Émeutes de 2005 dans les banlieues françaises

Émeutes de 2005 dans les banlieues françaises
Type Violences urbaines, émeutes
Localisation Clichy-sous-Bois puis généralisation à de nombreuses banlieues en France
Coordonnées 47° nord, 2° est
Date 8-
Bilan
Blessés Manifestants : inconnu
Policiers : 56
Morts 4
Répression
Arrestations 2 921

Les émeutes de 2005 dans les banlieues françaises sont des émeutes qui ont commencé à Clichy-sous-Bois à la suite d'un double événement. Le premier est la mort de deux adolescents, Zyed Benna et Bouna Traoré, le , électrocutés dans l'enceinte d'un poste électrique alors qu'ils cherchent à échapper à un contrôle de police. Trois jours plus tard, une grenade lacrymogène est lancée à l'entrée de la « mosquée Bilal » par des forces de l'ordre « caillassées ».

Le 30 octobre, ce second événement étend les émeutes de Clichy-sous-Bois et Montfermeil à l'ensemble de la Seine-Saint-Denis, puis deux jours plus tard à des communes partout en France. L'état d'urgence est déclaré le , puis prolongé pour une durée de trois mois. Le 17 novembre, la situation est revenue à la normale. Au total, on compte 2 921 personnes interpellées et 4 morts parmi la population, ainsi que des importantes dégradations d'infrastructures et de matériel, en particulier des voitures brûlées.

Ces trois semaines se démarquent des autres émeutes urbaines en France par leur longueur, leur extension à des nombreuses banlieues, l'ampleur des destructions matérielles et l'ampleur de leur couverture médiatique. Elles sont les plus importantes en France depuis Mai 68, et sans équivalent en Europe avant les émeutes de 2011 en Angleterre.

Tensions au cours de l'année 2005

Article détaillé : Émeutes urbaines françaises.
Rue de la goutte-d'Or, bloquée par des voitures de police
Rue de la Goutte-d'Or

Début 2005, une émeute éclate dans le quartier de la Goutte-d'Or à Paris (18e arrondissement), à la suite de la grave blessure par balle causée par un fonctionnaire de police à un homme de 19 ans soupçonné de revendre du crack[1]. Des habitants du quartier réagissent à la supposée bavure et brisent des vitrines, des voitures et des cabines téléphoniques. Six policiers sont légèrement blessés[2].

Le , un jeune homme en scooter se tue en essayant d'échapper à une patrouille de la BAC, suscitant plusieurs jours de violences urbaines à Aubervilliers[3].

Le , un enfant est tué par une balle lors d'une fusillade entre deux bandes rivales à la Cité des 4000 à La Courneuve. Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, déclare lors de son déplacement sur place vouloir « nettoyer la cité au Kärcher »[4]. Le 25 octobre à Argenteuil, il déclare à une habitante : « Vous en avez assez de cette bande de racailles, hein ? Eh bien, on va vous en débarrasser »[5].

Du 16 au 19 octobre 2005, quelques jours avant le déclenchement des émeutes nationales, des violences sont identifiées au Mas du Taureau à Vaulx-en-Velin, un quartier connu pour ses soulèvements urbains depuis le début des années 1990[6]. Elles suivent la blessure à la cheville et une rumeur de coma sur un adolescent ayant tenté d'échapper à la BAC sur un scooter volé. Le 27 octobre 2005, dans le quartier de la Duchère à Lyon, dix voitures sont incendiées après une opération de destruction d’un immeuble en présence du ministre des Affaires sociales et du maire de la ville, qui qualifie l'acte de « purement ludique, sans autre motif que de jouer avec l’attention médiatique »[3].

Le gouvernement intensifie la lutte contre l'économie souterraine et le trafic de drogues qui mobilise une importante main d'œuvre de jeunes des banlieues. Durant les dix premiers mois de 2005, la pression policière contre les trafiquants ne cesse de croître[7],[8], et plus de 28 000 véhicules sont incendiés, surtout dans les 750 zones urbaines « sensibles »[9].

Evénements déclencheurs

Article détaillé : Incidents de Clichy-sous-Bois.

Décès de Zyed et Bouna

Le poste de transformation EDF de Clichy-sous-Bois où deux adolescents trouvent la mort le .

Le jeudi , à Clichy-sous-Bois, en fin d'après-midi, une dizaine de jeunes Clichois reviennent à pied du stade Marcel-Vincent de Livry-Gargan, où ils ont passé l’après-midi à jouer au football, étant en vacances. En chemin, ils passent à proximité d’un chantier de logements en construction. De sa fenêtre, l’employé du funérarium voisin les voit s'en approcher et s’inquiète en pensant que l’un d’eux fait le guet, puis il appelle la police[10]. Le rapport de police de l'Inspection générale des Services, rendu le [11], avance qu'aucun cambriolage n'a eu lieu à ce moment mais que c'est l'approche de la police qui l'aurait empêché : « [la] tentative de vol était bien constituée dans la mesure où ses auteurs n'avaient renoncé à leur action concertée et organisée, non pas de leur propre fait, mais à la suite de l'intervention rapide et efficace des policiers de la BAC 833[12] ».

À 17 h 25, le commissariat ordonne à la BAC 833 de se rendre sur place[10]. D'après les enregistrements des conversations radio de 17 h 32, un des gardiens de la paix présents sur place, Sébastien Gaillemin, dit dans trois appels à ses collègues qu'il a vu les jeunes se diriger dans la direction de l'installation électrique : « Deux individus sont localisés. Ils sont en train d'enjamber pour aller sur le site EDF. Il faudrait cerner le coin. » Puis : « Il faudrait ramener du monde », et enfin : « S'ils rentrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau »[12],[13]. La police nationale essaye d’interpeller six personnes dans le parc Vincent-Auriol et deux autres dans le cimetière qui jouxte le poste de transformation EDF où se sont réfugiés trois fuyards : Bouna Traoré (15 ans), Zyed Benna (17 ans), et Muhittin Altun (17 ans)[14]. Cherchant à se cacher dans un transformateur électrique, Bouna Traoré et Zyed Benna meurent par électrocution dans l'enceinte d'un poste source à 18h12. Le troisième, Muhittin Altun, est gravement brûlé, mais parvient à regagner son quartier et à alerter d'autres personnes[15].

Dans son témoignage, Altun affirme que les trois adolescents fuient en voyant une voiture de police dont un policier descend avec un pistolet flashball à la main : ils ne veulent pas être en retard chez eux pour le repas de coupure du Ramadan, à 18 heures. Ils n'ont en effet pas de papiers sur eux, les papiers étant conservés par leurs parents qui ont eu « tellement de mal à les avoir », et un passage au commissariat les mettrait forcément en retard. Un des jeunes sur place, David, affirme qu'il n'y a aucune raison de courir, mais ses camarades ne l'écoutent pas, sachant que leurs parents les accuseront de s'être mal comportés s'ils sont arrêtés, même dans ce contexte[15]. Ils restent cachés dans le transformateur pendant une demi-heure, entendant les sirènes et des voix de policiers[16].

Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, exclut la faute policière et déclare que les trois victimes n'étaient pas poursuivies par la police[17],[18], ce qui s'avère faux[10]. Le lendemain matin de la mort des deux adolescents, alors qu'il est en déplacement à Nancy, il affirme que « lors d'une tentative de cambriolage, lorsque la police est arrivée, un certain nombre de jeunes sont partis en courant »[19]. Cette version est corroborée par le premier ministre Dominique de Villepin qui exprime de Dijon la même erreur : « Il s'agit, selon les indications qui m'ont été données, de cambrioleurs qui étaient à l’œuvre[19],[20] ».

Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois en 2005.

Grenade lacrymogène de la mosquée de Clichy-sous-Bois

Une grenade à gaz lacrymogène des forces de l'ordre est lancée aux abords de la mosquée de Clichy-sous-Bois, alors que la communauté musulmane est encore en période de Ramadan. Des policiers reconnaissent être « tombés dans un traquenard »[14]. « Rien ne laissait penser que c’était une mosquée. Or, des jeunes, qui étaient à proximité du bâtiment religieux, ont jeté des projectiles sur la police lorsque celle-ci faisait sa ronde »[14] ». L'enquête administrative montre que la grenade a bien été lancée par les forces de l'ordre mais a explosé à l'extérieur de la mosquée[21]. Une rumeur rapidement démentie laisse entendre que d'autres grenades lacrymogènes ont été envoyées dans l’enceinte même de la mosquée[22].

Selon le maire Claude Dilain, « c'est à partir de ce moment-là que les émeutes se sont généralisées à la France entière[22] », et pas dès la mort des deux adolescents. Le point de vue est partagé par le politologue Gilles Kepel[23] et par le ministère de l'Intérieur[24],[25].

Chronologie des émeutes

Première phase : Clichy-sous-Bois et Montfermeil

La première phase des émeutes correspond à l'émeute locale à Clichy-sous-Bois et Montfermeil[26]. La rumeur de la mort des deux adolescents circule vite. Des mouvements de rue commencent dans la soirée du 27 octobre, ciblant les forces de l'ordre et les sapeurs-pompiers de Paris[14]. Les émeutes locales s'accentuent le 28 octobre après les premières déclarations de Nicolas Sarkozy niant toute responsabilité de la police[27], s'atténuent dans la nuit du 29 au 30 octobre après une marche silencieuse des familles accompagnées de cinq cents habitants et soutenues par la municipalité[3]. Elles reprennent dans la nuit du 30 au 31 octobre 2005, après le lancer d'une grenade lacrymogène à l'entrée de la mosquée Bilal à Clichy[27]. Les premières violences sont des actes de vandalisme spontanés et isolés : un cercle de jeunes révoltés incendie des véhicules et des poubelles, puis attaque des pompiers et des policiers, et enfin des CRS[28].

Les réactions du ministre de l'Intérieur attisent par deux fois les tensions. La première fois, Sarkozy entretient un soupçon de délinquance et nie la course-poursuite avec la police, ce qui revient, pour les proches, à nier le statut de victimes des deux morts et à salir leur mémoire. De la même façon, le refus d'accepter l'erreur après l'affaire de la grenade lacrymogène est perçu comme un acte de mépris[29].

Manuel Valls fait mention d'une « violence de plus en plus dure » et de « passages à l'acte plus faciles », tandis que Delphine Batho dénote « une aggravation des faits violents » : cette violence des émeutiers est au coeur des différentes réactions politiques quel que soit le parti. Elle est parfois nuancée, par exemple par Éliane Assassi qui mentionne aussi la violence policière[30].

Les réactions aux événements déclencheurs eux-mêmes sont très rares, comme les analyses des causes de l'émeute. Dominique Strauss-Kahn mentionne « la baisse des subventions (...) le démantèlement de la prévention », mais très peu de propos politiques reprennent les études pourtant déjà faites sur la politique de la ville et les difficultés socio-économiques des quartiers touchés[31]. Charles Le Goasguen mentionne les « voyous qui sabotent la banlieue » et Roger Karoutchi parle de « minorité de délinquants qui terrorisent les quartiers afin de préserver leurs trafics lucratifs ». Aucune communication politique relevée par l'AFP ne mentionne le contexte d'émeutes en banlieues françaises depuis les années 1970[32].

Deuxième phase : extension à la région parisienne

Alors que la situation se calme à Clichy-sous-Bois, les émeutes commencent à s'étendre à d'autres quartiers sensibles du département, par émulation et par solidarité affirmée[28],[3].

Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, est accusé d'avoir empiré la situation par ses propos. Thierry Mandon cible le « côté spectaculaire » de sa politique, et Arnaud Montebourg le traite de « ministre pyromane » après l'incident de la mosquée Bilal, une appellation reprise par plusieurs coalitions[33]. Le 4 novembre, le Parti communiste, le député-maire PS de Gonesse, Jean-Pierre Blazy, le député Vert de la Gironde, Noël Mamère, et le député de l'Isère et secrétaire national du PS chargé de la justice et de la sécurité André Vallini demandent la démission de Nicolas Sarkozy[34].

Quand les émeutes s'étendent et que les événements de Clichy-sous-Bois ne suffisent plus à les expliquer, un consensus naît pour condamner la violence des émeutiers. Par exemple, Georges Fenech appelle à la « création d'une loi anti-émeute » le 2 novembre[32]. Georges Tron considère qu'à ce stade, les émeutes n'ont « plus aucun lien avec la mort des deux jeunes »[35].

Le Parti Socialiste cesse progressivement de remettre Nicolas Sarkozy en cause : seules quelques voix s'élèvent, comme celle de Jean-Marc Ayrault qui appelle à un « grand débat de fond » sur les quartiers touchés[36].

Troisième phase : émeutes nationales

La troisième et dernière phase des émeutes débute avec un accroissement des incenies de voitures dans les agglomérations de Rouen, Lyon, Rennes, Soissons et dans le Nord. La nuit suivante, Lille, Toulouse, Strasbourg et Bordeaux sont aussi touchées. En deux jours, on passe de 80 communes touchées en Île-de-France à plus de 200 communes dans la France entière[37]. Il s'agit de la première fois de l'histoire contemporaine qu'une émeute perd son caractère local et s'étend à la nation entière[38].

Dans le secteur de Planoise, à Besançon, plusieurs voitures sont incendiées dans la nuit du 2 au 3 novembre 2005 dans le hall d'immeuble du Forum. Le feu se communique au bâtiment, et le gardien de l'immeuble Salah Gaham tente d'éteindre l'incendie. Il meurt dans l'incendie et devient le premier mort des émeutes[39],[40],[41].

Pendant la nuit du 6 au 7 novembre, l'émeute est comparable en province et en région parisienne : à partir du 7 au 8 novembre, elle devient majoritaire en province. On compte des zones urbaines sensibles touchées dans une quarantaine de départements[42].

La nuit du 7 au 8 novembre est celle où les émeutes touchent le plus de terrain, touchant 274 communes et comptabilisant 1 500 voitures incendiées en France[3]. Membre de l'équipe championne du monde de football en 1998 et membre du Haut conseil à l'intégration, Lilian Thuram déclare le mardi 8 novembre 2005 que « avant de parler d'insécurité, il faut peut-être parler de justice sociale »[43].

Lors du Conseil des ministres du , le gouvernement décrète en application de la loi no 55-385 du 3 avril 1955 modifiée l'état d'urgence à compter du 9 novembre[44]. Un second décret, également daté du 8 novembre 2005, établit une liste de territoires répartis dans 25 départements — parmi lesquels la totalité de l'Île-de-France — où des mesures particulières doivent être appliquées dans le cadre de l’état d’urgence[45],[46]. L'état d'urgence n'est appliqué que dans sept de ces départements[47]. En application de ces décrets, le préfet de Police de Paris interdit par arrêté tout rassemblement « de nature à provoquer ou entretenir le désordre sur la voie et dans les lieux publics » du samedi matin 10 h au dimanche h.

Le journaliste de Rue89 David Servenay relève qu'« en décrétant l'état d'urgence, le Premier ministre Dominique de Villepin réclame aussi l'intervention de l'armée aux côtés de la police, mais la hiérarchie militaire et le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy s'y opposent. Le président de la République Jacques Chirac tranche en faveur de ce dernier. L'épisode provoque une première secousse dans l'armée, qui s'interroge sur son rôle en matière de maintien de l'ordre[48] ». La Ligue communiste révolutionnaire communique pour la première fois au sujet des émeutes pour s'opposer à l'état d'urgence le 8 novembre, invitant « à braver le couvre-feu là où il sera instauré » dans un communiqué de presse. Les Verts refusent d'appliquer l'état d'urgence dans les communes concernées, comme à BèglesNoël Mamère dit que le pays n'est « pas en guerre civile »[49]. Le 13 novembre, Jean-Marie Le Pen s'amuse sur RTL qu'on dise que Nicolas Sarkozy a copié les préconisations d'instaurer l'état d'urgence exprimées par Marine Le Pen le 4 novembre[50].

Jacques Chirac s'adresse pour la première fois aux Français via la télévision et la radio le 14 novembre. Il affirme que « ce qui est en jeu c’est le respect de la loi mais aussi la réussite de notre politique d’intégration » et annonce vouloir soutenir les familles « qui connaissent de grandes difficultés ». Il en tire la conclusion qu'« il faut renforcer la lutte contre l’immigration irrégulière et les trafics qu’elle génère », demande aux représentants des communes de « respecter la loi qui leur impose d’avoir 20 % au moins de logements sociaux » et annonce la mise en place d'un service civil volontaire qui « concernera 50 000 jeunes en 2007 »[51].

Lors d'un Conseil des ministres anticipé de deux jours, le lundi 14 novembre, le gouvernement présente un projet de loi prolongeant de trois mois l'état d'urgence. La loi est votée le 18 novembre et publiée au Journal officiel le 19 novembre[47].

Un décret, présenté au Conseil des ministres du , met fin à son application à compter du .

Chronologie des émeutes de 2005
Bilan au matin du … Véhicules incendiés Interpellations Policiers blessés Morts Lieux touchés
Journée du 27 octobre 2005, 2 adolescents de 15 et 17 ans meurent électrocutés. Début des violences (23 véhicules incendiés).
28 octobre 2005 23 - - - Clichy-sous-Bois
29 octobre 2005 29 14 - - Clichy-sous-Bois
30 octobre 2005 20 19 - - Clichy-sous-Bois
31 octobre 2005 18[52] - - - Clichy-sous-Bois
1er novembre 2005 68 - - - Seine-Saint-Denis
2 novembre 2005 228 - - - France
3 novembre 2005 315 29 - 1 France
4 novembre 2005 519 78 - - France
5 novembre 2005 897 253 2 - France
6 novembre 2005 1 295 349 - - France
7 novembre 2005 1 408 395 35 1 France
8 novembre 2005 1 173 330 4 - France
9 novembre 2005 617[53] 280 1 - France
10 novembre 2005 482[53] 203 - - France
11 novembre 2005 463 201 8 - France
12 novembre 2005 502 206 2 - France
13 novembre 2005 374 212 2 - France
14 novembre 2005 284 115 5 - France
15 novembre 2005 215[54] 71 - - France
16 novembre 2005 165 44 - - France
17 novembre 2005 98 33 - - France
Total
21e nuit 9 193 2 921 56 2 (voir carte)
Source : déclarations du ministère de l'Intérieur. http://www.interieur.gouv.fr
¹ : Bilan provisoire

Bilan des émeutes

Morts et blessés

Le premier mort des émeutes est Salah Gaham, jeune gardien d'immeuble mort asphyxié en tentant d'éteindre un incendie dans le quartier de Planoise à Besançon[55]. Retraité, Jean-Jacques le Chenadec meurt en bas de chez lui à Stains le , victime d'un coup de poing d’un jeune en tentant d’éteindre un feu de poubelle[56]. Un hommage lui est rendu en 2015 par la municipalité[56]. Deux autres victimes civiles sont répertoriées : Jean-Claude Irvoas, battu à mort le 27 octobre, à Épinay-sur-Seine, alors qu'il prenait en photo un lampadaire pour sa société de mobilier urbain, et Alain Lambert, gardien du lycée de la Plaine-de-Neauphle à Trappes, mort asphyxié tandis qu'il tentait d'éteindre l'incendie d'une voiture déclenché par quatre jeunes[57].

Après les émeutes, certains sociologues affirment qu'il n'existe pas de lien direct entre les émeutes et ces morts. La principale victime « directe » est une femme handicapée de Sevran, gravement brûlée le 2 novembre dans un bus attaqué dont elle n'a pas pu sortir en raison de son handicap[58].

217 policiers et gendarmes sont blessés durant ces affrontements, sur 11 500 mobilisés[28]. Du côté des émeutiers, il n'y a pas eu de comptage, mais les hôpitaux publics n'ont pas signalé d'afflux particuliers de blessés[58].

Évolution du nombre des véhicules incendiés (rouge) et des interpellations (bleu) lors des émeutes de 2005

Véhicules dégradés

Au 21 novembre, selon un total établi par la DGPN, 8 973 véhicules avaient été brûlés depuis le début des émeutes. Par comparaison, environ 28 000 véhicules avaient été détruits entre le 1er janvier et le 30 septembre[28].

144 bus de la RATP sont caillassés et une centaine de véhicules de la Poste sont détruits[28].

Infrastructures

La Fédération française des sociétés d'assurance estime les dégradations à un montant de 200 à 250 millions d'euros[28],[59]. Au total, le ministère de l'Intérieur compte 233 bâtiments publics dégradés et 74 bâtiments privés. 18 lieux de culte sont dégradés[28].

La SMACL, assureur de nombreuses collectivités locales, estimait le à 55 millions d'euros l'ardoise des violences urbaines pour ses seuls clients[réf. nécessaire]. À la suite de ces incidents, les primes d'assurance des collectivités en ZUS ont fortement grimpé, générant des dépenses supplémentaires pour ces villes. D'où l'action juridique, pour l'instant sans succès, d'une vingtaine de collectivités locales de Seine-Saint-Denis pour faire reconnaître la responsabilité de l'État[60].

Le gymnase Arnaud-Desmet, incendié dans la nuit du 5 au 6 novembre, est reconstruit et inauguré à l'été 2010, de même que le commissariat de police de Clichy-Montfermeil quelques semaines plus tard[61]. Détruit le 8 novembre, le centre sportif du Cosom de Villepinte est reconstruit puis inauguré en février 2009. La première pierre du gymnase Jean Macé du Blanc-Mesnil, détruit dans la nuit du 3 au 4 novembre, est posée en octobre 2010 pour un équipement plus imposant que le précédent. Incendié le 5 novembre, le gymnase de la Butte verte, affecté à la gymnastique artistique, voit la première pierre de son successeur posée en novembre 2010. Le gymnase du collège Gabriel Péri détruit le 6 novembre est remplacé par un complexe sportif[62].

Suites judiciaires des émeutes

Interpellations d'émeutiers

Durant ces troubles, qui à leur pic ont mobilisé 11 200 policiers et gendarmes, 2 921 émeutiers présumés sont interpellés. Au , on compte 597 incarcérations dont 108 mineurs sur les 2 734 personnes placées en garde à vue[63]. Le 30 novembre, il est fait état de 4 770 interpellations, débouchant sur 4 402 gardes à vue et 763 incarcérations[64].

Le 9 novembre, le ministère de l'Intérieur annonce la suspension de huit policiers pour violences illégitimes filmées exercées le 7 novembre sur un jeune homme interpellé la veille à La Courneuve[65]. En 2009, deux policiers sont condamnés à un an de prison avec sursis, avec inscription au casier judiciaire, et interdiction d'exercer leur fonction pendant un an alors qu'un troisième écope de six mois de prison avec sursis, avec inscription au casier judiciaire[66].

Procès des policiers impliqués dans les événements de Clichy-sous-Bois

Les parents des deux enfants décédés portent plainte contre le policier qui a fait l'appel radio, Sébastien Gaillemin, et la policière stagiaire au standard, Stéphanie Klein. Ils sont tous deux accusés de n'avoir pas tenté de porter assistance aux adolescents entrés dans le transformateur, alors qu'ils étaient conscients des risques pris. En 2007, les deux policiers sont mis en examen pour non-assistance à personnes en danger[67].

Saisie de l'affaire, l'IGPN dénonce dans un rapport de 2009 la « légèreté » des deux policiers, sans demander leur suspension. Le policier sur place a effectué des vérifications qui lui ont laissé penser que les deux jeunes gens avaient quitté le site, et la policière au standard affirme avoir entendu que deux personnes étaient sorties du transformateur[68].

Début septembre 2010, la procureure de la République de Bobigny requiert un non-lieu, estimant qu'il n'y a pas de « charges suffisantes » contre les policiers. Le 22 octobre 2010, les deux policiers mis en examen sont renvoyés devant le tribunal correctionnel[69]. Le , le parquet fait appel du renvoi des policiers devant le tribunal correctionnel. Les juges d'instruction estiment que ces policiers n'ont pas accompli les diligences imposées par leur fonction[69]. Le parquet de Bobigny fait à son tour appel, et la cour d'appel de Paris prononce un non-lieu en avril 2011. En octobre 2012, la Cour de cassation renvoie le dossier devant la cour d'appel de Rennes, qui renvoie les deux policiers devant le tribunal correctionnel[70].

Le se tient le procès des deux policiers pour non-assistance à personne en danger et mise en danger délibérée de la vie d'autrui[70]. Le , le tribunal prononce la relaxe, estimant que les deux policiers n’avaient pas connaissance d’un danger « certain et imminent » pour les jeunes. L'avocat des jeunes décédés Me Jean-Pierre Mignard estime que « la parole de deux policiers blancs l’emporte sur toute autre considération[71] ».

Les familles des deux jeunes font appel. La cour d'appel de Rennes rejuge l'affaire sur les seuls intérêts civils et confirme le jugement de première instance le . La partie civile annonce alors son intention de former un pourvoi en cassation[72]. Plusieurs personnalités politiques réagissent aussi au verdict. À droite, le député UMP des Alpes-Maritimes Éric Ciotti se « réjouit » de la relaxe des fonctionnaires alors que la députée FN du Vaucluse, Marion Maréchal-Le Pen, affirme que « ce verdict prouve que la racaille avait bien mis la banlieue à feu et à sang par plaisir et non à cause d'une bavure policière ». Le député UMP Christian Estrosi ajoute que « les familles n'ont qu'à éduquer leurs enfants et faire en sorte qu'ils ne soient pas des délinquants », s'attirant une réaction de la Garde des sceaux Christiane Taubira : « Je suis choquée que des responsables politiques puissent avoir des paroles aussi abjectes alors que les cœurs des mamans et des papas sont encore en lambeaux[73] ». Les personnalités de gauche se montrent nombreuses à regretter le verdict. Pour la secrétaire nationale d'EELV Emmanuelle Cosse, « Zyed et Bouna [sont] morts pour rien et niés par la justice. Ce jugement est incompréhensible ». Le député socialiste Alexis Bachelay cite Victor Hugo : « Faire justice est bien. Rendre justice est mieux»[74] ». Le terme de « racaille » employé par l'élue frontiste et le député UMP suscite la colère du maire de Clichy-sous-Bois, Olivier Klein, qui le qualifie de « pas respectueux du deuil des familles, ni même de la décision de justice qui a été rendue. C’est méprisant pour les enfants qui sont morts ». Il souligne que « contrairement à ce que certains prédisaient, les quartiers populaires ont accueilli la décision de justice dans le calme, même s’ils ne l’approuvent pas[75] ».

Conséquences sur l'image de la France

Certains pays conseillent aux touristes d'éviter la France. Des entreprises étrangères émettent des doutes concernant leurs investissements en France, sans prendre de décision immédiate.

Conséquences sur la popularité des politiques français

Le parti UMP fait campagne au moyen d'achat de liens publicitaires sur Google. Un lien apparaît dans les résultats de recherche sur des mots clés comme banlieue, émeute, racaille, anarchiste, républicain, socialiste, fédéraliste, politique, trotskyste, marxiste, incivilité ou démocrate et dirige les visiteurs vers une pétition pour « soutenir la politique de banlieues de Nicolas Sarkozy ». C'est la première fois qu'un parti politique français achète des liens commerciaux sur un moteur Internet[76].

La popularité de Nicolas Sarkozy fait un bond de 11 points, pour s'établir à 63 % d'opinions favorables en novembre. Le Premier ministre, Dominique de Villepin (+ 7 points) à 58 % et le président Jacques Chirac (+ 6 points) à 39 % bénéficient aussi de leur gestion de la crise[77].

Le FN compte 12 000 demandes d'adhésion à son parti entre le début des émeutes et la première quinzaine de décembre ; le Mouvement pour la France en annonce 3 000[78].

Causes de l'émeute

Rôle des événements de Clichy-sous-Bois

Les émeutiers ne semblent pas particulièrement affectés par les événements eux-mêmes, mais plutôt par la responsabilité de la police et les réactions du ministère de l'Intérieur. Par exemple, dans une étude de Laurent Mucchielli, un seul émeutier interrogé sur douze parle de la mort de Zyed et Bouna de façon détaillée. Les autres insistent plutôt sur l'absence d'excuses de la police après ces morts, ainsi qu'après le jet de grenade lacrymogène dans la mosquée Bilal. Les émeutes se fondent donc sur un sentiment de légitimité morale face au « déni mensonger » des autorités[79]. Ce motif lui-même n'est cependant pas le plus récurrent dans les entretiens, supplanté par l'expérience personnelle des émeutiers, qui se résume par un « vécu d'humiliations multiples accumulées » : discrimination à l'embauche, humiliation à l'école, et pour chacun d'entre eux, violences policières[80].

Dégradation de la politique de la ville

La politique publique des emplois aidés permet une certaine insertion sociale et professionnelle des populations en difficulté : leur arrêt crée un fort ressentiment dans les quartiers touchés. Les acteurs associatifs de Seine-Saint-Denis témoignent d'une frustration dûe à la suspension des crédits de l'Etat aux associations entre mars et septembre 2005. En particulier, la loi du 17 octobre 1997 sur les emplois-jeunes permet à des jeunes au profil-type des émeutiers de travailler pour les associations et lieux culturels locaux, ainsi que pour la police, permettant de créer une police de proximité qui canalise les tensions : avec la suppression de ces emplois, les jeunes ont l'impression que « ceux qui les entouraient les ont laissé tomber »[81].

Les violences sont pour 85 % dans des quartiers classés en zone urbaine sensible qui sont en fort contraste de revenus et de taux de chômage des jeunes de 15 à 25 ans avec le reste de leur commune. Un point commun des quartiers est la jeunesse des populations, avec au moins 35 % de jeunes de moins de 20 ans et un grand nombre de familles de 6 personnes et plus. On note enfin une corrélation significative entre la signature d'une convention avec l'Agence de rénovation urbaine, qui procède d'abord à des expulsions avant de commencer la rénovation des quartiers, et les émeutes de novembre 2005[82].

Sentiment identitaire des émeutiers

Dans un premier temps, les analystes affirment que les émeutes des banlieues sont des violences « sans revendications » : pour eux, les émeutes trouvent leur origine dans la colère et la frustration des jeunes qui n'ont pas de perspectives professionnelles et sociales[28].

La DCRG remarque que « les jeunes des cités étaient habités d'un fort sentiment identitaire ne reposant pas uniquement sur leur origine ethnique ou géographique, mais sur leur condition sociale d'exclus de la société française »[83], une observation partagée par le Conseil National des Villes qui parle de « leur absence de place dans la société »[28]. Les jeunes expliquent leurs motivations en citant la rivalité entre les cités, l'aspect ludique de la destruction, le défi à l'autorité, la volonté de marquer son territoire, et une rancoeur très forte envers les représentants de l'Etat et en particulier la police[28].

Gilles Falavigna fait une étude comparative avec les émeutes de 1992 à Los Angeles sur 5 critères déterminants d'identité: territoire, sentiment de rejet, sens collectif (patrimoine culturel), langue, religion. Son analyse conclut d'un saut qualitatif à venir dans la révolte par la synergie, en France, de ces 5 critères alors qu'ils étaient absents aux États-Unis selon le rapport de la commission Webster. Pour Gilles Falavigna, le caractère spontané des émeutes est concomitant de l'action conjointe des 5 déterminants de l'identité[84].

Criminalité et tensions avec la police

Le ministère de l'Intérieur déclare devant l'Assemblée nationale que 75 à 80 % des émeutiers sont des délinquants connus. Les émeutes traduisent donc, d'après le ministre, « la volonté de ceux qui ont fait de la délinquance leur activité principale de résister à l'ambition de la République de réinstaurer son ordre, celui de ses lois, dans le territoire »[85]. Les magistrats du tribunal de Bobigny, qui jugent en comparution immédiate les émeutiers de Seine-Saint-Denis, démentent les propos en affirmant qu'il s'agit en très grande majorité de profils de primo-délinquants, constat rapidement confirmé par les tribunaux de Créteil, Lyon, Nice et Nancy[86]. C'est ensuite au tour des Renseignements généraux de publier un rapport qui dément à la fois la thèse de la délinquance et celle de l'islamisme radical[83]. De même, les sociologues s'accordent massivement pour écarter la thèse d'émeutes qui ne dépassent pas le rapport habituel à la police, sans revendications[87].

Bien que les émeutiers ne soient majoritairement pas des délinquants, ils ont un rapport difficile avec la police[80]. Les tensions sont aggravées par l'annulation du projet de polices de proximité mis en place par Jean-Pierre Chevènement, qui canalisait relativement bien les tensions[81]. Les jeunes se sentent directement opposés à la police : « les contrôles, les insultes, les brimades ou les violences physiques ne relèvent pas du fantasme, ils sont fréquents. [La police] peut d’autant plus se le permettre que les policiers savent pertinemment que, dans la plupart des cas, les jeunes ne réagiront et ne porteront pas plainte. »[81] La pression la plus répandue est celle des contrôles d'identité quasi-systématiques et vécus comme une brimade, dans la lignée d'un racisme supposé de la police : « ils ne respectent pas nos enfants. Je crois que c’est parce que, dans le quartier, tout le monde est Noir ou Arabe ». Enfin, les abus policiers sont couplés à leur relative impunité[64].

Couverture médiatique

En France

Des journalistes suisses s'installent à Bondy pour couvrir les émeutes depuis l'intérieur même des banlieues, donnant ainsi naissance au Bondy Blog, qui est maintenant dirigé et animé par des jeunes de quartiers sensibles[88],[89].

La couverture médiatique des événements suit le plus souvent une de deux lignes éditoriales opposées. D'un côté, un discours qui victimise les émeutiers, de l'autre une représentation culpabilisante de leurs actes. Dans le premier cas, les banlieues sont victimes des institutions via le chômage, la relégation sociale et géographique ou les discriminations ; de l'autre, les jeunes de banlieue manquent de respect et les politiques et policiers réagissent seulement à cette responsabilité[90].

En dehors de France

La presse étrangère parle immédiatement d'émeutes dues aux problèmes d'intégration ethnique. Les politiciens français, voire la société française, sont parfois très durement critiqués. Les médias anglo-saxons sont accusés par des journalistes français d'avoir exagéré la situation[91].

Dominique de Villepin, interviewé le 29 novembre 2005 sur Cable News Network, préfère parler de « troubles sociaux » plutôt que d'émeutes. Il affirme que ces émeutes n'ont entraîné aucun décès, une précision importante face à la comparaison des médias américains entre ces événements et les émeutes de 1992 à Los Angeles : les quatre décès recensés sont considérés sans rapport direct avec les émeutes[58].

Controverses

Certains acteurs associatifs de banlieue (notamment issus d'AC le feu) ont de plus précisé qu'à la suite des émeutes, nombre de journalistes et reporters avaient pris l'habitude, en venant faire des reportages sur les banlieues, d'alimenter leurs articles avec de faux témoignages ou en payant des jeunes pour simuler des délits face caméra[92],[93]. La couverture médiatique sans précédent des émeutes attise également une forme de compétition médiatique entre les cités, où chaque quartier veut être cité dans un reportage sur les violences[28].

La couverture se concentre d'autant plus sur les actions de Sarkozy qu'il est en campagne : les émeutes elles-mêmes sont la toile de fond de ce reportage, ce qui peut biaiser leur couverture. Par exemple, France 2 refuse de prime abord de diffuser la vidéo d'un groupe de policiers frappant un jeune, par « souci de responsabilité » ; de son côté, CNews met en question le fait de « prendre tant de précautions quand il s’agit du pouvoir et si peu lorsqu’il s’agit du contre pouvoir »[93].

La question du rôle de la télévision dans l'aggravation des émeutes est d'abord soulevée, puis réfutée, d'abord parce que ce n'est pas la première fois que les émeutes sont couvertes sur les chaînes nationales. Les incendies au niveau local ont une fonction précise de revendication de meilleures infrastructures : si comparaison il y a, c'est avec les quartiers voisins, et les différentes régions de France ne se font pas concurrence. Par contre, la responsabilité des médias locaux est, elle, bien supposée, par exemple quand des journaux locaux publient le nombre de voitures brûlées par quartier ou commune[94].

La chaîne de télévision LCI est accusée de censure parce qu'elle décide de ne pas diffuser d'images de voitures en feu afin de ne pas faire progresser l'extrême droite[réf. souhaitée] grâce aux images de violence et d'insécurité.

Analyses

Profil sociologique des émeutiers

Un rapport de la Direction centrale des Renseignements généraux daté du 23 novembre 2005 et publié par le journal Le Parisien du 7 décembre parle d'une « forme d'insurrection non organisée avec l'émergence dans le temps et l'espace d'une révolte populaire des cités, sans leader et sans proposition de programme »[83].

Dans les Yvelines, 121 personnes sont arrêtées, dont 2 femmes. On compte autant de majeurs que de mineurs, la tranche d'âge des 18 à 21 ans étant la plus représentée. L'immense majorité des personnes interpellées vit dans un logement HLM chez ses parents ; 81 % des interpellés vivent dans le quartier où ils sont arrêtés. 26 personnes interpellées sont déjà connues des services de police, tandis que sur les 59 jeunes scolarisés à l'heure de leur arrestation, les 10 d'entre eux qui sont l'objet d'une investigation poussée sont des éléments perturbateurs en classe. En Seine-Saint-Denis, 300 hommes sont arrêtés et aucune femme. 52 sont relâchés par absence de faits attestés. Sur les 300, on compte 122 majeurs et une légère majorité de personnes qui ne sont pas connues des services de police. On compte 85 mineurs (sur 178) dont le décrochage familial et scolaire a déjà été l'objet de signalements et de prises en charge. Plus de la moitié des personnes interpellées ne compte aucune activité professionnelle ou sociale[28].

Philippe Jeammet, psychiatre, estime que « plus l’adolescent a peur, plus il est tenté de faire peur pour dissimuler son anxiété ». On note un lien entre la faiblesse des institutions locales et la violence des émeutes. Avec des émeutiers jeunes et venant de famille monoparentales nombreuses, la solidarité se fait entre les jeunes de chaque cité en cas de problèmes avec la police, d'où que vienne la faute[28].

Ethnicité

Selon le sociologue Hugues Lagrange, les émeutiers sont surtout des jeunes d'origine africaine, issus des dernières vagues d'immigration en France[95]. Il note toutefois que des jeunes de toutes origines ont été interpellés, comme on peut le constater dans le journal Le Monde[96]. 95 % des émeutiers interpellés sont de nationalité française[28]. Il remarque enfin que dans les zones de forte ségrégation, où les populations immigrées et les populations autochtones se mélangent peu, les émeutes n'ont pas eu lieu[82]. En Seine-Saint-Denis, la quasi-totalité des personnes interpellées est française, mais on compte une majorité de personnes « issues de l'immigration », dont un peu plus de la moitié de familles maghrébines[97].

Pour certains auteurs, la question de l'ethnicité des émeutiers dépasse l'identité de classe, disparue avec l'emploi, et se crée quand il est difficile d'identifier un ennemi commun : elle compense les identités perdues. À l'opposé, d'autres auteurs s'appuie sur le rapport des vagues d'immigrations récentes au modèle républicain en crise. Ainsi, les jeunes français d'origine immigrée bénéficient d'une assimilation culturelle très forte, mais les marqueurs identitaires ont gagné en importance en parallèle de cette intégration. Pour ces auteurs, il ne s'agit donc pas d'un communautarisme des fils d'immigrés africains et nord-africains, mais d'un retournement du racisme pour le transformer en source de fierté et d'appartenance[98].

Le mardi 8 novembre, Nicolas Sarkozy déclare avoir « demandé aux préfets que les étrangers, qui sont en situation régulière ou irrégulière, qui ont fait l'objet d'une condamnation, soient expulsés sans délai de notre territoire, y compris ceux qui ont un titre de séjour. Quand on a l'honneur d'avoir un titre de séjour, le moins que l'on puisse dire c'est que l'on n'a pas à se faire arrêter en train de provoquer des violences urbaines »[99]. Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « le nombre d'étrangers expulsables ne dépasse pas la dizaine »[100]. Selon Laurent Mucchielli, 120 étrangers sont potentiellement concernés, en incluant ceux dotés d'un titre de séjour[101].

Sur l'ensemble des condamnations judiciaires, à la suite des « violences urbaines », les étrangers représentent 6 % du total. Selon Le Parisien, alors que Sarkozy parle de « six dossiers à suivre » lors de la première expulsion d'un étranger le 3 février, seules deux personnes sont en cours d'examen de dossier. Pour les autres cas, les avis consultatifs négatifs des tribunaux sont suivis par les préfets, les intéressés n'ayant souvent aucune condamnation ni profil désocialisé[102].

Liens religieux et politiques

Pour le politologue et islamologue Gilles Kepel, les émeutes de 2005 « permettent, à côté de la participation politique massive des enfants de l’immigration musulmane, l’émergence d’une minorité salafiste visible et agissante »[103]. Il voit ainsi dans les émeutes de 2005 le point de départ du jihadisme de « troisième génération », répondant à l'Appel à la résistance islamique mondiale de Abou Moussab al-Souri et qui donnera ses premiers résultats tangibles avec l'affaire Mohammed Merah en 2012[104]. D'après le rapport de la DCRG, cependant, les autorités islamistes n'ont joué « aucun rôle dans le déclenchement des violences et dans leur expansion », tandis que l'extrême-gauche « n'a pas vu venir le coup et fulmine de ne pas avoir été à l'origine d'un tel mouvement » : en conclusion, la thèse du soulèvement organisé est écartée[83]. Il en est de même pour le rapport du Conseil national des villes[28]. Les enquêtes des Renseignements généraux ne montrent pas d'influence religieuse dans les violences. Au contraire, des représentants de l'Islam ont parfois tenté de s'imposer comme médiateurs : l'UOIF publie un texte recommandant aux musulmans de ne pas participer aux émeutes afin d'éviter les amalgames[105].

Georges Tron estime que les émeutes sont « le fait de groupes extrêmement organisés ». Éric Raoult approuve, identifiant « un certain nombre d'agitateurs et de provocations ». C'est aussi le point de vue de Michèle Alliot-Marie, selon laquelle les vrais fautifs sont un « petit nombre de personnes [qui] vit dans l'économie souterraine, de trafic de drogue ou autre, et qui n'ont aucune envie que l'ordre, la paix et le respect de la loi soient ramenés dans les quartiers »[106].

Roger Karoutchi suppose que les jeunes sont « par des petits groupes soit très marqués pour leur suractivité islamiste, soit très marqués à l'extrême gauche »[106]. Dans la même veine, Alain Finkielkraut avance auprès de Haaretz qu'on « aimerait bien réduire ces émeutes à leur dimension sociale », mais qu'« il est clair que cette révolte a un caractère ethnique et religieux. »[107] ».

Intégration des familles immigrées

Les mardi 15 et mercredi , le ministre délégué à l'emploi, Gérard Larcher, et le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, affirment que la polygamie constitue l'une des causes de ces violences urbaines. Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy avait déjà déclaré le 10 novembre précédent qu'« il y a plus de problèmes pour un enfant d'un immigré d'Afrique noire ou d'Afrique du Nord que pour un fils de Suédois, de Danois ou de Hongrois. Parce que la culture, parce que la polygamie, parce que les origines sociales font qu'il a plus de difficultés ».

Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel de l'Académie française tient des propos similaires au journal Libération : « Tout le monde s'étonne : pourquoi les enfants africains sont dans la rue et pas à l'école ? Pourquoi leurs parents ne peuvent pas acheter un appartement ? C'est clair, pourquoi : beaucoup de ces Africains, je vous le dis, sont polygames. Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et 25 enfants. Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements, mais Dieu sait quoi ! On comprend pourquoi ces enfants courent dans les rues ».

Ces déclarations suscitent une polémique. Pour Manuel Valls,« donner à penser que les problèmes actuels des banlieues seraient directement liés à la polygamie est gênant, voire insupportable ». D'après le député communiste Jean-Claude Sandrier, « les autorités cherchent des boucs émissaires […] Le principal problème pour l'intégration c'est l'emploi ». Les Verts dénoncent carrément les « relents racistes » de la droite et du gouvernement[réf. souhaitée]. Le Conseil National des Villes souligne que les adultes ont très souvent joué un rôle pacificateur dans les violences urbaines, se mobilisant pour se positionner entre la police et les jeunes et étant donc à l'opposé du rôle que les personnalités accusant la polyagmie leur prêtent[28].

Postérité

Initiatives politiques

Le 8 novembre 2005, Dominique de Villepin annonce une série de mesures, notamment la réservation aux quartiers difficiles de 20 000 contrats d'accompagnement pour l'emploi et contrats d'avenir et la dynamisation des associations locales[28].

Un an plus tard, les maires des villes où les émeutes ont eu lieu s'alarment de l'absence d'actions entreprises par le gouvernement pour améliorer la situation, indiquant que les quartiers concernés ont le sentiment que rien n'a changé. Pour le Conseil National des Villes, les émeutes pourraient se reproduire, la situation ne s'étant pas améliorée[28].

Dix ans après les émeutes, la situation reste tendue, bien qu'un programme de renouvellement urbain soit mis en place aux côtés du développement de certains services publics[108].

Dans la culture

Les émeutes de 2005 sont longuement évoquées dans le roman d'Aurélien Bellanger, Le Grand Paris[109].

Les émeutes ont une influence particulière dans le milieu de la musique, et en particulier du hip-hop français. Elles le sujet principal de la chanson d'Axiom Ma lettre au président [110]. Cette chanson se veut comme une lettre ouverte au président Jacques Chirac, à laquelle ce dernier répond publiquement[111].

En 2006, Keny Arkana sort une chanson intitulée Nettoyage au Karcher, référence directe à la citation de Nicolas Sarkozy prononcée quelques semaines avant le déclenchement des émeutes. Elle y chante « nettoyage au karcher, sortez les dossiers du placard, c'est à L’Élysée que se cachent les plus grandes des racailles »[112]. La même année, le groupe Sniper chante Brûle, qui retrace les événements survenus dans les banlieues françaises et présente le point de vue des émeutiers : « Oui des reuf ont réagi face aux propos outranciers / Un crime impuni d'la gazeuse dans une mosquée / Du Mirail au Bosquet engrenage dramatique / L'effet fait boule de neige, faute au matraquage médiatique »[113].

Le 16 janvier 2007, un album d'hommage à Zyed et Bouna est produit par un ensemble d'artistes du rap : RS 4, un groupe clichois, en est à l'origine. L'album contient quinze morceaux produits entre autres par Diam's, Akhenaton, Faf Larage, Alibi Montana et Kery James. Il inclut aussi une chanson composée et interprétée par les élèves du collège Robert-Doisneau[114].

Les émeutes marquent fortement la réalisatrice franco-turque Deniz Gamze Ergüven qu'elle voit comme une « détresse émotionnelle arrivée à un niveau extrême ». Découvrant par la suite les émeutes de 1992 à Los Angeles, elle fait un rapprochement entre les deux événements et décide de faire un film sur les deuxièmes, Kings, sorti en 2018[115].

Dans Hiro, Soprano imagine ce qu'il aurait fait pour rendre le monde meilleur s'il avait eu le pouvoir de remonter le temps, comme le personnage homonyme de la série Heroes. Une de ses actions mentionnées est de « débrancher le transfo d'EDF avant que Zyed et Bouna n'arrivent »[116].

Notes et références

  • Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Salah Gaham » (voir la liste des auteurs) (voir aussi la page de discussion).
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  19. a et b Didier Hassoux, « Les dérapages de Villepin et Sarkozy », Libération, (consulté le 26 décembre 2015)
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  21. L'enquête de 90 min de Canal+ démontrerait que la grenade a ricoché à l'intérieur de la mosquée dont les portes étaient ouvertes.
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Voir aussi

Bibliographie

Ouvrages

  • Gwenaël Bourdon, avec Adel Benna, Siyakha Traoré, Zyed et Bouna, Don Quichotte, , 208 p. (ISBN 978-2-35949-518-8)
  • Stéphane Beaud, Younès Amrani, Pays de malheur ! Un jeune de cité écrit à un sociologue, La Découverte, 2005 (Actualité des livres)
  • Alèssi Dell'Umbria, La Rage et la révolte, Agone, 2010.
  • David Dufresne, Maintien de l'ordre - L'enquête, Paris, Hachette Littératures, 2007
  • Gérard Mauger, L'Émeute de novembre 2005 : une révolte protopolitique, Éditions du Croquant, 2006 (Jean Jacques Yvorel, «L’Émeute de novembre 2005. Une révolte protopolitique, de Gérard Mauger», Sociétés et jeunesses en difficulté, 4, [lire en ligne].)
  • L'Achèvement, La révolte des banlieues, de 2005, qui ébranla le monde, Éditions de L'Achèvement, 2006, [lire en ligne]
  • Raphaël Draï et Jean-François Mattéi (dir.), La république brûle-t-elle ? : Essai sur les violences urbaines françaises, Ed. Michalon, cop. 2006. - 1 vol. (199 p.) ; 24 cm. - Notes bibliogr. (ISBN 2-84186-317-4) A.
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Luc Bronner, La Loi du ghetto : Enquête dans les banlieues françaises, Pocket, , 260 p. (ISBN 978-2-266-20863-5)

Bandes dessinées

Articles

  • Bernard Heckel, Économie et humanisme, Sécurité dans la ville : voter prévention, no 379, décembre 2006.
  • Michel Kokoreff, Odile Steinauer et Pierre Barron, « Les émeutes urbaines à l’épreuve des situations locales », SociologieS, Enquêter à chaud, [lire en ligne].

Films

Rapports officiels

Articles connexes

Liens externes

  • Rapport 2005 de l'Observatoire national des zones urbaines sensibles (statistiques officielles)
  • | Comprendre les territoires des banlieues françaises, 10 ans après (Revue Urbanités, 2015)
  • Heure par heure les principaux événements sur le site du Nouvel Obs
  • Banlieues, 10 ans après les émeutes: un échec made in France, dossier interactif par respectmag.com