Aethina tumida

Le petit coléoptère des ruches (Aethina tumida) est une espèce de coléoptère parasite des colonies d'abeilles. Il est d'origine sud-africaine et appartient à la famille des Nitidulidae, du groupe des Méligèthes ; Il est expérimentalement démontré qu'il peut aussi infester des colonies de bourdons[1].

L'abeille africaine présente des comportements de défense contre ce prédateur (elles les tuent en les couvrant de propolis et collectent et évacuent minutieusement les œufs et les larves de la ruche). L'abeille européenne ne montre, elle, aucune réaction de défense contre ce prédateur[1]. Aethina tumida est considéré comme une nouvelle menace pour les ruches et l’apiculture à l'échelle mondiale.

Après avoir colonisé l’Afrique du Nord, l’Amérique du Nord (découvert en 1996 en Caroline du Sud)[1] et l’Australie[1], il a été détecté en Europe en 2014.

Les importations de ruches à partir de zones infestées, mais aussi de cire ou de matériel d'apiculture "contaminé" sont une source de risque de dispersion puis d'invasion biologique.

Description

Aethina tumida : face dorsale et face ventrale.
Infestation d'une ruche par les larves d' Aethina tumida

L'adulte est brun foncé à noir, mesure environ 5,7 mm de long sur 3,2 mm de large. Il peut vivre jusqu'à six mois.

Comportement

L'adulte se déplace rapidement et peut voler jusqu'à 5 km. L'adulte apprécie l'obscurité, la chaleur, l'humidité et ne craint pas les milieux confinés ; il est adapté aux ruches.

Il est possible qu'il suive les essaims d'abeilles. Ce coléoptère peut vivre, le cas échéant en se nourrissant de fruit, lorsqu'aucune ruche est présente.

Cycle de reproduction

Aethina tumida pond ses œufs en été dans les fissures d'une ruche ou sur des cadres de pollen ou sur des détritus de fond de ruche.

Les larves se nourrissent de pollen, de larves et d’œufs d’abeilles ainsi que de miel, durant 10 à 16 jours : ce faisant elles percent les cellules de couvain et/ou de miel et laissent le miel s'écouler au fond de la ruche où il fermente[1]. Les larves migrent ensuite à l'extérieur de la ruche pour s'enfoncer dans le sol à environ 5 cm et y effectuer leur nymphose (qui s'effectue en 21 à 28 jours[1]). Ceci de préférence de nuit dans un sol meuble, très humide, à une température supérieure à 25 °C.

L'apparition de l'adulte intervient 2 à 3 semaines plus tard. On peut compter jusqu'à 5 cycles annuels et l'hivernation peut aussi se faire directement dans la ruche, mais la nymphose s'effectue toujours à l'extérieur[1].

Les moyens de lutte

Ils sont limités et l'utilisation de pesticide nuit aussi aux abeilles et à la qualité du miel (dégradé par les résidus de pesticides).

Une veille s'est mise en place dont en France, intégrée dans la thématique 'Abeilles' de la Plateforme ESA.

Suite à des infestations observées dans le sud de l’Italie des formations sont organisées en 2016 par le Laboratoire National de Référence sur les Maladies des Abeilles (Anses) basé à Sophia Antipolis en lien avec la DGAl.

Origines et aire de répartition

Aethina tumida est originaire du sud de l'Afrique.

Il a pénétré le sol américain en 1996 par le port de Charleston, transporté par un cargo chargé de fruits infestés.
Sa présence est avérée en Australie et au Canada depuis 2002. Il est aussi présent en Afrique du Nord et aurait gagné le Portugal.

En Europe : Il a été détecté en septembre 2014 (61 foyers avaient été identifiés et détruits) dans le sud de l'Italie[2], en Sicile et en Calabre en septembre 2015[3]. Toutefois, de nouveaux foyers d'infestation ont été signalés nécessitant la prorogation des mesures de protection relatives à la présence d’aethina tumida en Italie[4].

Notes et références

  1. a, b, c, d, e, f et g Aethina tumida : la menace se précise, par Ruth Hauser, Inra, juin 2003
  2. Marie-Pierre Chauzat, « Point sur la situation épidémiologique du petit coléoptère des ruches (Aethina tumida) en Italie », Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentation, no 65,‎ , p. 5 (lire en ligne)
  3. Vera KANT, « Première détection d'Aethina tumida en Calabre en 2015 », sur plateforme-esa.fr (consulté le 6 octobre 2015)
  4. La santé de l'abeille, FNOSAD, bulletin 272, Mars-Avril 2016, p. 162

Sources

Liens externes