258e régiment d'infanterie

258e Régiment d'Infanterie
Création août 1914
Dissolution mars 1916
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de Terre
Type Régiment d'Infanterie
Rôle Infanterie
Inscriptions
sur l’emblème
Revigny 1914
Guerres Première Guerre mondiale
insigne de béret d'infanterie

Le 258e régiment d'infanterie (258e RI) est un régiment d'infanterie de l'Armée de terre française constitué en 1914 avec les bataillons de réserve du 58e régiment d'infanterie.

À la mobilisation, chaque régiment d'active créé un régiment de réserve dont le numéro est le sien plus 200.

Création et différentes dénominations

  • août 1914 : 258e Régiment d'Infanterie
  • mars 1916 : Dissolution

Chefs de corps

Le 258e est à 2 Bataillons de 1 000 hommes chacun.

Il fait partie de la 149e Brigade : Général GRAND d'ESNON.

Cette Brigade comprend :

  • le 258e, Lieutenant-colonel RIPERT (A).
  • le 240e, Lieutenant-colonel GRILLOT (A).
  • le 42e Colonial, Lieutenant-colonel BOURGERON (A)

Drapeau

Son drapeau porte l'inscription suivantes[1] :

Revigny 1914

Décorations décernées au régiment

Première Guerre mondiale

Le 258e RI quitte en août 1914 Avignon pour le front. Ne quittant jamais le département de la Meuse, les hommes du 258e régiment d'infanterie de ligne d'Avignon y sont restés jusqu'en mars 1916. De Buzy-Darmont au désastre du bois de Malancourt, en passant par Vigneulles, Hattonville, le Malinbois et Vauquois, l'unité de réserve du 58e perdit 849 de ses membres au cours d'une Grande Guerre au goût d'inachevée. »

Affectations :

Historique

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1914

AOUT 1914

  • 01 – 07 août 1914 : Avignon, caserne Chabran, se forme la 258e RI

« Août 1914. — C'est au milieu de l'enthousiasme général de ces chaudes journées d'août 1914 que se forma à la caserne Chabran à Avignon, le 258e Régiment d'Infanterie. Qui de nous ne se rappelle ces heures frémissantes où l'âme d'un peuple semblant se réveiller d'une torpeur trop longue, s'élevait vers des hauteurs inconnues jusqu'alors, et où tous les cœurs battant à l'unisson formaient à ce moment tragique de notre histoire, le cœur même de toute la France ! Cet élan patriotique, cette flamme qui brûlait dans tous les cœurs de France, cette foi dans notre droit, tout cela se retrouvait chez les poilus, officiers et soldats, Avignonais, Vauclusiens, Provençaux, presque tous gars du Midi, venus à l'appel de leur nom former le 258e. On se retrouve, camarades de caserne, camarades de périodes de réserve, de pelotons de dispensés, amis d'écoles ou de lycée. Tous sont heureux de retrouver un copain... On tâche de se caser dans la même compagnie, dans la même section, dans la même escouade. On part pour la guerre. . . On ne sait pas ce qui peut arriver... mais ce ne sera pas long cette-fois. On est prêt. Tout va bien. . . [1] »

  • 08 août 1914 : Le Régiment part d'Avignon par voie de terre et va cantonner à L'Isle-sur-la Sorgue.

« Tout le long du parcours, les habitants font fête aux soldats et leur offrent boissons et victuailles. »

  • 08 au 15 août : le régiment stationne à L'Isle-sur-la-Sorgue.

« Période d'organisation et d'entraînement pour les hommes (exercices et marches). »

  • 15 août 1914 : Le régiment cantonne à Châteauneuf-de-Gadagne.
  • 18 – 20 août 1914 : Le régiment se rend en manœuvrant de Châteauneuf-de-Gadagne à Montfavet où il cantonne jusqu'au 20 août.
  • 21 août 1914 : Le 258e (1 777 soldats) s'embarque en 2 échelons en gare d'Avignon à 03h25 (5e Bataillon) et 09h29 (6e Bataillon) du matin
  • 22 aout 1914 : le 258e débarque à 12h00 (5e Bataillon) et à 20h00 (6e Bataillon) à Dugny (6 kilomètres au sud de Verdun).

« A chaque station, une foule composée de femmes, vieillards et enfants qui viennent apporter des fleurs, du vin ou des friandises ! Un sourire pour chaque poilu ! »

  • 22 août 1914 : le 5e Bataillon du 258e cantonne à Rupt-en-Woëvre,
  • 23 août 1914 : 258e se cantonne à Mont-sous-les-Côtes, dans la Woëvre, au pied des côtes de Meuse.
  • 24 - 25 août 1914 : Buzy-Darmont; 66 tués
  • 24 août 1914 :        Baptême de feu

« (03h00) Mont-sous-les-Côtes, une attente de plusieurs heures à Fresnes, puis marche sur Riaville, Pintheville, Hennemont. (14h00) Marche vers Darmont, Buzy (entre Parfondrupt et les bois situés à l'est de Braquis), St-Jean-lès-Buzy, tous tenus par l’ennemi. »

« une certaine panique fut observée (cohue), les soldats se précipitèrent pour traverser le pont de l’Orne. Le mot « retraite » est prononcé. JMO »

  • 25 aout 1914 : (04h30) « déboucher Buzy et atteindre Aucourt » : 100 tués ; 300 blessés

« 3 citations à l'ordre de l'Armée furent accordées sur le champ au régiment. »

  • 26 août 1914 : Le 258e revient avec sa division sur sa position de défense des Hauts de Meuse,  Combres-sous-les-Côtes ; 6 tués
  • 27 - 28 août 1914: Trésauvaux (5e btn); 3 tués
  • 30 aout 1914 : Manheulles; 1 tué
  • 31 août 1914 : le 258e cantonne à Fleury.
  • 31 août 1914 - : Fleury-devant-Douaumont ; 4 tués

SEPTEMBRE 1914

  • 02 septembre 1914 : Le 258e est à Vigneulles-lès-Hattonchâtel.
  • 02 - 03 septembre 1914: Mesnil-sous-les-Côtes, Bonzée; 2 tués
  • 04 septembre 1914 : marche vers la région de Souilly (rive gauche de la Meuse au sud-ouest de Verdun) en faisant sauter les ponts derrière elles ; 1 tué
  • 06 - 09 septembre 1914 : une série d'opérations de détail vers Souilly, Ippécourt. Le 258e tient la vallée boisée de Couzances, face à Ippécourt Bois de Fréty; 35 tués, 120 blessés

« Les hommes sont surpris, effrayés, le désordre se met dans les rangs et la débandade commence. Les tranchées sont en partie abandonnées par les défenseurs, un moment d’angoisse étreint les officiers qui se trouvent là… »

— Bois de Fretty 09/09

  • 12 septembre 1914 : Repos dans le village de Nicey

« après une journée pluvieuse et triste que le régiment reçut le soir la nouvelle de la Victoire de la Marne »

  • 13 septembre 1914 : Tilly-sur-Meuse; 1 tué
  • 14 septembre 1914 : Ordre général No 22 du 14 septembre 1914

« A été blessé de deux balles le 25 août au combat de Buzy, a refusé de se laisser porter au poste de secours et restant sur la ligne de feu, n'a cessé, malgré des blessures, d'encourager les hommes de la section la plus proche de lui. »

— CORRÉARD, Sergent au 258e Régiment d'Infanterie.

« Le 25 août, au combat de Buzy, a donné à sa section qui commençait à faiblir sous le feu intense de tirailleurs ennemis abrités, le meilleur exemple d'énergie et de courage en se portant résolument en avant. A été blessé au cours du combat. »

— FENOUIL, Sergent au 258e Régiment d'Infanterie.

  • 14 - 18 septembre 1914 : Sommedieue; 2 tués
  • 18 septembre 1914 : Hauts de Meuse 

« au soir, ordre de franchir la Meuse sur les ponts de bateaux qui viennent d'y être jetés et d'aller occuper les Hauts de Meuse »

  • 19 septembre 1914 : secteur Hattonville - Vigneulles.

« Ces deux villages sont mis en état de défense et reliés par des tranchées construites dès les premiers jours de la mobilisation. »

  • 20 – 21 septembre 1914 : secteurs Hattonville, Vigneulles, Chaillon 400 tués
  • 20 septembre 1914 :  à 10h00 :

« à 10 heures commence un violent bombardement ennemi qui dure sans interruption jusqu'à la nuit. Hattonchâtel est bientôt en ruines. Vigneulles et Hattonville sont sérieusement marmités. Notre artillerie, très inférieure en nombre, répond à peine »

« à 19 h., l'infanterie allemande attaque en masses très denses nos positions et y pénètre malgré les efforts des défenseurs. Le combat dure toute la nuit dans le village de Vigneulles en flammes et à la pointe du jour la retraite est ordonnée en direction de Spada. »

  • 21 septembre 1914 : Rouvrois-sur-Meuse;

« position de repli à hauteur de Chaillon. A la nuit l'ordre arrive de se replier sur la Meuse et le régiment vient occuper Rouvrois. »

« Notre Général de brigade, le général GRAND d'ESNON est tué en sortant de Vigneulles, vers 5 heures du matin »

  • 22 septembre 1914 : les crêtes à l'ouest de Spada, puis les lisières au nord de la cote 322.

« Les pertes totales du 258e depuis le début de la campagne sont d'environ 950 hommes tués ou blessés, soit la moitié de l'effectif du départ. Sur les 37 officiers du début, 6 ont été tués. 14 sont blessés ou disparus. Les effectifs sont réduits à 17 officiers dont 3 médecins et 1 .050 hommes de troupe. »

  • 22 - 23 septembre 1914 : Spada, Lamorville 19 tués
  • 23 septembre 1914 : position sur la cote 322
  • 24 septembre 1914: Chauvoncourt; 8 tués

« à 2 heures, la 75e Division reçoit l'ordre de repasser la Meuse et d'occuper la rive gauche. Sous le feu des batteries allemandes, le 5e Bataillon passe par le pont de bateaux de Maizey avec presque toute la division, le 6e Bataillon et des éléments du 240e passent par la passerelle de SaintMihiel. Le soir, les deux bataillons reçoivent l'ordre d'occuper le secteur les Paroches - Chauvoncourt. Dans la nuit, le 6e Bataillon, qui est à Chauvoncourt, cherche à détruire la large passerelle de Saint-Mihiel, mais les mitrailleuses et les projecteurs qui garnissent les maisons du quai de la rive droite ne lui permettent pas d'aborder cette passerelle qui reste entre les mains des Allemands malgré tous les efforts tentés pour s'en emparer ou la détruire. »

  • 25 septembre 1914 : campement à Malinbois

« à la pointe du jour, les Allemands maîtres de Saint-Mihiel et de toutes les hauteurs de la rive droite, y compris le fort du Camp des Romains, attaquent violemment Chauvoncourt et s’en emparent, mais ils ne parviennent pas à déboucher au-delà. Leur nombreuse artillerie occupe les coteaux de la rive droite et est absolument maîtresse du terrain. Nos batteries restent complètement silencieuses dans tout le secteur. Le Camp des Romains est entre les mains de l’ennemi, le fort des Paroches, écrasé depuis la veille par un bombardement ininterrompu, tient toujours, mais ne tire plus. »

  • 26 septembre 1914 : attaquer Chauvoncourt

« vers 5 heures, le régiment reçoit l'ordre d'attaquer Chauvoncourt et de rejeter l'ennemi sur la rive droite. Du Malinbois où il est installé, le 258e a devant lui une croupe absolument dénudée qui descend vers Chauvoncourt et la Meuse. La distance à parcourir sans un abri, sous le feu des batteries de la rive droite et des lignes d'infanterie retranchées en avant de Chauvoncourt, est d'environ 1.500 m. Sur tout le parcours, on est complètement en vue des lisières du faubourg et des hauteurs de la rive droite qui décrivent un vaste demi-cercle autour du point d'attaque. L'ennemi y a du reste installé de nombreuses batteries. L'opération paraît très difficile. Heureusement un brouillard intense la favorise au début. Le 258e est en première ligne, le 5e Bataillon en avant, le 6e derrière. Les 2 lignes se confondent bientôt dans la marche d'approche et n'en forment plus qu'une. Le 240e est en soutien. Le régiment s'avance en bon ordre et, favorisé par le brouillard, il peut se porter à 500 mètres environ des tranchées ennemies sans essuyer des pertes et même sans être vu. Le brouillard, cependant, commence à se dissiper, la fusillade vive commence, le crépitement des mitrailleuses se fait entendre. On avance toujours en répondant au tir de l'adversaire. L'artillerie, profitant de l'éclaircie, commence son tir sur nos lignes. Les pertes sont tout de suite élevées ; malgré cela, nos hommes tiennent bon ; des sections entières sont fauchées devant les tranchées. Nos pertes sont considérables. Certaines unités approchent assez de l'ennemi pour tenter un assaut, la 17e compagnie est du nombre. Elle est conduite par le Lieutenant de réserve VINTIGLIANO arrivé depuis deux jours ; il a pu entraîner sa compagnie jusqu'à 250 mètres des tranchées, il tombe frappé mortellement. La Compagnie, assaillie par une violente fusillade, se retire en désordre vers la lisière du bois. Le 6e Bataillon a suivi le 5e dans cette marche en avant, et, comme lui, a payé un large tribut au pays. Cependant, quelques compagnies fléchissent et se retirent sur les bois. Leur exemple est suivi et peu à peu il ne reste plus que des morts et des blessés sur ce plateau que l'on a traversé le matin pour se porter à l'attaque, avec, au cœur, quelque espoir de succès. En quelques instants, le régiment a été presque anéanti et ses débris jonchent le sol, alignés en face des tranchées allemandes. Le reste se replie au bois de Malinbois. Tous les capitaines sont tués ou blessés. Les bataillons sont commandés par les lieutenants de réserve et la moitié des compagnies n'ont plus d'officiers et sont sous les ordres des sous-officiers. Les effectifs sont réduits à 13 officiers dont 3 médecins. 834 sous -officiers et soldats. »

  • 27 septembre 1914: Rupt-devant-Saint-Mihiel ;

« A la suite de ce combat meurtrier, le 258e est porté en deuxième ligne à Rupt devant Saint-Mihiel. »

  • 29, 30 septembre, 1er, 2 et 3 octobre 1914 : le régiment bivouaque dans les bois autour de Fresnes.
  • 30 septembre - 8 octobre 1914; Bois de la Haute-Charrière, Fresnes-au-Mont (5e btn) ; 11 tués

OCTOBRE 1914

  • Octobre : renforcement de 1 000 hommes
  • 03 octobre 1914 : 6e bataillon 210e Régiment d'Infanterie : le bataillon continue à améliorer l'organisation défensive de la position de Malimbois.
  • 12 octobre 1914 : 6e bataillon : le bataillon passe la nuit dans les tranchées pour appuyer 3 attaques conduites par :
    • 1 bataillon du 258e par les tranchées de la côte 277, le cimetière israélite de St Mihiel et le port de cette localité,
    • 1 bataillon du 240e RI et 1 bataillon du 44e colonial sous les ordres du lieutenant colonel Juillet par Menonville et St Mihiel,
    • 2 bataillons de la 65e DI partant de Paroches et prenant comme objectif Chauvoncourt et les casernes.
    • La 21e compagnie pendant ces opérations occupait les tranchées des carrières à 600 m au nord-est de la corne nord de Malimbois.
  • 13 octobre 1914 : Le 6e bataillon est relevé de sa position de premières lignes qu'il occupait à Malimbois par un bataillon du 258e RI. Il est porté en réserve, en arrière du dernier bataillon à environ 1500m plus à l'ouest. 5e bataillon à Bislée continue ses travaux de tête de pont.
  • 9 octobre - : Malinbois, Chauvoncourt (5e btn) ; 65 tués
  • 13 octobre - : Malinbois, Chauvoncourt (6e btn) ; 27 tués

NOVEMBRE 1914

  • 2 novembre 1914 : le régiment est relevé par le 58e (actif) de ces positions du Malinbois qu'il occupait depuis le 13 octobre.

« Le souvenir de cette période dans le Malinbois est resté comme une des plus rudes et des plus tristes de la guerre. Le ravitaillement était très éloigné, l'eau manquait totalement et on était obligé d'aller à plusieurs kilomètres pour en chercher. »

  • 02 – 03 novembre 1914 : Villotte-sur-Aire (5e btn) ; 1 tué
  • 02 - 03 novembre 1914: Ville-devant-Belrain (6e btn) ; 1 tué
  • 4 novembre 1914 : le régiment en entier cantonne à Neuville-en-Verdunois
  • 5 novembre 1914 : ordre d'opération n° III de la Division.

« Cet ordre porte que, par décision du Général commandant en chef, la 75e Division de réserve est dissoute. La 149e Brigade est rattachée au XVe Corps d'armée »

  • 06 novembre 1914; Souhesmes-la-Grande; 0 tués
  • 7 - 16 novembre 1914; Béthelainville; 4 tués
  • 17 novembre 1914: Chattancourt (5e btn, 2 cies) ; 0 tués
  • 18 novembre 1914 (mercredi): le 258e cantonne à Esnes.

« ordre général n° 44 : la 149e Brigade doit relever, dans la nuit du 18 au 19, le 173e régiment d'infanterie qui tient le centre de résistance constitué par Malancourt - Haucourt et la Croupe N. de Malancourt. En exécution de cet ordre, le 258e va cantonner en entier à Esnes. »

  • 19 novembre : travaux du génie à Haucourt

« Le 258e envoie 2 compagnies (22e et 23e) à Haucourt pour des travaux du génie et fournit des postes de soutiens d'artillerie. »

  • 22 novembre 1914 : occupation des tranchées de Malancourt - Haucourt (poste du lieutenant-colonel commandant le 258e) et les emplacements du Bois-Carré, de la cote 285

« Le 258e relève en première ligne le 240e et va occuper les tranchées de Malancourt - Haucourt et les emplacements du Bois-Carré, de la cote 285 — des Fermes allemandes dont tous les hommes du régiment qui restent de cette époque se souviendront longtemps. Le régiment est en liaison avec la 60e Brigade vers Béthincourt et avec la 29e Division vers Avocourt (Bois de Malancourt). Le poste du lieutenant-colonel commandant le 258e est à Haucourt. Aucun fait saillant, du reste, à signaler au cours de cette période. Les relèves avec le 240e d'infanterie s'effectuent la nuit tous les 4 jours sans incident notable. »

  • 18 - 21 novembre 1914 : Esnes-en-Argonne; 2 tués
  • 27 - 29 novembre 1914: Esnes-en-Argonne; 0 tués

DECEMBRE 1914

  • 4 - 7 décembre 1914 : Esnes-en-Argonne; 2 tués
  • 12 -15 décembre 1914: Esnes-en-Argonne; 2 tués
  • 26 - 29 décembre 1914: Esnes-en-Argonne; 0 tués

[1] « Historique du 258e Régiment d'Infanterie », pour toutes les notes sauf lorsque mentionnées.

1915

JANVIER 1915

  • Janvier – mars 1915 : Esnes, Haucouty, cote 304, Mort-Homme
  • 01 janvier 1915 : le Ministre de la guerre décide une distribution supplémentaire comme suit :

« 100g de jambon, 1 orange, 2 pommes, 50g de noix, 1 cigare (0,01 franc), ½ litre de vin par homme, 1 bouteille de vin de champagne pour 4 hommes »

  • 03 - 06 janvier 1915 : Esnes-en-Argonne; 0 tués
  • 11 - 14 janvier 1915: Esnes-en-Argonne; 3 tués
  • 15 Janvier 1915 : Mamelon H d'Haucourt

« Une légère modification intervient dans le secteur occupé par la 149e Brigade qui s'étend à gauche et occupe le mamelon H d'Haucourt à l'ouest du village et la tranchée Étoilée, se rapprochant ainsi du bois de Malancourt. »

  • 18 Janvier 1915 : tranchée Étoilée

« La 19e compagnie du 258e participe à une attaque faite par la 57e Brigade pour reprendre une portion de la tranchée tout près de la tranchée Étoilée occupée par le régiment. La 3e section de la 19e compagnie, sous les ordres de l'adjudant chef CAILLAUX, réussit à pénétrer dans la tranchée occupée par les Allemands et à les en chasser. Ce fait d'armes vaut à cette section des félicitations du colonel, et une citation à l'ordre du Corps d'armée »

  • 29 janvier 1914 : Esnes : citation à l'ordre du Corps d'armée. 

« Le colonel est heureux de porter à la connaissance du régiment l'Ordre général n° 141 ainsi conçu : Le Général commandant le 15e Corps d'Armée cite à l'ordre du 15e Corps d'Armée les troupes et hommes de troupe ci-après énumérés qui, les 17 et 18 janvier, se sont distingués dans la défense d'une tranchée qui avait été violemment bombardée et dans la reprise d'un élément de cette tranchée où l'ennemi était arrivé à prendre pied : la 7e compagnie du 111e Régiment d'Infanterie, la section de la 19e compagnie du 258e Régiment d'Infanterie et son chef, l'adjudant CAILLAUX. Copie du présent ordre sera délivrée aux hommes de cette section qui ont participé à l'action. Esnes, le 29 janvier 1915. »

FEVRIER 1915

  • 12 - 15 février 1915 : Esnes-en-Argonne; 3 tués
  • 17 février 1915 : Décès du Caporal Jean-Baptiste ROBIN, blessure de guerre
  • 20 - 23 février 1915: Esnes-en-Argonne; 3 tués
  • 25 – 28 février 1915 : Bois de Malancourt, Attaque de la tranchée enflammée

« Les Allemands employèrent, cette fois là, un nouveau moyen pour s'emparer des tranchées du bois de Malancourt. Les positions très rapprochées les unes des autres leur avaient permis d'arroser le terrain de pétrole, et après avoir fait exploser des mines, ils attaquèrent les positions du Bois, le 26 février vers 13 heures au milieu d'une fumée intense. Les occupants (3e d'Infanterie) furent faits prisonniers et obligés de céder du terrain. Les Allemands prirent de flanc nos positions du mamelon ouest d'Haucourt et essayèrent de s'infiltrer dans les boyaux de Courtine et des tranchées N et Étoilée. Les feux des Sections situées en arrière du mamelon ouest d'Haucourt, (21e compagnie, Lieutenant NAQUET) ne cessèrent pas de tirer sous un bombardement intense de gros calibre et arrêtèrent l'avance des Allemands. Des sections de renfort furent envoyées par le Lieutenant Colonel ÉRARD, à la fois aux mamelons ouest et sud-ouest d'Haucourt, ce qui permit d'arrêter tout à fait l'avance ennemie dans le bois, et à la sortie du bois par des feux bien dirigés. C'est grâce à l'énergie des chefs et soldats du 258e que les Allemands ne purent pas ce jour là profiter de leur avance rapide dans le bois, contre les troupes de la 57e Brigade. »

MARS 1915

  • 8 mars 1915: Esnes-en-Argonne : le régiment qui était en position depuis le 24 février est relevé par 2 bataillons de la 29e Division.
  • 15 mars 1915 :

« Ordre du Général de la 3e Armée : la 149e Brigade passait aux ordres du 5e Corps d'armée, la 58e Brigade était remise à la disposition du 15e Corps d'armée. »

Ordre du Régiment no 40 félicitant la 21e Compagnie :

« Le Colonel adresse ses félicitations aux gradés et soldats de la 21e Compagnie pour leur attitude courageuse et énergique pendant les périodes du 25 au 28 février et du 5 au 8 mars 1915, et plus particulièrement à l'occasion des affaires des 26 et 27 février dans le bois de Malancourt (57e Brigade) au cours desquelles les feux de la 21e compagnie dirigés sur les Allemands à la lisière du bois de Malancourt contribuèrent à arrêter la progression de l'ennemi vers la tranchée N. Le 15 mars 1915. Le Lieutenant-Colonel ÉRARD »

  • Mars – juin 1915 : Le 258e cantonne à Parois. Le 258e et le 240e d'Infanterie occupent un secteur qui longeait la petite rivière Buante et les tranchées allaient de Vauquois, ferme de la Hardonnerie, pont des quatre enfants, la Cigalerie, secteur de la Buanthe, tranchée de la Fonderie.
  • 17 - 21 mars 1915: Vauquois, est (sous-secteur de la Buanthe) ; 5 tués
  • 27 - 31 mars 1915: Vauquois, est (sous-secteur de la Buanthe); 7 tués

AVRIL 1915

  • 04 – 06 avril 1915 : Vauquois : attaques sur les Éparges.
  • « Pendant les journées des 4, 5 et 6 avril 1915, moment des attaques sur les Éparges, la 10e Division fit une diversion sur des tranchées à l'ouest de Vauquois (Attaque du V de Vauquois), sous une pluie torrentielle le régiment alla occuper des positions en réserve, le 6e Bataillon fut envoyé à la Barricade sous Vauquois et l'une des compagnies, la 21e sous le commandement du Capitaine BONAREL, fut désignée pour soutenir l'attaque à Vauquois. Elle fut dirigée vers le bois noir par la Maize, mais l'ordre d'assaut fut arrêté au dernier moment. »
  • 09 - 16 avril 1915: Vauquois, est (sous-secteur de la Buanthe); 11 tués
    • Longitude 5.076; Latitude 49.202262 (position 82)
    • 16 avril 1915 : Mort du soldat Marius Paul ROBIN, blessure de guerre, père de la Juste Marie-Jeanne OTTINO (née ROBIN)[1]

Le Général commandant la 10e Division fit paraître au moment de la dislocation de la 149e Brigade l'ordre du jour suivant :

Ordre du Régiment No 79

Le Lieutenant-Colonel porte à la connaissance du Régiment l'ordre No 77 de la 10e Division du 10 juin 1915, suivant :

« A dater de ce jour, la 149e Brigade cesse de relever de la 10e Division d'Infanterie. « En se séparant de cette Brigade, le Général de Division tient à exprimer à son chef, aux officiers, gradés et hommes des 240e et 258e, ses remerciements pour le concours dévoué qu'ils lui ont apporté depuis 4 mois, et tous les regrets que lui cause le départ d'une troupe dont l'excellent esprit, la parfaite cohésion et l'entrain ont permis de constater qu'on pouvait compter sur elle en toute circonstance.

« Le Général de Division adresse à tous, ses adieux et ses vœux les plus sincères pour l'avenir. Esnes, le 16 juin 1915. Le Lieutenant-Colonel ÉRARD,

Commandant le 258e Régiment d'Infanterie.

Ordre du Régiment No 83

Le Lieutenant-Colonel porte à la connaissance du Régiment l'Ordre Général en date du 15 juin 1915, No 2413/3 du Général commandant le 5e C. A.

« Au moment du départ de la 149e Brigade, le Général commandant le 5e Corps d'Armée tient à exprimer à cette troupe et à son chef toute sa satisfaction pour le concours dévoué qu'ils n'ont cessé de lui prêter en toutes circonstances dans le secteur de défense qui leur était assigné. »

Le 19 juin 1915.Le Lieutenant-Colonel ÉRARD, Commandant le 258e Régiment d'Infanterie.

Bois de Malancourt

Par suite de la dislocation de la 149e Brigade, le 258e, remis à la disposition du 15e Corps d'Armée, alla cantonner à Esnes (état-major et 5e bataillon). Le 6e bataillon était à Montzéville avec 2 compagnies (23e et 24e) et avait 2 compagnies (21e et 22e) à Lambéchamp.Conformément à l'ordre général No 198 du 15e Corps d'Armée, le 258e forma, avec le 3e Régiment d'Infanterie, la 57e Brigade dans la 29e Division.

Les divisions comprenaient alors 3 régiments actifs et un de réserve.

La 57e Brigade était placée sous les ordres du Général de SALINS et la 29e Division sous les ordres du Général CARBILLET.

10 juin. — Le Régiment a pour mission d'occuper le sous-secteur du bois de Malancourt (sous-secteur de droite). Les tranchées occupées par le Régiment étaient celles de la Canonnière-Basse, dans le vallon entre les mamelons d'Haucourt, les tranchées S, sur le mamelon sud-ouest d'Haucourt, et le groupe R à la lisière du bois de Malancourt.

Cette période de tranchées du bois de Malancourt a été marquée par des bombardements très violents et des explosions de mines très fréquentes principalement en avant des tranchées R. Lors de l'explosion d'une des premières mines, le 4 juillet 1915, le Lieutenant-Colonel PERRIER, commandant le secteur du bois de Malancourt, écrivait au Général de Brigade la note suivante :

« N. 1 165 de 4/7 15. « J'ai le devoir de vous signaler la rapidité avec laquelle les hommes du 258e, qui s'étaient repliés par ordre dans la tranchée R, ont repris leur poste de combat après l'explosion de la mine française. « Sans la moindre hésitation et sans contrainte, ces hommes ont bondi vers l'avant et ont ouvert un

feu violent quelques secondes après l'explosion. »

Signé : PERRIER. Le 14 juillet 1915 ,1er Général commandant la 57e Brigade prescrit au Commandant du Sous-

Secteur de gauche occupé par le 3e, une opération ayant pour but de s'emparer de la lisière du bois de Malancourt au nord des ouvrages appelés I et J.

Cette opération ne réussit qu'en partie et la compagnie du 3e ne put qu'occuper un entonnoir fait en avant des tranchées.

Les Allemands contre-attaquèrent le 15 juillet, et un peloton de la 21e compagnie du 258e sous les ordres du capitaine NAQUET, alla renforcer les occupants des tranchées I et J et de l'entonnoir qu'il fallait conserver à tout prix.

La résistance des hommes du 258e permit de briser l'attaque allemande, et la position fut maintenue et organisée.

Aucun événement important n'est à signaler jusqu'au 22 septembre. Les compagnies du 258e alternent dans le service des tranchées du bois de Malancourt qui leur sont affectées et travaillent pendant les périodes de repos à l'organisation défensive du bois, à la construction de boyaux et tranchées, à la pose de fils de fer, au barrage établi près du layon d'Haucourt. Des travaux de nuit sont également exécutés sur les mamelons exposés aux vues de l'ennemi.

Le régiment subit plusieurs fois des bombardements qui lui causèrent quelques pertes. Le 22 septembre 1915, commença de notre côté un bombardement très violent des tranchées allemandes. C'était la préparation de l'offensive qui allait se faire en Champagne, et dans le secteur du bois de Malancourt.

L'action se réduisit tout d'abord à de violents tirs de notre artillerie, semblant préparer une attaque, et en même temps des brèches étaient faites dans nos réseaux de fils de fer pour permettre à nos hommes de se porter en avant. L'artillerie allemande répondit avec vigueur et le 258e subit des pertes assez sensibles par des obus de gros calibres et des torpilles.

Du 22 au 26 septembre, le régiment eut dix tués et 50 blessés dont 3 officiers.

L'offensive de Champagne n'ayant malheureusement pas réussi, l'attaque projetée pour le 258e qui devait se porter à l'assaut des tranchées du bois de Malancourt, et des tranchées situées sur la route de Malancourt à Avocourt ne se fit pas.

Le 8 octobre, les Allemands font exploser 2 mines en avant des tranchées R sans résultat (3 tués, 8 blessés à la 19e Compagnie du 258e).

Le même jour, le génie français riposte et fait exploser une mine qui ensevelit le petit poste allemand.

De violents bombardements eurent lieu et le 22 octobre pendant plusieurs heures, la « tranchée de l'Observatoire », occupée par une section de la 21e Compagnie sous les ordres du Lieutenant IMBERT, fut l'objet d'un tir par obus de gros calibre pour démolir le blockhaus de mitrailleuses. La tranchée fut complètement bouleversée et 5 hommes furent tués, ensevelis dans les abris.

Le 13 et 18 novembre, nouvelle explosion de mines allemandes en avant des tranchées R.

Le 23 novembre, les Allemands font de nouveau exploser un très gros fourneau de mine en avant des tranchées R (2 tués, 2 blessés).

Le 26 novembre, les Allemands font exploser des mines, et le soir, lancent des obus asphyxiants dans le secteur du bois de Malancourt. Ces explosions se renouvelèrent ainsi fréquemment et, chaque fois, causaient des pertes aux compagnies qui occupaient les tranchées R.

L'année 1915 se termina dans un calme relatif et rien d'important n'est à signaler dans le secteur du 258e. Les pertes du régiment de juillet à fin décembre 1915 ont été de 60 tués et de 250 blessés. Jusqu'au jour de la grande attaque de Verdun, aucun fait saillant, à part des explosions de mines et

quelques bombardements violents, ne se produisit dans le bois de Malancourt.

1916

La Bataille de Verdun fut déclenchée le 21 février au matin par le commandement allemand qui pensait - par la prise de Verdun - entraîner la rupture du front français et pouvoir ainsi opérer une marche foudroyante sur Paris.

Le 21 février 1916, lorsque les Allemands déclenchent la bataille de Verdun en rive droite de la Meuse, le 258e RI - qui fait partie avec le 111e RI d'Antibes de la 57e brigade de la 29e division de la 3e Armée du général Humbert - est en 1re et 2e lignes dans le bois de Malancourt entre Avocourt et Malancourt. Le général Pétain - chef de la 2e Armée - est alors chargé par Joffre du commandement de la région fortifiée de Verdun (RFV). Les 26-27 février, Pétain organise en rive gauche de la Meuse, un « secteur ouest de Verdun » commandé par le « Groupement Ouest du général de Bazelaire » qui a sous ses ordres deux sous-secteurs : « gauche » avec le général Alby et « droit » avec le général Aimé. C'est ainsi que le 258e Ri est intégré avec sa 29e division (commandée par le général de Salins) en 1re Position du Groupe du général Alby. N'ayant pas réussi à s'emparer de Verdun par la rive est, les Allemands attaquent en rive ouest de la Meuse à partir du 6 mars mais dans le sous-secteur de droite à Forges dont ils s'emparent le jour même. Au soir du 15 mars, n'ayant pas réussi à conquérir le sommet de la cote 295 (Mort-Homme), ils décident - le 20 mars - d'attaquer par le bois de Malancourt pour s'emparer ensuite du plateau stratégique limitrophe de la cote 304.

Le 21 février, un violent bombardement ennemi par obus de tous calibres, sur les tranchées françaises de Saint-Mihiel à Vauquois, précéda l'attaque d'infanterie qui eut lieu sur tout le secteur en rive droite de la Meuse, notamment dans la direction du bois des Caures et de Douaumont.

Le 258e RI occupe alors les positions de la partie N.E. du bois de Malancourt situé dans le secteur en rive ouest de la Meuse. Son 6e Bataillon est en première ligne et son 5e Bataillon est en réserve. Pendant plusieurs jours, le bombardement ne cesse pas un instant, ni de jour ni de nuit, sur les positions et dans le bois. Le régiment a quotidiennement de nombreux blessés et tués, les tranchées de Vaucluse (Groupe S), de l'Observatoire, les tranchées R et P sont particulièrement visées par des obus de gros calibres et des grosses torpilles.

Le 6 mars, n'ayant pas pu s'emparer de Verdun par la rive est de la Meuse, les Allemands attaquent par la rive ouest dans le secteur de Forges en direction de la cote 295 (Mort-Homme).

Le 11 mars, le Lieutenant-Colonel GÉANT, du 136e d'Infanterie, prend le commandement du 258e et, ce jour-là, le 5e Bataillon remplace le 6e en première ligne.

Le 12 mars, bombardement encore plus violent des tranchées du bois de Malancourt (3 tués, dont le Sous-Lieutenant VALLADIER, et 26 blessés) .

Le 13 mars, 2 compagnies du 6e Bataillon (21e et 24e) vont au sud à Bhételainville en cantonnement, à la disposition du commandement de la 29e Division. Du 13 au 15 mars, les Allemands essayent vainement de s'emparer du sommet de la cote 295 (Mort-Homme). Cet échec va les décider à attaquer par le bois de Malancourt

Le 15 mars, les 22e et 23e Compagnies remplacent à Bhételainville les 21e et 24e Compagnies qui remontent au bois de Malancourt en 1re et 2e lignes.

Le 19 mars, dans la soirée, le 6e Bataillon relève le 5e Bataillon en 1re ligne. Les positions occupées par les compagnies sont les suivantes : La 21e Compagnie occupe les ouvrages P et R 3 (Sausse), dans le bois. La 22e Compagnie occupe les ouvrages S (Vaucluse), en dehors du bois. La 23e Compagnie occupe les ouvrages R (Theurelle) dans le bois et à la lisière est et l'Observatoire, en dehors du bois à la lisière est. La 24e Compagnie occupe le Centre Martin en arrière et les tranchées A (2e ligne dans le bois). Le 5e Bataillon, en réserve, a ses compagnies ainsi réparties : La 17e Compagnie dans des abris cintrés 71 (dans le bois 3e ligne). La 18e Compagnie, Réduit en arrière des tranchées S (en dehors du bois) et tranchées A dans le bois. La 19e Compagnie est au repos au camp des civils, dans la forêt de Lambéchamp. La 20e Compagnie a un peloton à la parallèle (barrage) et un peloton en réserve de secteur (poste du Général).

Attaque du bois de Malancourt. Les Allemands qui n'avaient pas pu prendre Verdun par leur attaque brusquée des derniers jours de février, résolurent de frapper par petits coups, et de faire tomber peu à peu les défenses de Verdun. C'est ainsi qu'après les attaques sur la rive droite de la Meuse, eurent lieu les attaques sur la rive gauche (vers le Mort-Homme d'abord à partir de Forges puis vers la cote 304 à partir du bois de Malancourt).

La prise de ces deux points importants leur aurait permis de dominer toutes les voies de communication de Verdun, et surtout de tenir sous leurs feux directs la ligne de chemin de fer Clermont – Dombasle - Verdun participant au ravitaillement de Verdun en complément de la Voie-Sacrée.

Les Allemands commencèrent d'abord leur attaque à partir de Forges vers la cote 295 (Mort-Homme) par leur aile gauche. Ils enlevèrent facilement le village de Forges le 6 mars et avancèrent ensuite vers les pentes du Mort-Homme par le bois des Corbeaux. Mais ils furent tenus en échec le 15 mars et ne purent s'emparer du sommet du Mort-Homme. Pour leur permettre une chute plus rapide des villages de Haucourt, Malancourt et Béthincourt, les Allemands résolurent d'attaquer à l'extrémité droite de leur ligne d'attaque, c'est-à-dire le bois de Malancourt-Avocourt. C'était l'attaque sur les deux ailes, classique pour faire tomber le centre et, d'après leurs calculs, la cote 304 devait être prise après le bois de Malancourt limitrophe.

L'attaque dans le bois était prévue depuis plusieurs jours. Avec des travaux d'approche signalés à maintes reprises par des Compagnies du 258e et qui ne laissaient aucun doute sur les intentions de l'ennemi. Les Allemands étaient même arrivés dans des boyaux très profonds et très étroits à construire des sapes d'approche, tout près des lignes françaises, à quelques mètres à peine, sous les réseaux de fil de fer. Malgré le bombardement violent par obus et torpilles de tous calibres et principalement par des tirs au canon (de 58 ?), nos poilus n'avaient pu arriver à arrêter les travaux de l'ennemi. D'autre part, d'après les renseignements spéciaux parvenus à la Division, on avait appris la présence, sur le front du bois de Malancourt, d'une division bavaroise à 3 régiments et de nombreux renforts en artillerie lourde.

C'est le 20 mars 1916, vers 7 heures du matin, que commença le bombardement excessivement violent par obus et torpilles de nos positions du bois et à l'est du bois. Les abris construits avec des rondins étaient insuffisamment résistants, et au bout de quelques heures, les tranchées étaient complètement bouleversées et démolies. De nombreux hommes étaient ensevelis dans leurs abris. Le Commandant de la 23e Compagnie (Lieutenant BENEZET) est enseveli dans son abri, et est tué. Les avions allemands, qui survolent seuls nos lignes sur le bois, règlent le tir sans être gênés, et l'absence de feuilles aux arbres facilite leur travail de réglage. Les tranchées de première ligne, si bien organisées pour des attaques par surprise, n'étaient plus que trous d'obus et abris effondrés. Cette ligne de tranchées ne pouvait plus offrir la moindre résistance et cependant, quelques Allemands, vers 14 heures 30, après un « Trommel feuer » formidable, attaquèrent les tranchées occupées par le 258e avec des jets de liquide enflammé ; ils trouvèrent devant eux des poilus, qui ayant pu échapper au bombardement, arrêtèrent leur marche en avant et leur causèrent des pertes sensibles. C'est ainsi que la ligne occupée par le 258e, c'est-à-dire à l'est du bois, résista vaillamment aux attaques allemandes.

Le groupe Sausse occupé par la 21e Compagnie du 258e fut défendu pied à pied. Le Sous- Lieutenant DELPECH à gauche, quoique pris de revers, fit une résistance acharnée. Il en fut de même de l'Adjudant BRUNIER et du Sous-Lieutenant FALQUE, dont la section occupait des éléments de tranchées. Ce dernier officier, qui occupait avec sa section la tranchée R 3, fut d'un héroïsme remarquable et devant cette tranchée gisaient de nombreux Allemands. Ce n'est que par leur infiltration en arrière et dans les boyaux que les Allemands purent s'emparer de cette tranchée dont tous les occupants étaient blessés ou tués. (Le Sous-Lieutenant FALQUE fut blessé à plusieurs reprises par balle et éclats de grenades, et fut laissé pour mort dans la tranchée). Le Capitaine NAQUET, avec quelques hommes, organisa un nid de résistance près du poste de commandement et lutta jusqu'au 21 mars dans la soirée après avoir infligé des pertes sensibles aux Allemands. Le Groupe Theurelle, occupé par la 23e Compagnie, fut défendu avec acharnement. Des mines avaient fait sauter des éléments de tranchées, et le Commandant de la Compagnie avait été tué (Lieutenant BENEZET). Les Sous- Lieutenants ALBERTI et TORDO organisèrent vaillamment la défense. L'Adjudant-Chef CAZOLES, qui occupait la tranchée de l'Observatoire, résista jusqu'au 21 mars dans la soirée.

En arrière, les Lieutenants LUIGI et PREZIOSI, de la 20e Compagnie, qui occupaient la parallèle du barrage furent tués en défendant vaillamment le terrain. Du côté des tranchées A, A1, A5, la résistance ne fut pas moins vive. Ces tranchées furent attaquées presque en même temps que les premières lignes. Les Allemands, en effet, portèrent tout l'effort de l'attaque sur le centre du bois (Layon Central) et se rabattirent ensuite sur les ailes. Le Capitaine PERRISSEZ, Commandant la Compagnie de mitrailleuses du 258e n'hésita pas à se porter avec une mitrailleuse à cheval sur le layon, et là, à découvert, fit des ravages dans les rangs ennemis. Malheureusement, il fut tué peu d'instants après d'une balle à la tête. Les Allemands attaquèrent le Centre Martin (Centre 10), mais furent repoussés dans les boyaux dans des combats à la grenade. Le Lieutenant-Colonel du 258e, qui avait son poste de commandement au Centre Martin, et qui avait voulu, au moment de l'attaque allemande, se porter du côté des tranchées A, fut fait prisonnier par une patrouille allemande qui s'était approchée de son ancien poste. C'est le Commandant DONAREL qui le remplaça à la tête du Régiment, et c'est à lui que revient l'honneur de la défense héroïque du Centre Martin (du 20 au 23 mars). Les Allemands progressèrent en effet assez rapidement dans le bois, et purent faire de nombreux prisonniers par suite de la rapidité de leur avance. La 19e Compagnie du 258e (Capitaine GOUIN) fut aussi faite prisonnière dans les boyaux d'accès au bois malgré la résistance acharnée de quelques hommes sous la conduite des Lieutenants PERROT et ORSINI. Le Lieutenant SANHET, de la 17e Compagnie, était tué en essayant de reprendre un élément de tranchée.

L'Adjudant HERMITTE (Adjudant du 6e Bataillon) organise la défense dans les tranchées A, après la mort du Capitaine PERRISSEZ, avec les Lieutenants CHABAS (18e Compagnie) et TABOUL (24e Compagnie), qui avaient tous les 2 des sections au barrage. Ces tranchées ne furent prises par les Allemands que tard dans la soirée du 20 mars. Les tranchées S n'avaient pas été attaquées directement ce jour-là. Les Allemands s'étaient également emparés du PC du Général de la 57e Brigade (le colonel Brümm) qu'ils avaient fait prisonnier avec son état-major. Les contre-attaques successives françaises d'abord des compagnies des 121e et 142e (formant le Bataillon mixte La Pomélie) puis du Bataillon Rouget du 3e d'infanterie et enfin en soirée d'un bataillon du 111e rejoint de nuit par un bataillon du 105e (Groupement Verdet) visèrent à sécuriser les 4 300 mètres des lisières du bois pour empêcher les forces ennemies d'en sortir. La Compagnie de mitrailleuses du 258e était alors en réserve.

20 mars : l'affaire du bois de Malancourt. À l'aube, la situation dans le bois de Malancourt avant l'attaque allemande est la suivante : le 1/4 est de la 1re ligne (longue de 2 000 mètres) est défendue par les 400 hommes (au maximum) de deux des 12 compagnies du 258e régiment. Les 3/4 restants de la 1re ligne (soit 1 500 mètres) étant défendus par les 1 200 hommes (au maximum) de six compagnies du 111e RI d'Antibes. Et les 1 800 mètres de la 2e ligne sont alors défendus d'est en ouest par 1 000 hommes : les 400 de deux compagnies du 258e RI d'Avignon et les 600 de trois compagnies du 106e RIT (Territoriaux âgés) avec leur section de mitrailleurs. Soit en tout, pour la défense du bois de Malancourt, 2 600 hommes (au maximum) très inégalement répartis. Le secteur du 111e RI est proportionnellement en sous effectif de moitié et ne comporte aucun ouvrage défensif. Le petit secteur du 258e RI est bien mieux pourvu avec en plus deux ouvrages défensifs en bordure du bois (Observatoire et Martin). Et dans le bois, les 1re et 2e lignes ne comportent aucun ouvrage défensif digne de ce nom. Ces faiblesses d'organisation dans la défense du bois vont être magistralement exploitées par le commandement allemand[2].

Après un terrible bombardement matinal, l'ennemi va réussir son assaut par infiltration avec fumigènes, lance flammes et les milliers d'hommes d'une division bavaroise d'élite qui s'emparent de tout le bois de Malancourt en un temps record[3]. Le magistral stratagème de l'ennemi a réussi. Quasiment tous les hommes présents dans le bois sont mis hors de combat y compris le général de la 57e brigade (le colonel Brümm) avec son état-major et les chefs des 111e (avec son état-major) et 258e RI (le colonel Géant). Au grand nombre de tués s'ajoutent tous ceux faits prisonniers (blessés ou pas). Et notamment les quelque 800 défenseurs (au maximum) des 4 compagnies du 258e RI présentes dans le bois : les 21e et 23e en 1re ligne et les 20e et 17e en 2e et 3e lignes. Et par ailleurs les 1 200 défenseurs du 111e RI : de son chef (avec son PC et donc son JMO et son drapeau) aux commandants de bataillon, officiers subalternes, sous-officiers et soldats. Logiquement, la compagnie du centre défensif des Rieux - à découvert en bordure N.O. du bois - n'a pas été attaquée contrairement aux centres défensifs de l'Observatoire et Martin qui vont résister. Et, affaiblies par leurs quelque 200 mis hors de combat lors de la contre-attaque du 11 mars, les quatre compagnies du bataillon du 111e RI au repos à Esnes seront envoyées d'urgence en soirée pour attaquer (avec des pertes non précisées) puis sécuriser - en relation avec le centre défensif des Rieux - la bordure N.O. du bois et ainsi empêcher dans leur secteur les Allemands d'en sortir. Ils seront rejoints en pleine nuit par un bataillon du 105e RI (de la 26e Division en 2e position) avec qui ils formeront le groupement Verdet. Le 20 mars, huit des 12 compagnies du 258e RI n'ont donc pas été mises hors de combat même si elles devront continuer à affronter les assauts victorieux des Allemands dans les jours qui suivront avant qu'elles ne soient relevées[4].

À Verdun - entre ennemis - la guerre psychologique est telle que la propagande allemande - pour humilier les Français et vanter le courage et la supériorité des leurs - va claironner que « 2 900 français non blessés se sont rendus sans combattre ». Sans mentionner le total des pertes françaises (tués, blessés, disparus), le général de la 29e division reprend à son compte textuellement l'assertion infamante de la propagande ennemie pour accuser les hommes (officiers compris) de ses 13 compagnies de trahison collective : « les prisonniers non blessés devant à la fin de la guerre être traduits en Conseil de guerre »[5]. Cette thèse accusatoire - bien que démentie par Philippe Pétain en 1929 - sera reprise par beaucoup d'historiens comme Pierre Miquel[6] contrairement aux autres comme André Payan-Passeron qui en 2017 - à la fin de sa démonstration scientifique de 37 pages (avec tableau et cartes de sa main)) - précise page 129 cartographie à l'appui que « le commandement français a bel et bien sacrifié les soldats de la 1re Position pour arrêter l'ennemi sur sa 2e Position de défense d'Esnes à Chattancourt et Marre ».

Le lendemain 21 mars, le combat continua très dur et très pénible. Les Allemands essayaient de s'infiltrer du côté de la lisière est du bois. Ils s'emparaient de l'Observatoire et progressaient dans les boyaux du côté du centre Martin. Les mitrailleuses qui étaient à ce centre, sous les ordres du Sous-Lieutenant FRESCHET, ne cessèrent de tirer malgré des bombardements violents et firent des ravages importants dans les rangs ennemis. Les hommes de la 24e Compagnie, qui occupaient l'ouvrage Martin furent splendides de vaillance et d'endurance et luttèrent sans arrêt sous les ordres du Lieutenant IMBERT, commandant la Compagnie. À noter la conduite digne d'éloges du Lieutenant RISTERRUCCI qui, à maintes reprises, repoussa les Allemands des boyaux dont ils voulaient s'emparer.

Le 22 mars, dans la matinée, la 22e Compagnie du 258e, sous les ordres du Capitaine VILLARS, qui occupait le groupe S, est relevée par une Compagnie du 105e d'Infanterie. La 24e Compagnie (Centre Martin) et le peloton de la 18e Compagnie placé dans des abris en arrière de S sous les ordres du Capitaine SABATIER, ne purent pas être relevés à temps à cause de l'arrivée en retard des compagnies du 105e d'infanterie. Ce jour-là, les Allemands attaquèrent violemment dans l'après-midi le mamelon d'Haucourt dont la plupart des défenseurs (du 3e Bataillon du 141e RI de Marseille) moururent en « héros »[7]. Le groupe S tomba aussi entre leurs mains après une très forte résistance des soldats du 105e.

Le centre Martin résista encore à la poussée et ce n'est que le lendemain matin 23 mars, que le commandant DONAREL fut obligé de laisser l'ouvrage entre les mains des Allemands qui, depuis la veille, l'avaient d'ailleurs cerné complètement. En même temps que le commandant DONAREL, était fait prisonnier un commandant du 105e d'Infanterie, venu la veille pour le relever avec une Compagnie de ce régiment. La résistance du centre Martin est une des belles pages de la défense de Verdun. Pendant plus de 3 jours, les poilus du 258e, sans être ravitaillés et harassés de fatigues, résistèrent à des attaques sans cesse répétées d'ennemis supérieurs en nombre et aidés par de l'artillerie puissante et de grands moyens d'action (grenades, jets de liquide enflammé).

Les Allemands avouèrent au Commandant DONAREL avoir perdu plus de 1 500 hommes devant cet ouvrage où se trouvait à peine la valeur d'une compagnie. Il en fut de même de la résistance des tranchées en arrière du groupe S sur les pentes sud de ce mamelon où le peloton de la 18e Compagnie du 258e, sous les ordres du Capitaine SABATIER, croisant ses feux avec les défenseurs du centre Martin, contribua puissamment à l'arrêt des vagues d'assaut ennemies sur les pentes du plateau de la cote 304. Ce peloton ne fut fait prisonnier que le 23 mars dans la matinée.

Le 258e avait perdu beaucoup d'hommes tués ou prisonniers blessés ou non. Seule une Compagnie avait pu être relevée, et c'est la seule qui revint à l'arrière (22e Compagnie sous les ordres du Capitaine VILLARS). On peut affirmer qu'en cette affaire, le Régiment fit tout son devoir. Ainsi, le Général commandant la 29e Division, qui tout d'abord avait cru que tout le 258e avait été fait prisonnier le 20 mars, revint, peu de jours après, sur sa première impression et, dans un ordre du jour fameux, tint à féliciter et « citer à l'ordre » des unités et divers officiers dont les noms lui avaient été donnés.

  • mars : Dissolution

L'Entre-deux-guerres

Seconde Guerre mondiale

De 1945 à nos jours

Traditions et uniformes

Insigne

Devise

Personnages célèbres ayant servi au 258e RI

Notes et références

  1. Décision no 12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, no 27, 9 novembre 2007
  2. André Payan-Passerron, Quelques vérités sur la guerre de 1914-18 : deux frères, Joseph et Césaire, ""morts pour la France, Paris, L'Harmattan, , 296 p. (ISBN 978-2-343-12515-2, OCLC 1010312649)
  3. Philippe Pétain, La bataille de Verdun, Éditions Payot, Paris, 1929, 156 pages, réédité par les Éditions Perrin, Paris, 2015, 182 pages, (ISBN 978-2-262-06405-1). Page 69 : « L'ennemi ... enlevait, du 20 au 22 mars, nos points d'appui ... du bois de Malancourt [...]. Il devait ce premier succès réel sur la rive gauche à la brillante conduite de la 11e division bavaroise, unité d'élite, dont l'irruption soudaine avait surpris nos troupes. »
  4. André Payan-Passeron, pages 92 à 129 et 284 à 290, Quelques vérités sur la guerre de 1914-18 avec 85 cartes et plans explicatifs de l'auteur, éditions L'Harmattan, Paris, 2017, 298 pages, (ISBN 978-2-343-12515-2)
  5. Ordre du 27 mars 1916 du général de Salins commandant la 29e Division : « Le 20 mars 1916, deux bataillons du 111e, deux bataillons du 258e et trois compagnies du 106e Territorial ... se sont rendus sans avoir fait tout ce que leur commandait le Devoir et l'Honneur. Dans leur bulletin, les ennemis de la Patrie et de la Liberté entonnent un chant de triomphe et annoncent que 2 900 français non blessés se sont rendus sans combattre. Le Général ... flêtrit ... la lâcheté de ces mauvais soldats et de ces mauvais patriotes. [...] En outre, tous ceux de ces militaires , quels que soient leurs grades, qui auraient été faits prisonniers, sans avoir été blessés, seront à la fin de la guerre traduits en Conseil de Guerre, pour capitulation, désertion ou abandon de poste en présence de l'ennemi. Signé, le 27 mars 1916, le Général commandant la 29e Division : de Salins ».
  6. Pierre Miquel, Mourir à Verdun, Paris, Tallandier, coll. « Texto », , 315 p. (ISBN 978-2-847-34839-2 et 979-1-021-01826-6), p. 139 à 141
  7. Ordre du Régiment no 397 signé par le colonel Philipot commandant la 58e Brigade : « ... Le colonel félicite particulièrement le 141e RI [...]. Nos pertes sont cruelles et le colonel salue avec admiration et avec respect tous les héros, sans distinction de grades, qui sont tombés pour la France et pour l'honneur du drapeau ». La liste comporte 564 noms (JMO 26N693/6 du 141e RI)

Voir aussi

Sources et bibliographie

Articles connexes

Liens externes