Alain Peyrefitte

Alain Peyrefitte
Alain Peyrefitte à Bonn en 1964.
Alain Peyrefitte à Bonn en 1964.
Fonctions
Sénateur de Seine-et-Marne

(4 ans, 1 mois et 25 jours)
Élection
Député de Seine-et-Marne
Réélection


Circonscription 4e circonscription (1982-1986)
Proportionnelle (1986-1988)
4e circonscription (1988-1995)
Législature VIIe, VIIIe, IXe et Xe
Groupe politique RPR
Prédécesseur Marc Fromion (invalidé)
Claude Eymard-Duvernay
Successeur Christian Jacob
Réélection
Circonscription 4e circonscription
Législature VIe
Groupe politique RPR
Prédécesseur Étienne Pinte
Successeur Claude Eymard-Duvernay
Réélection
Circonscription 4e circonscription
Législature IVe et Ve
Groupe politique UDR
Prédécesseur Roger Pezout
Successeur Étienne Pinte
Réélection
Circonscription 4e circonscription
Législature IIIe
Groupe politique UD-Ve
Prédécesseur Roger Pezout
Successeur Roger Pezout
Réélection
Circonscription 4e circonscription
Législature IIe
Groupe politique UNR-UDT
Prédécesseur Michel Vincent
Successeur Roger Pezout
Élection
Circonscription 4e circonscription
Législature Ire
Groupe politique UNR
Successeur Michel Vincent
Garde des Sceaux, ministre de la Justice

(4 ans, 1 mois et 13 jours)
Président Valéry Giscard d'Estaing
Gouvernement Raymond Barre II et III
Prédécesseur Olivier Guichard
Successeur Maurice Faure
Ministre des Affaires culturelles et de l'Environnement

(2 mois et 25 jours)
Président Georges Pompidou
Alain Poher (intérim)
Gouvernement Pierre Messmer III
Prédécesseur Maurice Druon
(Affaires culturelles)
Robert Poujade (Environnement)
Successeur Michel Guy (Affaires culturelles,
secrétaire d'État)

Gabriel Péronnet
(Environnement, secrétaire d'État)
Ministre chargé des Réformes administratives

(10 mois et 21 jours)
Président Georges Pompidou
Gouvernement Pierre Messmer II
Prédécesseur Roger Frey (indirectement)
Successeur Jean-Jacques Servan-
Schreiber
(indirectement)
Ministre de l'Éducation nationale

(1 an, 1 mois et 21 jours)
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Georges Pompidou IV
Prédécesseur Christian Fouchet
Successeur Georges Pompidou (intérim)
François-Xavier Ortoli
Ministre délégué à la Recherche scientifique et aux Questions atomiques et spatiales

(1 an, 2 mois et 24 jours)
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Georges Pompidou III
Prédécesseur Yvon Bourges (ministre)
Successeur Maurice Schumann (ministre)
Maire de Provins
Prédécesseur André Dujeu
Successeur Robert Chevalier
Ministre de l'Information

(3 ans, 1 mois et 11 jours)
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Georges Pompidou II
Prédécesseur Christian Fouchet (ministre
délégué)
Successeur Yvon Bourges (secrétaire d'État)
Ministre délégué aux Rapatriés

(2 mois et 17 jours)
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Georges Pompidou I
Prédécesseur Robert Boulin (secrétaire d'État)
Successeur François Missoffe (ministre)
Secrétaire d'État chargé de l'Information

(4 mois et 28 jours)
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Georges Pompidou I
Prédécesseur Christian de La Malène
Successeur Christian Fouchet (ministre
délégué)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Najac
Date de décès (à 74 ans)
Lieu de décès Paris
Parti politique UNR - UDR - RPR

Alain Peyrefitte, né le à Najac dans l'Aveyron, mort le à Paris, est un homme politique, écrivain et diplomate français.

Jeunesse

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Son grand-père paternel, était originaire de Salsein, petit village pyrénéen situé dans le département de l'Ariège. Il partit exercer sa profession de gendarme à Saint-Beauzély, dans l'Aveyron. C'est là qu'il rencontra sa future épouse, la grand-mère d'Alain Peyrefitte[réf. nécessaire].

Les grands-parents maternels d'Alain Peyrefitte sont quant à eux originaires de Vines, à l'extrême nord du département de l'Aveyron. Le grand-père y était à la fois paysan, instituteur, secrétaire de mairie, et correspondant local de « La Dépêche ». Il était plutôt gagné aux idées modernes et laïques. Cela lui valut l'hostilité du curé qui, en 1909, lui refusa des obsèques religieuses. La mère d'Alain Peyrefitte gardera de cet événement un fort sentiment anti-religieux, qui se ressentira dans l'éducation donnée à son fils[réf. nécessaire].

C'est à l'école normale de Rodez que ses parents se connurent et à Najac qu'ils commencèrent à exercer leur profession d'enseignants. René, leur premier enfant, y naît en 1920, et Alain suit en 1925.

À la naissance, Alain Peyrefitte se prénommait Roger Antoine. Il change de prénom au cours de ses études pour éviter la confusion avec son homonyme Roger Peyrefitte, écrivain à l'époque très controversé. Les deux hommes avaient des ancêtres communs dans le village de Salsein, toutefois leur cousinage n'est pas établi avec certitude[1],[2].

Alain Peyrefitte passe ensuite son enfance à Aubin, puis à Rodez et à Montpellier, au gré des affectations successives de ses parents[réf. nécessaire]. Il conserve cependant des attaches à Saint-Beauzély[réf. nécessaire].

À la Libération, il « monte » à Paris et postule à l'École normale supérieure. Il rate une première fois le concours d'entrée, avant d'être reçu l'année suivante. En 1946, il intègre l'École nationale d'administration. Il fait ainsi partie de la première promotion, dite « France combattante »[réf. nécessaire], de cette école nouvellement créée.

À sa sortie de l'ENA, il est pendant quelques mois attaché, puis chargé de recherche au CNRS. Il entame alors des travaux sur la notion de confiance, qu'il relatera plus tard dans Le Mal français et La Société de confiance.

Le 14 décembre 1948, il épouse Monique Luton (Paris, 4 novembre 1924 - Paris, 9 janvier 2005) avec qui il aura cinq enfants, quatre filles, Florence, Christel (1953-1996), Véronique et Emmanuelle et un fils, Benoît[3].

Carrière de diplomate

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À l'issue d'une retraite d'une année dans le couvent dominicain de Corbara, il embrasse une carrière de diplomate.

Il travaille d'abord en Allemagne, sous la direction d'André François-Poncet, alors haut commissaire de la Zone d'occupation française en Allemagne. De son aveu même, il mène alors une vie faite de réceptions officielles et mondaines en tous genres. Mais surtout, il assiste également au décollage économique de l'Allemagne de l'Ouest, dont il fait état plus tard dans Le Mal français.

Alain Peyrefitte rentre à Paris fin 1952. Mais ce séjour en Allemagne inspirera à Monique, l'épouse d'Alain, un roman intitulé Ton pays sera mon pays, qu'elle publie courant 1953, quelques mois après leur retour à Paris, sous le pseudonyme Claude Orcival. Les principaux collaborateurs d'Alain Peyrefitte ont pu se reconnaître sans difficulté dans les personnages du roman. Ils y sont décrits de manière souvent assez négative, ce qui valut à Alain Peyrefitte une profonde inimitié de leur part, et notamment de la part d'André François-Poncet[4].

Courant 1954, Alain Peyrefitte se rend à Cracovie, en Pologne, où il est nommé consul général de France. Malgré des conditions de vie parfois difficiles, en dépit d'une surveillance policière certes moins pesante que dans d'autres villes du monde communiste, mais bien réelle, Alain Peyrefitte profite de ce séjour pour observer attentivement les conditions de vie d'habitants passés depuis peu sous la domination soviétique. Il livre alors ses témoignages dans de multiples dépêches adressées au Quai d'Orsay. Ces observations alimentent évidemment ses réflexions sur le développement, exposées plus tard dans Le mal français et La société de confiance.

Alain Peyrefitte rentre à Paris en 1956. Il reste alors travailler au Quai d'Orsay, où il se consacre aux affaires européennes.

Carrière politique

Débuts

Il se présente pour la première fois au suffrage universel en avril 1958, c'est-à-dire avant le retour au pouvoir du Général de Gaulle, lors d'une élection cantonale dans le canton de Bray-sur-Seine, en Seine-et-Marne. Il met en ballotage le candidat sortant[réf. nécessaire], mais cède finalement au second tour.

Quelques mois plus tard, il devient député UNR de Seine-et-Marne lors des premières élections législatives ayant suivi le retour au pouvoir de Charles de Gaulle. Il sera continuellement réélu par la suite, jusqu'en 1981, où il est battu par le socialiste Marc Fromion, dans la foulée de la victoire de François Mitterrand à l'élection présidentielle. Mais l'élection de Fromion est invalidée, et Peyrefitte retrouve son siège dès janvier 1982, à la faveur d'une législative partielle. Il conservera ce siège jusqu'en 1995. Cette année-là, Alain Peyrefitte abandonne en effet son siège de député pour devenir sénateur de Seine-et-Marne, poste qu'il occupera jusqu'à sa mort.

Alain Peyrefitte sera également conseiller général de Bray-sur-Seine de 1964 à 1988, premier vice-président du conseil général de Seine-et-Marne de 1982 à 1988, et maire de Provins pendant 32 ans, de 1965 jusqu'à mars 1997.

En 1958, Alain Peyrefitte présente un profil atypique parmi les députés gaullistes, de par son jeune âge et sa formation d'énarque. Cette originalité séduit le général de Gaulle, qui en fait alors un de ses collaborateurs, chargé notamment du dossier algérien et des questions européennes. Alain Peyrefitte s'impose alors peu à peu comme un proche du Général.

Entrée au gouvernement

En avril 1962, il fait son entrée au gouvernement. Mais, alors qu'il rêvait plutôt du Quai d'Orsay[réf. nécessaire], il est nommé secrétaire d'État à l'Information. Il occupe cette fonction quelques mois seulement, puisqu'en septembre de la même année, il devient, pour quelques semaines, ministre des Rapatriés.

Ministre de l'Information

Avec Ludwig Erhard à Bonn, 1964.

En décembre 1962, il revient à l'Information, avec cette fois-ci le titre de ministre. Pendant trois ans, il devient une sorte de porte-parole du gouvernement, entretenant alors des relations privilégiées, tant avec les journalistes qu'avec le Général de Gaulle qu'il rencontre régulièrement dans le cadre de ses fonctions.

Il œuvre également à la modernisation et à la libéralisation de l'audiovisuel public[non neutre], avec notamment le développement des chaînes de télévision régionales et la création de l'ORTF. En 1963, il prend l'initiative de modifier la formule du journal télévisé et vient lui-même l'exposer en direct devant le journaliste présentateur Léon Zitrone[5].

Pourtant, malgré cette entreprise de libéralisation[non neutre], il fut et reste souvent présenté comme « le ministre de la censure »[6]. En effet, à l'époque, le ministre de l’Information vise chaque jour le conducteur du journal télévisé et les responsables des informations télévisées assistent aux réunions du service gouvernemental chargé de la coordination de l'information (Service des Liaisons Interministérielles pour l’Information - SLII)[7],[8].

Ministre de la Recherche

En janvier 1966, dans la foulée de la réélection du général de Gaulle à la présidence de la République, il devient ministre de la Recherche. Il œuvre alors au développement commercial du procédé français de télévision couleur SECAM. Il connaît sur ce point un succès très mitigé. Surtout, il initie un programme de mise au point de la bombe H, dont il confie la direction à Robert Dautray, et qui aboutira en août 1968 avec l'explosion, à Moruroa de la première bombe H française. Cependant, cette version est controversée et même démentie par certains chercheurs du CEA[9].

Ministre de l'Éducation nationale

En avril 1967, il devient ministre de l'Éducation nationale. Mais il est contraint à la démission, du fait des événements de Mai 68 et parce que Georges Pompidou considère que les décisions de son ministre ont exacerbé les tensions[10].

Parenthèse non gouvernementale

Alain Peyrefitte occupe de 1968 à 1972 la fonction de président de la Commission des Affaires culturelles et sociales de l'Assemblée nationale.

En 1971, il effectue, dans le cadre d'une mission parlementaire, un voyage en Chine. De ce voyage, il ramènera un de ses plus célèbres ouvrages : Quand la Chine s'éveillera… le monde tremblera, publié en 1973, dans lequel il prédit pour la Chine un développement économique et politique fondé sur la pensée maoïste et porté par l'esprit révolutionnaire, et tente d'en cerner les conséquences. Ce livre est un succès auprès dui public mais est très critiqué par les sinologues qui s'étonnent que l'auteur, qui ne parle pas le chinois, ne soit resté que trois semaines sur place[11].

De 1972 à 1973, il est secrétaire général du mouvement gaulliste, l'UDR.

Parallèlement, Alain Peyrefitte fut également chargé de missions de réflexion sur des problèmes de société : la participation (1968-1969) ; la drogue (1969-1970) ; et plus tard la décentralisation (1973-1974), puis la violence, la criminalité et la délinquance (1976-1977).

Bref retour au gouvernement

En mars 1973, il devient ministre des Réformes administratives et du Plan, puis, en février 1974, ministre des Affaires culturelles et de l'Environnement, jusqu'à la mort de Georges Pompidou.

Après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing et la nomination de Jacques Chirac comme Premier ministre, il ne fait pas partie du nouveau gouvernement. C'est à cette époque qu'il rédige Le Mal français.

Ministre de la Justice

En mars 1977, peu après son élection à l'Académie française, il devient garde des Sceaux (ministre de la Justice) du gouvernement de Raymond Barre. Il occupera cette fonction jusqu'en mai 1981.

Dans un contexte d'hostilités croissantes entre les gaullistes, emmenés par Jacques Chirac, et les non-gaullistes, fidèles à Valéry Giscard d'Estaing, Alain Peyrefitte fait alors partie des rares ministres gaullistes, avec notamment Robert Boulin. Il est d'ailleurs « numéro deux du gouvernement ». Sans renier son appartenance à la famille gaulliste, il défend publiquement la politique du gouvernement et prend ses distances avec les chiraquiens, ce qui lui vaut de nombreuses attaques de la part de ces derniers. Cette opposition atteint son paroxysme fin 1978, lorsque Alain Peyrefitte se désolidarise de l'appel de Cochin.

Au ministère de la Justice, Alain Peyrefitte lance notamment l'informatisation du casier judiciaire. Il met en place des « conciliateurs de justice », dont la création a été décidée par son prédécesseur, Olivier Guichard. Il obtient une augmentation des crédits consacrés à son ministère. Il décide également de rendre les procédures judiciaires moins onéreuses pour les justiciables. Cette décision donne d'ailleurs lieu à un malentendu avec une opinion publique[réf. nécessaire] croyant majoritairement que tous les frais des procès allaient être remboursés et que les procédures judiciaires deviendraient ainsi totalement gratuites, alors qu'il s'agit uniquement de supprimer les taxes et droits que l'État percevait jusqu'alors à l'occasion des procès civils.

Par la suite, d'autres décisions lui valent d'intenses critiques de la part de l'opposition de gauche, d'une partie de la presse, d'une partie de la magistrature, de nombreux avocats et intellectuels (Jean-Paul Sartre, Laurent Schwartz, Vladimir Jankélévitch...)[12].

À l'automne 1977, il décide l'extradition en Allemagne de Klaus Croissant, ancien avocat de la Bande à Baader, malgré une intense campagne de presse en faveur de sa libération.

Alain Peyrefitte décide également de modifier le mode de recrutement des magistrats, en posant le principe d'un recrutement latéral : des hommes et des femmes sans diplôme de droit mais disposant d'une culture juridique pouvaient, après quinze ans d'expérience professionnelle, devenir magistrats, sur concours spécifique ou sur titres. Il accroit chaque année le nombre des postes de magistrats créés au budget, tout comme celui des surveillants de prison et du personnel des greffes. Le nombre des magistrats atteint alors les 5 500 individus et le nombre des places de prisons dépasse les 20 000 places[réf. nécessaire].

La mort de Robert Boulin, survenue le , place Alain Peyrefitte au centre de la tourmente médiatique. En effet, dans une lettre rendue publique peu après sa mort, Robert Boulin s'était indigné d'une procédure judiciaire dont il faisait alors l'objet. Il avait notamment indiqué que : « Ce dévoiement dans la révélation du secret de l'instruction laisse froid un garde des Sceaux plus préoccupé de sa carrière que du bon fonctionnement de la Justice. » Il n'est alors question que de suicide. Mais une partie de la presse ainsi que les chiraquiens lui imputent une responsabilité morale dans ce suicide. Plus tard, Lionel Jospin dira qu'Alain Peyrefitte avait compromis son honneur dans l'affaire Boulin[13]. Les interrogations sur la mort de Robert Boulin grandissent peu à peu, ce qui donne lieu à une véritable affaire Robert Boulin, et alimente d'autant les spéculations sur une quelconque implication d'Alain Peyrefitte, même si rien n'a jamais été prouvé et qu'il s'agisse manifestement[non neutre] d'une application de la théorie du complot, Alain Peyrefitte ministre d'une justice bien plus indépendante qu'on ne le dit[non neutre], n'avait en effet pas les moyens d'assumer le rôle que certains ont voulu lui voir jouer dans cette affaire de suicide. Il semble que le bruit selon lequel il aurait pu être appelé à succéder à Raymond Barre comme Premier ministre, avant la fin du mandat présidentiel[réf. nécessaire], soit à l'origine d'une campagne hostile de divers milieux[Quoi ?], qui n'a néanmoins pas réussi à nuire à son image d'intellectuel gaulliste, académicien et écrivain, célèbre pour le grand succès du Mal français et de Quand la Chine s'éveillera[non neutre].

À la fin du mandat de Valéry Giscard d'Estaing, dans l'optique de l'élection présidentielle à venir, Alain Peyrefitte fait voter une loi destinée à lutter fermement contre la délinquance, la loi du 2 février 1981 dite « Loi sécurité et liberté ». Cette loi qui étend les pouvoirs de la Police et du Parquet et restreint le pouvoir d'appréciation du juge est considérée comme « liberticide » par l'opposition de gauche à l'époque ; elle sera d'ailleurs abrogée en partie par la gauche revenue au pouvoir[14]. Il prend position en faveur de Valéry Giscard d'Estaing dès le premier tour de l'élection présidentielle de 1981.

Lors de son passage au ministère de la Justice, il se heurte souvent aux accusations de Robert Badinter. En effet, Alain Peyrefitte s'était déclaré, au même titre que Valéry Giscard d'Estaing, contre la peine de mort. Pourtant, lors de son mandat, selon Robert Badinter, Alain Peyrefitte aurait mené une politique absurde quant à la peine de mort. En effet, Peyrefitte déclare en 1979 que « La peine de mort est maintenue à titre exceptionnel en attendant son abolition définitive ». Cette déclaration fut suivie d'un débat animé entre Alain Peyrefitte et Robert Badinter dans les colonnes du journal Le Monde cette année là[réf. nécessaire]. L'enjeu était de principe puisque le nombre des condamnations à mort exécutées était infime[non neutre].

Éloignement progressif des responsabilités

Plaque Alain Peyrefitte à Provins.
La dernière demeure d’Alain Peyrefitte, 111 rue du Ranelagh (Paris 16e).

Alain Peyrefitte n'occupe alors plus d'autre fonction ministérielle, même s'il n'exclut pas de diriger un gouvernement de cohabitation après la victoire de la droite aux élections législatives de 1986. Il se consacre alors essentiellement à ses fonctions d'élu local, de sénateur, d'écrivain et de journaliste comme directeur du comité éditorial du Figaro. Le , il échappe de peu à un attentat attribué à Action directe près de son domicile de Provins ; un employé municipal est tué dans l'explosion de sa voiture[16].

Écrivain

Parallèlement à sa carrière politique, Alain Peyrefitte s'est distingué par une bibliographie abondante. Son œuvre littéraire lui valut notamment d'être élu membre de l'Académie française le , au fauteuil de Paul Morand. En 1987, il est élu à l'Académie des sciences morales et politiques au fauteuil de Raymond Tournoux.

Son premier essai, Le Mythe de Pénélope, en 1949, fut couronné par l'Académie française. Outre le Quand la Chine s'éveillera… le monde tremblera (le titre cite une phrase apocryphe attribuée à Napoléon Ier), on peut également citer Le Mal français paru fin 1976, qui reprend les thèses de Michel Crozier parues en 1970 (La Société bloquée)[17] et qui connut un important succès en librairie.

En 1995, Alain Peyrefitte a publié un essai intitulé La Société de confiance, dans lequel il étudie les causes du développement et du sous-développement dans le monde, approfondissant ainsi une idée déjà abordée dans Le Mal français. Nombreux exemples à l'appui, il avance l'idée selon laquelle les principaux facteurs du développement et du sous-développement ne sont pas à rechercher dans certaines causes matérielles classiquement avancées telles que le climat ou les ressources naturelles, mais dans ce qu'il appelle le « tiers facteur immatériel », c'est-à-dire la culture, les mentalités. Plus précisément, le ressort du développement résiderait dans la constitution d'une société de confiance, confiance que l'État accorde à l'initiative individuelle, et surtout confiance que les individus accordent à l'État, se reconnaissent entre eux et se font à eux-mêmes. Ce serait notamment cet « éthos de confiance » qui, en bousculant des tabous traditionnels et en favorisant l'innovation, la mobilité, la compétition, l'initiative rationnelle et responsable, aurait permis le développement de l'Europe occidentale ces derniers siècles. La publication de l'ouvrage a suivi la présentation d'une thèse en Sorbonne sur le même thème de la confiance. Dans l'esprit d'Alain Peyrefitte, la confiance était l'élément moteur des nombreuses initiatives qui ont fait la société industrielle et non pas selon la célèbre thèse de Max Weber la théorie de la prédestination des calvinistes et leur puritanisme, qui auraient incité les calvinistes anglo-saxons à chercher la réussite sociale par leur travail.

Tout au long de sa carrière politique, Alain Peyrefitte fut un proche du général de Gaulle[18] mais sans en être un intime[19]. Il publie ainsi C'était de Gaulle, recueil de propos du général de Gaulle paru en trois tomes, les deux premiers en 1994 et 1997 et le dernier, posthume, en 2000.

Alain Peyrefitte a également collaboré à plusieurs journaux et revues, dont Le Figaro.

Le fait que son œuvre ait été entièrement écrite par lui-même a été mise en doute, on lui a reproché de recourir à des nègres littéraires[20], tel Xavier Walter[21]. De fait, Alain Peyrefitte n'a jamais prétendu avoir écrit ses livres seul et a admis s'être entouré d'experts sinisants[22].

Détail des mandats et fonctions politiques

Mandat de député

Mandat de sénateur

Mandats locaux

Fonction politique

Fonctions gouvernementales

Décorations

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  • Chevalier de la Légion d’honneur
  • Commandeur des Arts et des Lettres
  • Commandeur des Palmes académiques

Ouvrages

  • 1946 : Rue d'Ulm, chroniques de la vie normalienne
  • 1947 : Le Sentiment de confiance, essai
  • 1948 : Les Roseaux froissés, roman
  • 1949 : Le Mythe de Pénélope, essai
  • 1961 : Faut-il partager l'Algérie ?, essai
  • 1973 : Quand la Chine s'éveillera… le monde tremblera, essai
  • 1976 : Le Mal français, essai
  • 1981 : Les Chevaux du lac Ladoga - la justice entre les extrêmes, essai
  • 1983 : Quand la rose se fanera, essai
  • 1985 : Encore un effort, Monsieur le Président, essai
  • 1989 : L’Empire immobile ou le choc des mondes, récit historique
  • 1990 : La Tragédie chinoise, essai
  • 1995 : La Société de confiance
  • 1995 : Du Miracle en économie (leçons au collège de France)
  • 1997 : La Chine s'est éveillée (21e Prix Fondation Pierre-Lafue 1997)
  • 1994-2000 : C'était de Gaulle (Éditions de Fallois – Fayard, 3 t.)

Voir aussi

Sources

  • Jean-Claude Michaud, Alain Peyrefitte : biographie, Paris, Editions de Fallois Fayard, coll. « Biographies », (ISBN 9782213611709)
  • Les papiers personnels d'Alain Peyrefitte sont conservés aux Archives nationales sous la cote 718AP[23].

Notes et références

  1. Il obtient le changement officiel par jugement du tribunal de Villefranche-de-Rouergue le 17 mai 1957.
  2. « Roger Peyrefitte : enfance fuxéenne », La Dépêche du midi, 11 novembre 2000.
  3. Courte biographie de M. Alain Peyrefitte par Benoît, son fils. 28 août 2010, sur le site de l'Union des gaullistes de France.
  4. Pierre de Boisdeffre. Alain Peyrefitte, le Tocqueville du XXe siècle. Revue des deux mondes, octobre 1999.
  5. Présentation de la nouvelle formule du journal télévisé par Alain Peyrefitte. Fresques Ina, 20 avril 1963.
  6. Gilles Bresson. Mort d'Alain Peyrefitte, le censeur gaulliste. Libération, 29 novembre 1999.
  7. Claire Blandin. Le journal télévisé : incontournable ou dépassé ? INA global, 9 septembre 2015.
  8. http://www.gouvernement.fr/histoire-du-sig
  9. Maurice Vaïsse. L'historiographie française relative au nucléaire. Revue historique des armées, 2011, n°262, pp. 3-8.
  10. http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/le-quotidien-de-1968/20080526.OBS5654/pompidou-accepte-la-demission-d-alain-peyrefitte.html
  11. François Bougon. Alain Peyrefitte, l'ami éclairé de Pékin. Le Monde, 24 juillet 2015.
  12. Liora Israël. Défendre le défenseur de l'ennemi public : l'affaire Croissant. Le Mouvement social, 2012, n°240, PP. 174 et suiv.
  13. Sylvie Matton. Me Morice : "MAM s'est opposée à la réouverture du dossier Boulin". Paris-Match, 24 janvier 2011.
  14. Une justice indigne de la France. Institut François Mitterrand, 16 mars 2009.
  15. http://www.universalis.fr/evenement/15-decembre-1986-attentat-manque-contre-alain-peyrefitte/
  16. Philippe Bezes. Un jeu redistribué sous la cinquième République : nouvelles formes et nouveaux acteurs de la réforme de l'Etat. Revue française d'administration publique, 2006, n°120, pp. 130 et suiv.
  17. Pierre Moinot. Hommage prononcé à l'occasion du décès de M. Alain Peyrefitte. Académie française, 9 décembre 1999.
  18. Guillaume Tabard. Alain Peyrefitte, le gaulliste mémorialiste. La Croix, 29 novembre 1999.
  19. Négritude et grandeur littéraire. Sur lintern@ute.
  20. http://www.babelio.com/auteur/Xavier-Walter/110662
  21. Bernard Brizay. Alain Peyrefitte, le plus illustre des sinisants. Chine-Info, 24 février 2014.
  22. Archives nationales.

Articles connexes

Liens externes