Agadir

Agadir
أݣادير
ⴰⴳⴰⴷⵉⵔ
Image illustrative de l'article Agadir
Administration
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Région Souss-Massa
Préfecture Agadir Ida-Outanane
Maire Salah El Malouki (2015)
Démographie
Gentilé Gadiri, Gadirie[1],[2]
Agadirois, Agadiroise[3]
Population 421 844 hab.[4] (2014)
Population de l'agglomération 1 026 532 hab. (2014)
Géographie
Coordonnées 30° 25′ nord, 9° 36′ ouest
Divers
Site(s) touristique(s) Agadir-Oufella, Taghazout
Chef-lieu de Souss-Massa
Principale ville balnéaire du Maroc
Localisation

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Liens
Site web http://www.agadir.ma/

Agadir (mot tamazight qui signifie « grenier collectif fortifié » (en tifinagh : ⴰⴳⴰⴷⵉⵔ) ; en arabe :  أݣادير  ou أگادير) est une ville Amazigh du sud-ouest marocain, située sur la côte atlantique, dans la région du Souss, à 508 km au sud de Casablanca, à 173 km d'Essaouira et à 235 km à l'ouest de Marrakech[5]. Agadir est le chef-lieu de la région administrative Souss-Massa et de la préfecture d'Agadir Ida-Outanane.

D'après le recensement de 2014, Agadir comptait cette année-là 421 844 habitants[6] (Gadiris en français, Gougadir/Oultougadir en tachelhit, Gadiri/Gadiria en arabe), et la population de la préfecture d'Agadir Ida-Outanane était de 600 599 habitants[6]. Trois langues sont pratiquées dans la ville : l'arabe, (essentiellement la darija, l'arabe dialectal marocain) ; le tachelhit (ou berbère) par les Imazighen (Berbères Chleuhs ou Icelḥiyen) ; et le français.

Ravagée par un tremblement de terre en 1960, la ville a été entièrement reconstruite avec des normes parasismiques obligatoires. C'est désormais la plus grande station balnéaire du Maroc au climat exceptionnellement doux tout au long de l'année. Depuis 2010, bien desservie par les vols low cost (« bas prix ») et l'autoroute jusqu'à Tanger, la ville attire de tous horizons et connait une croissance annuelle de plus de 6 % par an en demande de logements[réf. nécessaire].

Toponymie

Le nom d'Agadir est issu de la racine berbère GDR signifiant « talus », « terrain en forte déclivité », « escarpement »[7],[8].

Histoire

Origines

L'histoire est pratiquement muette sur Agadir avant le XIIe siècle.

Au IIe siècle av. J.-C., l'historien Polybe évoque au nord de l'Afrique, sur l'Atlantique, un cap Rhysaddir, qui pourrait avoir été situé non loin d'Agadir ; sa localisation est encore en débat.

La plus ancienne attestation cartographique que l'on trouve à propos d'Agadir apparaît sur une carte de 1325 : à l'emplacement approximatif de la ville actuelle, l'indication d'un lieu nommé Porto Mesegina, d'après le nom d'une tribu berbère déjà citée au XIIe siècle, les Mesguina, c'est-à-dire les Ksima.

À la fin de l'époque médiévale, Agadir est un bourg de peu de notoriété ; le nom même, Agadir el-arba, est attesté pour la première fois en 1510[10].

Un comptoir portugais

En 1505, les Portugais, déjà installés sur les côtes marocaines, fondent un comptoir et une forteresse au pied de la colline devant la mer, Santa Cruz do Cabo de Aguer (Sainte Croix du Cap Ghir), à l'emplacement du quartier désormais disparu de Founti, (nommé ainsi d'après le mot portugais fonte qui veut dire fontaine).

Founti et la Casbah en 1905

Rapidement, les Portugais sont en butte à l'hostilité des tribus de la région. Dès 1530, ils sont bloqués dans Santa Cruz. Le reflux portugais s'amorce quand le 12 mars 1541 le Chérif Saâdien Mohammed ech-Cheikh s'empare de la forteresse de Santa Cruz de Aguer. Six cents survivants portugais sont faits prisonniers, dont le gouverneur Guterre de Monroy et sa fille Dona Mecia. Les captifs sont rachetés par des religieux, venus spécialement du Portugal. Dona Mecia, dont le mari avait été tué lors de la bataille, devient l'épouse de Mohammed ech-Cheikh mais meurt en couche, en 1544. La même année, Mohammed ech-Cheikh fait libérer le gouverneur Guterre de Monroy, qu'il avait pris en amitié[11].

Les positions portugaises au Maroc, acquises entre 1505 et 1520, vont en régressant. Après la perte d'Agadir, les Portugais doivent abandonner Safi et Azemmour. Le Maroc commence à avoir moins d'importance pour le Portugal qui se tourne désormais vers les Indes et le Brésil. Après 1550, les Portugais ne tiennent plus au Maroc que Mazagan (devenu El Jadida), Tanger et Ceuta.

Premier essor

En 1572, la Casbah est construite au sommet de la colline par Moulay Abdallah el-Ghalib, successeur de Mohammed Ech-Cheikh. C'est désormais Agadir N'Ighir, littéralement, le grenier fortifié de la colline en tachelhit[12].

Au XVIIe siècle, sous le règne de la dynastie berbère du Tazeroualt, Agadir devient une rade d'une certaine importance, développant les échanges avec l'Europe. Il n'existe alors ni véritable port, ni appontement. D'Agadir partent notamment du sucre, de la cire, du cuivre, des cuirs et des peaux[13]. Les Européens amènent leurs produits manufacturés, notamment des armes et des tissus. Sous le règne du sultan Moulay Ismail (1645-1727) et de ses successeurs, les échanges avec la France, jusque-là actif partenaire, régressent au profit des Anglais et des Hollandais.

Déclin

L'entrée de la Casbah

En 1731, un sévère tremblement de terre frappe la ville. En 1746, les Hollandais installent un comptoir au pied de la Casbah, sous l'autorité du sultan, et participent sans doute à la restauration de la ville. Au-dessus de la porte d'entrée de la Casbah, on peut encore voir l'inscription hollandaise, avec sa transcription en arabe, « Vreest God ende eert den Kooning », qui signifie « Crains Dieu et honore ton roi », et la date 1746.

Après une longue période de prospérité sous les règnes des dynasties saadiennes et alaouites, Agadir décline à partir de 1760, à cause de la prééminence accordée au port concurrent d’Essaouira, par le Sultan Alaouite Sidi Mohammed ben Abdallah, qui veut châtier le Souss, rebelle à son autorité. Ce déclin dure un siècle et demi. En 1789, un voyageur européen fait une brève description d'Agadir : « C’est maintenant une ville déserte, il n’y a plus qu’un petit nombre de maison qui tombent en ruines ».

En 1881, le sultan Moulay Hassan ouvre de nouveau la rade au commerce afin de pouvoir ravitailler les expéditions qu'il envisage dans le sud. Ces expéditions destinés à réaffirmer son autorité sur les tribus du Souss et à s'opposer aux projets des Anglais et des Espagnols, eurent lieu en 1882 et 1886[14].

Plan d'Agadir en 1885 par Jules Erckmann

En 1884, Charles de Foucauld décrit dans Reconnaissance au Maroc son rapide passage à Agadir, venant de l'est : « Je longe le rivage jusqu'à Agadir Irir. Le chemin passe au-dessous de cette ville, à mi-côte entre elle et Founti : Founti est un hameau misérable, quelques cabanes de pêcheurs ; Agadir, malgré son enceinte blanche qui lui donne un air de ville, est, me dit-on, une pauvre bourgade dépeuplée et sans commerce[15]. »

Protectorat

En 1911, l'envoi d'une canonnière allemande dans la rade provoque le Coup d'Agadir et fait brutalement apparaître Agadir sur la scène mondiale. Invoquant un appel à l'aide d'entreprises allemandes de la vallée du Souss, l'Allemagne décide, le 1er juillet 1911, pour protéger ses intérêts au Maroc et défendre ses prétentions sur le pays, d'envoyer dans la baie d'Agadir, dont la rade avait été, jusqu'à 1881, fermée au commerce étranger, une canonnière, la SMS Panther, rapidement relayée par le croiseur Berlin. Les très vives réactions internationales, en particulier celle de la Grande-Bretagne, surprennent l'Allemagne. La guerre menace. Après d'âpres négociations, un traité franco-allemand est finalement signé le 4 novembre 1911, laissant les mains libres à la France, qui va pouvoir établir son protectorat sur une partie du Maroc, en contrepartie celle-ci cède quelques colonies en Afrique. C'est alors seulement que la canonnière Panther et le croiseur Berlin quittent la baie d'Agadir.

En 1913, la ville (Agadir N'Ighir et Founti) compte moins de mille habitants. Le les troupes françaises débarquent à Agadir. En 1916, un premier appontement est construit près de Founti, une simple jetée, dite plus tard « jetée portugaise », qui a subsisté jusqu'à la fin du XXe siècle. Après 1920, sous le protectorat français, un port est aménagé et la ville connait un premier essor avec la construction de l'ancien quartier Talborjt situé sur le plateau au pied de la colline. Deux ans après, à côté de Talborjt, le long de la faille géologique de l'oued Tildi, le quartier de Yahchech, plus populaire, a commencé à se construire.

Autour de 1930, Agadir est une étape importante de l'AéropostaleSaint-Exupéry et Mermoz font escale.

Le quartier de Founti et la plage en 1930
Le quartier de Founti et le port en construction en 1930

Dans les années 1930 un centre-ville moderne commence à s'édifier, selon les plans des urbanistes Henri Prost, directeur du Service d'urbanisme du Protectorat, et de son adjoint Albert Laprade, sur un tracé en fer à cheval s'appuyant sur le front de mer[16], autour d'une grande avenue perpendiculaire à ce front de mer, l'avenue Lyautey, renommée depuis avenue du Général Kettani. Dans les années 1950, le développement urbain se poursuit sous la direction du directeur du Service de l'urbanisme du Maroc, Michel Écochard.

Après 1950 et l'ouverture du nouveau port de commerce, la ville, très dynamique, se développe avec la pêche, les conserveries, l'agriculture, l'exploitation minière. Elle commence aussi à s'ouvrir au tourisme grâce à son climat et à ses beaux hôtels. Plusieurs années de suite, à partir de 1952, Agadir organise le Grand Prix d'Agadir, puis le Grand Prix automobile du Maroc.

En 1959, le port reçoit la visite du yacht de l'armateur grec Aristote Onassis et de son hôte, Winston Churchill[17].

Activité sismique

Article détaillé : Séisme de 1960 à Agadir.

Le , Agadir, qui compte alors plus de 40 000 habitants, est ravagée par un séisme de magnitude 5,7 sur l'échelle de Richter, qui fait plus de 15 000 morts[18].

De nouvelles secousses telluriques ont été enregistrées dans la région d'Agadir :

Agadir après 1960

La ville actuelle a été reconstruite 2 km plus au sud, sous la conduite des architectes Jean-François Zevaco, Élie Azagury, Pierre Coldefy, Claude Verdugo. Agadir est devenu une grande ville, plus de 420 000 habitants en 2014, disposant d'un grand port avec quatre bassins : port de commerce avec tirant d'eau de 17 mètres, triangle de pêche, port de pêche, port de plaisance avec marina. Agadir fut le premier port sardinier au monde dans les années 1980, et possède une plage célèbre s'étirant sur plus de 10 km avec une des plus belles promenades de front de mer de la région. Son climat offre 340 jours de soleil par an et permet de se baigner en toutes saisons; l'hiver y est exceptionnellement doux et la chaleur de l'été jamais étouffante (la brume d'été n'y est d'ailleurs pas rare).

Agadir est le premier pôle touristique du pays, place parfois disputée par Marrakech, et le premier port de pêche du Maroc. L’activité commerciale y est également en plein essor avec l’exportation d’agrumes et de légumes produits dans la fertile vallée du Souss.

Avec ses immeubles blancs, ses larges boulevards fleuris, ses hôtels modernes et ses cafés de style européen, Agadir n'est plus une ville typique du Maroc traditionnel, mais une cité balnéaire touristique.

La baie d'Agadir est membre du Club des plus belles baies du monde.

La ville est desservie par l'aéroport Agadir-Al Massira.

Organisation urbaine

La ville d'Agadir

L'actuelle commune urbaine d'Agadir est le fruit d'un regroupement des territoires de quatre communes : l'ex-commune urbaine d'Agadir, la commune urbaine d'Anza, la commune rurale de Ben Sergao et la commune rurale de Tikiwine[note 1].

Le centre-ville

Vaste et dynamique, il englobe les boulevards Mohammed V et Hassan II, la Vallée des Oiseaux, les avenues du Général Kettani, Mohammed VI, Moulay Abdellah et Mokhtar Soussi ainsi que de la grande avenue des FAR (Forces armées royales). En font également partie la Place Salam, la Place de l'Espérance et la mosquée Loubnane, ainsi que la Place des deux fontaines qui mène au grand théâtre de verdure de la municipalité. Avec le regroupement de plusieurs communes, le centre ville est en train de se déplacer progressivement vers le quartier Haut Founty où de nouvelles administrations se construisent autour de la nouvelle cour d'appel.[réf. nécessaire]

Le bord de mer

La plage d'Agadir
La plage et la colline de l'ancienne Casbah

Animé et dynamique, le secteur touristique du bord de mer est constitué du boulevard du 20 août, de l'avenue Tawada, du boulevard de la Corniche,de l'avenue de l'oued Souss, et du quartier Founty, Baie des Palmiers. Il compte de nombreux hôtels, restaurants, cafés modernes, et un quartier résidentiel de villas.

Un vaste projet d'embellissement de la ville est en cours de finition. Agadir s'est ainsi dotée d'une belle promenade aménagée de front de mer sur environ 5 kilomètres. Une récente marina avec de nombreux commerces de luxe a été construite au pied de la Casbah.

Quartier Amsernat

Quartier construit en préfabriqué au lendemain du tremblement de terre du 29 février 1960 pour accueillir les survivants. Amsernat (viendrait de "âmes sur nattes", les rescapés ayant été hébergés avant dans des tentes et dormaient sur de nattes à Timirsit dans la préfecture actuelle d'Inezgane Aït Melloul.

En 1966, beaucoup de ces rescapés ont été relogés dans les quartiers du nouveau Talborjt et de Ihchach (Yachech) nouvellement construits en dur. Les familles relogées ont été remplacés par les habitants d'un autre quartier bidonville ElKhyame où habitaient une population sahraoui qui s'est installée à Agadir après le tremblement de terre.

Au début des années 70, l'Etat a commencé à réaménager le quartier Amsernat en octroyant des lots de terrains sur place à des prix symboliques (2000 dirhams le lot). Les maisons en préfabriqués ont cédé depuis la place à des maisons familiales en dur (RC + 1).

Amsernat abrite le souk al-Had : le plus grand souk urbain d'Afrique[21].

Nouveau Talborjt

Construit en 1966 pour accueillir une partie des rescapés du tremblement de terre initialement relogés au quartier Amsernat, il porte le nom de l'ancien quartier de Talborjt (« petit fort » en tachelhit, souvenir du château d'eau, première construction du plateau de l'ancien Talborjt). Très animé, le Nouveau Talborjt, reconstruit loin de l'Ancien Talborjt, a pour principale artère le boulevard Mohammed Cheikh Saâdi, qui porte le nom du vainqueur des Portugais en 1541. Les autres grandes avenues sont l'avenue du président Kennedy et du 29 février. On y trouve aussi la mosquée Mohammed V, le jardin d'Olhão (ville côtière située dans le sud du Portugal, avec laquelle Agadir est jumelée) et son musée mémorial, et le jardin Ibn Zaydoun. Quelques bons hôtels et restaurants ont été aménagés dans les principales artères.

Quartier Ihchach (Yachech)

Il a été construit en 1966 en même temps que le quartier Talborjt pour accueillir une partie des rescapés du tremblement de terre initialement relogés au quartier Amsernat.

Quartiers résidentiels

Quartier Boutchakkat: le plus ancien quartier de la ville épargné par le tremblement de terre, encadré par l'avenue Moulay Abdellah et la rue Akhennouch (ex rue de Marrakech)

Quartier suisse : le plus ancien quartier de villas encadré par l'avenue des FAR (Forces armées royales),l'avenue Mokhtar Soussi, l'avenue du Caire et l'avenue des Nations unies.

Secteur Résidentiel: Quartier résidentiel, belles villas, très peu de commerces, existe depuis 1966. Se situe dans le quadrilatère suivant: Avenue du Général Kettani, Rue de Genève, Rue Chouhada & Avenue Hassan II.

Quartier Secteur Mixte : il abrite le consulat de France et le consulat d'Espagne.

Quartier Founty ou « Baie des palmiers » : un secteur balnéaire ou se côtoient des villas résidentielles, de grands hôtels, des résidences de tourisme et le palais royal.

Quartier Haut-Founty : nouveau quartier d'immeubles et de villas résidentiels, situé dans le nouveau centre ville entre la nouvelle cour d'appel et le supermarché Marjane.

Le quartier Illigh, à l'est en face de l'hôpital Hassan II, est un quartier résidentiel de grandes villas.

Quartier Charaf : à l'est il abrite l'hôpital Hassan II.

Quartier Les amicales : connu aussi sous le nom de cité des fonctionnaires

Quartier Dakhla : proche de la faculté Ibnou Zohr, grande mixité entre immeubles modernes, des villas moyennes et maisons individuelles ou économiques.

Quartier Al-Houda : proche de la faculté Ibnou Zohr, grande mixité entre immeubles modernes, des villas moyennes et maisons individuelles ou économiques.

Hay Mohammadi: Nouvelle zone d'urbanisation à Agadir avec une zone villa et une zone de grands ensembles d'immeubles qui encadrent l'extension de l'avenue des FAR dans sa partie nord ouest.

Cité Adrar : Nouveau quartier à côté de l'hypermarché Atakadao

Tikiouine (Texas) : ancien grand quartier situé au kilomètre 14 de la plage d'Agadir. Il contient de nombreux petits quartiers comme Lot Zaitoune, Lot Assaka, Douar Laârab, Ighious, Douar Souiri, Lhajeb et Assays.

Autres quartiers : Massira, Drarga, Alhouda, lkhyam, Tilila, Tacila, Ben Sergao, Riad Assalam, Sidi Youssef, Bouargane, Hay Hassani, Islane, Nahda, Anza, Taddart.

Les ports

Au fil des décennies, Agadir s'est dotée de plusieurs ports : deux ports de pêche, un grand port de commerce et le récent port de plaisance avec sa marina.

L'avenue du Port, principale artère du quartier Anza, est entourée d'usines de conserves et compte quelques petits restaurants populaires limitrophes du marché aux poissons.

Le port de pêche vu depuis la Casbah
Le port de pêche vu de la Casbah

La Casbah, Agadir Oufella

La Casbah, (Agadir Oufella, Agadir le haut ou Agadir N'Ighir, Agadir de la colline), était, avec Founti qui s'étendait à son pied devant la mer, le plus vieux quartier d'Agadir. Authentique forteresse aux petites rues sinueuses et animées, elle fut construite en 1572 par le sultan Moulay Abdallah el-Ghalib. Au-dessus de la porte d'entrée, on peut lire l'inscription en arabe et en hollandais « Crains Dieu et honore le Roi ».

De la fière forteresse, il ne reste plus, après le séisme du 29 février 1960, que la longue muraille restaurée qui entoure un terrain inconstructible, mais la vue demeure exceptionnelle sur la baie d'Agadir et sur les ports. Les anciens d'Agadir se souviennent du réputé « café maure » de la Casbah et de sa vue panoramique.

Sur la colline est inscrite en arabe la devise du Maroc : الله الوطن الملك (Allah, al-watan, al-malik), « Dieu, la patrie, le roi ». Comme les remparts, elle est illuminée de nuit.

L'ancien Talborjt

Dominant le front de mer et l'oued Tildi, cet ancien quartier (dont le nom est parfois écrit Talbordjt) était autrefois commerçant et très animé avec sa grande place ou se tenait un souk hebdomadaire, ses hôtels, ses écoles, sa mosquée. 90 % des bâtiments y furent détruits ou gravement endommagés par le séisme de 1960. Rasé après le séisme, désormais couvert de végétation, il est classé en zone non constructible. Sa principale artère, l'avenue El Moun s'étire sur plus de 2 km et ne sert plus que pour les auto-écoles qui y entrainent leurs élèves.

L'abattoir (quartier industriel)

Épices

L’un des quartiers les plus populaires; il est connu pour sa place des taxis et des bus. C'est un carrefour qui réunit le cœur de la ville et ses alentours. C'est le quartier qui a été le moins touché par le séisme de 1960.

Le souk al-Had

La Médina

Le souk al-Had est le plus grand souk urbain d'Afrique[21]. Il compte environ 6 000 petites boutiques. Il est entouré de remparts et dispose de plusieurs entrées. Comme tout souk, il est organisé en différents secteurs  : les meubles, l'artisanat, les vêtements, les légumes, la boucherie, les épices… Les remparts ont été restaurés et d'importants travaux d'aménagement ont été réalisés.

Il accueille en moyenne 30 000 à 40 000 visiteurs chaque jour, et jusqu'à plus de 80 000 les week-ends et pendant les fêtes religieuses[21], que ce soit des touristes ou des habitants locaux.

La Médina

La Médina est un espace artisanal créé en 1992, par l'artiste italien Coco Polizzi[23], à Ben Sergao, quartier proche d'Agadir à 4,5 km du centre-ville. Bâti selon des techniques de construction berbères traditionnelles, c'est une sorte de petit musée de plein air, sur cinq hectares, qui abrite des ateliers d'artisans, un musée, des résidences individuelles, un petit hôtel et un jardin exotique.

Économie

Activité dans le port de pêche

La ville abrite une cimenterie de la société Ciments du Maroc, filiale du groupe italien Italcementi[24], qui est en cours de transfert vers la nouvelle unité de production construite, à 40 kilomètres. Elle est aussi dotée d'un port abritant entre autres un chantier naval, la seule école de marine marchande marocaine et une zone industrielle. L'exploration pétrolière devait commencer pour la première fois au large d'Agadir, en 2013, avec l'installation de plusieurs sociétés parapétrolières.

Climat

Le cumul annuel des précipitations à Agadir est de 250 mm. Selon les années les pluies peuvent être fortes et provoquer des inondations, comme ce fut le cas en 2008, 2009 et 2010. Les quelques jours de pluies surviennent entre novembre et mars. L'ensoleillement est de plus de 340 jours par an, mais la brume et la rosée matinale en été ne sont pas rares. Les températures sont fortement influencées par le front alizé présent tout au long de l'année, et varient peu entre l'hiver et l'été. Les températures moyennes vont de 14 °C - 16 °C en janvier, à 20 °C- 25 °C en juillet. Cependant la région connait parfois des remontées d'air saharien nommées chergui, qui peuvent exceptionnellement et durant quelques jours (2 à 5) faire monter la chaleur au-dessus de 40 °C (voir Climat du Maroc).

La plus basse température enregistrée à Agadir est de −2,6 °C[25]. Un record de chaleur de 49,1 °C a été établi à l'aéroport d'Agadir, le 30 juillet 2009[26].

En 1950, l'affiche de la Compagnie de navigation Paquet proclamait « Hiver comme été, je me baigne à Agadir »[27].

Agadir
mois J F M A M J Jt A S O N D
Température(°C) 14 15 17 17 19 22 24 24 23 21 18 14
Précipitations(mm) 46 43 30 25 3 0 0 0 3 25 53 61
La plage d'Agadir sous la brume
La plage d'Agadir
Mois J F M A M J J A S O N D
Record de chaleur (réf) 32 31 36 39 45 46 49 48 45 39 37 32
Record de froid (réf) -2 3 5 7 9 10 12 13 8 5 2 0

Culture

Le Festival Timitar, festival des musiques amazighes et des musiques du monde, se tient à Agadir tous les étés, depuis sa création en juillet 2004.

L'association Maroc Mouvement s'implique dans le domaine artistique et organise des concerts, des expositions et des rencontres dans les arts plastiques, le design, la musique, le graphisme, la photographie, l'environnement et la santé[28].

Autres manifestations de l'agenda culturel de la ville d'Agadir :

Éducation

La ville d'Agadir comporte l'Université Ibn Zohr, l'une des plus grande au Maroc, et qui comprend la faculté de médecine, la faculté des sciences, la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales, la faculté des lettres et des sciences humaines, la faculté polydisciplinaire de Ouarzazate et des établissements d'études supérieures : l'École nationale de sciences appliquées (ENSA), l'École nationale de commerce et de gestion (ENCG) et l'École supérieure de technologie d'Agadir (ESTA).

Mais également l’université international d'Agadir (Universiapolis).

Elle possède également un établissement scolaire français à l'étranger, le lycée français d'Agadir, ainsi que le lycée public Youssef-Ben-Tachfine, le lycée Mohammed-Réda-Slaoui et le lycée technique Al-Idrissi.

Lycée français d'Agadir

Le lycée français d'Agadir (en arabe الثانوية الفرنسية بأغادير) est un établissement d'enseignement homologué par le ministère français de l'Éducation nationale relevant de l'Office scolaire universitaire et international (OSUI), dans le respect de la Convention culturelle franco-marocaine et sous le contrôle pédagogique du service de coopération et d'action culturelle de l'Ambassade de France[29].

Le lycée français d'Agadir existe sous son statut actuel depuis 1997. Il s'est installé dans de nouveaux bâtiments construits en 2002 sur les projets architecturaux de Mohamed Salem Bouaida, diplômé de l'École d'architecture Saint-Luc de Bruxelles.

Le lycée accueille les élèves français, marocains et étrangers de la moyenne section de maternelle à la terminale, où il prépare au baccalauréat français et à l'Option internationale de ce baccalauréat (section scientifique S et section économique et sociale ES).

Par ailleurs, le lycée français d'Agadir a créé une section BTS Tourisme (animation et gestion touristiques locales - AGTL) [31].

Le rattachement au lycée français d'Agadir de l'ancienne école primaire et collège « Paul-Gauguin », relevant de l'AEFE, est effectif depuis 2014[32].

L'effectif est d'environ 1220 élèves[33].

Dominique Strauss-Kahn a fréquenté, dans son enfance à Agadir, l'école de la Mission culturelle française au Maroc[34].

Sport

Personnalités liées à Agadir

  • Abdelaziz Lahrech (18 novembre 1918 - 14 mars 1994), leader régional du P.D.I. Parti pour la démocratie et l'indépendance fut également signataire du Manifeste pour l'Indépendance du 13 janvier 1944 (PDI), révoqué des PTT et emprisonné le 29 janvier 1044 sur décision du résident général pour avoir neutralisé les communications.
  • Mohamed Bensaid Aït Idder né le à Massa (Maroc), parlementaire qui fut le premier à dénoncer publiquement le bagne de Tazmamart
  • Mohammed Khaïr-Eddine (1941 - 1995), écrivain marocain
  • Abdellah Aourik, artiste peintre.
  • Abbès Kabbage (mort le ), chef régional du Parti de l'Istiqlal avant de rejoindre l'UNFP dans les années 1960.
  • Moha El Bouhali[35], artiste peintre, qui développe la peinture dans la rue à partir de 1999.
  • Val de Fouad, auteur de l'ouvrage Agadir, paru aux Editions Alan Sutton.
  • Dominique Strauss-Kahn y a passé son enfance de 1951 à 1960.
  • Saphia Azzeddine, scénariste et écrivaine, née à Agadir en 1979[36]

Sites à visiter

  • La vue sur la ville et la baie depuis Agadir Oufella (la Casbah)
  • Musée municipal Bert Flint sur le boulevard Mohammed V
  • Vallée des oiseaux, zoo des oiseaux s'étirant sur l'avenue des Administrations, entre les boulevards Hassan II et du 20 août
  • Crocoparc Agadir, premier parc à crocodiles au Maroc
  • Mosquée Mohammed V, sur le boulevard du Président Kennedy
  • Souk al-Had
  • Le petit train d’Agadir : circuit dans la ville
  • Musée de patrimoine Amazigh (berbère) place Ayt Souss
  • Le jardin d'Olhão ou jardin du Portugal et son musée mémorial à Talborjt
  • La marina avec son architecture arabo-andalouse et ses commerces
  • La plage d'Agadir.

Voir aux alentours

Films tournés à Agadir

Jumelages

La ville d'Agadir est jumelée[38] avec :

Pacte de coopération :

Divers

  • Agadir est aussi l'un des premiers noms de la ville de Tlemcen en Algérie.

Notes et références

  1. Gentilés du Monde
  2. Dictionnaire universel des gentilés en français sur Toponymie.gouv.qc.ca [PDF]
  3. République française, Commission générale de terminologie et de néologie, Recommandation concernant les noms d’États, d’habitants, de capitales, de sièges diplomatiques ou consulaires (liste établie par le ministère des affaires étrangères et européennes), (lire en ligne)
  4. http://www.leconomiste.com/article/968902-recensement-le-quart-de-la-population-vit-dans-7-villes
  5. via l'autoroute A7
  6. a et b [PDF] Haut-commissariat au Plan, « Recensement général de la population et de l'habitat de 2014 », sur rgph2014.hcp.ma (consulté le 6 septembre 2015)
  7. Ouedia Yermeche, « État civil et anthroponymie en Algérien : Typologie des patronymes à base toponymique », dans Farid Benramdane et Brahim Atoui, Nomination et dénomination : Des noms de lieux, de tribus et de personnes en Algérie, Oran, Éditions CRASCO, (ISBN 9961813146), p. 175.
  8. Kamal Naït-Zerrad, Dictionnaire des racines berbères : Ḍ-Gey, Peeters Publishers, 2002 (ISBN 9789042910768), Dictionnaire des racines berbères : Ḍ-Gey sur Google Livres
  9. « Nom qui semble attester l'existence d'un marché du mercredi, « souk el-arba », près d'un grenier collectif. » Chronique de Santa-Cruz du Cap de Gué, Paris, 1934
  10. Chronique de Santa-Cruz du Cap de Gué, Paris, 1934
  11. Ighir (prononcé irrhir) veut dire d'abord épaule, puis hauteur. Le mot est également à l'origine du nom du Cap Ghir. Toponymie du Maghreb
  12. Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord, Paris, 1994
  13. Maurice Barbier, Le conflit du Sahara occidental, 1982
  14. Charles de Foucauld, Reconnaissance au Maroc (1883-1884), éd. L'Harmattan, coll. « Les Introuvables », Paris, (réimp. 2000) (ISBN 978-2-7384-6645-7)
  15. Schéma de la ville future in revue La Géographie sur Gallica
  16. La visite de Winston Churchill à Agadir
  17. Site consacré au tremblement de terre d'Agadir de 1960
  18. « La terre a tremblé dans la région d’Agadir », sur Aujourd'hui le Maroc, .
  19. « Une secousse tellurique de 4,5 degrés ressentie à Agadir », sur Médias 24, .
  20. a, b et c « Souk Al Had à l'heure du Ramadan », Le Matin,‎ (lire en ligne).
  21. Une médina à Agadir
  22. (en) Italcementi
  23. Extreme Temperatures Around the World
  24. Agadir Airport (Morocco) max. 49.1 New national record high for Morocco
  25. « Hiver comme été, je me baigne à Agadir »
  26. Association Maroc Mouvement
  27. Lycée français - OSUI Agadir
  28. Création d'un BTS AGTL au lycée français d'Agadir au Maroc
  29. Lettre aux parents et aux personnels du Conseiller de Coopération
  30. Le mot du proviseur
  31. Vincent Giret et Véronique Le Billon, Les Vies cachées de DSK, Seuil, 2000 (ISBN 2020370603 et 9782020370608)
  32. Moha El Bouhali sur Arts du monde.com
  33. (de) « Saphia Azzedine, « Zorngebete » », sur Institut français de Berlin, (consulté le 7 mars 2013)
  34. Jumelages

Références

Voir aussi

Bibliographie

  • Val de Fouad, Agadir, éditions Alan Sutton, coll. « Mémoire en images », 2009, 128 p., livre de photos ; (ISBN 978-2849107744)
  • Marie-France Dartois, Agadir et le Sud marocain - À la recherche du temps passé – Des origines au tremblement de terre du 29 février 1960, éditions Courcelles Publishing, 2008, 617 p., Agadir et son histoire (ISBN 978-2916569307)
  • Lahsen Roussafi, Yazza Jafri, Abdallah Kiker, Les Mémoires d'Agadir au XXe siècle : Tome I, 1901-1945, traduction française d'Ali Ahlalay, Imprimerie Rabat Net Maroc, 2013

Articles connexes

Liens externes