Adolphe de Circourt

Adolphe de Circourt
Adolphe de Circourt
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Titre de noblesse
Comte
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Adolphe Marie Pierre de Circourt
Nationalité
Formation
Lycée Victor-Hugo ()
Activités
Fratrie
Conjoint
Autres informations
A travaillé pour
Parti politique
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Adolphe de Circourt, né le à Bouxières-aux-Chênes et mort le à La Celle-Saint-Cloud, est un diplomate et historien français.

Biographie

De famille franc-comtoise du côté de sa mère, lorraine du côté de son père, Jean-Baptiste-Marie de Circourt, sous-lieutenant au régiment de Piémont, officier dans l’armée de Condé, qui avait épousé, en l’an IX, Mlle Mareschal de Sauvagney, avant même d’avoir obtenu son certificat d’amnistie d’émigration, et dont es ressources familiales, diminuées par l’éducation de cinq fils, avaient obligé à quitter, à partir de 1810, la gentilhommière de Bouxières, pour aller vivre à Besançon, ceux-ci moururent bientôt, le comte, le , la comtesse, le , laissant trois orphelins[1] à leur oncle, Mareschal de Sauvagney, ancien conseiller au Parlement, pour tuteur[2].

L’ainé de ses frères, le comte de Circourt, fut doué, dès l’enfance, d’une facilité à apprendre tenant du prodige[3]. À huit ans, il savait le latin et, à partir de cet âge il n’avait plus rien oublié de ce qu’il lisait ou en tendait[3]. Envoyé au lycée de Besançon, sa précocité devint un problème pour ses maitres, qui ne pouvaient ni lui refuser les prix qu’il remportait, ni le laisser arriver aux classes supérieures à un âge non prévu par les règlements[3].

Monté à Paris avec le désir d’entrer dans l’administration, les connaissances qu’il possédait déjà, la promptitude avec laquelle il maitrisait celles qui lui manquaient, sa capacité de travail, ne pouvaient manquer de le faire remarquer, Jacques-Joseph Corbière l’engagea comme secrétaire particulier[3]. En entrant aux affaires, le appelé le , le comte de La Bourdonnaye le prit comme chef de cabinet au ministère de l’Intérieur[3]. Il suivit son ministre lorsque celui-ci se retira du cabinet Polignac, le [3].

Alors âgé de vingt-huit ans seulement, partisan résolu de la branche ainée des Bourbons, il resta cependant attaché au ministère des Affaires étrangères[3]. De cette époque date son intimité avec Lamartine[3]. Il n’occupa cependant jamais la place qui lui resta longtemps réservée, et il employa les années qui suivirent la révolution de Juillet à voyager[3]. Il passa trois ans en Italie, visita la Suisse, où il épousa, à la fin de 1830, à Genève, une Russe, Anastasie de Klustine, la Russie, l’Allemagne, et ne revint se fixer tout à fait qu’en 1837, à Paris, où sa femme ouvrit un salon devenu célèbre[4].

Le plus souvent étranger aux réunions de ce salon, Circourt préférait ses lectures, ses études de toute espèce, ses propres relations avec des hommes éminents dans la politique ou les lettres, sa correspondance avec ses amis d’Italie, de Suisse, des États-Unis, de partout[3]. Il possédait également langues, histoire, généalogie, géographie, statistique, les antiquités les plus reculées comme les temps les plus modernes, les anecdotes mondaines comme les batailles qui ont décidé du sort des peuples qu’il racontait de façon si vivante que son auditoire croyait entendre une lecture de chroniques ou de mémoires[3].

Après la révolution de Février 1848, Lamartine, chargé des Affaires étrangères, ayant besoin d’hommes capables de remplir les grands postes diplomatiques près les cours de l’Europe, voulut l’envoyer comme ambassadeur à Washington, mais l’opposition du parti libéral à un légitimiste qui n’avait pris aucune part aux évènements de de Février 1848 ne le lui ayant pas permis, il l’envoya, à la place, comme envoyé de France en Prusse où les qualités de son esprit furent agréables au roi Frédéric-Guillaume IV, lui-même instruit et cultivé[3]. Jouissant de la confiance et de l’amitié du prince, sa mission à Berlin, dont il a écrit la relation, réussit parfaitement, mais lors de la question polonaise, Lamartine le découvrit imprudemment en publiant une dépêche le compromettant, et il fut rappelé, quelque temps après la manifestation du 15 mai[3]. Il rentra alors dans la vie privée et pour ne plus en sortir[3].

À la mort de sa femme, en , il quitta Paris pour passer toute l’année dans sa résidence de La Celle-Saint-Cloud, sauf des séjours en Italie et en Suisse, devenus toujours plus fréquents et plus longs dans ses dernières années[3]. Il a écrit une multitude d’articles dans des journaux légitimistes, des recueils géographiques, historiques ou littéraires, mais sans les réunis, de sorte qu’il n’a laissé aucun volume portant son nom, sauf la traduction de la monumentale Histoire des États-Unis, de George Bancroft, à laquelle il a ajouté des notes et une centaine de pages de « Conclusions historiques »[5].

Il connaissait néanmoins les chefs-d’œuvre de la littérature de la plupart des langues de l’Europe, et il avait même fait de quelques-uns une étude spéciale et approfondie, mais il n’était, de tempérament, ni poète ni artiste[3]. C’était toujours plutôt du point de vue historique qu’il jugeait les grands écrivains[3]. La politique elle-même n’étant pour lui que de l’histoire, un sujet de curiosité et d’étude, il y portait une absence d’esprit de parti, qui risquait d’être prise pour de l’indifférence[3]. Jouissant à l’étranger d’une réputation méritée, lui dont le nom était tenu en honneur par les Manzoni et les Capponi en Italie, par les Prescott et les Ticknor  aux États-Unis, par les de la Rive et les Candolle à Genève, n’a jamais paru s’étonner de ce que l’Institut n’eût jamais pensé à lui, ou de ce que les biographies des contemporains n’eussent pas d’article sur sa personne, d’être inconnu dans son propre pays[3]. Il avait été élu membre étranger honoraire de la Massachusetts Historical Society le [6].

Publications

  • Souvenirs d’une mission à Berlin en 1848, Paris, Picard, 1908-1909.
  • Histoire de la restauration, Genève ?, 1860.
  • Essai sur la vie et les écrits de Dante Alighieri.
  • Histoire des États-Unis, Genève, 1846.
  • Une nouvelle Histoire d’Angleterre, Paris, Hennuyer, 1858.
  • Le Général Le Fort, son temps et sa vie, Saint-Germain, L. Toinon, 1868.
  • La Littérature française à l’étranger pendant le dix-huitième siècle, Paris, 1861.
  • Canterbury, Paris, A. Hennuyer, 1870.

Notes

  1. Dont le futur historien Albert de Circourt.
  2. Georges Bourgin (dir.), « Vie d’Adolphe de Circourt », Souvenirs d’une mission à Berlin en 1848 : publiés pour la Société d’h̀istoire contemporaine, Paris, A. Picard et fils, vol. 1,‎ , vii et suiv. (lire en ligne, consulté le 9 juillet 2018).
  3. a b c d e f g h i j k l m n o p q r et s Edmond Schérer, « Nécrologie », Le Temps, 19e série, no 6789,‎ , p. 3 (lire en ligne, consulté le 15 juin 2018).
  4. Sainte-Beuve, « Nécrologie : Adolphe de Circourt », Le Temps, Paris, no 6789,‎ , p. 3 (lire en ligne, consulté le 9 juillet 2018).
  5. George Bancroft (trad. Adolphe de Circourt), Histoire de l’action commune de la France et de l’Amérique pour l’indépendance des États-Unis : accompagné de documents inédits, t. I-III, Paris, F. Vieweg, , 3 vol. ; in-8° (lire en ligne).
  6. (en) Robert Charles Winthrop, Addresses and Speeches on Various Occasions : 1869-1879, Boston, Little, Brown, (lire en ligne), p. 116.