Adrénochrome

Adrénochrome
Image illustrative de l’article Adrénochrome
Identification
Nom UICPA 3-hydroxy-1-méthyl-2,3-dihydro-1H-indole-5,6-dione
No CAS 54-06-8
No ECHA 100.000.176
No CE 200-192-8
PubChem 5898
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule brute C9H9NO3  [Isomères]
Masse molaire[1] 179,1727 ± 0,0089 g/mol
C 60,33 %, H 5,06 %, N 7,82 %, O 26,79 %,
Propriétés physiques
fusion 125 °C[2]
Écotoxicologie
DL50 128 mg·kg-1 (souris, i.v.)[3]
100 mg·kg-1 (souris, i.p.)[4]
LogP -1,730[2]

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

L’adrénochrome est un composé organique de formule C9H9NO3. C’est un pigment bleu issu de l’oxydation de l’adrénaline. Certaines gouttes pour les yeux contenant de l’adrénaline peuvent provoquer à long terme l’apparition de dépôts sombres d’adrénochrome dans la cornée.

Chimie

L’adrénochrome est synthétisée in vivo par l’oxydation de l’adrénaline. In vitro, on peut utiliser l’oxyde argenteux (Ag2O) pour oxyder l’adrénaline[5]. Sa présence en solution est révélée par une coloration rose, qui devient brune par polymérisation.

Psychoactivité

Abram Hoffer  et Humphry Osmond ont affirmé que l’adrénochrome était une substance hallucinogène et que sa consommation pouvait entraîner une schizophrénie ou autres troubles mentaux[6]. Dans ce qu’ils ont nommé « l’hypothèse adrénochrome », ils ont conjecturé que des doses massives de vitamines C et B3 pouvaient soigner la schizophrénie, en réduisant le taux d’adrénochrome dans le cerveau. Cette hypothèse a créé la controverse à propos de la classification de l’adrénochrome comme substance psychotrope.

Cette information a été toutefois démentie : « si certains rapportent quelques potentiels effets adrénergiques (augmentation de la fréquence cardiaque, migraines, etc.), l’adrénochrome n’aurait pas d’effet hallucinogène[6] ». Il s’agirait donc d’un mythe, issu d’un roman devenu film, Las Vegas Parano[7].

Las Vegas Parano

Le journaliste Hunter S. Thompson mentionne l’adrénochrome dans son livre Las Vegas Parano. Il y écrit que l’adrénochrome est un extrait de glande surrénale, prélevé sur un sujet encore vivant, lui octroyant un caractère exotique et rare. Son effet est dépeint comme intense (« une combinaison de mescaline et de méthédrine »). En outre, Thompson rapporte une augmentation significative de la température corporelle, aboutissant à une paralysie.

L’adrénochrome apparaît également dans l’adaptation cinématographique du roman. Dans la version commentée du film, le réalisateur Terry Gilliam reconnaît que l’image que Thompson et lui-même donnent de cette substance est largement exagérée pour les besoins de l’histoire. De plus, Gilliam insiste sur le fait que cette drogue est entièrement imaginaire, semblant ainsi ignorer l’existence d’une substance portant ce nom.

Thompson fait aussi référence à l’adrénochrome dans son livre Fear and Loathing: on the Campaign Trail '72 .

Extraction depuis le corps humain

Selon certaines théories du complot[7], des individus haut placés procéderaient par la torture à l’extraction d’adrénochrome sur des enfants, pour leur usage personnel mais aussi pour la revente de cette substance, au regard de ses prétendues vertus psychotropes et rajeunissantes. Cette théorie complotiste a été reprise par QAnon[8].

Notes et références

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. a et b (en) « Adrenochrome », sur ChemIDplus, consulté le 13/11/2010
  3. Archives Internationales de Pharmacodynamie et de Therapie. Vol. 106, Pg. 90, 1956. PMID
  4. National Technical Information Service. Vol. AD277-689
  5. MacCarthy, Chim, Ind. Paris 55,435(1946)
  6. a et b Elise Roumeau, « Adrénochrome en temps de Covid-19 : quand la fiction conduit à l'affabulation », The Conversation,‎ (lire en ligne, consulté le 18 octobre 2020)
  7. a et b « L’adrénochrome : drogue la plus puissante du monde, récoltée sur des humains ? C’est faux », sur Factuel - AFP, (consulté le 19 octobre 2020)
  8. (en) Brian Friedberg, « The Dark Virality of a Hollywood Blood-Harvesting Conspiracy », Wired,‎ (lire en ligne)