Abdulla Yameen Abdul Gayoom

Abdulla Yameen Abdul Gayoom
އަބްދުﷲ ޔާމީން އަބްދުލް ގައްޔޫމް
Fonctions
Président de la République des Maldives
En fonction depuis le
(4 ans, 2 mois et 21 jours)
Élection 16 novembre 2013
Vice-président Mohammed Jameel Ahmed 
Ahmed Adeeb Abdul Ghafoor
Abdulla Jihad 
Prédécesseur Mohammed Waheed Hassan
Biographie
Date de naissance (58 ans)
Lieu de naissance Malé (Maldives)
Nationalité maldivienne
Parti politique Alliance populaire (jusqu'en 2011)
Parti progressiste des Maldives (depuis 2011)
Fratrie Maumoon Abdul Gayoom (demi-frère)
Conjoint Fathimath Ibrahim
Diplômé de Université américaine de Beyrouth
Claremont Graduate University

Abdulla Yameen Abdul Gayoom
Présidents de la République des Maldives

Abdulla Yameen Abdul Gayoom (divehi : އަބްދުﷲ ޔާމީން އަބްދުލް ގައްޔޫމް), né le à Malé, est un homme d'État maldivien, président de la République depuis 2013.

Biographie

Il est le demi-frère de Maumoon Abdul Gayoom, président-dictateur de la République des Maldives entre 1978 et 2008.

Carrière politique

Élection présidentielle de 2013

Le , il remporte, à la surprise générale, le second tour de l'élection présidentielle avec 51,3 % des voix face à Mohamed Nasheed[1],[2], président de la République de 2008 à 2012.

Président de la République

Le , il est investi comme 6e président de la République[3].

Le , le vice-président, Jameel Ahmed, est destitué par le Parlement pour « haute trahison »[4]. Tandis qu'il fuit vers le Royaume-Uni, Ahmed Adeeb Abdul Ghafoor est nommé à sa place[5].

Le 28 septembre suivant, une explosion éclate à bord d'un yacht qui le ramène à Malé, alors qu'il revenait du hajj[6]. Celui-ci en sort indemne mais sa femme et deux autres personnes sont blessées[7]. Le 14 octobre, le ministre de la Défense, Moosa Ali Jaleel, est limogé à la suite de cette affaire, puis le 24 octobre, c'est le vice-président Ahmed Adeeb Abdul Ghafoor qui est arrêté[8]. Le 4 novembre, le président décrète l'état d'urgence[9] pour un mois[10]. Le lendemain, Ahmed Adeeb est destitué de ses fonctions par le Parlement[11] et l'état d'urgence est finalement levé dès le 10 novembre[12].

Le , considérant les condamnations de plusieurs prisonniers, dont Mohamed Nasheed et Ahmed Adeeb Abdul Ghafoor, au motifs d'être « politiquement motivées », la Cour suprême décide de casser les jugements[13]. Le 5 février, Abdulla Yameen Abdul Gayoom, refuse d'appliquer la décision, malgré la demande de l'ONU[14] et fait remarquer que selon lui, la Cour suprême « n'est pas au-dessus des lois »[15], puis assiège les bureaux de la Cour suprême, qu'il accuse de vouloir le destituer[16], suspend le parlement, au sein duquel il vient de perdre la majorité après une autre décision de la Cour suprême ordonnant la réintégration des députés récemment passés dans l'opposition, limoge le chef de la police, fait arrêter son demi-frère, l'ancien président Maumoon Abdul Gayoom, qui avait rejoint l'opposition en 2017[17], et décrète l'état d'urgence[18]. Dans la soirée, il fait également arrêter deux juges de la Cour suprême, dont son président Abdulla Saeed, et Ali Hameed[19]. Il justifie cela par une « conspiration » et un « coup d'État »[20]. Nasheed appelle alors l'Inde et les États-Unis, à intervenir[21]. Finalement, les trois juges de la Cour suprême restés en liberté décident d'annuler la décision[22]. L'ONU dénonce alors une « attaque contre la démocratie »[23].

Notes et références

  1. « Maldives : Abdulla Yameen remporte l'élection présidentielle », RFI, 17 novembre 2013
  2. Frédéric Bobin, « Maldives : un nouveau président, trois incertitudes sur l'avenir », sur Le Monde, (consulté le 11 novembre 2015)
  3. « Ex-strongman's brother sworn in as Maldives leader », sur Yahoo News (consulté le 11 novembre 2015)
  4. « Maldives government sacks vice president for 'treason' », sur the Guardian (consulté le 11 novembre 2015)
  5. « Qui en veut vraiment au président des Maldives ? », Libération, 22 octobre 2015
  6. « Le président des Maldives a échappé à un attentat », sur Métro (consulté le 10 novembre 2015)
  7. « Maldives : le président sort indemne de l’explosion d’un yacht », Le Quotidien, 28 septembre 2015
  8. « Le vice-président des Maldives arrêté pour tentative d’assassinat du président », Le Monde, 24 octobre 2015
  9. Lefigaro.fr avec AFP, « Maldives: le président décrète l'état d'urgence », sur Le Figaro (consulté le 10 novembre 2015)
  10. « Maldives: règlements de comptes au sommet de l'Etat sur fond d'islam radical » (consulté le 10 novembre 2015)
  11. « Maldives crisis: Vice-President Ahmed Adeeb removed from power - BBC News », sur BBC News (consulté le 11 novembre 2015)
  12. Lefigaro.fr avec AFP, « : fin de l'état d'urgence », sur Le Figaro (consulté le 10 novembre 2015)
  13. « Maldives: l'opposant en exil Nasheed se présentera à la présidentielle », sur LExpress.fr (consulté le 3 février 2018)
  14. « ONU Info - Maldives : l'ONU appelle les autorités à respecter la décision de la Cour suprême », sur Centre d'actualités de l'ONU (consulté le 5 février 2018)
  15. Le Point, magazine, « Le président des Maldives décrète l'état d'urgence, un ex-président arrêté », sur Le Point (consulté le 5 février 2018)
  16. « La Cour suprême des Maldives accusée de vouloir évincer le président », sur RTBF Info (consulté le 5 février 2018)
  17. (en) Suhasini Haidar, « Maldivian arch-rivals Mohammad Nasheed and Maumoon Abdul Gayoom join forces. », sur The Hindu (consulté le 6 février 2018).
  18. « Maldives: état d'urgence déclaré pour 15 jours », sur Le Figaro (consulté le 5 février 2018)
  19. « Maldives : l'arrestation du président de la Cour suprême enfonce le pays dans la crise politique - France 24 », sur France 24 (consulté le 6 février 2018)
  20. « Maldives: le président dénonce une «conspiration» des juges », sur Le Figaro (consulté le 6 février 2018)
  21. Le Point, magazine, « Les Maldives s'enfoncent dans le chaos politique », sur Le Point (consulté le 6 février 2018)
  22. « Maldives: une crise très politique - Asie-Pacifique - RFI », sur RFI, RadioFranceInternationale, (consulté le 6 février 2018).
  23. « L'ONU parle pour les Maldives d'«attaque contre la démocratie» », sur Le Figaro (consulté le 7 février 2018)