Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
L'arrivée à l'abbaye avec l'abbatiale en premier.
L'arrivée à l'abbaye avec l'abbatiale en premier.

Ordre Bénédictin
Fondation 1970
Diocèse Avignon
Fondateur Dom Calvet
Dédicace
par le card. Gagnon
Style(s) dominant(s) Roman
Site web http://www.barroux.org/
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Commune Le Barroux
Coordonnées 44° 09′ 07″ nord, 5° 05′ 54″ est

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Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

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Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
L'abbatiale

L'abbaye Sainte-Madeleine du Barroux est une abbaye bénédictine, située au Barroux dans le Vaucluse. Fondée en 1970, la communauté des moines fait partie de la confédération bénédictine depuis octobre 2008[1].

Historique

L'abbaye vue de loin.

Les débuts

En août 1970, un moine bénédictin, le père Gérard Calvet quitte l'Abbaye Notre-Dame de Tournay, avec l'accord de son père abbé, et s'installe à Bédoin, petit village du Vaucluse. Il désirait vivre la règle de saint Benoît dans la fidélité avec les traditions liturgiques romaines. Il fut rapidement rejoint par quelques jeunes gens qui désiraient vivre la vie bénédictine.

À partir de 1974, il se rapproche du mouvement de Mgr Lefebvre ; de facto, les relations avec Tournay sont rompues. En 1978, au vu de la croissance du jeune monastère, la communauté achète un terrain de trente hectares entre le Mont Ventoux et les Dentelles de Montmirail, dans la commune du Barroux. Commence alors la construction d'une abbaye de style roman avec les moyens techniques modernes. Dans le même temps, la communauté féminine de Notre-Dame-de-l'Annonciation du Barroux, fondée par Élisabeth de La Londe, s'installe sur un autre terrain situé à quelques encablures de la communauté masculine.

La régularisation canonique

Le , l'indult Quattuor abhinc annos est édicté par le pape Jean-Paul II : il permet l'usage des formes liturgiques anciennes au sein de l'Église, mais le monastère fait alors bloc avec la fraternité Saint-Pie-X (FSSPX). Henri Tincq évoque ainsi « la citadelle intégriste du Barroux », reconnaissant qu'elle est l'un des rares monastères à recruter : dix-sept novices au début 1986, neuf entrées de postulants et quatre ordinations en 1985[2].

À partir de 1987, Dom Gérard Calvet entame cependant des négociations avec le Saint-Siège pour la pleine reconnaissance du monastère. Le , à la suite de la décision de Mgr Lefebvre d'ordonner des évêques sans mandat pontifical, Dom Gérard Calvet décide de rompre avec la FSSPX. Il prend contact directement avec Rome, sans, dans un premier temps, l'annoncer ni à la FSSPX, ni au diocèse d'Avignon. Il reçoit alors la visite du cardinal Mayer, président de la commission nommé en 1988 par le pape pour la réconciliation avec les « intégristes », agissant en qualité d'émissaire spécial du pape, qui lui présente les propositions romaines en cas de réconciliation. C'est ainsi que le , le monastère du Barroux se rallie officiellement au Saint-Siège, au grand dam des dirigeants de la FSSPX. Un des évêques consacrés par Mgr Lefebvre, Mgr Bernard Tissier de Mallerais, déclare ainsi : « Les moines du Barroux nous lâchent en temps de guerre. Nous étions frères d'armes et ils rallient le camp ennemi en plein combat »[3]. À la suite des dispositions du Motu proprio Ecclesia Dei, Rome accorde au monastère un statut canonique. Les soixante-dix moines se voient relevés de toutes leurs sanctions et « une pleine réconciliation avec le siège apostolique » leur est accordée. Dom Gérard ne peut plus faire appel à Mgr Lefebvre pour ordonner ses prêtres, mais il est autorisé à célébrer la messe et les sacrements dans les rituels en vigueur avant le concile, conformément aux conditions prévues dans le Motu proprio de Jean-Paul II[4].

En juin 1989, le Dom Dammertz, abbé primat des Bénédictins, vient promulguer le décret d'érection en abbaye. Le 2 juillet, le cardinal Mayer, confère la bénédiction abbatiale à Dom Gérard[5]. En octobre de la même année, les travaux de l'abbatiale sont terminés et elle est consacrée par le cardinal Gagnon.

Le , le cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et futur Benoît XVI, rend visite à la communauté et célèbre la messe conventuelle du dimanche en présence d'un grand concours de fidèles.

Selon la journaliste du Monde Ariane Chemin en 1996, le monastère accueille Jacques Bompard lorsqu'il désire « élever bien haut son âme ». Chrétienté-Solidarité, le mouvement de Bernard Antony, y tient son université d'été. Jean-Marie Le Pen, président du Front national, est accueilli en novembre 1995 lorsqu'il vient manifester à Carpentras, pour obtenir réparation des « accusations » portées contre lui lors de la profanation du cimetière de cette ville. A la sortie du monastère, on trouve en 1996 dans la librairie des ouvrages de Jean Madiran, les écrits de Bernard Antony, le quotidien d'extrême droite Présent[6].

Les années 2000

En 2002, alors que la communauté compte près de soixante-dix moines, quelques-uns d'entre eux sont envoyés fonder un nouveau monastère à Saint-Pierre-de-Clairac en Lot-et-Garonne : le monastère Sainte-Marie de La Garde.

En novembre 2003, après la résignation de charge du père fondateur, Dom Gérard Calvet, Louis-Marie de Geyer d'Orth est élu père-abbé. Dom Gérard meurt le 28 février 2008.

Le , l'abbaye intègre la Confédération bénédictine[1].

Fin , l'abbaye compte 57 personnes, dont 26 Pères, 1 diacre, 21 Frères et 1 étudiant, 1 profès temporaire, 5 novices et 2 postulants[7].

L'architecture

L'abbaye est réalisée dans un style roman.

L'aspect extérieur des murs est fait des pierres apparentes beurrées. Il s'agit de roches calcaires conformes à ce que l'on trouve dans le secteur et plus largement, dans le Vaucluse.

L'intérieur de l'abbatiale est composé de trois pierres de couleurs et d'aspect différent. La recherche de ces pierres a pris du temps et s'est faite dans plusieurs pays proche du bassin méditerranéen.

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Différentes vue de l'Abbaye

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La communauté

La vie de la communauté est organisée autour des prières[8].

Blason du TRP Louis-Marie

Les métiers

Le site de l'abbaye donne la liste des principaux corps de métiers exercés dans la communauté : « menuiserie, boulangerie, mécanique, bibliothèque, cuisine, lingerie, service des hôtes, infirmerie, librairie, buanderie, électricité, reliure, cordonnerie, culture des oliviers, de la vigne et du potager. »[9]

Production

L'abbaye produit son propre pain et sa propre huile d'olive, et vend même une partie de sa production.

Boutique

À proximité directe de l'abbaye, une petite boutique propose pains, huiles d'olives, etc. issus de la production de la communauté de Sainte-Madeleine du Barroux. Elle propose aussi des produits en provenance d'autres communautés (chartreux, etc.).

Retraites spirituelles

Le réfectoire

Suivant la tradition des abbayes bénédictines, l'abbaye dispose d'une hôtellerie ouverte toute l'année (sauf en janvier) aux messieurs et aux jeunes gens pour des séjours à caractère spirituel ou des retraites individuelles ou en groupe.

Fondations filles

Sans lien canonique (mais fondées par un ou plusieurs moines de sa filiation) :

  • 1987 - Monastère de la Sainte-Croix à Nova Friburgo au Brésil. Première fondation qui se sépare en 1988 souhaitant rester liée à la FSSPX. À son tour, le monastère coupe le lien avec cette dernière en 2012[10].
  • 1991 - Monastère Notre-Dame-de-Guadalupe [2] aux États-Unis lié à la FSSPX.
    • 2013 - Monastère Saint-Joseph [3] en Colombie.
  • 2008 - Bénédictins de l'Immaculée [4] à Villatalla en Italie.
    • 2010 - Ermitage Saint-Côme-et-Saint-Damien [11] à Borghetto d’Arroscia en Italie.

À l'exception du Prieuré Sainte-Marie de La Garde et des Bénédictins de l'Immaculée, aucune autre fondation n'a reçu l'accord de l'ordinaire du lieu.

Voir aussi

  • Abbaye Notre-Dame-de-l'Annonciation du Barroux, abbaye de moniales liée à l'abbaye Sainte-Madeleine.
  • Institution Saint-Louis, collège catholique hors contrat, mixte avec internat pour garçons créé en 2009 au Barroux à proximité de l'abbaye Sainte-Madeleine. L'Abbaye Sainte-Madeleine a fondé ce collège et l'accompagne activement dans son développement.

Notes et références

  1. a et b news de 2008, sur le site de la confédération bénédictine
  2. Le Monde, 26 février 1986, H. Tincq, "La citadelle intégriste du Barroux"
  3. Le Monde, 30 août 1988, "Ralliement à Rome du monastère intégriste du Barroux (Vaucluse). Des brèches s'ouvrent dans le mouvement de Mgr Lefebvre"
  4. Ibidem
  5. Le Monde, 4 juillet 1989, "Le prieur du Barroux promu Père abbé par le Vatican. Dom Gérard, intégriste repenti"
  6. Le Monde, A. Chemin, 13 août 1996, "Le monastère intégriste du Barroux, citadelle du FN"
  7. « Des nouvelles de Sainte-Marie de la Garde », sur Riposte catholique, (consulté le 16 décembre 2014).
  8. http://www.barroux.org/fr/journee-monastique-articles/journee-monastique-rubriques.html
  9. http://www.barroux.org/fr/journee-monastique-articles/travail-manuel.html
  10. http://www.beneditinos.org.br/index.php? option=com_content&view=article&id=128:declaration&catid=72:textes&Itemid=112
  11. https://www.sacra-doctrina.com/asd/doku.php?id=qui_sommes_nous

Liens externes

  • Site de l'abbaye du Barroux
  • Reportage photographique d'Henri Gaud
  • Site de l'Institution Saint-Louis, collège catholique fondé par l'abbaye Sainte-Madeleine