Agnès Buzyn

Agnès Buzyn
Fichier:Agnès Buzyn.jpg
Fonctions
Ministre des Solidarités et de la Santé
En fonction depuis le
(8 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Gouvernement Philippe
Prédécesseur Marisol Touraine
(Affaires sociales et Santé)
Biographie
Nom de naissance Agnès Buzyn
Date de naissance (54 ans)
Lieu de naissance Paris (France)
Nationalité Française
Père Élie Buzyn
Mère Etty Buzyn
Conjoint Yves Lévy
Diplômée de Université Paris-Descartes
Profession Médecin hématologue
Professeur des universités – praticien hospitalier

Agnès Buzyn, née le [1] à Paris[2], est une hématologue, professeure de médecine et femme politique française. Elle est nommée ministre des Solidarités et de la Santé au sein du gouvernement Édouard Philippe le 17 mai 2017.

Biographie

Famille

Sa famille paternelle est originaire de Łódź en Pologne où son oncle a été fusillé par les nazis en octobre 1940. Ses grands-parents et son père, alors âgé de quinze ans, ont été déportés à Auschwitz. Seul son père, Élie Buzyn, en revient et s’installe en Israël puis en 1956 en France. Il est chirurgien orthopédiste à la clinique Saint-Marcel[3]. Sa mère, Etty Buzyn, enfant caché dans l'Ain durant la Seconde Guerre mondiale[4], est psychologue, psychanalyste et écrivaine[2]. Agnès Buzyn est mariée en secondes noces à Yves Lévy, directeur général de l'INSERM, et mère de trois enfants[2].

Formation et parcours universitaire et professionnel

Ancienne élève de l’École alsacienne elle devient médecin[2] et professeure d’université (en médecine). Interne des hôpitaux de Paris (IHP) elle a ensuite réalisé la majeure partie de son parcours de médecin hématologue et d'universitaire à '’université Paris-Descartes (Paris-V) - Hôpital Necker où elle a été responsable de l’unité de soins intensifs d’hématologie adulte et de greffe de moelle (1992-2011).

En tant que spécialiste d'hématologie, d'immunologie des tumeurs et de la transplantation[5] ses travaux ont principalement concerné la greffe de moelle osseuse, de la leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) et de la leucémie myéloïde chronique (LMC).

Publications

Elle co-écrit de nombreux articles scientifiques, notamment en hématologie et immunologie[6].

Enseignement

Elle a enseigné l’hématologie et l’immunologie des tumeurs et de la transplantation dans plusieurs modules universitaires, avant de devenir professeure d'hématologie à l’université Pierre-et-Marie-Curie.

De 2002 à 2006 elle dirige une équipe Inserm travaillant sur l’immunologie des tumeurs à l’Institut Cochin-Paris V .

Elle exerce par ailleurs des fonctions au sein de sociétés savantes et de conseils d'administration : membre du conseil médical et scientifique de l’Agence de la biomédecine (ABM), membre du conseil scientifique de l’Établissement français du sang (EFS), présidente du conseil scientifique de la Société française de greffe de moelle et de thérapie cellulaire (SFGM-TC), Agnès Buzyn est de 2008 à 2013, présidente du conseil d’administration de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN)[7]. En avril 2009, elle est nommée membre du Comité de l'énergie atomique du Commissariat à l'énergie atomique[8]. Elle est nommée membre du conseil d’administration de l’Institut national du cancer (INCa) en 2009, en tant que personnalité qualifiée, et elle en est devenue vice-présidente en octobre 2010, avant d’en être nommée présidente le 29 mai 2011[9],[5].

Pressentie dès décembre 2015 comme présidente du collège de la Haute Autorité de santé[10], elle y est officiellement nommée en mars 2016[11],[12].

Ministre des Solidarités et de la Santé

Le , elle est nommée ministre des Solidarités et de la Santé[13] au sein du gouvernement Édouard Philippe.

Son époux Yves Lévy dirigeant l'INSERM, la ministre se trouve potentiellement en situation de conflit d'intérêts, car si son ministère (de la santé) ne finance par l'Inserm (dont les crédits viennent du ministère de la Recherche), il en est ministère de cotutelle politique, et plusieurs des membres du conseil d’administration de l'INSERM y représentent le ministère de la santé[14].
Ce risque a été « clairement identifié » par le secrétariat général de l’Élysée selon le cabinet de la ministre qui annonce le 18 mai que celle-ci « ne traitera pas les sujets en lien avec l'Inserm' » grâce à un « système de déport » (dans une situation similaire, Geneviève Fioraso avait officiellement demandé à être déchargée par décret de toute décision concernant la direction de la recherche technologique du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) alors dirigé par son compagnon[14]. Selon le journal La Croix qui estime qu'un déport ponctuel, ne serait « guère adapté à la situation d’une ministre ayant une tutelle continue sur son mari » le décret du relatif à la prévention des conflits d’intérêts dans l'exercice des fonctions ministérielles orienterait plutôt vers une cotutelle (voir une tutelle unique) de l’INSERM par le premier ministre Édouard Philippe au côté du ministère de la recherche[14]. Son directeur de cabinet Gilles de Margerie est directeur général adjoint du groupe Humanis[15].

Prises de position

  • En 2013 Agnès Buzyn estime que l’obligation de déclarer tout Conflit d'intérêts instaurée en 2011 par la loi Bertrand serait devenue trop « handicapante » pour certains chercheurs qui « ne le supportent plus et refusent de venir aux expertises de l'INCA ». Elle pose la question de la qualité des expertises de chercheurs n'ayant plus « aucun lien » avec l'industrie et ne participant pas aux conseils de direction. Adoptée à la suite du scandale du Mediator, cette loi vise à prévenir les conflits d’intérêts et à renforcer l’indépendance de l’expertise sanitaire publique en obligeant les professionnels de santé et décideurs publics à publiquement déclarer de leurs liens d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique[16].
    Cependant, pour Irène Frachon (médecin à l'origine de la révélation du scandale du Mediator) « La solution n’est pas (…) de passer outre ces liens d’intérêt. L’affaire du Mediator le démontre de façon tragique : des experts indiscutablement “compétents” sont restés solidaires d’un industriel lourdement criminel[16]. » Consciente du problème, elle propose « de créer des filières d’études de haut niveau d’expertise qui puissent assurer de belles carrières et des rémunérations suffisantes afin de prévenir la captation par l’industrie. »
  • Début 2015, en tant que présidente de l'Institut national du cancer , elle a soutenu le projet de loi concernant le droit à l'oubli[17] pour les anciens malades du cancer. Ce droit est entré en vigueur le 14 février 2017[18], ils permet aux personnes ayant été atteintes de cancers et de l’hépatite C de ne plus le mentionner lors d’une demande d’assurance emprunteur.
  • En juin 2015, Agnès Buzyn, engagée dans la lutte contre le tabac et l’abus d’alcool, a dénoncé l’action des lobbies lors du vote des amendements remettant en cause la Loi Évin. Dans un entretien au journal La Croix, elle s'est dite « profondément atterrée par cette initiative de certains parlementaires qui obéissent à des lobbys très puissants et très bien installés en France, ceux des producteurs de vin »[19].
  • En juillet 2016[20], elle dénonce les pratiques de certains laboratoires qui aboutissent à une augmentation excessive des prix des nouveaux médicaments anti-cancéreux. Elle se dit favorable à une modularité des prix en fonction de l'indication[21].

Décoration

Notes et références

  1. Fiche d'Agnès Buzyn sur edecideur.info, consulté le 7 mars 2016
  2. a, b, c et d Éric Favereau, « Malgré les mandarins » sur Libération, 29 décembre 2011
  3. AFP, sur La Dépêche du Midi, 24 janvier 2015, [1]
  4. « Lacroix Marie », sur Comité français pour yad vachem
  5. a et b AFP, « Cancer: Agnès Buzyn à la tête de l'INCa » sur Le Figaro, 30 mai 2011
  6. articles dont la liste des auteurs comprend le nom d'A. Buzyn (et dont les contenus ou résumés sont accessibles)
  7. « Agnès Buzyn, l'aura d'un médecin rompu à l'administration » Challenges, 17 mai 2017
  8. « Le Professeur Agnès Buzyn, nommée membre du Comité de l'énergie atomique » actu-environnement.com, 6 mai 2009
  9. Journal officiel : no 0125 du 29 mai 2011 sur Légifrance, 27 mai 2011
  10. Éric Favereau, « Bientôt une femme à la tête de la Haute Autorité de santé ? » sur Libération, 4 décembre 2015
  11. Journal officiel : no 0055 du 5 mars 2016 sur Légifrance, 3 mars 2016
  12. Éric Favereau, « Agnès Buzyn, première femme à la tête de la Haute Autorité de santé » sur Libération, 6 mars 2016
  13. « La liste complète du gouvernement d'Édouard Philippe », sur lemonde.fr,
  14. a, b et c François Béguin et Paul Benkimoun (2017), Comment la nouvelle ministre de la santé entend éviter tout conflit d’intérêts avec le poste de son mari, Journal Le Monde, 18 mai 2017
  15. Wassinia Zirar, « Agnès Buzyn recrute son directeur de cabinet dans le privé », acteurspublics.com, (consulté le 21 mai 2017)
  16. a et b Pascale Pascariello, « Les petits arrangements de la nouvelle présidente de la Haute autorité de santé », mediapart.fr, (consulté le 17 mai 2017)
  17. « Le droit à l’oubli, « une avancée importante » pour les malades du cancer », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  18. « Prêts : le « droit à l’oubli » entre en vigueur pour les anciens malades du cancer », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  19. « Agnès Buzyn : « L’alcool est la deuxième cause de mortalité par cancer en France ! » », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  20. « Interview de Agnès BUZYN (HAS) - Prix médicaments | Actualités | Actualités et agenda », sur www.lecese.fr (consulté le 21 mai 2017)
  21. « APMnews - Médicament: Agnès Buzyn favorable à des prix fixés indication par indication », sur www.apmnews.com (consulté le 21 mai 2017)
  22. Décret du 13 novembre 2009 portant promotion et nomination

Annexes

Articles connexes

Liens externes

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