Étréaupont

Étréaupont
Étréaupont
Mairie-école.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Aisne
Arrondissement Vervins
Intercommunalité Communauté de communes de la Thiérache du Centre
Maire
Mandat
Michèle Degardin
2020-2026
Code postal 02580
Code commune 02295
Démographie
Gentilé Étréaupontois(es)
Population
municipale
859 hab. (2017 en diminution de 7,24 % par rapport à 2012)
Densité 49 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 54′ 14″ nord, 3° 55′ 00″ est
Altitude Min. 120 m
Max. 227 m
Superficie 17,59 km2
Élections
Départementales Canton de Vervins
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Étréaupont

Étréaupont est une commune française située dans le département de l'Aisne, en région Hauts-de-France.

On appelle ses habitants les Étréaupontois et Étréaupontoises.

Géographie

Le pont sur le Ton franchi par la Nationale 2 qui traverse la commune ici en direction de Vervins.

Localisation

Étréaupont (autrefois Estraon ou Estrées en Thiérache[1]) est un village situé en Thiérache, au confluent de l'Oise et du Thon (ou Ton), à environ 15 km à l'ouest d'Hirson et à 8 km au nord de Vervins sur la route Paris-Bruxelles (RN 2).

Etymologie

Etré provient d'"estrée", qui signifie route. Etréaupont correspond donc à la route au pont.

Histoire

L'Antiquité

Comme l'indique l'étymologie de son nom, Étréaupont est situé sur une ancienne voie romaine.

Le Moyen Âge

Une vue de la place de l'église.

Autrefois rattachés au domaine royal, le bourg et les terres attenantes furent cédés en 877, par Charles le Chauve à l'abbaye Saint-Corneil de Compiègne. Ils passèrent ensuite entre les mains des sires Coucy, puis à ceux du Rozoy, qui en étaient encore les avoués au XIIe siècle, résidant sur place dans un château-fort. En 1243, Gautier, comte d'Avesnes et de Blois, fut autorisé par l'abbaye de Saint-Denis, contre l'avis des sires de Coucy, à ériger un second château sur une terre appartenant à ces religieux. Cette double implantation seigneuriale fut à l'origine de conflits de voisinages qui persistèrent, malgré la médiation royale, jusqu'en 1294[2].

Il en reste, d'un côté les fossés rectangulaires et de l'autre les vestiges d'une motte féodale plus ancienne.

L'Époque moderne

La ligne de chemin de fer est créée en 1885.

Dans la nuit du 1er au , alors que la 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend repasse dans le Nord, un de ses camions culbute dans le Thon à Étréaupont[3]. Ce camion rempli d'archives contenait tous les rapports des gradés responsables du massacre d'Ascq[3] et servira au procès.

Dans les années 1950, la commune comportait de nombreux commerces : 4 épiceries (Familistère, Goulet-Turpin, Comptoirs Français et Coop), un bourrelier M. Visse, deux bouchers M. Ledoux et M. Garet, un charcutier M. Lhermitte, deux boulangers M. Poilvé, deux coiffeurs M. Blatier et M. Barrois, deux coiffeuses Mme Flament et Mme Roger, un pharmacien M. Piette, un ferrailleur marchand de peaux de lapin M. Provot, un garagiste M. Lemaire, deux quincailliers Mme Wirig et M. Nancenet, un marchand d'électro-ménager M. Martin,un marchand de cycles M.Renard, un marchand de journaux et fournitures, sept cafés, dont ceux tenus par les familles Théron, Plisson, Déchelle, Hulin et Vause, deux restaurants (M. et Mme Frecht et M. et Mme Vause), un marchand de matériaux M. Duval, deux marchands de grains et fourrages (M. Maillard et M. Venineaux), un transporteur M. Duval, deux marchands de charbon M. Hulin et M. Maillard, un marchand de bestiaux M. Fournet, un ferrailleur, un distillateur M. Marchand.

Des artisans : un peintre M. Théron, un menuisier M. Octave Robert, un maréchal-ferrant M. René Grégoire, un charron M. A. Petit, deux couvreurs M. Eloy et M. Hardy, un matelassier M. Chenu, un chauffagiste M. Menu, un maçon, M. Plisson, exploitant un gisement d'argile pour fabriquer des briques.

Six entreprises : La vannerie de Picardie créée en 1928 qui arrêtera son activité le et sera remplacée par une cartonnerie, la vannerie Catillon, la laiterie coopérative créée en 1907 qui fabriquait du beurre et des maroilles, elle a fusionné avec la laiterie du Nouvion en , deux brosseries, Demole et Obry ; une usine électrique M. Francel située au bout de la rue de la Libération sur le cours du Thon. Les entreprises employaient une centaine de personnes.

L'ancienne gare d'Étréaupont au début du XXe siècle

La commune avait une gare en activité. Les trains, 4 par jour, assuraient la liaison entre Hirson et Guise. La ligne de chemin de fer sera supprimée en 1967.

Autres personnalités : le maire M. Ledant, un médecin le docteur Sablon, un vétérinaire M. Delplanque, un prêtre l'abbé Delamé, un notaire maître De Gandt, un percepteur, un receveur des postes, un chef de gare M. Chardon, des instituteurs Mlle Petit, M. et Mme Itier, un garde-champêtre M. Blandin.

De nombreux herbagers : MM. Ancelet, Boulnois, Brunois, Chauderlier, Collot, Comtesse, Copigneaux, Debouzy, Dubois, Dupont, Fierret, Fournet, Frédéric, Gaudry, Gillet, Grave, Hannoteau, Hivet, Jorand, Klin, Lamotte, Larmuzeaux, Laurent, Ledant Albert,Ledant René, Lobjois, Mansiaux, Mien, Painvin, Parisot, Pinon, Plantin, Aimé Sallandre, Seret, Vallier, Yverneau, Waret, Williot.

Toutes les terres étaient en pâturage (sauf quelques hectares à la limite de Fontaine) souvent plantés de pommiers à couteau et à cidre. Tous les herbagers fabriquaient du cidre et de l'eau-de-vie de pomme (l'alambic passait dans chaque village une fois par an). Le cidre était la boisson consommée toute l'année par la population. Les herbagers élevaient des troupeaux de vaches laitières de race pie noire, ainsi que des bœufs vendus en fin de saison aux marchands de bestiaux ou sur les marchés de Valenciennes et de La Villette, des chevaux, des porcs, des moutons et des volailles. Les travaux des champs étaient effectués par des chevaux (les premiers tracteurs sont arrivés vers 1955 et ont remplacé progressivement les chevaux pour le travail des champs).

Alimentation : dans les années 1950, la population vit partiellement en autarcie. Les habitants ont un jardin qui leur procure les légumes et les fruits (cerises, prunes, fraises, poires, pommes) et un élevage de volailles, porcs et lapins. Les pommes de terre et les pommes sont conservées dans les caves pour l'hiver. Le reste vient des commerces : viande de bœuf, de porc, produits divers. Les aliments sont conservés dans un garde-manger situé dans la cave, protégé des insectes par un grillage fin.

Activités : les herbagers vivent de leur élevage et de la vente du lait à la laiterie. Ils emploient des personnes à plein temps ou temporairement lors de la récolte de l'herbe (pour faire de l'ensilage), du foin (stocké dans les granges) et des fruits. Une partie de la population fabrique des paniers à domicile. D'autres travaillent à la laiterie, dans les brosseries et dans les vanneries. Certains coupent du bois à façon pour les propriétaires ou sont jardiniers. Chaque commerce est tenu par une famille.

Fêtes et traditions : plusieurs fêtes traditionnelles se déroulent durant l'année :

  • la Sainte-Cécile en novembre, Fête des musiciens ;
  • la Saint-Eloy en décembre, Fête des herbagers ;
  • la Sainte-Barbe en décembre, Fête des sapeurs-pompiers ;
  • la fête de l'Immaculée le rappelle qu'en 1832 à la suite d'un vœu formulé par l'abbé Bonnaire auprès de la Vierge, le village a été protégé de l'épidémie de choléra ;
  • la Saint-Paul en janvier, Fête des vanniers ;
  • la Saint-Jean en juin, Fête des foins ;
  • la fête du village en juin avec ses courses aux cerceaux et aux sacs.

Politique et administration

Découpage territorial

La commune d'Étréaupont est membre de la communauté de communes de la Thiérache du Centre, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à La Capelle. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux[4].

Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Vervins, au département de l'Aisne et à la région Hauts-de-France[5]. Sur le plan électoral, elle dépend du canton de Vervins pour l'élection des conseillers départementaux, depuis le redécoupage cantonal de 2014 entré en vigueur en 2015[5], et de la troisième circonscription de l'Aisne pour les élections législatives, depuis le dernier découpage électoral de 2010[6].

Administration municipale

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
avant 1875 après 1876 Bossaux[7]    
Les données manquantes sont à compléter.
1919 1959 Albert Ledant    
1959 1962 Albert Berthe    
1962 1977 André Visse    
1977 1983 Léon Debouzy    
1983 juin 1995 Pierre De Gandt    
juin 1995 mars 2008 Paul Duval    
mars 2008 mai 2020 André Debouzy[8] DVD Retraité de l'agriculture
mai 2020[9],[10] En cours
(au 7 juin 2020)
Michèle Degardin   Fonctionnaire territoriale

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[11]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[12].

En 2017, la commune comptait 859 habitants[Note 1], en diminution de 7,24 % par rapport à 2012 (Aisne : -1,18 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 1181 0491 2301 2951 4091 7021 7441 8191 791
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 8341 8681 9151 8171 8121 7611 7201 6931 620
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 5301 5121 5121 3561 3591 2921 2431 1171 113
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
1 1431 015969955966933868916868
2017 - - - - - - - -
859--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2006[14].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments



  • Ancienne gare d'Étréaupont.
  • Axe vert de la Thiérache : chemin de randonnée sur l'ancienne voie ferrée, passant par Étréaupont.
  • Croix de chemin : son socle circulaire en pierre bleue (1867) porte une croix de bois ornée d'un Christ en fonte qui reflète un modèle créé par Bouchardon.[15]
  • Église Saint-Martin.
  • Kiosque à musique.
  • Monument aux morts de la commune et plaque monument aux morts dans l'église.

Personnalités liées à la commune

Voir aussi

Notes et références

Notes

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références

  1. Melleville Maximilien, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l'Aisne, Tome 2, 1857, p.|248 disponible sur Google Livres.
  2. Melleville Maximilien, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l'Aisne, Tome 2, 1857, p.|249 disponible sur Google Livres.
  3. a et b Crimes Hitlériens, Ascq, Le Vercors, Louis Jacob, collection Libération, Editions Mellottée (Paris), 1946, page 8.
  4. « communauté de communes de la Thiérache du Centre - fiche descriptive au 1er avril 2020 », sur https://www.banatic.interieur.gouv.fr/ (consulté le 20 avril 2020)
  5. a et b « Code officiel géographique- Rattachements de la commune d'Étréaupont », sur le site de l'Insee (consulté le 20 avril 2020).
  6. « Découpage électoral de l'Aisne (avant et après la réforme de 2010) », sur http://www.politiquemania.com/ (consulté le 20 avril 2020).
  7. Almanach-annuaire de la Marne, de l'Aisne et des Ardennes, 18e année, Matot-Braine, Reims, 1876, p193.
  8. Réélu pour le mandat 2014-2020 : « Les maires s'installent », La Thiérache, no 2575,‎ , p. 49 (ISSN 0183-8415)
  9. « Michèle Degardin est la nouvelle maire de la commune d’Étréaupont », L'Aisne nouvelle,‎ (lire en ligne, consulté le 30 mai 2020) « Deux candidats se sont opposés à Étréaupont ».
  10. Marguerite Julia, « Etréaupont – Mais qui est Michèle Degardin ? », La Thiérache,‎ (Etréaupont – Mais qui est Michèle Degardin ?, consulté le 7 juin 2020).
  11. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  12. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  15. France. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. Commission régionale Picardie., Plouvier, Martine. et Impr. Mame), La Thiérache, Aisne : sur une frontière de la France, Association pour la généralisation de l'Inventaire régional en Picardie, (ISBN 2-906340-43-X et 978-2-906340-43-5, OCLC 468545952, lire en ligne)
  16. Catalogue du personnel de la Congrégation de la Mission (Lazaristes) depuis l'origine (1625) jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.

Liens externes