12e Panzerdivision SS Hitlerjugend

12e SS Panzer-Division Hitlerjugend
image illustrative de l’article 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend
Blason de la 12e SS Panzer-Division Hitlerjugend

Création 1943
Dissolution 1945
Pays Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Branche Flag of the Schutzstaffel.svg Waffen-SS
Type Division SS
Rôle Blindé
Fait partie de 1er SS-Panzerkorps
Guerres Seconde Guerre mondiale
Batailles Bataille de Normandie
Opération Wacht am Rhein
Opération Frühlingserwachen
Commandant historique Fritz Witt (1943-1944)
Kurt Meyer (1944)
Hubert Meyer (1944)

La 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend était une division blindée de la Waffen-SS. Elle fut engagée sur les fronts de l'Est et de l'Ouest durant la Seconde Guerre mondiale. La plupart de ses membres étaient issus des Jeunesses hitlériennes (Hitlerjugend) et étaient de la classe 1926. Le blason de la division était composé d'une Sieg Rune (emblème de la Hitlerjugend) et de la clé de la 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler.

Historique

Création

Au mois de janvier 1943, le SS-Gruppenführer Gottlob Berger proposa au Reichsführer-SS Heinrich Himmler de constituer une division SS composée de membres des "Jeunesses hitlériennes". Celui-ci approuva de manière enthousiaste, et dès le un décret officiel fut émis pour l'utilisation des jeunes de la classe 1926 pour constituer la division SS Hitlerjugend. Comme commandant de la division, Himmler désigna le SS-Oberführer Fritz Witt issu de la Leibstandarte SS Adolf Hitler, unité aguerrie au combat qui fournit également d'autres cadres pour la nouvelle division. À la suite d'un concours, on adopta l'insigne de la division, la rune de la victoire de la "Jeunesse Hitlérienne" croisée avec une clef, l'insigne de la Leibstandarte.

Le maréchal von Rundstedt inspectant la division à la frontière franco-belge (janvier-février 1944).

L'unité fut donc créée le 24 juin 1943[1] comme SS-Panzergrenadier-Division pour être la jumelle de la SS-Panzergrenadier-Division LSSAH dans le 1er SS-Panzerkorps[2]. Jusqu'au 1er septembre 1943, plus de 16 000 membres des "Jeunesses hitlériennes" furent appelés dans ses rangs, et reçurent durant six semaines une formation militaire de base. Durant leur formation à Beverloo dans le secteur d'Anvers en Belgique, il fut décidé de transformer la division, initialement prévue pour devenir une division de Panzergrenadiers, en une division blindée (Panzerdivision).

À la suite de la numérotation des unités de la Waffen-SS au , l'unité reçut le numéro 12 et les deux régiments de Panzergrenadiers les numéros 25 et 26. En mars 1944, la division était prête pour le baptême de feu. En mai 1944, elle fut transférée à Caen, en Normandie, où elle était placée sous le commandement de la Panzergruppe West.

Durant son transfert, 86 civils âgés de 15 à 85 ans, et sans aucun lien avec la résistance, furent massacrés à Ascq par des membres de la division, sous le commandement de l'Obersturmführer Walter Hauck, en représailles à une attaque de train dans la nuit du 1er au , qui n'avait fait aucune victime[3].

Engagements en Normandie

Un membre de la division Hitlerjugend en Normandie (juin 1944)

Le débuta avec l'opération Overlord la libération de la Normandie par les Alliés. La 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend était alors, avec la 21e Panzerdivision, l'unité de réserve blindée stationnée le plus près des plages du débarquement. Mais à la suite des bombardements aériens intensifs dans cette zone, elle ne put engager le combat que vers 22 h près d'Évrecy.

Le 7 juin, la 21e Panzerdivision et la division Hitlerjugend lancent une contre-offensive qui barre aux Britanniques et aux Canadiens la route de Caen[4]. La Hitlerjugend bloque ensuite l'offensive britannique vers Cuverville et Demouville[5]. Le 8 juin, le 26e régiment Panzergrenadiers SS, sous le commandement du SS-Obersturmbannführer Wilhelm Mohnke, atteignit sa position à l'ouest de la troupe de Meyer. Le régiment fonça en direction de Norrey-en-Bessin et occupa ce village d'importance stratégique. Dans le même temps, des éléments de la division sous le commandement de Kurt Meyer massacrent des prisonniers de guerre canadiens à l'abbaye d'Ardenne[6].

Le 14 juin la Royal Navy ouvrit le feu sur le PC de la division, situé à Venoix, et son commandant Fritz Witt fut tué. Il fut alors remplacé par Kurt Meyer qui, à l'âge de 33 ans, devint le plus jeune commandant d'une division de la Seconde Guerre mondiale.

Au cours du mois de juin, 178 prisonniers et des dizaines de civils sont assassinés par des membres de la division Hitlerjugend, qui « brilla par sa barbarie »[7]. Meyer fut condamné pour crimes de guerre par la suite car il avait ordonné à ses unités de ne pas faire de prisonniers. La division se trouve ensuite engagée lors de l'Opération Epsom.
Durant les trois premières semaines de la bataille, la division détruit 23 blindés alliés en combat rapproché.

La division reçut ensuite l'ordre de reprendre Caen dans les quatre semaines suivantes, alors qu'elle avait des effectifs moindres que l'ennemi et qu'elle ne pouvait compter sur aucun soutien aérien. Durant la première semaine de juillet, la division a subi des pertes importantes, lors des opérations Windsor et Charnwood, et Meyer ignora les ordres qui étaient de tenir une ligne au nord de Caen. Une partie de la division part en direction de Saint-Lô qu'elle a l'ordre de défendre, puis elle se replie en direction du sud et se retrouve coincée dans la poche de Falaise.

Le , la patrouille blindée de l'Obersturmführer Walter Hauck est anéantie lors de combats dans la plaine de Caen[8]. Hauck est capturé mais parvient à s'échapper[8].

Durant la bataille de Normandie, les pertes de la division Hitlerjugend atteignent 31 % de son effectif, soit 8 000 hommes. Si ce taux est important, parmi les 36 divisions de la Wehrmacht, de la Luftwaffe et de la Waffen SS engagées sur ce front, 14 divisions, dont aucune n'appartient à la Waffen SS, ont des taux de pertes dépassant 50 % de leur effectif, voire 100 % de celui-ci pour la 709e division d'infanterie[9].

La retraite

Dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, alors que la 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend repasse dans le Nord, un de ses camions culbute dans le Thon à Étréaupont[10]. Ce camion rempli d'archives contenait tous les rapports des gradés responsables du massacre d'Ascq[10] et servira au procès.

Durant les semaines qui suivirent, les restes de la division reculèrent jusqu'à la frontière franco-belge. Kurt Meyer fut fait prisonnier par des résistants belges le 6 septembre. En octobre 1944, le SS-Obersturmbannführer Hubert Meyer est nommé à la tête de la division, et poursuit sa remise en état dans l'Eifel avec la 7e Armée.

En novembre la division fut transférée à Nienburg où elle fut reconstituée. Meyer fut remplacé par le SS-Obersturmbannführer Hugo Kraas. Sous son commandement, la division fut intégrée à la 6e armée blindée SS, commandée par le SS-Oberstgruppenführer Sepp Dietrich, au sein de laquelle elle participa à la bataille des Ardennes.

L'opération Wacht am Rhein, qui débuta le , fut rapidement stoppée par la solide résistance des troupes américaines. Malgré de nombreuses tentatives, les Allemands ne parvinrent pas à percer en profondeur leurs lignes de défense. La division participa alors au siège de Bastogne jusqu'au , mais elle fut, comme les autres unités allemandes, refoulée sur sa position de départ.

Hongrie et Autriche

Le , la 6e armée blindée SS fut transférée en Hongrie afin de reprendre Budapest où 45 000 hommes du IXe corps de montagne de la Waffen-SS étaient encerclés.

La division atteignit la ville au mois de février, quelques jours seulement avant qu'elle ne fut prise par les Soviétiques. La division s'était battue près de la ville de Gran située sur le Danube.

Elle devait ensuite participer à l'opération qui consistait à reprendre les champs de pétrole du lac Balaton (Opération Frühlingserwachen). Hitler était soucieux de tenir cette action secrète et il ordonna de ce fait de ne pas effectuer de reconnaissance sur le champ de bataille avant l'attaque[réf. nécessaire]. Après quelques succès initiaux, l'opération fut arrêtée à la suite de la contre-offensive soviétique.

La division battit ensuite en retraite jusqu'à Vienne qu'elle atteignit à la mi-mars. En mai 1945, elle sera capturée en Autriche par les Américains.

Crimes de guerre

  • Massacre d'Ascq (France)
  • Exécution des prisonniers de guerre canadiens 7 - 8 juin 1944 en France
  • Massacre de civils, pillages et incendies à Anhée (Belgique) le 4 septembre 1944[11].

Composition

  • SS-Panzer-Grenadier-Regiment 25
  • SS-Panzer-Grenadier-Regiment 26
  • SS-Panzer-Regiment 12
  • SS-Panzer-Artillerie-Regiment 12
  • SS-Kradschützen-Regiment 12
    • SS-Flak-Artillerie-Abteilung 12
    • SS-Nebelwerfer-Abteilung 12
    • SS-Panzer-Aufklärungs-Abteilung 12
    • SS-Panzerjäger-Abteilung 12
    • SS-Panzer-Pionier-Bataillon 12
    • SS-Panzer-Nachrichten-Abteilung 12
    • SS-Versorgungseinheiten 12
    • SS-Instandsetzungstrupp 12
    • SS-Nachschubtruppen 12
    • SS-Wirtschafts-Battalion 12
    • SS-Sanitäts-Abteilung 12
      • SS-Kriegsberichter-Zug (motorisé) 12
      • SS-Feldgendarmerie-Trupp 12
      • SS-Feldpostamt (motorisé) 12

Commandants successifs

Bibliographie

Internet

Études historiques

  • Bibliographie en langue française consacrée à la 12. SS-Panzer-Division "Hitlerjugend".
  • Yves Buffetaut, La Bataille de Caen, de la cité martyre à la ville libérée, in Militaria Magazine Hors Série no 60, Histoire & Collections, juillet 2008.
  • Stephan Cazenave, Les unités de Flak de la 12. SS-Panzer-Division "Hitlerjugend" en Normandie 1944, in 39/45 Magazine no 293, Éditions Heimdal, octobre 2011.
  • Stéphane Delogu, La division Waffen-SS Hitlerjugend, de l'endoctrinement de masse aux combats en Normandie, in Ligne de Front no 10, Éditions Caraktère, mai 2008.
  • Stéphane Delogu, Les jeunes "lions" de Kurt Meyer, enquête sur les massacres de prisonniers canadiens en Normandie, in Ligne de Front no 10, Éditions Caraktère, mai 2008.
  • Jean-Philippe Mavournel, Le baptême du feu de la "jeune garde" d'Hitler, la 12. SS-Panzer-Division "Hitlerjugend" en Normandie, in Batailles & Blindés no 53, Éditions Caraktère, janvier 2013.
  • Jean-Luc Leleu, La Waffen-SS : soldats politiques en guerre, Paris, Perrin, (ISBN 978-2-262-02488-8, OCLC 521531733).
  • Olivier Wieviorka, Histoire du débarquement en Normandie des origines à la libération de Paris, 1941-1944, Paris, Éd. du Seuil, coll. « Histoire » (no 429), , 441 p. (ISBN 978-2-757-81781-0, OCLC 690258742).
  • Jean-Claude Perrigault, Le SS-Obersturmbannführer Hubert Meyer, in 39/45 Magazine no 280, Éditions Heimdal, juillet 2010.

Sur le Massacre d'Ascq

  • Docteur Jean-Marie Mocq La 12e SS Hitlerjugend massacre Ascq, cité martyre (album historique), Ed. Heimdal, 1994.

Récits historiques romancés

  • Paul Carell, Ils arrivent! le Débarquement vécu du côté allemand, Paris, Tallandier, coll. « Texto : le goût de l'histoire », (1re éd. 1962) (ISBN 978-2-847-34797-5, OCLC 758888847).
  • Jean Mabire, Les jeunes fauves du Führer : la division SS Hitlerjugend dans la bataille de Normandie, Paris, Fayard, (réimpr. 1986), 340 p. (ISBN 978-2-213-00393-1, OCLC 719139330).

Voir aussi

Notes et références

  1. Jean-Luc Leleu 2007, p. 51.
  2. Historica, 1944 Les Panzers Tome 2.
  3. Louis Jacob, "Crimes Hitleriens": ... Ascq le Vercors., Editions Mellottée, coll. « Liberation », , 128 p. (OCLC 970829039), « Les dégâts », p. 21 à 23.
  4. Olivier Wieviorka 2010, p. -.
  5. Olivier Wieviorka 2010, p. 241.
  6. Jacques Henry, Général Jean-V. Allard (Préface) et Raymond Triboulet (Préface), La Normandie en flammes : journal de guerre du capitaine Gérard Leroux, officier d'intelligence au Régiment de la Chaudière, Condé-sur-Noireau, Editions C. Corlet, , 454 p. (ISBN 978-2-854-80078-4, OCLC 406785223).
  7. Olivier Wieviorka 2010, p. 288-289.
  8. a et b Brochure 60e anniversaire du massacre d'Ascq, dossier pédagogique, textes : Sylvain Calonne, publication de la mairie de Villeneuve-d'Ascq, 2004
  9. Jean-Luc Leleu 2007, p. 1165.
  10. a et b Louis Jacob 1946, p. 8.
  11. « La Tragédie du 4 septembre 1944 à Anhée », sur Résidence Sainte-Anne, (consulté le 2 décembre 2013).