Énergie grise

L’énergie grise ou énergie intrinsèque est la quantité d'énergie nécessaire lors du cycle de vie d'un matériau ou d'un produit : la production, l'extraction, la transformation, la fabrication, le transport, la mise en œuvre, l'entretien et enfin le recyclage, à l'exception notable de l'utilisation. En effet, l'énergie que nécessite l'utilisation est une énergie directe, qui ne rentre pas dans le champ sémantique de l'énergie grise, énergie indirecte par essence. Chacune de ces étapes nécessite de l'énergie, qu'elle soit humaine, animale, électrique, thermique ou autre. En cumulant l'ensemble des énergies consommées sur l'ensemble du cycle de vie, on peut prendre la mesure du besoin énergétique d'un matériau ou d'un produit. L'énergie grise est une énergie cachée, indirecte, au contraire de l'énergie liée à l'utilisation, que le consommateur connaît, ou peut connaître aisément. Au sens de l'Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI)[1], l'énergie grise c'est toute l'énergie qui n'est pas consommée directement par les ménages (ainsi, le carburant d'une voiture, acheté directement par les ménages n'est pas de l'énergie grise, tandis que l'électricité consommée pour faire se mouvoir les trains est de l'énergie grise, car elle est achetée par la SNCF et non pas par les ménages).

L'affichage de l'énergie grise peut guider ou renseigner les choix notamment en vue de réduire l'impact environnemental.

Définition

En théorie, un bilan d'énergie grise procède au cumul de l'énergie dépensée lors :

  • de la conception du produit ou du service ;
  • de l'extraction et du transport des matières premières ;
  • de la transformation des matières premières et la fabrication du produit ou du service ;
  • de la commercialisation ;
  • de l'entretien, des réparations, des démontages du produit dans son cycle de vie ;
  • du recyclage du produit en fin de vie.

L'énergie incorporée est un concept proche de l'énergie grise, mais elle n'inclut pas l'énergie nécessaire en fin de vie du produit pour son recyclage, ou sa destruction et mise au rebut.

Pour l'Office fédéral de l'énergie suisse, l'énergie grise se limite à la consommation d'énergie primaire non renouvelable[2].

Exemples

La consommation énergétique moyenne d'un Français ne serait visible qu'à hauteur d'un quart : c'est la consommation d'énergie au sens classique du terme. Les trois quarts restants correspondraient à l'énergie grise, soustraite à notre vue, et dont nous n'avons le plus souvent pas conscience[3]. Selon l'office statistique fédéral allemand, les ménages allemands consomment de l'énergie directement à hauteur de 40 %, et consomment de l'énergie grise à hauteur de 60 %[4].

Par ailleurs, dans le cadre de la mondialisation, il s'avère que les pays industrialisés exportent de l'énergie grise vers les pays peu industrialisés, ou qui ont perdu des pans entiers de leur industrie. C'est ainsi que la Chine est devenue au cours du temps un grand exportateur d'énergie grise[5] et même à hauteur d'environ 30 % de sa production d'énergie[3] ; l'Allemagne exporte de l'énergie grise vers la France[6]. À cet égard, même si les émissions de CO2 ne sont pas directement liées à l'énergie grise (on sait qu'en fait une forte corrélation existe entre les deux), il est symptomatique de constater que, selon les statistiques officielles du gouvernement français, les Français émettent huit tonnes de CO2 par an et par personne. Mais si on tient compte des émissions liées à la fabrication à l'étranger des produits qu'ils consomment, les émissions de CO2 par Français et par an passent à douze tonnes[7],[8], soit 50 % de plus que le chiffre affiché précédemment. Pire, si les émissions par personne et par an produites en France ont bien baissé depuis 1990, les émissions globales par personne et par an qui tiennent compte des émissions liées à la fabrication à l'étranger de ce qui est consommé en France ont augmenté depuis cette même date[6]. La baisse apparente de la consommation d'énergie résulte avant tout d'une délocalisation de la production des produits utilisés en France. Une réduction très significative des déchets, telle que la propose la démarche « zéro déchet », aurait pour avantage de réduire l'énergie grise. Les low-techs autorisent également la diminution de l'énergie grise[9]. Les techniques de pointe, telles que celles mises en œuvre pour produire les puces électroniques nécessitent au contraire une grande quantité d'énergie[10].

L'obsolescence programmée constitue un grave problème, qu'il convient de résoudre si l'on veut réduire la part de l'énergie grise dans la consommation totale d'énergie. Les Repair Cafés s'y emploient[11]. Les Amis de la Terre recommandent d'étendre la durée de garantie légale de deux ans (comme c'est le plus souvent le cas) à dix ans[12]. D'un point de vue industriel, eu égard au bon taux de retour énergétique de l'énergie solaire thermique, on peut imaginer que les usines qui fonctionnent à base de chaleur solaire sont appelées à un avenir brillant[13]. Pour les usines situées dans des régions où l'ensoleillement est plus faible, le recours à la cogénération s'impose. Dans son nouveau scénario actualisé[14],[15], l'association négaWatt souligne la nécessité de la diminution de l'énergie grise. Ainsi, elle prévoit un développement du recyclage, ainsi qu'une diminution des emballages.

Unités

L'énergie grise s'exprime en multiples du joule - kilojoule (KJ), mégajoule (MJ), gigajoule (GJ) - par unité de masse (Kilogramme) ou de surface (mètre carré). Le kilowatt-heure qui vaut 3,6 mégajoules est aussi employé en remplacement du joule.

Énergie grise appliquée au bâtiment

L'industrie de la construction utilise plus de matériaux en poids que toute autre industrie (États-Unis)[16].

L'énergie consommée au cours du cycle de vie d'un bâtiment peut être divisée en énergie opérationnelle, énergie grise et énergie de mise hors-service[16]. L'énergie opérationnelle est requise pour le chauffage, le refroidissement, la ventilation, l'éclairage, l'équipement et les appareils. L'énergie de mise hors-service est l'énergie utilisée pour la démolition/déconstruction du bâtiment et le transport des matériaux démolis/récupérés vers les centres d'enfouissement/recyclage[16]. L'énergie grise non renouvelable est requise pour produire initialement un bâtiment et le maintenir pendant sa durée de vie utile. Il comprend l'énergie utilisée pour acquérir, traiter et fabriquer les matériaux de construction, y compris tout transport lié à ces activités (énergie indirecte); l'énergie utilisée pour transporter les produits de construction sur le site et construire le bâtiment (énergie directe); et l'énergie consommée pour maintenir, réparer, restaurer, remettre en état ou remplacer des matériaux, des composants ou des systèmes pendant la durée de vie du bâtiment (énergie récurrente)[16]. Les bâtiments consomment jusqu'à 40% de toute l'énergie et contribuent jusqu'à 30% des missions annuelles mondiales de gaz à effet de serre[17].

On pensait jusqu'à récemment que l'énergie grise était petite par rapport à l'énergie opérationnelle. Par conséquent, la plupart des efforts ont été déployés pour réduire l'énergie opérationnelle en améliorant l'efficacité énergétique de l'enveloppe du bâtiment. La recherche a montré que ce n'est pas toujours le cas. L'énergie grise peut être l'équivalent de plusieurs années d'énergie opérationnelle. La consommation d'énergie opérationnelle dépend des occupants tandis que l'énergie grise n'est pas dépendante de l'occupant - l'énergie est intégrée dans les matériaux. L'énergie grise est encourue une seule fois (à l'exception de la maintenance et de la rénovation) alors que l'énergie opérationnelle s'accumule avec le temps et peut être fluctuante pendant toute la durée de vie du bâtiment. Les recherches du CSIRO australien, ont révélé qu'une maison moyenne contient environ 1 000 GJ d'énergie grise[Note 1], incorporée dans les matériaux utilisés dans la construction. Cela équivaut à environ 15 ans d'utilisation normale de l'énergie opérationnelle. Pour une maison qui dure 100 ans, c'est plus de 10% de l'énergie utilisée dans sa vie[18].

  • La connaissance de l'énergie grise incorporée dans un bâtiment permet d'apprécier la pression que sa construction exerce sur les ressources naturelles. L'association négaWatt va jusqu'à affirmer que la maison individuelle ne constitue plus un modèle soutenable[19].
  • Dans l'habitat, l'association négaWatt prône le recours plus poussé aux matériaux naturels, tels que le bois. L'énergie grise des bâtiments est si élevée que l'association préconise une réorientation de la politique qui consiste à démolir puis reconstruire les bâtiments mal isolés thermiquement, vers une autre politique plus centrée sur la rénovation thermique des bâtiments existants[14],[20].
  • Dans des standards comme le « passif », ou encore la « basse consommation », la performance énergétique a atteint un tel niveau qu'il n'y est pratiquement plus besoin d'énergie pour chauffer ou éclairer. Les enjeux se déplacent dans ce type d'habitation vers l'énergie grise[21] qui représente de 25 à 50 ans de consommation de ces bâtiments[réf. nécessaire].

Il faut ajouter à l'énergie grise du secteur du bâtiment l'énergie nécessaire à la déforestation pour obtenir une surface bâtie.

Exemples de bilan d'énergie grise

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Les métaux et les matières synthétiques incorporent beaucoup d'énergie grise. Les produits qui viennent de loin également. Les matériaux les moins transformés et consommés proches de leur lieu de production contiennent peu d'énergie grise.

Dans le bâtiment, pour minimiser l'énergie grise, on recherche autour du lieu de la construction les matériaux végétaux (chanvre, bois, paille, lin, liège), animaux (laines de mouton, plumes de canard) ou minéraux (terre crue, pierres, galets).

Les matériaux suivants ont été classés dans l’ordre du moins gourmand au plus gourmand en énergie grise :

Ces différents matériaux ne sont toutefois pas comparables car leurs utilisations et performances sont différentes.

Énergie grise de différents matériaux

D'après le site ecoconso.be[22]

Métaux

Canalisations

  • Tuyau en grès : 3,2 MWh/m3 ;
  • Tuyau fibrociment : 4 MWh/m3 ;
  • Tuyau PVC : 27 MWh/m3 ;
  • Tuyau d'acier : 60 MWh/m3 ;

Murs porteurs

  • béton poreux (cellulaire) : 200 kWh/m3 ;
  • brique silico-calcaire creuse : 350 kWh/m3 ;
  • brique terre cuite (nid d’abeilles) : 450 kWh/m3 ;
  • béton : 500 kWh/m3 ;
  • brique silico-calcaire de parement : 500 kWh/m3 ;
  • brique terre cuite perforée : 700 kWh/m3 ;
  • brique ciment : 700 kWh/m3 ;
  • brique terre cuite pleine : 1 200 kWh/m3 ;
  • béton armé : 1 850 kWh/m3 ;

Enduits

  • enduit argile ou terre crue : 30 kWh/m3;
  • enduit à la chaux : 450 kWh/m3;
  • enduit plâtre : 750 kWh/m3 ;
  • enduit ciment : 1 100 kWh/m3 ;
  • enduit synthétique : 3 300 kWh/m3 ;

Charpente

Cloisons légères

Isolation thermique

Couverture

  • tuile béton : 500 kWh/m3 ;
  • tuile terre cuite : 1 400 kWh/m3 ;
  • tuile fibrociment : 4 000 kWh/m3.

Énergie grise énergétique

Le taux de retour énergétique (EROEI en anglais) constitue une mesure de l'énergie grise utilisée pour extraire l'énergie d'une source primaire. Il faut majorer l'énergie finale consommée d'un facteur de pour obtenir l'énergie grise[Note 2]. Un EROEI égal à huit signifie qu'un huitième de la quantité d'énergie finale utilisable est dépensée pour extraire cette énergie.

Pour calculer correctement l'énergie grise, il faudrait tenir compte de l'énergie nécessaire pour la construction et la maintenance des centrales énergétiques, mais les données ne sont pas toujours disponibles pour réaliser ce calcul.

L'EROEI est un concept de nature extractiviste, lié à l'exploitation des ressources naturelles. Chaque unité d'énergie grise permet l'exploitation de plusieurs unités d'énergie d'un autre type, que ce soit dans les mines d'uranium ou les puits de pétrole.

Des bilans énergétiques détaillés ont été effectués pour calculer l'énergie grise de diverses sources d'énergie : ainsi, l'énergie grise d'une éolienne de 1,5 MW au Danemark a été évaluée à 32 575 GJ en offshore et 14 091 GJ à terre[Note 3], ce qui donne respectivement des temps de retour énergétiques de 3 mois et 2,6 mois[23].

Électricité

En France, le rapport entre l'énergie primaire et l'électricité est de 2,58 (chiffre retenu dans l'arrêté du 15 septembre 2006 relatif au diagnostic de performance énergétique pour les bâtiments existants proposés à la vente en France métropolitaine)[24],[25],[26], alors qu'en Allemagne, il ne vaut que 1,8[27], en raison du développement des énergies renouvelables. Cela correspond à rendement qui vaut 38,8 % en France, contre 55,5 % en Allemagne. Comme tout coefficient établi sur des fondements pour partie subjectifs, il est à noter que ce coefficient de 2,58 fait l'objet de critiques, en particulier de Brice Lalonde[28].

Ici, le concept est étranger à l'EROEI et à l'extractivisme. La notion la plus proche est celle de rendement, car il y a transformation, avec pertes, de la même énergie. Ainsi, en France, le coefficient de 2,58 montre que pour une unité d'énergie électrique, 1,58 unité d'énergie supplémentaire aura été nécessaire.

Remarque : les pertes sur le réseau électrique français sont de 2,5 %, ce qui correspond à 11,5 TWh/a[29].

Énergie grise dans les transports

En théorie, l'énergie grise rend compte de l'énergie mobilisée pour extraire, dans les mines, les matériaux qui servent à la fabrication des véhicules, pour les assembler, les transporter, assurer leur maintenance, pour transformer et transporter l'énergie (essentiellement essence et gazole), et in fine, pour recycler ces véhicules. En toute logique, il faudrait aussi tenir compte de l'énergie nécessaire à la construction et à la maintenance des réseaux de transports, qu'ils soient routiers ou ferroviaires. Le processus à mettre en œuvre est tellement complexe que nul ne se hasarde à avancer un chiffre.

Selon l'IDDRI, en matière de transport[30],[1],[Note 4],

« Il est frappant de noter que l'on consomme davantage d'énergie grise dans nos dépenses de transport que d'énergie directe [...]. Dit autrement, nous consommons moins d'énergie pour nous déplacer dans nos véhicules individuels que nous consommons d'énergie nécessaire pour produire, vendre et acheminer les voitures, les trains ou les bus que nous utilisons. »

Jean-Marc Jancovici plaide en faveur d'un bilan carbone de tout projet d'infrastructure de transport, avant sa construction[31].

Énergie grise d'une auto

Cycle de vie d'une automobile

Nous ne disposons que de chiffres qui reposent sur une base incomplète, et qui sont vraisemblablement sous-estimés. Dans le cas d'une Golf à essence de Volkswagen, on peut estimer l'énergie grise à 18 000 kWh (c'est-à-dire 12 % des 545 GJ indiqués dans le rapport[32]). Dans le cas d'une Golf A4 (à moteur TDI), on obtient 22 000 kWh (soit 15 % des 545 GJ indiqués dans le rapport[32]). Selon Global Chance, dans le cas des véhicules électriques, l'énergie grise due à la batterie serait tout particulièrement élevée[33],[10]. Une étude récente de l'ADEME[34] montre que l'énergie grise d'un véhicule thermique s’élèverait à 20 800 kWh tandis que celle d'un véhicule électrique serait de 34 700 kWh.

Un chiffre de 45 900 kWh est avancé pour la Prius[35]. Même si ce chiffre est à prendre avec précaution, il n'est pas irréaliste.

Un véhicule électrique présente une énergie grise plus élevée que celle d'un véhicule thermique[36], à cause de la batterie et de l'électronique. Un véhicule hybride, qui recèle à la fois un moteur thermique et un moteur électrique (avec son électronique de puissance et sa batterie) présente une énergie grise très vraisemblablement plus élevée que celle d'un véhicule électrique.

Énergie grise liés aux carburants

Pour la partie énergétique, le taux de retour énergétique (EROEI en anglais) du carburant est de nos jours de l'ordre de 8[Note 5]. Cela signifie que l'énergie grise vaut environ 1/8 de l'énergie consommée. En d'autres termes, il faut ajouter 12,5 % à la consommation d'un véhicule thermique, rien que pour l'énergie grise énergétique.

Quant à l'électricité, nous avons vu plus haut que le rapport entre l'énergie primaire et l'électricité était de 2,58.

Énergie grise liée à la construction routière

Les chiffres sont encore beaucoup plus difficiles à obtenir. L'énergie grise ne représenterait que 118 de l'énergie consommée par le véhicule[37], soit une consommation à majorer de 6 %.

Autre

Selon une étude australienne[38], l'énergie grise d'une automobile s'élèverait à 75 550 kWh. Rapporté à une distance de 200 000 km, cela correspondrait à une consommation de 37,8 kWh/100 km ou encore 3,8 L/100 km.

Informatique

La fabrication d'un ordinateur pourrait nécessiter une énergie quatre fois plus élevée que celle correspondant à son alimentation électrique sur une période de trois années[10], selon le magazine allemand der Spiegel[39]. Le magazine fait remarquer qu'à raison de trois heures d'utilisation par jour pendant 300 jours, sur une durée de quatre ans, pour une puissance de 150 W, la consommation directe d'énergie s'élèvera à environ 400 kWh. la fabrication d'un PC engloutit 3 000 kWh, c'est dire l'importance que revêt la question de l'énergie grise en matière de technologies de l'information.

La consommation d'énergie électrique due aux technologies de l'information est estimée à 9,4 % de la consommation électrique des États-Unis. En moyenne dans le monde, elle s'élèverait à environ 5,3 % de la consommation totale d'électricité[40]. D'après Greenpeace, l'informatique représenterait dorénavant 7 % de la consommation mondiale d'électricité, la majeure partie sous forme d'énergie grise[41].

En Allemagne, la consommation des centres de données s'élève à environ 10 TWh/a[Note 6], ce qui correspond à 1,8 % de la consommation électrique allemande[42]. Alors que la consommation des centres de données allemands augmentait fortement, depuis 2008 et jusqu'à aujourd'hui, la consommation semble rester stable en Allemagne, principalement grâce à des mesures d'économie d'énergie[42].

Selon l'association négaWatt, l'énergie grise (de nature électrique) liée au numérique s'élevait à 3,5 TWh/a en matière de réseaux et à 10,0 TWh/a pour les centres de données (la moitié pour les serveurs à proprement parler soit 5 TWh/a, et la moitié pour les locaux qui les abritent, soit 5 TWh/a, on pense ici à la climatisation), chiffres valables en France, en 2015[Note 7]. La construction des centres de données et la pose des câbles ne sont pas pris en compte. L'association se montre optimiste quant à l'évolution de la consommation d'énergie de ces postes, eu égard aux progrès techniques[43],[Note 8].

En 2009, Google affirmait qu'une recherche consommait 0,3 Wh[44].

Sur Wikipédia, des voix s'élèvent pour demander une diminution de son impact sur l'environnement[45], voix auxquelles une oreille attentive semble prêtée[46].

Articles connexes : Consommation d'électricité des centres de données et Consommation énergétique du secteur informatique.

Notes et références

Notes

  1. Soit environ 0,28 GWh.
  2. Pour une unité d'énergie grise, nous obtenons EROEI unités d'énergie à consommer.
  3. Soit respectivement 9,0 et 3,9 GWh.
  4. Se posent les questions des soutes internationales, normalement exclues des comptabilités nationales, et l'énergie grise de la construction (routes, voie ferrée). Sont-elle prises en compte, ou non?
  5. Voir Taux de retour énergétique des principales sources d'énergie.
  6. 10,0 TWh/a rapportés à une population de 82 000 000 d'habitants équivalent à 122 kWh/a par habitant, ou encore une consommation continue de 14 W par habitant.
  7. 13,5 TWh/a rapportés à une population de 65 000 000 d'habitants équivalent à 208 kWh/a par habitant, ou encore une consommation continue de 24 W par habitant.
  8. Selon Clubic, la consommation des centres de données en France était de 4 TWh/a en 2009 ; voir « En France, les TIC représentent 13 % de la consommation électrique annuelle », sur clubic.com, (consulté le 25 mars 2018)

Références

  1. a et b [PDF] Nouvelles représentations des consommations d’énergie sur iddri.org, site de l'Institut du développement durable et des relations internationales; voir page 37. L'énergie grise y est décomposée en « énergie grise importée » -énergie mobilisée à l'étranger pour produire en France des composants destinés aux transports- « importations » énergie mobilisée à l'étranger pour les produits utilisés en France dans le cadre des transports- et enfin l'énergie consommée en France pour les transports et qui n'est pas du ressort direct des consommateurs - c'est l'énergie mobilisée pour la fabrication de produits de transport en France, mais aussi les dépenses d'énergie de la SNCF ou des compagnies d'aviation, par exemple-
  2. « L'énergie grise dans les nouveaux bâtiments », sur Office fédéral de l'énergie, (consulté le 25 mars 2018).
  3. a et b L'énergie grise – la face cachée de nos consommations, voir page 2 site iddri.org
  4. (de) [PDF] Environnement: les ménages sur destatis.de ; voir chapitre 7.
  5. (en) exportation d'énergie grise, sur researchgate.net
  6. a et b [PDF] Les émissions importées : le passager clandestin du commerce mondial sur reseauactionclimat.org
  7. [PDF] Le point sur l'empreinte carbone, site developpement-durable.gouv.fr.
  8. décrypter l'énergie site de l'association négaWatt.
  9. « « L'Âge des Low Tech » : vers une civilisation techniquement soutenable », sur Reporterre, (consulté le 25 mars 2018).
  10. a, b et c (en) « The monster footprint of digital technology », sur Low-tech magazine, (consulté le 25 mars 2018).
  11. repair café Marseilles sur repaircafemarseille.fr
  12. [PDF] noteplaidoyer-garantie10ans sur amisdelaterre.org
  13. (en) usines alimentées en chaleur solaire, sur lowtechmagazine.com
  14. a et b « Scénario négawatt 2017-2050 : Dossier de synthèse » [PDF], sur Association négaWatt, , p. 20-21.
  15. « Scénario négaWatt 2017-2050 : les 12 points-clés » [PDF], sur Association négaWatt.
  16. a, b, c et d Estimating Energy Consumption during Construction of Buildings: A Contractor’s Perspective. Sandeep Shrivastava, leed-ap Abdol Chini, phd Rinker School of Building Construction, University of Florida, Gainesville, FL, USA. accessed May 14 2018.
  17. P. Huovila, M. Alla-Juusela, L. Melchert, S. Pouffary Buildings and Climate Change: Summary for Decision-Makers. United Nations Environment Programme (2007) lire en ligne
  18. (en) « Embodied energy », sur yourhome.gov. site du gouvernement australien (consulté le 24 mai 2018)
  19. Peut-on poursuivre l'agrandissement du parc de maisons individuelles? sur decrypterlenergie.org, site de l'association négaWatt.
  20. Architectes, ne cassez rien ! sur monde-diplomatique.fr
  21. Philippe Lequenne. Construction passive et énergie grise: une démarche globale pour économiser l’énergie dans la construction. Sur le site encyclopedie-energie.org
  22. ecoconso.be
  23. Énergie grise d'une éolienne, eolienne.f4jr.org, 2006.
  24. Arrêté du 15 septembre 2006 relatif au diagnostic de performance énergétique pour les bâtiments existants proposés à la vente en France métropolitaine.
  25. conversion énergie primaire finale site web conseils thermiques.org
  26. [PDF] Les cahiers de Global Chance, site de Global Chance. Voir page 7, encadré intitulé « Et si l'on négociait le rendement de Carnot ? ».
  27. (de) voir paragraphe 2.1.1, sur gesetze-im-internet.de
  28. Quand la réglementation freine la transition énergétique sur lesechos.fr
  29. Pertes sur clients.rte-france.com
  30. Lucas Chancel et Prabodh Pourouchottamin, « L'énergie grise : la face cachée de nos consommations d'énergie », Policy Briefs, nos 04/2013,‎ (lire en ligne).
  31. Pour un bilan carbone des projets d’infrastructures de transport sur jancovici.com
  32. a et b (de) Données sur l'énergie et les matériaux nécessaires à la fabrication d'une voiture Volkswagen Rapport environnemental 2001/2002 voir page 27
  33. [PDF] Véhicule électrique, site web Global Chance.
  34. [PDF] Analyse du cycle de vie - voir page 9 site web ademe.fr
  35. (en) L'énergie grise de nos véhicules site web ibiketo.ca
  36. Les métaux rares, le visage sale des technologies « vertes » sur reporterre.net, site de Reporterre.
  37. (en) Énergie grise liée à la construction routière site web pavementinteractive.org
  38. (en) Hybrid life-cycle inventory for road construction and use site web researchgate.net voir page 6 (énergie grise de 0,272 TJ pour une voiture et 1,088 TJ pour un camion
  39. (de) c'est ainsi que vous rendez votre ordinateur vert, sur spiegel.de
  40. (en) itu ICTs for e-Environment site de l'International Telecommunication Union. voir page 78.
  41. il est temps de renouveler Internet sur greenpeace.fr (qui s'appuie sur (en) [PDF] [1] sur clickclean.org voir camemberts page 15).
  42. a et b (de)[PDF] Centres de données en Allemagne sur bitkom.org voir pp. 38-39.
  43. « La révolution numérique fera-t-elle exploser nos consommations d'énergie ? », sur decrypterlenergie.org, .
  44. (en) Google's energy use sur techland.time.com Remarque: 60 W pendant 17 s correspondent à 0,28 Wh
  45. (en) Impact environnemental: affichez votre soutien sur meta.wikimedia.org
  46. (en) Résolution au sujet de l'impact environnemental sur wikimediafoundation.org

Voir aussi

Bibliographie

  • Prospective et entreprise, Quelle place pour l’énergie dans la compétitivité industrielle ? Usages, énergie grise, efficacité énergétique. Mathieu Bordigoni et Marc Berthou. Chambre de commerce et d'industrie de Paris, 3 avril 2014
  • [PDF]Énergétique du Bâtiment, Nicolas Morel (Laboratoire d'Energie Solaire et de Physique du Bâtiment (LESO-PB), ENAC), Edgard Gnansounou (Laboratoire des systèmes énergétiques (LASEN), ENAC)

Articles connexes

Liens externes

  • Énergie grise et Bâtiment faible consommation (pp. 43-49, site web d'Enertech)
  • Énergie grise et éco-bilan (site web d'Hespul)
  • Dossier sur l'énergie grise, ce qu'elle est, son intérêt, ses limites et son côté dérangeant (un blogue)
  • On peut aussi économiser l'énergie grise (un site web des services cantonaux suisses de l'énergie et de l'environnement)
  • Un poster sur l'énergie grise et les ordinateurs (source exposition de l'association ITEXADER « Énergie et climat » avec l'EPFL)]