Abbaye du mont Saint-Éloi

abbaye du mont Saint-Éloi
Ruines de la façade de l'église abbatiale
Ruines de la façade de l'église abbatiale

Ordre Règle de saint Augustin
Fondation XIe siècle
Fermeture XVIIIe siècle
Style(s) dominant(s) roman et classique
Protection  Inscrit MH (1921, 2015)[1]
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Pas-de-Calais
Commune Mont-Saint-Éloi
Coordonnées 50° 20′ 58″ nord, 2° 41′ 37″ est

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abbaye du mont Saint-Éloi

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abbaye du mont Saint-Éloi

L’abbaye du mont Saint-Éloi, fondée par saint Vindicien, détruite à la suite de sa vente comme bien national en 1793, abritait une communauté de chanoines réguliers de la Règle de saint Augustin exerçant une importante activité littéraire. Les tours encore présentes sur le site étaient la façade de l'église de l'abbaye reconstruite au XVIIIe siècle puis démolie au début du XIXe siècle et lors de la Première Guerre mondiale.

Localisation

L'abbaye est située sur le territoire de la commune actuelle de Mont-Saint-Éloi, à l'ouest d'Arras via RD 341, sur un point haut qui domine la campagne environnante et offre un point de vue magnifique en direction d'Arras.

Histoire

Origine de l'abbaye

L'histoire de l'abbaye du mont Saint-Éloi nous est contée, pour partie, dans la chronique rédigée en 1786 par Dom Wartel, chanoine de l'abbaye. Certains éléments nous parviennent aussi à travers la biographie rédigée par saint Ouen sur la vie de saint Éloi.

La création de l'abbaye reste un sujet de légendes. Selon l'une d'elles, saint Éloi, évêque de Noyon et de Tournai, venait sur cette colline pour se retirer et prier au VIIe siècle. Il fonda un oratoire où se rendirent par la suite de nombreux ermites (anachorètes). L'évêque de Cambrai et d'Arras, saint Vindicien, disciple de saint Éloi, demanda à être inhumé sur ce lieu.

On considère aujourd'hui que le fondateur de l'abbaye est saint Vindicien. Entre 880 et 881, les établissements religieux de la région souffrirent énormément du raid normand qui eut lieu à cette époque et dévasta Arras et Thérouanne. C'est à l'origine pour protéger les reliques de saint Vindicien qu'une église est créée en 930 apr. J.-C. à l'endroit où, selon l'histoire locale, saint Éloi serait venu prier trois siècles auparavant.

Une autre légende rapporte qu'en 929, le tombeau de saint Vincidien est retrouvé par un écolier (peut-être dans le bois d'Écoivres). Ayant commis quelque irrévérence, l'enfant perd la vue, qui lui est rendue après s'être recommandé au protecteur du lieu. L'évêque Fulbert fait alors ériger sur le mont une basilique dédiée aux apôtres Pierre et Paul, et abritant les reliques de saint Vindicien.

Une abbaye de chanoines réguliers

Les troupes de Richard II, duc de Normandie, traversent l'Atrébatie pour rejoindre celles du roi de France, Robert le Pieux en 1004. Des déserteurs envisagent de se rendre à la basilique pour en piller les richesses. Les moines les repoussent dans un premier temps, mais l'affaire se termine par un bain de sang. Richard émet un décret imposant la restitution des biens à la communauté. En 1068, dans le cadre de la réforme de l'Église initiée par le pape Grégoire VII au XIe siècle, la communauté religieuse devient une abbaye de chanoines réguliers. Liébert, évêque de Cambrai et d'Arras, place les chanoines sous la direction d'un abbé et les astreint à suivre la règle de saint Augustin. Elle devient avec le temps une très importante abbaye augustine. Pendant toute la période médiévale, l'abbaye n'est formée que de simples constructions médiévales et de l'église.

Du XIe siècle au XVIIIe siècle, 46 abbés se succèdent à la tête de cette puissante abbaye qui devient un lieu de pouvoir dont le rayonnement s'étend à l'ensemble de l'Artois. En 1140, l'abbé Hugues élève les murs de l'enclos de l'abbaye. Entre 1208 et 1221, l'église est rebâtie selon un style gothique par l'abbé Désiré auquel succède en 1219 l'abbé Richard. Elle durera 529 ans. En 1477, Louis XI y installe son armée lors du siège d'Arras. En 1654, Le Grand Condé y installe son quartier général puis en est délogé par Turenne.

Au XIIe siècle, un chanoine régulier de l'abbaye, Arnoul, compose en vers hexamètres une explication du canon de la messe dans laquelle il vise à recueillir et résumer les écrits des Pères de l'Église ainsi qu'un commentaire de l'oraison dominicale. Il ne reste de son œuvre que la courte préface adressée à Fremold, évêque d'Arras de 1174 à 1183. Cette préface a été publiée par Dom Martène (Edmond Martène) dans Thes. anecd., Tome 1. Arnoul est également connu par un poème écrit en 1194 par Lambert de Saint-Waast où celui-ci évoque le nom d'Arnoul alors vieillard[2].

Reconstruction de l'abbaye au XVIIIe siècle

En 1750, l'abbé Roussel fait démolir l'église abbatiale. Entre 1733 et 1765 un ensemble d'architecture de style classique vient remplacer les constructions médiévales : c'est de cette période que datent les deux tours qui surplombent encore aujourd'hui le village. On découvre à cette occasion que par endroits, le bâtiment précédent n'avait pas trois pieds de fondation. 36 ans plus tard, le chanoine de l'abbaye dom Wartel rédige les chroniques de l'abbaye.

Disparition de l'abbaye

En 1789, la Révolution française impose la fermeture de toutes les abbayes. Le dernier abbé du mont Saint-Éloi sera guillotiné deux ans plus tard. Déclaré bien national, conformément à la loi, les bâtiments de l'église sont vendus, démantelés et transformés en carrière de pierre, en 1793.

Protection des vestiges

Les ruines de l'abbaye du mont Saint-Éloi.

En 1836, afin d'éviter la destruction des derniers vestiges de l'abbaye, l'État et le département rachètent les deux tours de la façade occidentale. Pendant la Première Guerre mondiale, des tirs d'artilleries prennent pour cible les tours, utilisées comme poste d'observation. Ces tirs détruisent en 1915 le dernier étage. Les cinq étages d'origine atteignaient une hauteur de 53 mètres, la hauteur actuelle a été ramenée à 44 mètres. L'abbaye est classée au titre des monuments historiques en 1921.

Les tours sont cédées en 2008 intégralement au département du Pas-de-Calais qui en devient le seul propriétaire. Une campagne de restauration ainsi que quelques travaux d'archéologie y ont été menés récemment.

Les vestiges de l'abbaye

Les vestiges de l'abbaye surplombant le village vue depuis les Pierres Levées d'Acq.

De l'abbaye elle-même, il ne reste aujourd'hui que les deux tours de la façade ouest.

Si les deux premiers étages sont construits en grès, les deux suivants sont en « pierre blanche », c'est-à-dire en craie, abondante dans la région.

La corniche séparant les deux tours est restaurée en 1990.

D'autres traces de l'abbaye subsistent aujourd'hui :

  • l'abreuvoir en grès devant les tours,
  • une partie du porche d'entrée de l'abbaye (sur la place),
  • le mur d'enceinte (visible en empruntant la route qui fait le tour de l'abbaye),
  • quelques bâtiments de la ferme de l'abbaye,
  • les prairies en terrasses modelées par les chanoines de l'abbaye au XVIIIe siècle.
Abbaye du Mont Saint Eloi.jpg

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Liste des abbés[3]

  • 1068-1108 : Jean Ier
  • 1108-1129 : Richard Ier
  • 1129-1151 : Hugues
  • 1151-1153 : (vacance)
  • 1153-1164 : Raoul
  • 1164-1165 : Wicard
  • 1165-1165 : Wirenfrid
  • 1165-1181 : Eustache
  • 1181-1193 : Jean II
  • 1193-1195 : Grégoire
  • 1195-1197 : Reinauld
  • 1197-1208 : Asson de Coupigny
  • 1208-1219 : Didier
  • 1219-1238 : Richard II
  • 1238-1248 : Simon de Neufville
  • 1248-1275 : Jean III de Barastre
  • 1275-1291 : Étienne du Fermont
  • 1291-1309 : Servais de Guez
  • 1309-1334 : Bernard du Pont
  • 1334-1350 : Nicolas Ier de Duisans
  • 1350-1363 : Michel Ier Coulon
  • 1363-1364 : Jacques de Sailly
  • 1364-1388 : Nicolas II de Noyelette
  • 1388-1424 : Michel II d’Alennes
  • 1424-1452 : Jean IV Bullot
  • 1452-1486 : Jean V Pingrelem
  • 1486-1520 : Antoine de Coupigny
  • 1520-1542 : Jean VI de Feucy
  • 1542-1543 : David Hay
  • 1543-1571 : Guillaume Ruelle
  • 1571-1574 : Jean VII Malpeau
  • 1574-1587 : Georges Bellot
  • 1587-1591 : Louis Ripper
  • 1591-1624 : Adrien Duquesnoy
  • 1624-1625 : André Ier Le Vaillant
  • 1625-1639 : François Doresmieux
  • 1639-1651 : Jérôme de Warlincourt
  • 1651-1660 : Pierre Ier Busquet
  • 1660-1685 : Pierre II Leroy
  • 1685-1714 : Cardinal César d'Estrées
  • 1714-1728 : Kilien de La Coeuillerie
  • 1728-1732 : Dominique Toursel
  • 1732-1753 : Vindicien Roussel
  • 1753-1776 : Martin Lefebvre
  • 1776-1786 : Alexandre Doresmieux
  • 1786-1788 : André II Beugin
  • 1788-1792 : Augustin Laignel

Prieurés

  • Prieuré de Flers-en-Escrebieux.
  • Prieuré d'Aubigny-en-Artois dépendait de l'abbaye du mont Saint-Éloi pour la période de 1137 à 1745[4].
  • Prieuré de Rebreuve-sur-Canche dépendait de 1527 à 1788 de l'abbaye du mont Saint-Éloi[4].

Notes et références

  1. « Ancienne église abbatiale », notice no PA00108351, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Jules Balteau, « Arnoul chanoine », Dictionnaire de Biographie française Tome 3,‎
  3. Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastique
  4. a et b Tableau général numérique par fonds des archives départementales antérieures à 1790,Impr. Nationale, 1848,[1]

Voir aussi

Sources et bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Adolphe de Cardevacque, L ́ Abbaye du Mont-Saint-Eloi (1068-1792), Alphonse Brissy, , 244 p. (lire en ligne). 
  • Laurence Baudoux-Rousseau, Hugues Dewerdt, Matthieu Fontaine, Le décor peint du refuge de l'abbaye augustine du Mont Saint-Éloi à Arras (fin XV-début XVIe siècle) dans In Situ revues du patrimoine 2013. Texte en ligne

Articles connexes

Liens externes