attentat Le Petit Parisien, Paris, 2 juin 1905, quotidien (ISSN 0999-2707) [lire en ligne]
  5. « Monument pour les victimes de l'attentat de 1906 », sur Mon nuage (consulté le 18 novembre 1913).
  6. J. Causse, « L'attentat contre le roi d'Espagne », L'Illustration, no 3660,‎ (lire en ligne)
  7. (es) José María Zavala, « Entregados a Franco. Los Borbones ante la Guerra Civil », La Aventura de la Historia núm. 97 (noviembre de 2006), p. 48-53 (ISSN 1579-427X)
  8. (es) Paul Preston, El gran manipulador. La mentira cotidiana de Franco, Ediciones B, 2008 (ISBN 978-84-666-3829-6)
  9. (es) Francisco Franco Salgado-Araujo, Mi vida junto a Franco, Planeta, Barcelona 1977, p. 93.
  10. (en) John T. Whitaker, We cannot escape History, MacMillan, New York, 1943, p. 106
  11. http://www.tribunalconstitucional.es/fr/constitucion/Pages/ConstitucionFrances.aspx#F11
  12. Jean-Fred Tourtchine (préf. Juan Balansó), Les manuscrits du C.E.D.R.E. - dictionnaire historique et généalogique, no 6 : Le royaume d'Espagne, vol. 3, Cercle d'Études des Dynasties Royales Européennes, Paris, 1996, 213 p. (ISSN 0993-3964)

Annexes

Articles connexes

Liens externes