Élections législatives slovènes de 2018

Élections législatives slovènes de 2018
Jansa-rumsfeld2.jpg Parti démocratique slovène – Janez Janša
Voix 219 617
25,03 %
 +4,3
Sièges obtenus 25  +4
Marjan Šarec in Logatec 2017.jpg Liste de Marjan Šarec – Marjan Šarec
Voix 111 405
12,65 %
Sièges obtenus 13
Dejan Židan 2011.jpg Sociaux-démocrates – Dejan Židan
Voix 87 371
9,92 %
 +4
Sièges obtenus 10  +4
Miroslav Cerar small.jpg Parti du centre moderne – Miro Cerar
Voix 85 884
9,75 %
 −24,9
Sièges obtenus 10  −26
L'assemblée à l'issue des élections
Diagramme
  •      Levica: 9 sièges
  •      SD: 10 sièges
  •       DeSUS: 5 sièges
  •      Minorités hongroises et italiennes: 2 sièges
  •       SAB : 5 sièges
  •      LMS : 13 sièges
  •      SMC: 10 sièges
  •      NSi : 7 sièges
  •      SDS : 25 sièges
  •      SNS: 4 sièges

Les élections législatives slovènes de 2018 se déroulent le 3 juin 2018 afin de renouveler les 90 membres de l'Assemblée nationale de la Slovénie[1],[2]. Le scrutin ne dégage pas de majorité claire. Le parti de droite SDS arrive en tête avec 25 % des voix et 25 sièges sur 90 après une campagne axée sur les effets de la crise migratoire en Europe[3], les forces de gauche étant pour leur part éclatées en de nombreux partis. Le parti de centre gauche dit Parti du centre moderne, du Premier ministre Miro Cerar essuie un net recul en perdant plus des deux tiers de ses sièges. La Liste de Marjan Šarec et le parti La Gauche, nouvellement créés, font leur entrée au parlement, tandis que le Parti national slovène y retourne après dix années d'absence.

Le nouveau gouvernement est formé en août, à l'issue de négociations. Marjan Šarec devient Premier ministre, à la tête d'un gouvernement de coalition minoritaire regroupant cinq partis de centre gauche, dont le Parti du centre moderne.

Mode de scrutin

Exemple de bulletin de vote

L'Assemblée nationale est la chambre basse du parlement bicaméral de la Slovénie. Elle est composée de 90 membres élus pour quatre ans dont 88 au scrutin proportionnel plurinominal de liste avec vote préférentiel et seuil électoral de 4 % dans huit circonscriptions de 11 sièges répartis après décompte des voix sur la base du quotient électoral simple puis au niveau national selon la méthode d'hondt[4]. Les deux autres sièges sont réservés aux minorités italiennes et hongroises à raison d'un membre chacune, élus en un seul tour à l'aide d'un système de vote pondéré : la méthode Borda.

Les électeurs concernés classent les candidats sur le bulletin de vote en leur attribuant des chiffres en partant de 1 pour leur candidat favori. Le candidat classé en premier reçoit autant de voix que de candidats dans la liste, celui classé deuxième une de moins, et ainsi de suite. Le candidat ayant recueillit le plus de voix est déclaré élu. Les slovènes votant pour les représentants des minorités peuvent aussi participer à l'élection des 88 autres sièges[5].

La loi électorale slovène impose que les candidats figurant sur les listes des partis totalisent un minimum de 35 % de l'un et l'autre sexe. Aux élections de 2008, ce quota était de 25 %. Les listes ne comportant que trois noms doivent ainsi compter au moins un homme et une femme.

Contexte

Lors des élections de 2014 le parti de Miro Cerar, un professeur et homme de loi nouvellement arrivé sur la scène politique, surprend en arrivant largement en tête, dans ce qui est interprété comme un large rejet des partis politiques existants. Son Parti du centre moderne (SMC) obtient ainsi 36 sièges sur les 90 que comporte l'assemblée. Après deux mois de négociations, Miro Cerar constitue un gouvernement de coalition réunissant le SMC, le Parti démocrate des retraités slovènes et les sociaux-démocrates.

Un référendum a lieu en Slovénie le [6] pour décider d'un projet phare du gouvernement : la construction d'une voie ferrée de 27 kilomètres de long nécessitant le creusement d'un tunnel ferroviaire, pour un coût estimé à un milliard d'euros[7]. Le projet est approuvé à 53,46 % et le référendum validé, bien que la participation n'ait atteint qu'un peu plus de 20 % des inscrits.

Six mois plus tard, la Cour constitutionnelle invalide le résultat du référendum, reprochant au gouvernement d'avoir manqué à son devoir de neutralité en finançant la campagne du oui avec des fonds publics. Cette décision, qui intervient dans un contexte de forte contestation sociale, entraîne le 14 mars la démission de Cerar[8],[1], estimant que « Les forces du passé ne nous permettent pas de travailler pour les générations futures ». Il laisse au président de la République Borut Pahor le soin de décider ou non d'anticiper le scrutin[9]. Celui ci les fixe le lendemain à la seconde quinzaine de mai[1], avant de finalement choisir pour date du 3 juin[2]. Un second vote référendaire sur le projet de voie ferrée est organisé moins d'un mois plus tôt le 13 mai 2018.

Le Non y totalise 50,11 % des suffrages exprimés mais seulement 7,43 % des inscrits, bien loin du quorum de 20 %. Le résultat est par conséquent invalidé, et le projet de voie ferrée à nouveau confirmé.

Forces en présence

Les élections législatives slovènes sont marquées depuis le début des années 2000 par une grande volatilité. Les quatre précédents scrutin ont ainsi chaque fois été remportés par des partis nouvellement créés s'effondrant aux élections suivantes. Le gouvernement sortant est composé d'une coalition entre le Parti du centre moderne, le Parti démocrate des retraités slovènes ainsi que les sociaux-démocrates.

Principaux partis politiques
Parti Idéologie Chef de file Sièges en 2014[10]
Parti du centre moderne
Stranka modernega centra
Centre gauche
Libéralisme, Social-libéralisme
Miro Cerar
36 / 90
Parti démocratique slovène
Slovenska demokratska stranka
Centre droit
Libéral-conservatisme, populisme de droite, europhilie
Janez Janša
21 / 90
Parti démocrate des retraités slovènes
Demokratična stranka upokojencev Slovenije
Centre
Défense des retraités
Karl Erjavec
10 / 90
Sociaux-démocrates
Socialni demokrati
Centre gauche
Social-démocratie, progressisme
Dejan Židan
6 / 90
La Gauche
Levica
Gauche radicale
Socialisme démocratique, écosocialisme, anticapitalisme, euroscepticisme
Luka Mesec 
6 / 90
Nouvelle Slovénie - Parti chrétien populaire
Nova Slovenija Krščanska ljudska stranka
Centre droit
démocratie chrétienne, Conservatisme sociétal
Matej Tonin 
5 / 90
Alliance d'Alenka Bratušek Centre
Libéralisme, Social-libéralisme
Alenka Bratušek
4 / 90
Parti populaire slovène
Slovenska ljudska stranka
Centre droit
Conservatisme, démocratie chrétienne
Marko Zidanšek
0 / 90
Parti pirate de Slovénie
Piratska stranka Slovenije
Gauche
Cyberdémocratie
Rok Andrée
0 / 90
Parti national slovène
Slovenska Nacionalna Stranka
Droite
Nationalisme
Zmago Jelinčič Plemeniti 
0 / 90
Liste de Marjan Šarec
Lista Marjana Šarca
Centre gauche
Attrape-tout, populisme, social-libéralisme
Marjan Šarec Nouveau

Campagne

La période de campagne officielle débute le 4 mai. Le SDS axe sa campagne sur la question migratoire. Le pays avait en effet été traversé par près d'un demi million de clandestins en transit vers le nord et l'ouest de l'Europe en 2015 et 2016 lors de la crise migratoire. L'importance du flux avait alors mené les autorités à construire une clôture de 200 kilomètres de long à la frontière avec la Croatie[3].

Résultats

Résultats des législatives slovènes de 2018[11]
Partis Voix % Sièges +/-
Parti démocratique slovène (SDS) 222 042 24,92 25 Increase2.svg 4
Liste de Marjan Šarec (LMS) 112 250 12,60 13 Nv.
Sociaux-démocrates (SD) 88 524 9,93 10 Increase2.svg 4
Parti du centre moderne (SMC) 86 868 9,75 10 Decrease2.svg 26
La Gauche (Levica) 83 108 9,33 9 Increase2.svg 3
Nouvelle Slovénie - Parti chrétien populaire (NSi) 63 792 7,16 7 Increase2.svg 2
Alliance d'Alenka Bratušek (SAB) 45 492 5,11 5 Increase2.svg 1
Parti démocrate des retraités slovènes (DeSUS) 43 889 4,93 5 Decrease2.svg 5
Parti national slovène (SNS) 37 182 4,17 4 Increase2.svg 4
Parti populaire slovène (SLS) 23 329 2,62 0 Steady.svg
Parti pirate slovène (PSS) 19 182 2,15 0 Steady.svg
Bon pays 13 540 1,52 0 Decrease2.svg 1
Andrej Čuš et Verts de Slovénie 9 708 1,09 0 Decrease2.svg 2
Autres partis (12) 42 211 4,74 0
Minorités hongroises et italiennes (H&I) 2 Steady.svg
Suffrages exprimés 890 917 98,83
Votes blancs et invalides 10 357 1,17
Total 901 454 100 90 Steady.svg
Abstentions 811 222 47,36
Nombre d'inscrits / participation 1 712 676 52,64

Résultats selon l'axe gauche/droite :

Majorité absolue
9 10 5 2 5 13 10 7 25 4
Levica SD DeSUS H&I SAB LMS SMC NSi SDS SNS

Sièges réservés

Note : Les électeurs votent en classant les candidats, ce qui attribue à ces derniers un nombre de voix variable en fonction de leur classement. Le total de voix est par conséquent largement supérieur au nombre de votants.

Vote des minorités en Slovénie[11]
Minorité italienne Minorité hongroise
Candidats Voix % Candidats Voix %
Felice Žiža 2 511 44,78 Ferenc Horvath 4 193 60,20
Mauricio Tremul 2 095 37,36 Gabriela Sobočan 2 772 39,80
Bruno Orlando 1 001 17,85
Votes valides 1 428 98,69 Votes valides 3 001 98,62
Votes blancs et nuls 19 1,31 Votes blancs et nuls 42 1,38
Total 1 447 100 Total 3 043 100

Formation d'un gouvernement

Article détaillé : Gouvernement Šarec.

Après deux mois de négociations, un gouvernement est finalement annoncé début août, avant de prendre officiellement forme le 13 septembre. Marjan Šarec prend la tête d'une coalition LMS-SD-SMC-SAB-DeSUS. Ce gouvernement minoritaire réunit ainsi 43 sièges sur 90, en comptant sur le soutien sans participation de Levica[12] et ses 9 députés, portant les appuis du gouvernement dans l'assemblée à 52 sièges. Le SDS, même s'il a réuni le plus grand nombre de suffrages lors du scrutin, siège à nouveau dans l'opposition pour cette législature, en compagnie du NSi et du SNS.

Composition de la majorité parlementaire :

Majorité absolue
13 10 10 5 5 9 38
LMS SD SMC SAB DeSUS Levica Opposition

Notes et références

  1. a, b et c « Elections en Slovénie en mai après le départ du Premier ministre », Challenges,‎ (lire en ligne).
  2. a et b (sl) Nina Vogrin, « Pahor je določil: volitve v državni zbor bodo 3. junija », Novice,‎ (lire en ligne).
  3. a et b « Slovénie : le parti nationaliste remporte les législatives », sur Les Echos, (consulté le 4 juin 2018).
  4. « IPU PARLINE database: SLOVENIE (Drzavni Zbor), Texte intégral », sur archive.ipu.org (consulté le 5 juin 2018).
  5. (en) « National Assembly of the Republic of Slovenia - State election commission », sur dvk-rs.si.
  6. (de) Beat Müller, « Slowenien, 24. September 2017 : Zweites Eisenbahngleis zwischen Divača und Koper », sur www.sudd.ch (consulté le 5 juin 2018).
  7. (en) Marja Novak, « Slovenia to put rail project to referendum on Sept 24 », Reuters,‎ (lire en ligne).
  8. « Slovénie. Le Premier ministre, Miro Cerar, démissionne », sur Ouest-France.fr, (consulté le 5 juin 2018).
  9. « Démission du Premier ministre slovène Cerar », sur 24Heures, (ISSN 1424-4039, consulté le 5 juin 2018).
  10. (en) « Republic of Slovenia Early Elections for Deputies to the National Assembly 2014 », sur volitve.gov.si (consulté le 5 juin 2018).
  11. a et b (sl) « Predčasne volitve v Državni zbor 2018 », sur volitve.gov.si (consulté le 19 juin 2018).
  12. « Slovénie : accord pour un gouvernement de coalition de centre-gauche », sur liberation.fr, .

Voir aussi