Affaire Maëlys

Affaire Maëlys
Vue de l'église Saint-Clément de Pont-de-Beauvoisin, dans le département de l'Isère.
Vue de l'église Saint-Clément de Pont-de-Beauvoisin, dans le département de l'Isère.

Nature du crime Homicide précédé d'un enlèvement
Type de crime Enlèvement et meurtre d'une mineure de 15 ans[a]
Pays de lieu du crime Drapeau de la France France
Ville Le Pont-de-Beauvoisin (Isère)
Date du crime
Nombre de victimes 1 (Maëlys de Araujo)
Jugement
Statut Enquête en cours

L'affaire Maëlys est une affaire criminelle française qui a pour point de départ la disparition inexpliquée d'une fillette de huit ans, Maëlys de Araujo, le dimanche vers trois heures du matin, lors d'une réception de mariage dans la salle des fêtes de la commune de Pont-de-Beauvoisin, en Isère.

L'enquête s’oriente par la suite vers un enlèvement, suivi d'une séquestration et d'un possible meurtre. Un suspect, Nordahl Lelandais, âgé de 34 ans, est mis en examen pour enlèvement et séquestration d'un mineur de 15 ans[a]. Celui-ci est écroué le . Le , les chefs d'inculpation concernant ce suspect ont été requalifiés de meurtre précédé d'enlèvement. L'arrestation de Nordahl Lelandais conduit les autorités à envisager son implication dans d'autres affaires non résolues.

Le , le suspect reconnait avoir tué Maëlys de Araujo et conduit les enquêteurs dans la forêt du massif de la Chartreuse où il a déposé le corps de l'enfant.

La victime

Maëlys de Araujo, née le , a huit ans et demi, les yeux marron et de longs cheveux châtain foncé ; elle est la fille de Joachim et Jennifer de Araujo. Ceux-ci, cousins des mariés, se sont installés à Mignovillard, commune du Jura. La mère est infirmière à l'hôpital de Pontarlier[1].

Le suspect

Article détaillé : Nordahl Lelandais.

À la fin de l'année 2017, il n'y a qu'un seul suspect déclaré, il s'agit d'un homme âgé de 34 ans, Nordahl Lelandais, demeurant à Domessin (Savoie) avec ses parents[2],[3]. L'homme, engagé dans l'armée à 19 ans, devenu maître-chien au 132e bataillon cynophile de l'Armée de terre de Suippes, a été réformé en 2007[4]. En 2008, à la suite de son interpellation avec deux autres personnes[5], il est condamné à un an de prison ferme pour l’incendie du snack-bar La plage, à Paladru en Isère[6]. Selon Le Parisien, il a purgé sa peine avec un bracelet électronique.

Le , Nordahl Lelandais se voit notifier sa mise en examen pour « meurtre, précédé d'enlèvement et de séquestration » par les juges d'instruction du tribunal de Grenoble. Il rejette ces accusations.

Alain Jakubowicz, avocat pénaliste originaire de la région (son cabinet est à Lyon), assure depuis le mois de la défense du suspect, à la demande de celui-ci[7].

Les faits

Disparition

Durant la nuit du samedi au dimanche , une fête de mariage est célébrée dans la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin (Isère) et à laquelle participent entre 150 et 200 convives. Vers h du matin, les parents de la petite Maëlys de Araujo, (« qui va avoir neuf ans le  »[8]), la perdent de vue. Ils donnent l'alarme à 3 h 57[9]. Tous les invités se mettent à la rechercher, puis, faute de résultat, la gendarmerie est contactée. À ce moment, on ignore si la fillette s'est égarée dans la forêt avoisinante, si elle a été victime d'un accident, si elle a fait une fugue ou si elle a été enlevée[10].

Le site de la disparition

Le pont sur le Guiers, entre l'Isère et la Savoie, relie les deux communes presque homonymes.

Ce fait s'est déroulé sur le territoire de la commune de Pont-de-Beauvoisin qu'il ne faut pas confondre avec son homonyme, la commune du Pont-de-Beauvoisin, située dans le département de la Savoie, donc de l'autre côté de la rivière le Guiers.

La salle des fêtes communale (dénommée également « salle polyvalente ») est située près de la mairie de la commune, non loin du centre-ville. La mairie la tient à la disposition des associations locales et de ses administrés pour y organiser des festivités, des manifestations publiques et des cérémonies privées.

Chronologie de la disparition

Une Audi A3 noire, identique à celle du suspect.

Lelandais n'était initialement pas prévu parmi les convives : connaissant le marié, il avait envoyé un SMS à ce dernier pour le féliciter, et avait alors été invité à l'apéritif. Ayant demandé avant le dîner s'il pouvait repasser dans la soirée, il avait été convié à venir partager le dessert[11].

Selon les déclarations du procureur de la République de Grenoble, Nordahl Lelandais aurait effectué, à bord de sa voiture, dans la nuit du samedi 26 au dimanche , trois trajets aller-retour entre la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin et son domicile, puis enfin un unique trajet pour retourner chez lui. Les deux premiers trajets auraient eu lieu entre 21 h 49 et 22 h 8, puis entre 22 h 33 et 23 h 9, donc au moins trois heures avant l'heure supposée de la disparition de la fillette.

La disparition de la petite Maëlys se situe, selon l'estimation des enquêteurs, à h 45 du matin. Le suspect conteste cette évaluation et indique que l'enfant aurait pu disparaître à une heure plus tardive. Cet argument est repris par son avocat lors de son interview sur BFM TV du [12].

Une chronologie de la nuit du 26 au a été établie par le procureur de la République, selon ses propres déclarations effectuées lors de sa conférence de presse du [13] ; elle est exposée ci-dessous :

  • h 46 : le suspect met son téléphone en « mode avion »[b] ;
  • h 47 : deux caméras de vidéosurveillance situées dans le centre-ville de Pont-de-Beauvoisin indiquent qu'une voiture, qui pourrait être l'Audi A3 du suspect (selon certains éléments précisés par le procureur, mais contestés par la défense[12]), circule avec à son bord sur le siège passager une « silhouette frêle de petite taille, vêtue d'une robe blanche » ;
  • h 24 : le même véhicule est filmé en sens inverse, mais cette fois-ci sans aucune présence sur le siège passager ;
  • h 25 : le suspect désactive le « mode avion »[c] ; dès lors, le « bornage » de son téléphone indique la zone de la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin ;
  • h 57 : une Audi A3 est, pour la dernière fois, filmée avec un conducteur seul par les caméras de vidéosurveillance de Pont-de-Beauvoisin. Le téléphone du suspect aurait été, à ce moment, replacé en « mode avion »[b]. Il n'a été remis en fonctionnement complet que trois heures plus tard à h 6, au domicile du suspect. Celui-ci déclarera, lors de son audition au tribunal, qu'il ne s'agissait pas de son véhicule[12].

Ce même dimanche, l'après-midi, le suspect est entendu, comme d'autres témoins, lors d'une première et brève audition dans le cadre classique de l'enquête. De 17 h 23 à 19 h 45, soit pendant plus de deux heures, la vidéosurveillance d'une station-service le filme en train de nettoyer de fond en comble sa voiture. Il emporte les lingettes qui lui ont servi à nettoyer le véhicule. Le lundi, il demande la résiliation de la ligne téléphonique de son portable. Le suspect aurait déclaré aux enquêteurs qu'il avait lavé son véhicule dans le but de le mettre en vente[14].

Enquête judiciaire

Plan en couleurs des deux communes de Pont-de-Beauvoisin (Isère et Savoie).
La commune de Domessin, citée dans l'enquête est riveraine du Pont-de-Beauvoisin (Savoie).

Recherche du corps

De nombreux sites ont été fouillés par les équipes de la gendarmerie, aidées par d'autres services, notamment par les équipes cynophiles, afin de retrouver le corps. Les principaux lieux visités sont : les étangs du camping du Pont de Beauvoisin, le secteur de Domessin[15], le lac d'Aiguebelette, la base de loisirs de Romagnieu[16], les gorges de Chailles[17] et les berges de la rivière, le Guiers.

Août 2017

Un appel à témoin pour « disparition inquiétante » est diffusé par la gendarmerie le avec le signalement (1,30 m, cheveux châtains, robe blanche) et des photos de l'enfant. Aux alentours du lieu de disparition, un dispositif massif de recherche est mis en place avec notamment une centaine de gendarmes qui font une battue dans les bois avoisinants, des plongeurs qui sondent les rivières et plans d'eau, des spéléologues qui explorent les cavités, un hélicoptère et des drones[10]. Parallèlement, les enquêteurs interrogent tous les convives, ainsi que les participants à une fête dans un bar dans le village ; une quarantaine de perquisitions sont effectuées sans succès.

Dans ces conditions, la procureure de la République de Bourgoin-Jallieu ouvre le une enquête préliminaire pour « enlèvement »[18] mais le dispositif Alerte-Enlèvement n'a pas été enclenché.

Le , trois chiens pisteurs sont sollicités pour suivre l'odeur de l'enfant à partir de l'un de ses effets personnels. Les chiens pistent alors sa trace mais tous trois s'arrêtent à peu près au même endroit sur le parking de la salle des fêtes. La thèse de l'enlèvement dans un véhicule stationné à la salle des fêtes devient privilégiée[18].

Le , un suspect est placé en garde à vue, ses premières déclarations semblant troubles.

Celui-ci aurait fourni des produits stupéfiants à plusieurs personnes lors de la fête de mariage, mais, selon ses dires, sans rémunération[19].

Les enquêteurs sont notamment intrigués par le fait que cet homme :

  • a effectué un aller-retour entre la salle des fêtes et son domicile de Domessin au cours de la soirée (selon ses propres déclarations, pour nettoyer son short qu'il aurait taché avec du vin) ;
  • a minutieusement nettoyé son véhicule, notamment son coffre, à l'aide d'un produit servant habituellement à nettoyer les jantes (particulièrement efficace pour faire disparaître les traces et tromper l'odorat des chiens)[20] ;
  • a éteint son téléphone portable et caché l'existence d'un autre ;
  • présenterait des traces de griffures au bras et au genou.

Il donne des explications à ces divers éléments[9] : par exemple il explique les griffures par du jardinage au milieu de framboisiers quelques jours avant le mariage, mais cette version n'est guère corroborée par sa mère, chez laquelle il vit, qui a expliqué aux enquêteurs qu'il ne jardinait pas[21].

Les enquêteurs ayant omis de filmer cette garde à vue comme cela est requis en matière criminelle, cette audition a été annulée.

Septembre 2017

Caméras de surveillance en France.
(Mairie du Pont de Beauvoisin - Savoie).

Le , un autre homme de 34 ans, ami du suspect, est placé en garde à vue, afin de confronter ses déclarations à celles du suspect. Le au soir, les deux gardés à vue sont relâchés, faute d'éléments suffisants à ce stade. Le , une battue citoyenne pour retrouver l'enfant, à laquelle participent des centaines de volontaires, ne donne rien.

Le , une information judiciaire pour enlèvement est ouverte et est confiée à deux juges d'instruction. Une expertise judiciaire, utilisant une technique récente, permet d'identifier une trace d'ADN de la fillette sur le tableau de bord de la voiture du suspect[22],[23]. Celui-ci est alors immédiatement entendu par les juges d'instruction ; il leur explique que la fillette serait montée brièvement dans sa voiture en compagnie d'un garçonnet blond, pour vérifier si ses chiens étaient dans le véhicule. Cela ne convainc pas les juges, qui le mettent en examen pour enlèvement d'enfant et demandent son placement en détention provisoire.

Le , une perquisition est menée au domicile du suspect, afin notamment de recouper certains éléments et de procéder à de nouveaux prélèvements. Le , les enquêteurs doutent de l'existence du garçon blond qui serait monté brièvement dans la voiture du suspect avec Maëlys[24],[25].

D'autres indices ont été relevés :

  • le comportement du suspect avec les enfants, lors du mariage. « Le suspect a été vu par de nombreux témoins, dans la salle où les enfants dormaient sous l'œil de la baby-sitter. Dans cette pièce isolée, il parlait avec Maëlys et lui montrait sur son téléphone portable des photos de ses chiens, l'une des passions de la petite fille », ont indiqué plusieurs témoins à Paris Match ;
  • Maëlys, ayant sympathisé avec Lelandais, l'a présenté comme son « copain » ou son « tonton » ;
  • le suspect ne s'est pas préoccupé de sa disparition ; il s'est éclipsé avant l'arrivée des gendarmes, prétendant être malade à cause de l'alcool, se faisant accompagner aux toilettes et faisant semblant de vomir, d'après le témoignage d'un invité[26],[27].

Après examen par les enquêteurs de sa deuxième ligne téléphonique, Nordahl Lelandais a expliqué s'être absenté à trois reprises de la salle des fêtes, afin de procurer à des invités de la cocaïne. Il avait d'abord nié s'être absenté de la salle des fêtes, avant de se raviser pour dire qu'il l'avait quittée une seule fois pour se changer[28].

Une caméra de vidéosurveillance a filmé une Audi A3, qui pourrait correspondre à celle du suspect avec une forme qui pourrait évoquer celle d'une petite personne vêtue d'une robe blanche, au Pont-de-Beauvoisin, la nuit de la disparition, selon M6 et Le Dauphiné libéré du . Provenant d'une caméra, il s'agirait à priori d'un cliché de mauvaise qualité, qui indiquerait qu'il y aurait bien sur le siège passager une « forme blanche »[29],[30]. Cette photo n'a jamais été diffusée dans les médias et seule une reconstitution d'image a été présentée par certaines chaînes de télévision[31].

Le , BFM TV révèle qu'une vidéo de télésurveillance d'une station de lavage a filmé le suspect le lendemain de la disparition de Maëlys pendant 2 heures et 17 minutes, alors qu'il nettoyait son véhicule, insistant particulièrement sur le coffre et la portière côté passager du véhicule. Il a utilisé pour ce faire des lingettes lustrantes qu'il a ensuite rangées dans un sac que les enquêteurs n'ont pas retrouvé. Le suspect a affirmé que ce lavage était un préalable à la vente de la voiture[32].

Selon Franceinfo, le suspect s'est aperçu qu'il était filmé par des gendarmes en civil et a tenté de les semer avant d'être placé en garde à vue, ce comportement d'évitement pouvant être lié à ses activités de vente de stupéfiants[33].

Novembre 2017

Le , le suspect est entendu, pour la première fois depuis sa mise en examen, par trois juges d'instruction du tribunal de grande instance de Grenoble[34].

Le même jour, dans le courant de l'après-midi, des gendarmes aidés par des équipes cynophiles reprennent le ratissage des bois dans le secteur de Pont-de-Beauvoisin (mais du côté Savoie). Selon le journal régional, ces vérifications au niveau local étaient déjà programmées et n'ont aucun lien avec l'interrogatoire effectué le même jour[35]

À l'issue de cette audition, le suspect est mis en examen pour meurtre et enlèvement et le procureur de la République Jean-Yves Coquillat organise une conférence de presse au palais de justice en fin d'après-midi, durant laquelle il reconnaît qu'il sera difficile pour les enquêteurs de retrouver le corps de la petite fille.

Du côté de certains amis et membres de la famille du suspect, on continue à croire en son innocence[36].

Janvier 2018

Le , on apprend que la mère de la fillette a reconnu les détails de sa robe sur la photo issue de la vidéo prise la nuit de la disparition par une caméra de vidéosurveillance située dans le centre du village[37].

Le jour même, le suspect formule une demande de remise en liberté[38]. Celle-ci est rejetée le [39].

Le , on apprend que le cousin de Maëlys, qui dans un premier témoignage déclarait avoir vu pour la dernière fois la fillette vers 3 h 15 du matin, revient sur ses déclarations et affirme qu'il était plutôt 2 h 45[40]. Par ailleurs, un autre témoin affirme avoir vu le suspect demander à la fillette de le rejoindre en passant par une entrée spécifique[40].

Février 2018

Le , le suspect fait appel du rejet de sa demande de remise en liberté[41].

Plus de cinq mois après les faits, les experts scientifiques de l'IRCGN, après avoir désossé la voiture de Nordahl Lelandais pièce par pièce, trouvent une micro-trace de sang appartenant à Maëlys sous le tapis de coffre, endroit très difficilement nettoyable[42],[43]. Le , le suspect décide de coopérer quand son avocat l'informe de cette nouvelle preuve et souhaite indiquer aux enquêteurs vouloir que le corps de la fillette soit retrouvé en affirmant l'avoir tuée « involontairement »[42],[44],[45]. Après avoir été entendu à sa demande, Nordahl Lelandais a été escorté dans différents lieux dans le massif de la Chartreuse. Le procureur de la République de Grenoble annonce que les restes de l'enfant ont été trouvés en fin d’après-midi[45].

En raison des conditions météorologiques, les gendarmes ont mis plus d'une journée à retrouver le corps. Ils ont été aidés par des chiens qui ont trouvé un « crâne et des ossements » sur un « talus »[42],[45]. Le procureur Jean-Yves Coquillat indique que le suspect a laissé à proximité de sa maison le corps avant de retourner au mariage et est revenu plus tard récupérer le corps pour le déposer dans un endroit reculé de la forêt[42],[45].

Néanmoins, le procureur ajoute que Nordahl Lelandais refuse d'expliquer comment Maëlys est morte[46].

Nordahl Lelandais est ensuite hospitalisé après des symptômes dépressifs et anxieux[47],[48].

Procédure judiciaire

Le , Alain Jakubowicz, l'avocat du suspect, dépose un recours en nullité contre ses premières auditions[49].

Le , le parquet requiert l'annulation des procès-verbaux de l'audition[50].

Le , la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Grenoble prend la décision d’annuler certains propos tenus par le suspect lors de son interrogatoire au moment de sa mise en examen[51].

Invité sur le plateau de BFM TV, le , Alain Jakubowicz dénonce les propos de Jean-Yves Coquillat. L'avocat conteste entre autres la chronologie des événements ainsi que le fait que la vidéo des caméras de surveillance qui ont filmé la voiture indique que la passagère est une enfant. L'avocat conteste également l'heure de la disparition, qui, selon lui, est postérieure à 2 h 45 et précise qu'à 3 h 15 Maëlys était encore présente au mariage[52].

Le lendemain, invité dans l'émission L'Heure des pros, présentée par Pascal Praud sur CNews, Alain Jakubowicz dit que « si on continue comme ça, la justice sera rendue sur les réseaux sociaux » et que « la justice répond au diktat de la presse et de l'opinion publique ».

Suspicion de violation du secret de l'instruction

Une enquête judiciaire été ouverte à la fin du mois d'octobre, en marge de l'affaire Maëlys, pour violation du secret de l'instruction[53].

Ces fuites avaient entraîné une déclaration du procureur en charge de l'enquête, lequel avait tenu ces propos : « […] voir tous les jours dans la presse tous les détails de l'enquête, y compris ceux que le parquet ne connaît pas, des choses qui n'ont pas à être connues[…] »[54].

Liens supposés du suspect avec d'autres affaires

Article détaillé : Nordahl Lelandais#Affaire Arthur Noyer.

À partir de , le suspect est soupçonné du meurtre du caporal Arthur Noyer, dont la disparition a été constatée le . Le , il a été mis en examen à nouveau, pour « assassinat ».

Au cours du même mois, la justice cherche à voir si le suspect est aussi lié à d'autres disparitions dans la région.

Hommage

Le , un lâcher de ballons est organisé à l'occasion du neuvième anniversaire de la naissance de la fillette[55].

Couverture médiatique

Les journalistes des médias télévisés devant le palais de justice de Grenoble le .

L'alerte du dispositif Alerte-Enlèvement n'a pas été déclenchée car, lors de la constatation de la disparition, les forces de l'ordre n'avaient pas d’indices permettant de penser qu’il s'agissait d'un enlèvement[56],[57]. Bien que cette disparition n'ait pas eu droit à la couverture maximale prévue par ce dispositif, l'ensemble de la presse nationale a couvert la disparition ou l'interpellation d'un suspect.

L'affaire fait l'objet d'une couverture médiatique très importante quelque peu comparable à certaines autres affaires judiciaires similaires telle que l'affaire Grégory dans les années 1980[58].

En Europe, la disparition de la fillette était encore à la une de la presse portugaise le , devançant l'ouragan Irma, la Correio da Manhã s'intéressant notamment aux recherches effectuées sur place par un parent portugais[59] ; la BBC au Royaume-Uni et le Corriere della Sera en Italie, la Tribune de Genève en Suisse ont relayé la disparition et l'enquête[60],[61],[62].

Le , la presse britannique s'intéresse de nouveau à cette affaire, au vu de l'éventualité de l'implication du principal suspect, Nordahl Lelandais, dans la tuerie de Chevaline, au cours de laquelle quatre personnes, dont trois citoyens britanniques, avaient trouvé la mort en France en 2012[63].

Magazines télévisés

  • « Affaire Maëlys : la disparition qui bouleverse la France » dans Chroniques criminelles sur NT1, première diffusion le 11 novembre 2017[64].
  • « Affaire Maëlys : et si le suspect était un tueur en série ? » dans Enquêtes criminelles sur W9, première diffusion le 31 janvier 2018.
  • « Maëlys : le jour 1 de l'affaire détaillé minutieusement » le sur YouTube[65].

Notes et références

Notes

  1. a et b « Enlèvement d’un mineur de 15 ans » est un terme de droit pénal contenu dans l'article 227-25 du Code pénal qui signifie dans le langage courant « enlèvement d'un mineur de 15 ans ou moins » ; ce terme convient donc au cas de l’affaire Maëlys car la fillette avait huit ans et demi le jour où elle a été enlevée.
  2. a et b L’utilisateur force la déconnexion de son téléphone du réseau de téléphonie mobile.
  3. L’utilisateur reconnecte son téléphone au réseau de téléphonie mobile.

Références

  1. Timothée Boutry, « La disparition de Maëlys reste une énigme », sur le site du quotidien Le Parisien, (consulté le 2 février 2018).
  2. « Qui est le principal suspect dans la disparition de Maëlys », sur le site internet d'information en continu France-Soir, (consulté le 2 février 2018).
  3. Ghislaine Gerbelot, « Affaire Maëlys : le suspect, un ancien militaire passionné par les chiens et la boxe », sur le site du quotidien Le Dauphiné, (consulté le 2 février 2018).
  4. texte 6Médias avec vidéo BFMTV, « Disparition de Maëlys : nouvelles révélations accablantes sur le principal suspect », (consulté le 2 février 2018).
  5. « Trois suspects interpellé dans l'enquête sur l'incendie du snack-bar de la plage de Paladru », sur le site mgrenoble.fr de la Sarl La News de Christophe Mahé (consulté le 2 février 2018).
  6. Yannick Vely, « Disparition de Maëlys : le suspect avait été pris en filature », sur le site du magazine Paris Match, (consulté le 2 février 2018).
  7. « Nordhal Lelandais confie sa défense à Alain Jakubowicz », sur le site lyonmag.com de la Sarl La News de Christophe Mahé, (consulté le 2 février 2018).
  8. « Déclaration de la mère à la presse », sur le site de la chaîne La Chaîne Info, (consulté le 2 février 2018).
  9. a et b « Disparition de Maëlys : le suspect aurait menti en évoquant un deuxième enfant », sur le site de la chaîne La Chaîne Info, (consulté le 2 février 2018).
  10. a et b « Disparition de Maëlys : retour sur une semaine d'enquête », sur le site du quotidien Sud Ouest, (consulté le 2 février 2018).
  11. Une fête "bon enfant" qui tourne au cauchemar : la dernière nuit de Maëlys, Europe 1, 15 février 2018
  12. a, b et c « Vidéo de l'interview de Me Alain Jakubowicz sur BFMTV » [vidéo], sur le site de la chaîne de télévision BFM TV, (consulté le 2 février 2018).
  13. « Affaire Maëlys, le suspect mis en examen », sur le site du magazine L'Obs, (consulté le 2 février 2018).
  14. Jean-Marc Ducos, « La troublante scène de lavage de la voiture », sur le site du quotidien Le Parisien, (consulté le 2 février 2018).
  15. Martin Planques, « La gendarmerie fouille trois nouveaux étangs », sur rtl.fr, (consulté le 2 février 2018).
  16. Vincent Wales, « Les sonars ont fini de sonder le lac d'Aiguebelette », sur le site du quotidien Le Dauphiné, (consulté le 2 février 2018).
  17. Yann Gonon, avec Xavier Demarquay, « Pourquoi les recherches se concentrent-elles dans les gorges de Chailles ? », sur le site de la chaîne de télévision France 3, (consulté le 2 février 2018).
  18. a et b « Disparition de Maëlys: les étapes de l'enquête », sur le site du quotidien Le Télégramme, (consulté le 2 février 2018).
  19. François Carrel, « Maëlys : un suspect et une trace ADN », sur le site du quotidien Libération, (consulté le 2 février 2018).
  20. Liv Audigane, « Disparition de Maëlys: le suspect a nettoyé son coffre avec un puissant produit », sur le site de la chaîne de télévision BFM TV, (consulté le 2 février 2018).
  21. Élise Vincent, « Zones d'ombre autour de la disparition de Maëlys », sur le site du quotidien Le Monde, (consulté le 2 février 2018).
  22. Vincent Wales, « Affaire Maëlys : un homme mis en examen et placé en détention provisoire », sur le site du quotidien Le Dauphiné, (consulté le 2 février 2018).
  23. L.A., avec Dominique Rizet, « Disparition de Maëlys: une nouvelle technique d'identification utilisée par les enquêteurs », sur le site de la chaîne BFM TV, (consulté le 2 février 2018).
  24. Vincent Wales, « Affaire Maëlys : le second enfant évoqué par le suspect n'existe pas », sur le site du quotidien Le Dauphiné, (consulté le 2 février 2018).
  25. Caroline Piquet, « Disparition de Maëlys : les incohérences dans la défense du suspect s'accumulent », sur le site du quotidien Le Figaro, (consulté le 2 février 2018).
  26. AFP, « Disparition de Maëlys : ses parents sortent de leur silence », sur le site du quotidien Libération, (consulté le 2 février 2018).
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  29. Yann Gonon, « Maëlys : plusieurs médias évoquent une "forme blanche" sur une photo prise la nuit de la disparition », sur le site de la chaîne France 3, (consulté le 2 février 2018).
  30. Vincent Wales, « Disparition de Maëlys : le suspect identifié sur la photo », sur le site du quotidien Le Dauphiné, (consulté le 2 février 2018).
  31. « Affaire Maëlys: Des photos compromettent le principal suspect, ré-entendu par la justice », sur le site d'actualité Le HuffPost, (consulté le 2 février 2018).
  32. « Affaire Maëlys: comment le suspect se défend face aux enquêteurs », sur bfmtv.com, .
  33. Catherine Fournier et Mathilde Lemaire, « Maëlys : le suspect avait été pris en filature par les gendarmes avant sa garde à vue », le site de France TV Info, (consulté le 2 février 2018).
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  35. Vincent Wales, « Affaire Maelys, le suspect interrogé, aujourd'hui », sur le site du quotidien Le Dauphiné, (consulté le 2 février 2018).
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  42. a, b, c et d « Affaire Maëlys : Nordahl Lelandais a reconnu avoir "tué involontairement" la fillette », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
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Articles connexes