Étrennes

"Les Étrennes", dans la scène une jeune femme, montrant à deux amis, les riches cadeaux qu'elle vient de recevoir comme étrennes (L'Illustration européenne - 1881

Les étrennes[1] sont des cadeaux offerts obligatoirement en début d'année, au début du mois de janvier.

Dans l'Antiquité

Le mot étrennes pourrait provenir du nom de la déesse romaine de la santé Strena, qui était célébrée le premier janvier[2]. Simple don de plantes porte-bonheur à l'origine, elles se sont rapidement développées sous l'Empire romain : elles étaient constituées de don de nourriture, puis de vêtements, argent, objets précieux, meubles[2]...

D'origine païenne, les étrennes ont été condamnées comme pratique « diabolique » par les Pères de l'Église, dont saint Augustin[2].

En France

Révolution française

Le , l'Assemblée nationale constituante, considérant qu'il s'agit d'une forme de corruption, décide de supprimer les étrennes reçues par les agents de l'État :

« À compter du 1er décembre prochain, il ne sera permis à aucun agent de l'administration ni à aucun de ceux qui, en chef ou en sousordre, exercent quelque fonction publique, de rien recevoir à titre d'étrennes, gratifications, vin de ville, ou sous quelqu'autre dénomination que ce soit, des compagnies, administrations des provinces, villes, communautés, corporations ou particuliers, sous peine de concussion ; aucune dépense de cette nature ne pourra être allouée dans le compte desdites compagnies, administrations, villes, communautés, corporations[3]. »

Troisième République

L'expression « livres d'étrennes » est couramment utilisée en France entre le milieu du XIXe siècle et au moins jusqu'à la Première Guerre mondiale. Ils représentent un important marché pour les éditeurs de l'époque qui ciblent le public jeune comme Mame, Hachette et Cie, ou la Maison Quantin. Ils sont généralement entoilés, cartonnés, et très illustrés.

Sources

Bibliographie

  • Joseph Alexandre Martigues, Dictionnaire des Antiquités chrétiennes: contenant le résumé de tout ce qu'il est essentiel de connaître sur les origines chrétiennes jusqu'au Moyen Âge exclusivement, L.Hachette et Cie, , 680 p., p. 16-17.
  • « Les Livres d'étrennes », In: La Revue des deux Mondes, 1891

Références

  1. Le plus souvent au pluriel, selon le TLFI.
  2. a, b et c Martigues 1865.
  3. Jean Baptiste Duvergier, Collection complète des lois, décrets, ordonnances, règlemens avis du Conseil d'état, depuis 1788 jusques et y compris 1824, A. Guyot et Scribe, 1834, p.59

Voir aussi