Ü-Tsang

Les régions historiquess et traditionnelles du Tibet d'après le professeur Andreas Gruschke

L’Ü-Tsang (tibétain : དབུསགཙང་, Wylie : Dbus-gtsang, chinois : 衛藏 ; pinyin : wèizàng) est l'union des deux provinces du Tibet de l'Ü et le Tsang, qui forment avec l'Amdo, le Kham et le Ngari, l'ensemble des provinces de culture tibétaine. L’Ü-Tsang recouvre les parties centrales du Sud du Tibet, voisin de l’Himalaya et plus fertile que le Nord-Ouest, où est constitué du Chang Thang, plateau désertique où se trouvent les plus hauts lacs salés du globe.

Histoire

À la fin de l'Empire du Tibet (629 – 877), après l'assassinat du dernier empereur, Langdarma par un moine bouddhiste en 841 ou 842, ses deux fils, Yumtän et Ösung se sont disputés la succession Commence ensuite l'Ère de la fragmentation du Tibet (IXe siècleXIIe siècle) où les successeurs d'Ösung contrôle ensuite le Ngari, tandis que ceux de Yumtän contrôle l'Ü[1].

Me Ngari, est le siège du Royaume de Gugé (Xe siècle – milieu XVIIe siècle) du début de l'ère de la fragmentation à la conquête par le Khanat qoshot, sous l'impulsion de Güshi Khan.

Au XIIIe siècle l'Empire mongol commencé par Gengis Khan et étendu par ses descendant conquièrent l'ensemble du Tibet. Kubilai Khan, qui installe sa capitale à Pékin et y fonde la dynastie Yuan en 1270, y choisi l'école Sakya du bouddhisme tibétain comme représentants religieux. Ils sont défait par la dynastie Ming un siècle plus tard.

Altan Khan, maître de la Mongolie choisit les gelugpa pour école bouddhiste. Il donne le titre de dalaï-lama à Sonam Gyatso en 1578. Ce titre est alors donné à titre posthume aux deux précédents de la lignée, et sera conservé par la suite.

La dynastie Rinpungpa contrôle une grande partie de l'Ü-Tsang, entre 1435 et 1565.

L'Ü-Tsang s'est constitué par l'union d'une part du Tsang (gTsang), fief des Karmapa, gouverné par la dynastie des Tsangpa s'étendant du centre (Gyantsé - Rgyang-rtse) vers l'ouest jusqu'au Ngari, et d'autre part de l’Ü (dbus), fief des gelugpa soutenu par les Mongols qoshots gouverné par Güshi Khan, situé dans le centre autour de Lhassa.

En raison des guerres qui opposent les Mongols dzoungars et Qoshots sur le Tibet, et l'invasion de la Mongolie extérieure par les Dzoungars, la dynastie Qing, alliée aux Mongols khalkhas prend le contrôle sur le Tibet central à partir de 1720 et y intronise définitivement le dalaï-lama, tout en y gardant le contrôle via des ambans.

Le Tibet qui pris son indépendance à la révolution chinoise en 1912, correspond aux régions de l'Ü-Tsang et du Ngari. L'ensemble du Kham étant alors inclus dans le District spécial de Chuanbian, puis la province du Xikang. Les zones de mixité comportant des cultures Tibetaines étant divisé au sein des provinces frontalières ; Gansu (comportant également entre autres Hui et Yugur), Qinghai (Mongols, Yugurs, Monguors (ou Tu) et Huis), Sichuan (Yi, Qiangs), Yunnan (Bai, Naxi, Mosuoetc.). Ces régions, hors de l'Ü-Tsang comportaient généralement des Tusi (cheftaines tribales locales), créés à partir de la dynastie Yuan, à l'image du royaume de Dergé de culture tibétaine, au Kham oriental.

La Région autonome du Tibet correspond aujourd'hui à peu de chose près à l'ensemble formé par l'Ü, le Tsang, le Ngari et le Kham occidental, proche de son état sous la dynastie Qing, avant l'établissement de la voie du Bian occidental.

Annexes

Notes et références

  1. (Shakabpa 2010, p. 177)

Bibliographie

  • (en) W.D. Shakabpa, One Hundred Thousand Moons: An Advanced Political History of Tibet, vol. 1, Brill Publishers, (ISBN 9789004177888, lire en ligne)