Adolphe de Monet

Adolphe de Monet

Adolphe de Monet
Naissance
Dunkerque
Décès (à 70 ans)
Toulouse
Origine Drapeau de la France France
Grade Général de division
Années de service 1822-1870
Commandement 5e régiment d’infanterie
École spéciale militaire de Saint-Cyr
22e division d’infanterie
Conflits Conquête de l'Algérie
guerre de Crimée
Faits d'armes bataille d'Inkerman
siège de Sébastopol
Distinctions Grand officier de la Légion d'honneur
Attaque de la redoute de Selinghinsk par la brigade Monet (tableau de Edme-Adolphe Fontaine)

Le comte Adolphe de Monet (né à Dunkerque le [1] et mort à Toulouse le [2] ) est un général français.

Biographie

Adolphe de Monet est le fils d'un colonel du 1er chasseurs à cheval en 1792, inspecteur des revues en chef sous l’Empire. Son grand-père était général major des armées du roi Auguste III de Pologne, Électeur de Saxe, et le parrain de son père (en 1757) était Charles de Rohan, prince de Soubise [3]. Il épousa en 1855 Judith Philippine de Bazelaire de Saulcy (1820 -1897) [4].

Il entre comme élève à Saint-Cyr en 1822 [5] , devient sous-lieutenant au 4e léger en 1824, puis au 2e régiment d'infanterie de la garde royale, enfin lieutenant en 1830. Après avoir participé aux journées de juillet 1830, il passe au 29e régiment d’infanterie. Il intervient contre l’insurrection royaliste dans l’Ouest de la France en 1832 et reçoit une lettre de félicitations pour avoir accompli la soumission de deux bandes avec sa compagnie.

Capitaine en 1833, adjudant major en 1836, major au 20e léger en 1841, il demande en 1842 à partir en Afrique par permutation. Chef de bataillon au 33e régiment d’infanterie en 1842, il est cité dès la fin de la même année pour sa participation au combat du 7 décembre à Guerzal contre les Kabyles. Il participe à la prise de la smala d'Abd el-Kader (1843) puis à la campagne de Laghouat (1844), ce qui lui vaut d'être cité en 1846 dans le rapport du colonel Camou pour son énergie lors du combat du 7 mars, puis d'être fait chevalier de la Légion d'honneur en 1843, et officier de la Légion d’Honneur en 1845.

Lieutenant colonel au 43e régiment d’infanterie en 1847, il prend part à la prise du Bey de Constantine (1848). Il est promu colonel du 5e régiment d’infanterie le 11 décembre 1848, puis revient en France en décembre 1850, où il est fait général de brigade en 1853 et occupe les fonctions de commandant la subdivision de Bourg-en-Bresse. Il participe à la guerre de Crimée (avril 1854-mai 1855) [6] à l'occasion de laquelle il commande la première brigade de la 3e division, avant de s'illustrer à la bataille d'Inkerman [7] et pendant le siège de Sébastopol où, lors de l’attaque réalisée dans la nuit du 23 au 24 février 1855 par le 2e régiment de zouaves contre la position russe de Selinghinsk et qui se solde par un échec, il mène l'assaut et est blessé de 4 coups de feu aux deux mains et d’un au bras droit. Il continue néanmoins de diriger l’attaque et doit être amputé de deux doigts à l’issue des combats[8].

À la suite de cette action, il est nommé divisionnaire par lettre de l’Empereur, et revient en France où il prend le commandement de Saint-Cyr (1855 -1860) [9] et est nommé membre du comité consultatif d’état-major. Il commande ensuite la 22e division d’infanterieGrenoble) de 1861 à 1869.

Mis en réserve en 1869, il est rappelé au commandement de la 22e DI à Grenoble (commandement territorial) lors de la déclaration de guerre de 1870, malgré une attaque nerveuse ayant entraîné une paralysie partielle. Arrêté lors d’une émeute populaire, il est conduit en prison à la chute du Second Empire. Définitivement replacé dans le cadre de réserve à cette date, il meurt à Toulouse en 1874.

Décorations

  • Légion d'honneur : Chevalier en 1843, officier en 1845, commandeur en 1854, et enfin Grand officier en 1869.
  • Ordres étrangers : Médaille de Crimée, Chevalier de 2e classe de l'ordre du Medjidié, Mérite militaire de Sardaigne, Commandeur du Lion Néerlandais (1860), Grand Commandeur de l’Ordre d’Isabelle la Catholique (Espagne) et de l’Ordre de Saint Maurice et Lazare (Italie, 1867).

Notes et références

  1. Histoire de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, C. Delagrave, 1886, p. 132 et Bulletin: Études, documents, chronique littéraire, par la Société de l'histoire du protestantisme français (France), 1959, p.155.
  2. Revue Savoisienne, Annecy, 1905, p.206.
  3. Données généalogiques sur la famille Monet en Savoie, in: G. de Rivoire de La Batie - Armorial de Dauphiné - Imprimerie Louis Perrin - Lyon, 1867 - page 423 [1]
  4. Louis de la Roque (sous la dir. de) - Bulletin héraldique de France - Volumes IX et X - Paris, 1890 - page 19
  5. Général Jean Boÿ - Historique de la 5e promotion de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (1822 -1824) [2]
  6. Léon Guérin - Histoire de la dernière guerre avec la Russie - Tome 1er - Dufour, Mulat et Boulanger éditeurs - Paris, 1859 [3]
  7. Jules Ladimir - Histoire complète de la guerre d'Orient - Librairie populaire des villes et des campagnes - Paris, 1856 [4]
  8. César Lecat de Bazancourt, L'expédition de Crimée jusqu'à la prise de Sébastopol : chroniques de la guerre d'Orient, Paris, 1857, Amyot, tome 2, pages 187-193. [5]
  9. Voir la liste des commandants de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr sur le site La Saint-Cyrienne [6]