Élections législatives sénégalaises de 2017

Élections législatives sénégalaises de 2017

Les élections législatives sénégalaises de 2017 se déroulent le .

Contexte

Les élections étaient initialement prévus pour le 2 juillet 2016, avant d'être reportés[1].

Scrutin

Système électoral

L'Assemblée nationale se compose de 165 députés élus pour un mandat de cinq ans selon un mode de scrutin mixte dans 53 circonscriptions électorales correspondants aux 45 départements du Sénégal et aux 8 circonscriptions de l'étranger.

  • 90 sièges sont pourvus au scrutin majoritaire à un tour dans chacun des départements à raison d'1 à 7 sièges par département, selon leur population.
  • Les 60 sièges restants sont pourvus sur une liste nationale au scrutin proportionnel plurinominal selon le système du quotient simple entre les listes de candidats des partis ou coalitions de partis ou indépendants. Dans ce dernier cas, les sièges restants après le premier décompte sont attribués suivant la règle du plus fort reste[2],[3].

Aux 150 sièges du scrutin précédent s'ajoutent ainsi une représentation de la diaspora composée de 15 députés, des suites des changements apportés par le référendum constitutionnel de 2016. La diaspora Sénégalaise compte en effet entre 2,5 et 3 millions de personnes pour une population au pays de 14 millions, pour laquelle elle contribue chaque année l'équivalent d'un tier du budget de 2017, soit 900 milliards de francs Cfa (1,38 milliard d'euros)[3]. Ces 15 députés se répartissent au scrutin majoritaire dans 8 circonscriptions découpées dans les régions du monde en fonction de l'importance de leur diaspora sénégalaise[4].

Calendrier

Le scrutin était initialement prévu le 2 juillet 2017. Après discussion avec les principaux partis de l'opposition, le président Macky Sall a finalement retenu la date du 30 juillet 2017, par le décret no 2017-171 du 27 janvier 2017[5]. Ce report permet d'éviter que la campagne se déroule durant le mois de ramadan[6].

Campagne

La campagne se déroule du au jour du scrutin. Elle est marquée par la multiplication des forces en présence, avec 47 listes différentes contre 24 lors des législatives de 2012. Des problèmes d'organisation sont rapidement soulevés. Selon la loi électorale, les électeurs doivent en effet se munir des bulletins de chacune des listes avant d'entrer dans l'isoloir, et un représentants de chaque parti doit être présent dans chaque bureau de vote, en plus du président du jury et des représentants de la Commission électorale nationale autonome (CENA)[7]. À cela s'ajoutent un risque de confusion entre les différents bulletins de vote, ceux de plusieurs listes se ressemblant en termes de couleurs, de disposition graphique et parfois même de nom. Les médias soulèvent également des problèmes quant à la répartition du temps de parole durant la campagne, qui était de trois minutes par parti en 2012, la nouvelle campagne risquant d'occuper des soirées entières.

Il est ainsi craint que les temps d'attentes et l'absence de visibilité entre les différents partis lors de la campagne découragent les électeurs de se rendre aux urnes. Selon Penda Mbow, représentante du président Macky Sall à la Francophonie, la multiplication des listes mènera « inéluctablement » à un fort taux d’abstention[7]. Sadikh Niass, secrétaire général par intérim de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (RADDHO), estime également que les législatives "risquent d’avoir le plus fort taux d’abstentions jamais enregistré dans l’histoire électorale du Sénégal"[8]. Elle avait été de 63 % en 2012.

Il est par conséquent décider d'amender en urgence la loi électorale, notamment en permettant aux électeurs de ne se munir que d'un minimum de cinq bulletins avant d'entrer dans l'isoloir.

Forces en présence

Le grand nombre de partis s'organise en plusieurs coalitions[9]

  • Benno Bokk Yakaar (BBY)

Coalition gouvernementale créée en 2012 et possédant la majorité absolu à l'assemblée à la veille du scrutin. Composée de l’Alliance pour la république (APR), le parti du chef de l’État, du Parti socialiste (PS) d’Ousmane Tanor Dieng, ou encore de l’Alliance des forces du progrès (AFP) de Moustapha Niasse, l’actuel président de l’Assemblée nationale.

  • Manko Taxawu Sénégal

Principale coalition d'opposition, composée du Parti démocratique sénégalais (PDS), le parti de l’ex-président Abdoulaye Wade, Rewmi, la formation de l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, le Grand parti de Malick Gakou, ainsi que de plusieurs « frondeurs » du Parti socialiste (PS), dont la tête de liste Khalifa Sall, le maire de Dakar, est incarcérée depuis début mars.

  • « Oser l’avenir »

Coalition d'opposition vmodérée de l’avocate Aïssata Tall Sall.

  • Convergence patriotique

Coalition d'opposition, dirigée par Abdoulaye Balde, le député-maire de Ziguinchor, qui la présente d’ores et déjà comme celle de « la troisième voie » entre BBY et Manko Taxawu Senegal. Le président de l’Union des centristes du Sénégal (UCS), qui se revendique de l’opposition sans se reconnaître dans Manko Taxawu Senegal, s’est notamment entendu avec plusieurs anciens ministres d’Abdoulaye Wade, comme Mamour Cissé ou Moustapha Guirassy.

  • Joyyanti (« Réorienter »)

Coalition d'opposition dure, présidée par l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye et compsoée du parti Alliance pour la citoyenneté et le travail (ACT) avec quatre autres partis.

  • Ndawi askan wi (« Les fils du peuple »)

Coalition d'opposition, dirigée par Ousmane Sonko, président du parti Pastef-Les patriotes, allié à quelques autres partis, comme le Rassemblement national démocratique (RND), il s’est aussi rapproché de différents mouvements citoyens locaux pour présenter des candidats dans toutes les circonscriptions du pays.

Résultats

Résultats des législatives sénégalaises de 2017
Partis ou Coalitions Voix  % Sièges +/-
Circon-
scriptions
Propor-
tionnelle
Total
Benno Bokk Yakaar (BBY)
Manko Taxawu Sénégal
« Oser l’avenir »
Convergence patriotique
Joyyanti
Ndawi askan wi
Autres partis
Indépendants
Suffrages exprimés
Votes blancs et invalides
Total ' 100 105 60 165 -
Abstentions
Nombre d'inscrits / participation
Source:

Notes et références

  1. Sénégal: élections législatives le 2 juillet 2017Le Figaro
  2. « IPU PARLINE database: Sénégal (Assemblée nationale) » (consulté le 30 juin 2017).
  3. a et b « Législatives 2017 au Sénégal : Quinze députés vont représenter la diaspora au parlement », La Tribune Afrique,‎ (lire en ligne).
  4. Les Sénégalais de l'étranger seront représentés par 15 députésle parisien
  5. « Les élections législatives se tiendront officiellement le 30 juillet 2017, le décret vient de tomber », sur senenews.com, (consulté le 2 juin 2017).
  6. « Sénégal-Elections législatives de 2017: Macky Sall décale la date au 30 juillet », sur actu24.sn (consulté le 2 juin 2017).
  7. a et b Coup d’envoi de la campagne des législatives au Sénégal : des électeurs dépassés par le nombre de candidats Le monde
  8. la rddho redoute un taux d'abstentin inédit
  9. Législatives au Sénégal : à chacun sa coalition ! Jeune Afrique

Articles connexes