Alliance marxiste révolutionnaire

Alliance marxiste révolutionnaire

L'Alliance marxiste révolutionnaire (AMR) est un mouvement trotskiste de tendance pabliste, proche des idées libertaires, créé en 1969.

Elle s'est dissoute pour rejoindre le Parti socialiste unifié (PSU, tendance B) en 1974; l'expérience fut de courte durée, puisque trois ans plus tard ils partaient fonder les Comités communistes pour l'autogestion (CCA) avec d'ex-militants de la LCR. Après l'élection présidentielle de 1981, la "tendance I" quittant les CCA a repris le nom d'AMR. De l'ancienne AMR, Gilbert Marquis participe à la deuxième AMR tandis que Michel Fiant demeure aux CCA. Certains membres (Patrice Bardet, qui avait siégé au bureau politique de la Quatrième Internationale, Gilbert Marquis, Michel Fiant, etc.) participèrent ensuite à la fondation de l'Alternative rouge et verte (AREV) puis des Alternatifs.

Histoire

Prônant l'autogestion, l'AMR se distinguait des autres formations trotskistes par une approche plus libertaire du militantisme. Elle a participé dès leur apparition aux nouveaux mouvements sociaux : MLF et cercle Elisabeth Dimitriev dont Danielle Riva qui s'est particulièrement impliquée à l'origine dans la campagne pour le "Manifeste des 343" pour la contraception et l'avortement, Secours rouge, Mouvement des Soldats, etc.

Gilbert Marquis après une décision collective de l'AMR entama des négociations fin 1973 avec le PSU pour négocier leur fusion, qui s'est concrétisée en 1974, après le départ des rocardiens[1]. Les 250 membres de l'AMR entrèrent alors au PSU, seuls Pierre Avot (qui s'était fait une spécialité dans les faux-papiers lors de l'aide au FLN pendant la guerre d'Algérie), Simone Minguet et Pablo n'y allèrent pas, restant aux manettes de la Tendance marxiste-révolutionnaire internationale (TMRI, la « Quatrième Internationale » pabliste)[1].

Malgré leur faible nombre, ils obtiennent des postes de responsabilité : Maurice Najman (cofondateur des Comités d'action lycéen pendant mai 68), Didier Schalschat, Gilbert Marquis et Michel Fiant prennent le contrôle de plusieurs régions[1]; Patrice Bardet siège au bureau national[2]. Mais trois ans plus tard, l'AMR s'en va de nouveau pour créer avec des militants de la LCR les Comités communistes pour l'autogestion (CCA), et participera ensuite à la Fédération pour une gauche alternative (FGA), qui soutient la candidature du dissident communiste Pierre Juquin lors de l'élection présidentielle de 1988.

Plusieurs responsables de l'AMR ont exercé des responsabilités dans l'association Information pour les droits du soldat, qui militait pour la création de syndicats dans l'armée.

Outre les militants précités qui rejoignirent l'AREV dans les années 1980, Alain Mamou-Mani fonda Génération Ecologie avec Brice Lalonde, dans les années 1990, et Lucie Maiques et Maurice Ronai créèrent au PS la section Temps réel, qui n'était pas liée à un découpage géographique, étant fondée sur Internet[3].

Notes et références

  1. a, b et c Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 512 sq.
  2. Patrice Bardet est mort, Indymedia Marseille, novembre 2007 (messages de Gilbert Marquis, Alain Krivine, etc.)
  3. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 518-519