Ai Fen

Ai Fen
Biographie
Nom dans la langue maternelle
艾芬
Formation
Tongji Medical College (en) (jusqu'en )
Activité
Autres informations
A travaillé pour

Ai Fen (艾芬, Ài Fēn) est une médecin chinoise, directrice du service des urgences de l'hôpital central de Wuhan. Elle est l'un des premiers membres du personnel médical à révéler l'existence du coronavirus au monde extérieur au début de la pandémie de Covid-19[1],[2].

Biographie

Ai Fen obtient un diplôme de l'Université de médecine de Tongji  en 1997 et travaille au département de médecine cardiovasculaire de l'hôpital central de Wuhan. Elle est directrice du service des urgences depuis 2010[3].

Pandémie de coronavirus

Découverte du COVID-19

Le 18 décembre 2019, Ai Fen entre en contact avec le premier cas d'infection pulmonaire montrant « plusieurs ombres floues éparses dispersées dans les poumons » d'un livreur du marché de gros de fruits de mer de Huanan. Le 27 décembre, elle examine un deuxième malade, qui n'avait eu aucun contact avec le marché aux fruits de mer. Dans l'après-midi du 30 décembre, le résultat du test du deuxième patient montre une infection par un coronavirus. Lorsqu'elle a vu les mots « coronavirus du SRAS, pseudomonas aeruginosa, 46 types de bactéries avec colonisation orale / respiratoire » sur la feuille de test, Ai a immédiatement informé le service de santé publique et le service des infections de l'hôpital, et a transmis le rapport au groupe WeChat des médecins du département. Dans l'après-midi du même jour, ce rapport de test a été posté sur le groupe WeChat de sa promotion par l'ophtalmologiste et lanceur d'alert Li Wenliang[4] ; le rapport est dès lors partagé en masse[5].

Le , Ai signale à nouveau au service de santé publique et au cabinet médical de l'hôpital la nouvelle de l'admission de plusieurs patients par une clinique privée près du marché aux fruits de mer, dans l'espoir d'attirer l'attention. Elle s'inquiétait du fait qu'« une fois que les médecins ou les infirmières d'urgence tomberont malades, ce serait très difficile. ». À la suite de ses déclarations, Ai a été interrogée par le service de supervision de l'hôpital et déclare avoir subi « une réprimande sans précédent et très sévère »[6],[5]. Selon Ai, les responsables de l'hôpital l'ont accusée de répandre des rumeurs en tant que professionnelle. Le matin du , Ai apprend que Hu Ziwei, une infirmière des urgences, a été infectée. Ai a immédiatement appelé ses supérieurs et l'hôpital a eu une réunion d'urgence, au cours de laquelle les fonctionnaires ont ordonné de falsifier les diagnostics médicaux de l'infirmière infectée, les passant d'« infection pulmonaire virale » à « infection pulmonaire étendue ». Lors d'une réunion le , les responsables des hôpitaux nient complètement l'existence d'une infection virale qui pourrait être transférée de manière interpersonnelle.

Plus tard, des rumeurs prétendirent qu'Ai Fen était morte du coronavirus. Le 20 février 2020, Ai Fen précise qu'elle n'était pas malade et travaille toujours comme médecin, luttant contre le virus[7].

Incident de la « lanceuse d'alerte »

icône image Image externe
Portrait d'Ai Fen, tel que publié à l'origine dans le magazine chinois « les Gens ».

Le , le magazine chinois Les Gens a interviewé Ai et publié dans son édition de mars, consacrée aux médecins de Wuhan, un article titré « la lanceuse d'alerte » (发哨子的人). L'article est retiré dans les trois heures suivant sa publication le . L'article original sur le compte public WeChat du journal a également été supprimé avant midi ; les médias chinois qui ont partagé l'article ont également effacés leurs publications[8],[9].

Le site officiel du Comité des sciences humaines de l'hôpital de la China Human Care Association, dirigé par la Commission nationale de la santé, a ensuite republié l'article sous le titre « 如果这些医生都能够得到及时的提醒,或许就不会有这一天 » (« Si les médecins avaient été avertis rapidement, ce jour ne serait peut-être jamais arrivé » ; une citation tirée du compte Weibo d'Ai Fen) et remercié les journalistes[10].

Pour protester contre la censure[11], les internautes chinois ont commencé à diffuser l'article par des moyens tels que le braille, les emoji, le code morse et le style sceau [12],[4],[13].

Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Ai Fen » (voir la liste des auteurs).
  1. Julie Zaugg, « Comment la Chine a laissé échapper le coronavirus », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 18 mars 2020)
  2. Laurence Defranoux, « Ai Fen, l'autre lanceuse d'alerte de Wuhan », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le 18 mars 2020)
  3. (zh) 杜玮, « 亲历者讲述:武汉市中心医院医护人员被感染始末 » [archive du ], 中国新闻周刊,‎
  4. a et b Brice Pedroletti, « Coronavirus : l’urgentiste chinois Ai Fen révèle les pressions subies pour cacher la gravité de l’épidémie », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 18 mars 2020)
  5. a et b (zh-CN) 龚菁琦, « 发哨子的人 » [archive du ], 人物周刊,‎
  6. 杜玮, « 亲历者讲述:武汉市中心医院医护人员被感染始末 » [archive du ], 中国新闻周刊,‎
  7. « 武汉中心医院急诊科主任艾芬辟谣:没感染新冠肺炎,仍在一线_直击现场_澎湃新闻 », sur thepaper.cn,‎ (consulté le 18 mars 2020).
  8. (yue) « 「发哨人」呼吁坚持「独立思想」 中宣部急删《人物》文章 », Radio Free Asia (consulté le 11 mars 2020)
  9. (zh-HK) 葉琪, « 【新冠肺炎】「發哨人」反被指「造謠」源頭 李文亮同事望獲道歉 », 香港01,‎ (consulté le 11 mars 2020)
  10. « 人物:如果这些医生都能够得到及时的提醒,或许就不会有这一天 » [archive du ], 中国医院人文建设,‎ .
  11. (zh) 云昇, « 肺炎疫情:"发哨人"引发反审查战,中国人用创意接力反击 », sur BBC,‎ (consulté le 12 mars 2020)
  12. On en trouve des exemples sur cette page
  13. (zh) « 《发哨子的人》被屏蔽 网民接力转发出奇制胜 », sur RFA,‎ (consulté le 12 mars 2020).

Liens externes