Élections régionales de 2015 à Hambourg

Élections régionales de 2015 à Hambourg
121 députés du Bürgerschaft
(Majorité absolue : 61 députés)
le
Type d’élection Élection parlementaire
20130922 Bundestagswahl 2013 in Berlin by Moritz Kosinsky0448.jpg SPD – Olaf Scholz
Voix 1 594 975
45,7 %
 −2,7
Sièges obtenus 58  −4
Dietrich Wersich CDU Parteitag 2014 by Olaf Kosinsky-1.jpg CDU – Dietrich Wersich
Voix 555 875
15,9 %
 −6
Sièges obtenus 20  −8
Fegebank, Katharina - 1889.jpg Grünen – Katharina Fegebank
Voix 426 163
12,2 %
 +2,2
Sièges obtenus 15  +1
2011-06-23-dora-heyenn-by-RalfR-18.jpg Linke – Dora Heyenn
Voix 298 368
8,5 %
 +2,1
Sièges obtenus 11  +3
2011-06-23-Katja-Suding-09.jpg FDP – Katja Suding
Voix 259 950
7,4 %
 +0,7
Sièges obtenus 9  0
Jörn kruse porträt1.jpg AfD – Jörn Kruse
Voix 21 250
6,1 %
Sièges obtenus 8
Premier bourgmestre
Sortant Élu
Olaf Scholz
SPD
Olaf Scholz
SPD

Les élections régionales de 2015 à Hambourg (en allemand : Bürgerschaftswahl in Hamburg 2015) se tiennent le dimanche , afin d'élire les 121 membres de la 21e législature du Bürgerschaft de la ville libre et hanséatique de Hambourg.

Contexte

À la suite de la rupture de la première « coalition noire-verte » de l'histoire allemande en , le premier bourgmestre chrétien-démocrate Christoph Ahlhaus avait convoqué des élections anticipées le .

Au cours de ce scrutin, le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), dans l'opposition depuis 2001 après avoir passé quarante-quatre ans au pouvoir, remporte 48,4 % des suffrages exprimés. Cette progression de l'ordre de quatorze points lui donne 62 députés sur 121 au Bürgerschaft. Il s'agit du meilleur résultat pour une force politique à Hambourg depuis le scrutin de . Jamais depuis vingt ans ne s'était tant approché de la barre des 50 % des voix. En outre, cela faisait cinq ans qu'en Allemagne, un parti n'avait plus remporté de majorité absolue dans une élection régionale.

À l'inverse, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), qui dirigeait le gouvernement local depuis 2001, s'effondre littéralement. Avec 21,9 % des voix seulement, elle perd vingt-et-un points par rapport à 2008, réalisant le pire score de son histoire, tout en tombant pour la première fois sous le seuil des 25 % des suffrages. Elle doit donc se contenter de 28 sièges, comptant ainsi moins de 30 élus pour la première fois. L'Alliance 90 / Les Verts (Grünen), qui gouvernait avec la CDU, ne pâtit nullement de cette coalition, puisqu'elle progresse d'un point et demi, totalisant effectivement 11,2 % des suffrages et 14 parlementaires.

Outre les chrétiens-démocrates, la seconde surprise de cette élection vient du Parti libéral-démocrate (FDP), qui réussit, dans un contexte national difficile pour les libéraux, à faire son retour au Bürgerschaft après sept années d'absence. Le FDP parvient à s'adjuger 6,7 % des voix exprimées, ce qui lui accorde 9 élus. Il passe donc juste devant Die Linke, le parti de la gauche radicale qui conserve sa représentation parlementaire avec une absolue stabilité : 6,4 % et 8 sièges.

Conséquence de ces résultats, le chef de file des sociaux-démocrates et ancien ministre fédéral du Travail Olaf Scholz, 52 ans, est investi au poste de premier bourgmestre de la ville libre et hanséatique de Hambourg. Il constitue alors son gouvernement, dont cinq des dix membres sont des femmes.

Le , le Bürgerschaft approuve deux importantes modifications de la législation électorale. Sur proposition du groupe CDU, il décide d'un allongement de la durée de la législature de quatre à cinq ans, laissant Brême comme le dernier Land dont le mandat des parlementaires s'étend sur quatre années. Sur l'idée du groupe Grünen, il adopte un abaissement à 16 ans de l'ouverture du droit de vote, suivant en cela l'exemple du Brandebourg et de Brême. Ces deux changements entreront en vigueur aux élections de 2015.

Au cours de la législature sont survenues les élections fédérales du 22 septembre 2013. À cette occasion, le SPD s'est maintenu avec une infime avance comme la première force politique de la ville-Land, s'adjugeant 32,4 % des voix, contre 32,1 % à la CDU. Toujours troisièmes, les Grünen se maintiennent au-dessus des 10 %, avec un résultat de 12,7 %. En perte de plus de huit points, le FDP tombe à 4,8 %, assez loin derrière la Linke qui s'accorde 8,8 %. Il reste de plus talonné par l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), qui pointe à 4,2 %.

Mode de scrutin

L'hémicycle du Bürgerschaft à l'hôtel de ville de Hambourg.

Le Bürgerschaft est composé de cent vingt-et-un députés, élus pour un mandat de cinq ans.

Parmi eux, soixante-et-onze sont élus dans dix-sept circonscriptions plurinominales, qui reçoivent cinq sièges chacune, et chaque parti présente une liste de cent vingt-et-un candidats au niveau de la ville.

Le jour du vote, chaque électeur dispose de dix voix, selon un système dit de « vote cumulatif » : cinq voix sont à répartir entre les candidats et/ou listes présents au niveau de la circonscription, et les cinq restantes doivent être réparties de la même manière au niveau de la ville.

À l'issue du scrutin, la totalité des sièges à pourvoir est distribué à la proportionnelle de Sainte-Laguë entre les partis dont la liste municipale a recueilli au moins 5 % des suffrages exprimés. Les sièges sont prioritairement pourvus par les candidats élus dans les circonscriptions, selon un système de scrutin majoritaire plurinominal, et ensuite par les candidats inscrits sur la liste, en tenant compte des candidats ayant remporté le plus grand nombre de voix grâce au vote cumulatif.

Ce mode de scrutin conserve ainsi les fondements proportionnalistes du système électoral allemand mais permet à l'électeur d'affiner plus précisément ses choix, parmi une pluralité de candidats.

Principales forces

Parti Idéologie Chef de file Résultats de 2011
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Centre gauche
Social-démocratie, troisième voie, progressisme
Olaf Scholz
(Premier bourgmestre)
48,4 % des voix
62 députés
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Centre droit
Démocratie chrétienne, conservatisme, libéralisme
Dietrich Wersich 21,9 % des voix
28 députés
Alliance 90 / Les Verts
Bündnis 90/Die Grünen
Centre gauche
Écologie, progressisme
Katharina Fegebank 11,2 % des voix
14 députés
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
Centre droit
Libéralisme, social-libéralisme
Katja Suding 6,7 % des voix
9 députés
Die Linke Gauche
Socialisme démocratique, anticapitalisme
Dora Heyenn 6,4 % des voix
8 députés
Alternative pour l'Allemagne
Alternative für Deutschland
Droite
National-conservatisme, souverainisme, euroscepticisme
Jörn Kruse Inexistant

Sondages

Principaux sondages pour les élections de 2015 à Hambourg[1].

Date Institut SPD CDU Grünen FDP Linke AfD
12/02/2015 FgW 47 % 17 % 12 % 6 % 8,5 % 5 %
06/02/2015 FgW 45 % 19 % 11 % 6 % 9,5 % 5 %
05/02/2015 INSA 46 % 18 % 11 % 5,5 % 9 % 5,5 %
29/01/2015 Infratest 44 % 20 % 13 % 5 % 9 % 6 %
14/01/2015 INSA 42 % 23 % 14 % 4 % 7 % 6 %
14/01/2015 Infratest 43 % 22 % 14 % 4 % 7 % 5 %
15/12/2014 Mafo 42 % 22 % 14 % 2 % 8 % 6 %
11/12/2014 Infratest 43 % 24 % 14 % 2 % 9 % 4 %
08/11/2014 GESS 45 % 27 % 11 % 2 % 7 % 4 %
09/05/2014 Mafo 38,5 % 22,6 % 13,7 % 2,9 % 7,8 % 5,8 %
15/02/2014 GESS 48 % 24 % 11 % 3 % 8 %

Résultats

Voix et sièges

Parti Suffrages Députés
Voix % +/- Sièges +/- %
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 1 594 975 45,7 % en diminution2.7 58 en diminution4 47,9 %
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 555 875 15,9 % en diminution6.0 20 en diminution8 16,5 %
Alliance 90 / Les Verts (Grünen) 426 163 12,2 % en augmentation1.0 15 en augmentation1 12,4 %
Die Linke 298 368 8,5 % en augmentation2.1 11 en augmentation3 9,1 %
Parti libéral-démocrate (FDP) 259 950 7,4 % en augmentation0.7 9 en stagnation0 7,4 %
Alternative pour l'Allemagne (AfD) 212 250 6,1 % en augmentation6.1 8 en augmentation8 6,6 %
Autres partis 145 358 4,1 % en diminution1.4
TOTAL (participation : 56,6 %) 3 492 939 100,0 % en stagnation 121 en stagnation 100,0 %

Conséquences

Le SPD ayant perdu sa majorité absolue, il se tourne vers l'Alliance 90 / Les Vert pour constituer une coalition rouge-verte, qui permet à Olaf Scholz d'être reconduit dans ses fonctions de premier maire le 15 avril[2].

Notes et références

  1. (de) « Umfragen Hamburg », Wahlrecht.de
  2. (de) « Scholz mit großer Mehrheit wiedergewählt », sur ndr.de, (consulté le 13 novembre 2015)

Voir aussi

Articles connexes