Abdelkader Bensalah

Abdelkader Bensalah
عبد القـادر بن صالح
Illustration.
Abdelkader Bensalah en 2012.
Fonctions
Chef de l'État de la République algérienne démocratique et populaire
(intérim)
En fonction depuis le
(12 jours)
Premier ministre Noureddine Bedoui
Prédécesseur Abdelaziz Bouteflika (président de la République)
Président du Conseil de la nation d'Algérie
En fonction depuis le
(16 ans, 9 mois et 19 jours)
Élection
Réélection

Prédécesseur Bachir Boumaza
Président de l’Assemblée populaire nationale

(4 ans, 11 mois et 27 jours)
Prédécesseur Lui-même
(Conseil national de transition)
Successeur Karim Younes
Président du Conseil national de transition

(3 ans)
Prédécesseur Redha Malek
(Conseil consultatif national)
Successeur Lui-même
(Assemblée populaire nationale)
Secrétaire général du Rassemblement national démocratique
[a]
(2 ans, 5 mois et 7 jours)
Prédécesseur Ahmed Ouyahia
Successeur Ahmed Ouyahia

(1 an, 2 mois et 4 jours)
Prédécesseur Parti créé
Successeur Tahar Benaibèche
Biographie
Date de naissance (77 ans)
Lieu de naissance Fellaoucene
(Algérie française)
Nationalité Algérienne
Parti politique FLN (avant 1997)
RND (depuis 1997)
Diplômé de Université de Damas
Profession Journaliste
Religion Islam

Abdelkader Bensalah
Chefs d'État algériens

Abdelkader Bensalah (en arabe : عبد القـادر بن صالح), né le à Fellaoucene (Algérie française), est un homme d'État algérien, chef de l'État par intérim depuis le .

Après une carrière dans la presse d'État et dans la diplomatie, il participe à la fondation du Rassemblement national démocratique (RND), parti allié au FLN dont il est un des principaux dirigeants. Il préside le Conseil national de transition et l'Assemblée populaire nationale entre 1994 et 2002, puis le Conseil de la nation à partir de 2002.

En tant que président de la chambre haute du Parlement algérien, il devient chef de l'État par intérim en 2019, succédant au président Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission par des manifestations de masse contre le régime.

Biographie

Origines et jeunesse

Abdelkader Bensalah naît le à Fellaoucene, près de Tlemcen[b],[6],[4].

Il rejoint l'Armée de libération nationale (ALN) à l'âge de 18 ans[7].

Carrière professionnelle

Après l’indépendance de l’Algérie, il est titulaire d'une bourse qui lui permet d'aller étudier le droit à l'université de Damas (Syrie)[8].

Il rentre ensuite en Algérie et devient journaliste, notamment comme correspondant à l'étranger[8]. Il intègre en 1967 la rédaction du quotidien Ech Chaâb (« Le Peuple »)[9]. Il est de 1970 à 1974 directeur du Centre algérien de l’information et de la culture à Beyrouth, puis de 1974 à 1977 directeur général d'Ech Chaâb, à une époque où l'État algérien a le monopole sur l'ensemble des médias[8].

Parcours politique

Débuts et diplomatie

En 1977, il est élu député du FLN de la wilaya de Tlemcen[10].

Par la suite, il mène une carrière de diplomate, étant de 1989 à 1993 ambassadeur algérien auprès de l'Arabie saoudite ainsi que de l'Organisation de la conférence islamique. Il est directeur de l’information et porte-parole du ministère des Affaires étrangères de 1993 à 1994.

Président du CNT et de l’APN

Entre 1994 et 1997, il préside le Conseil national de transition (CNT), qui est l'unique chambre parlementaire du pays à la suite de l'interruption du processus électoral de 1991.

Il participe en 1997 à la création du Rassemblement national démocratique (RND), un parti centriste allié au FLN. Il en est le secrétaire général à deux reprises entre sa création et 2015. Le RND ayant remporté les élections législatives de 1997, il accède à la présidence de l'Assemblée populaire nationale (APN), la chambre basse tout juste restaurée, dont il avait précédemment présidé la commission des Affaires étrangères[8]. Il quitte sa fonction après la défaite de son parti aux élections législatives de 2002.

Président du Conseil de la nation

En , il devient président du Conseil de la nation, la chambre haute du Parlement algérien[11],[12]. Proche du président Abdelaziz Bouteflika, il assure dans les années 2010 certaines tâches que celui-ci, malade, ne peut plus effectuer, comme la réception de dirigeants étrangers ou des visites à l'international[13],[8]. Lui-même diminué par la maladie, Bensalah limite cependant ses apparitions[14].

Crise de 2019 et intérim à la tête de l'État

En vue de l'élection présidentielle algérienne de 2019, il est un des plus fervents partisans de la candidature de Bouteflika à un cinquième mandat[15]. Mais, en raison de manifestations de masse contre son maintien au pouvoir, le président sortant renonce finalement à se représenter, reporte l’élection, puis démissionne. En vertu de la Constitution algérienne, Abdelkader Bensalah doit assurer la présidence par intérim en tant que président du Conseil de la nation[13]. Mais la perspective qu'il gère la transition est vivement contestée par les manifestants, qui le considèrent comme une des figures emblématiques du régime qu'ils dénoncent ; plusieurs membres du pouvoir envisagent alors de le remplacer par un autre sénateur[16].

Le , une semaine après le départ de Bouteflika du pouvoir, l'Assemblée populaire nationale et le Conseil de la nation, réunis en session conjointe, le désignent finalement chef de l'État par intérim[17],[18]. En tant que tel, il dispose de pouvoirs réduits et doit organiser une élection présidentielle anticipée — à laquelle il ne pourra se présenter — dans le délai maximal de 90 jours prévu par la Constitution pour son intérim[19]. Il continue à être contesté par la rue, ce qui provoque les premières interventions policières depuis le début du mouvement[20]. Au lendemain de sa nomination, il annonce que l’élection présidentielle se tiendra le [21].

Il nomme le Kamel Fenniche à la présidence du Conseil constitutionnel, en remplacement de Tayeb Belaiz, démissionnaire. Des juristes affirment alors que la Constitution ne permet pas à un chef de l'État par intérim de procéder à une telle nomination[22].

Détail des mandats et fonctions

Notes et références

Notes

  1. Par intérim jusqu'au [réf. souhaitée].
  2. Des journaux algériens affirment qu'il est d’origine marocaine et qu'il a acquis la nationalité algérienne par naturalisation en 1965, à l’âge de 24 ans[1],[2]. Pour sa part, le journaliste Mohamed Sifaoui ajoute que Bensalah aurait été recruté comme informateur par la Sécurité militaire[3]. Cette affirmation sur ses date et lieu de naissance est contredite par des médias, état civil à l'appui[4]. Selon le journal TSA, il est confondu avec un homonyme marocain naturalisé algérien en 1965[5].

Références

  1. https://www.lci.fr/international/algerie-qui-est-abdelkader-bensalah-president-algerien-par-interim-apres-la-demission-d-abdelaziz-bouteflika-dont-il-est-proche-2116658.html
  2. « L'Algérie se prépare à l'après-Bouteflika », Lefigaro.fr (consulté le 4 novembre 2013)
  3. « Histoire secrète de l'Algérie indépendante », sur Google Books (consulté le 13 avril 2019)
  4. a et b « Le Bonjour du « Soir » », Le Soir d'Algérie (consulté le 28 février 2014)
  5. « LE VRAI DU FAUX. Abdelkader Bensalah est-il d’origine marocaine ? », TSA, (consulté le 3 avril 2019)
  6. « السيرة الذاتية للسيد عبد القادر بن صالح رئيس مجلس الأمة », sur Site officiel du conseil de la nation (consulté le 3 avril 2019)
  7. « Algérie: Abdelkader Bensalah, pur produit du régime algérien », sur TV5MONDE (consulté le 2 avril 2019)
  8. a b c d et e « Algérie : Abdelkader Bensalah, président pour trois mois et pur produit du régime », Sud Ouest,‎ (lire en ligne, consulté le 9 avril 2019).
  9. « Algérie: Abdelkader Bensalah, parcours d'un cacique du régime - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 30 mars 2019)
  10. « Revue du droit public et de la science politique en France et à l'étranger », sur Google Books (consulté le 2 avril 2019)
  11. Algérie : Bensalah reconduit au Sénat, Le Figaro, 9 janvier 2013
  12. Bensalah reconduit à la tête du Conseil de la nation, El Watan, 30 janvier 2019.
  13. a et b « Bouteflika loyalist Abdelkader Bensalah, Algeria’s next in line », sur France 24 (consulté le 3 avril 2019)
  14. Adlène Meddi, « Les hommes de l'après-Bouteflika (1) - Abdelkader Bensalah, nommé président par intérim », Le Point Afrique,‎ (lire en ligne, consulté le 9 avril 2019).
  15. « Algérie : qui est Abdelkader Bensalah, l’homme qui devrait assurer l'intérim après la démission d'Abdelaziz Bouteflika ? », sur LCI (consulté le 3 avril 2019)
  16. Le Point, magazine, « Algérie: le journal d'Etat suggère d'écarter Bensalah de l'intérim », sur Le Point (consulté le 7 avril 2019)
  17. « Algérie: réunion préparatoire avant la session parlementaire sur l'intérim », sur Le Figaro (consulté le 4 avril 2019)
  18. « Abdelkader Bensalah nommé président par intérim », sur Libération.fr (consulté le 9 avril 2019)
  19. « Algérie : le Conseil constitutionnel entérine la démission d'Abdelaziz Bouteflika », sur Europe 1 (consulté le 3 avril 2019)
  20. « Algérie. La police tire des gaz lacrymogènes sur des manifestants après la nomination du président par intérim », Ouest France,‎ (lire en ligne, consulté le 9 avril 2019).
  21. « DIRECT - La date de la présidentielle fixée, les manifestations se poursuivent », sur TSA, (consulté le 10 avril 2019)
  22. « Algérie : Bensalah avait-il le droit de nommer Kamel Feniche à la tête du Conseil constitutionnel ? – JeuneAfrique.com », sur JeuneAfrique.com (consulté le 18 avril 2019)

Liens externes

  • Site du Conseil de la nation