Alice Domon

Alice Domon
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Alice Domon (23 septembre 1937 – décembre 1977) est une religieuse française (en religion Sœur Caty), disparue pendant la dictature militaire en Argentine.

Biographie

Alice Domon est née le à Charquemont, Doubs. Elle entre dans les ordres en 1957 dans la congrégation des Sœurs des Missions Étrangères de Notre-Dame de La Motte.

Elle commence sa mission de religieuse en Argentine en 1967. Travaillant comme femme de ménage puis comme ouvrière agricole, elle s'occupe d'abord d'enfants handicapés sous le nom de Sœur Caty[1].

En 1977, elle vit dans un bidonville de Buenos Aires où elle soutient le combat des Mères de la place de Mai. Elle recherche avec elles les disparus victimes de la dictature de Videla en frappant à toutes les portes : tribunaux, commissariats, ministères. Selon les organisations des droits de l’homme[Lesquelles ?], cette dictature militaire, du 24 mars 1976 au 10 décembre 1983, a fait 15 000 fusillés, 9 000 prisonniers politiques, ainsi que 30 000 disparus et 1,5 millions d'exilés sur une population de 32 millions d'habitants[2].

Alice Domon est enlevée le dans l’église de Santa-Cruz à Buenos Aires avec 11 autres membres du mouvement des Mères de la place de Mai. Deux jours plus tard, Léonie Duquet, autre religieuse française originaire du Doubs, est enlevée chez elle, à Ramos Mejía (banlieue sud de Buenos Aires). Elles sont alors internées à l'École Mécanique de la Marine (ESMA), le plus grand centre de torture argentin. Le réseau avait en fait été infiltré par le capitaine Alfredo Astiz, dit l’ « Ange blond de la Mort » qui se faisait passer pour le frère d'un enlevé, et pour qui Alice avait beaucoup de sympathie[3]. Torturées pendant environ 10 jours (on les a vues encore vivantes le 13 décembre dans le camp de rétention de l’ESMA), elles ont ensuite été jetées, anesthésiées, dans les eaux de Rio de la Plata, le 17 ou [4].

À l’inverse de Léonie Duquet, le corps d’Alice Domon n'a jamais été retrouvé. L’ex-capitaine Astiz a été condamné en France par contumace, en 1990, à la prison à perpétuité pour l’enlèvement et le meurtre de ces deux religieuses. Le 26 octobre 2011, la justice argentine l'a, à son tour, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

La mairie de Paris a décidé en 2005 d’attribuer le nom d’une rue à Alice Domon et Léonie Duquet (la rue Alice-Domon-et-Léonie-Duquet). Cette rue est située dans le XIIIe arrondissement.

École mécanique de la Marine

Cinéma

  • Un documentaire consacré à Alice Domon a été réalisé en 1998 : Yo, sor Alice, d'Alberto Marquardt.

Bibliographie

  • Diana Beatriz Viñoles, Lettres d’Alice Domon : Une disparue d’Argentine, Karthala, coll. « Signes des Temps », , 192 p. (ISBN 978-2-8111-1611-8)

Références

  1. Tristan Mendès France, Gueule d'Ange, Éd. Favre, , p. 32.
  2. José Del Pozo, Histoire de l'Amérique latine et des Caraïbes, de 1825 à nos jours, Septentrion, , p. 259.
  3. France Inter, Histoires sensibles, 31 mars 2017
  4. (es) Marcelo López Cambronero, Feliciana Merino Escalera, Francisco: el Papa manso, Grupo Planeta, , p. 41.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes