Élections régionales de 2018 en Bavière

Élections régionales de 2018 en Bavière
205 députés du Landtag
Majorité absolue : 103 députés
Type d’élection Élection parlementaire
Corps électoral et résultats
Inscrits 9 473 134
Votants 6 854 593
72,36 %  +8,8
Votes exprimés 13 549 111
Votes nuls 139 453
2016-04-18-Markus Söder-hart aber fair-4892.jpg CSU – Markus Söder
Voix 5 047 006
37,25 %
 −10,4
Députés élus 85  −16
Katharina Schulze.jpg Grünen – Katharina Schulze
Voix 2 377 766
17,55 %
 +8,9
Députés élus 38  +20
Hubert Aiwanger.JPG FW – Hubert Aiwanger
Voix 1 571 288
11,60 %
 +2,6
Députés élus 27  +8
Transparent flag waving on Infobox grey background.svg
AfD
Voix 1 383 866
10,21 %
Sièges obtenus 22  +22
MJK 19254 Natascha Kohnen (SPD-Bundesparteitag 2018).jpg SPD – Natascha Kohnen
Voix 1 317 942
9,73 %
 −10,9
Députés élus 22  −20
2018-10-10 Martin Hagen (KPFC) 04.jpg FDP – Martin Hagen
Voix 687 842
5,08 %
 +1,8
Députés élus 11  +11
Vainqueur par circonscription
Carte
18e législature du Landtag
Diagramme
Ministre-président
Sortant Élu
Markus Söder
CSU
Markus Söder
CSU

Les élections régionales de 2018 en Bavière (en allemand : Landtagswahl im Bayern 2018) se tiennent le , afin d'élire les 180 députés de la 18e législature du Landtag, pour un mandat de cinq ans. Du fait des résultats et de la loi électorale, 205 députés sont finalement élus.

Au pouvoir depuis 61 ans, la CSU vire de nouveau en tête mais réalise son pire résultat depuis et perd sa majorité absolue. Le scrutin voit la percée des Grünen et l'entrée de l'AfD au Landtag, alors que le SPD tombe à son minimum historique.

Contexte

Lors des élections régionales du , l'Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU), emmenée par le ministre-président Horst Seehofer et au pouvoir depuis , retrouve sa majorité absolue, perdue en 2008. Avec près de 48 % des suffrages exprimés, elle fait élire 101 députés sur 180. Le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), dont le chef de file est le bourgmestre de Munich Christian Ude, obtient 42 parlementaires et 20,6 % des voix, progressant d'un point après deux scrutins consécutifs à la baisse et réalisant sa première remontée depuis .

Avec 9,0 % et 19 élus, les Électeurs libres (FW) sont également en hausse et conservent leur statut de troisième force politique du Land, acquise lors de leur entrée au Landtag en . Ils devancent donc une nouvelle fois l'Alliance 90 / Les Verts (Grünen), qui enregistrent une légère baisse à 8,6 % des exprimés et 18 sièges. Le Parti libéral-démocrate (FDP), partenaire de coalition de la CSU, essuie lui un échec net. Ne comptant que 3,3 % des voix, il perd sa représentation parlementaire qu'il n'avait retrouvé que cinq ans plus tôt.

Puisqu'il dispose de la majorité absolue, Seehofer forme rapidement son deuxième gouvernement, qui ne compte que des ministres chrétiens-sociaux.

Une semaine après le scrutin ont lieu les élections législatives fédérales. La CSU confirme sa place dominante sur l'échiquier politique de la Bavière en rassemblant 49,3 % des suffrages, une progression d'environ sept points. Le SPD, éternel deuxième, atteint tout juste les 20 %, engrangeant tout de même trois points. La troisième position revient cette fois-ci aux Grünen, qui sont une fois encore en baisse en comptant 8,4 % des voix. Derrière eux se situe le FDP, qui doit se contenter d'un tiers de son score précédent avec 5,1 %. Le nouveau parti anti-euro Alternative pour l'Allemagne (AfD) émerge derrière à 4,3 %, devant Die Linke et ses 3,8 %. L'influence des FW est donc fortement réduite puisqu'ils ne totalisent que 2,7 %.

La scène politique évolue avec les élections législatives fédérales du . Bien qu'ils soient toujours premiers, les chrétiens-sociaux baissent fortement à 38,8 %, tandis que les sociaux-démocrates doivent se contenter de 15,3 %. Ils sont talonnés par l'AfD, qui rassemble 12,4 % et devance les libéraux-démocrates, dont le score atteint 10,2 %. Ils coiffent de peu les écologistes et leurs 9,8 %, tandis qu'avec 6,1 % la gauche radicale se redresse. En revanche, les Électeurs libres ne font toujours pas recette au niveau fédéral, réunissant 2,7 %.

Nommé le ministre fédéral de l'Intérieur, Seehofer doit renoncer à diriger le gouvernement bavarois tout en conservant la présidence de la CSU. Il cède son poste de ministre-président à son ministre des Finances Markus Söder.

Mode de scrutin

Le Landtag est constitué de 180 députés (en allemand : Mitglied des Landtags, MdL), élus pour une législature de cinq ans au suffrage universel direct et suivant le scrutin proportionnel de Hare/Niemayer[1].

Chaque électeur dispose de deux voix : la première (en allemand : Erststimme) lui permet de voter pour un candidat de sa circonscription uninominale selon les modalités du scrutin uninominal majoritaire à un tour, le Land comptant un total de 91 circonscriptions ; la seconde voix (en allemand : Zweitstimme) lui permet de voter en faveur d'une liste de candidats présentée par un parti au niveau du district ou d'indiquer sa préférence pour un candidat de cette liste, le suffrage étant également attribué à la liste.

Lors du dépouillement, l'intégralité des 180 sièges est répartie à la proportionnelle sur la base du total résultant de l'addition des premières et secondes voix, à condition qu'un parti ait remporté 5 % des voix au niveau du Land. Si un parti a remporté des mandats au scrutin uninominal, ses sièges sont d'abord pourvus par ceux-ci. Les mandats pourvus par les candidats présents sur les listes sont prioritairement attribués à ceux ayant reçu le plus de votes de préférence.

Dans le cas où un parti obtient plus de mandats au scrutin uninominal que la proportionnelle ne lui en attribue, la taille du Landtag est augmentée jusqu'à rétablir la proportionnalité.

Campagne

Principaux partis

Parti Idéologie Chef de file Résultat en 2013
Union chrétienne-sociale en Bavière
Christlich-Soziale Union in Bayern
Centre droit
Démocratie chrétienne, libéral-conservatisme
Markus Söder
(Ministre-président)
47,7 % des voix
101 députés
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Centre gauche
Social-démocratie, troisième voie, progressisme
Natascha Kohnen 20,6 % des voix
42 députés
Électeurs libres
Freie Wähler
Centre
Localisme, démocratie directe, libéral-conservatisme
Hubert Aiwanger 9 % des voix
19 députés
Alliance 90 / Les Verts
Bündnis 90/Die Grünen
Centre gauche
Écologie, progressisme
Katharina Schulze
Ludwig Hartmann
8,6 % des voix
16 députés
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
Centre à centre droit
Libéralisme, social-libéralisme
Martin Hagen 3,3 % des voix
0 député
Die Linke Extrême gauche à gauche
Socialisme démocratique, anticapitalisme, populisme
Ates Gürpinar
Eva Bulling-Schröter
2,1 % des voix
0 député
Alternative pour l'Allemagne
Alternative für Deutschland
Droite[2] à extrême droite[3] 
Populisme, libéralisme, national-conservatisme
Sans chef de file Nouveau

Sondages

Sondages en vue des élections régionales de 2018 en Bavière[4]
Institut Date CSU SPD Verts FDP Linke FW AfD
FGW 11/10/2018 34 % 12 % 19 % 5,5 % 4 % 10 % 10 %
INSA 09/10/2018 33 % 10 % 18 % 5,5 % 4,5 % 11 % 14 %
FGW 06/10/2018 35 % 12 % 18 % 5,5 % 4,5 % 10 % 10 %
Infratest dimap 04/10/2018 33 % 11 % 18 % 6 % 4,5 % 11 % 10 %
GMS 27/09/2018 35 % 13 % 16 % 5 % 4 % 10 % 12 %
INSA 26/09/2018 34 % 11 % 17 % 6 % 4 % 10 % 14 %
FGW 21/09/2018 35 % 13 % 18 % 5 % 4 % 11 % 10 %
Infratest dimap 12/09/2018 35 % 11 % 17 % 5 % 5 % 11 % 11 %
GMS 10/09/2018 36 % 12 % 16 % 6 % 4 % 7 % 14 %
INSA 28/08/2018 36 % 13 % 15 % 6 % 3 % 8 % 14 %
Forsa 13/08/2018 37 % 12 % 17 % 5 % 4 % 8 % 13 %
GMS 01/08/2018 39 % 12 % 14 % 6 % 3 % 8 % 13 %
Infratest dimap 18/07/2018 38 % 13 % 16 % 5 % 4 % 9 % 12 %
GMS 12/07/2018 39 % 12 % 14 % 6 % 3 % 7 % 14 %
Forsa 09/07/2018 38 % 12 % 15 % 6 % 3 % 8 % 14 %
INSA 27/06/2018 41 % 13 % 13 % 5 % 3 % 6 % 14 %
Forsa 25/06/2018 40 % 13 % 14 % 5 % 3 % 8 % 13 %
GMS 17/05/2018 42 % 13 % 12 % 5 % 2 % 7 % 13 %
Infratest dimap 02/05/2018 41 % 12 % 14 % 6 % 3 % 7 % 12 %
GMS 27/04/2018 44 % 15 % 11 % 6 % 3 % 6 % 12 %
INSA 21/04/2018 42 % 14 % 11 % 5 % 3 % 6 % 12 %
GMS 22/03/2018 43 % 15 % 11 % 6 % 3 % 6 % 12 %
Forsa 25/02/2018 42 % 14 % 14 % 6 % 3 % 7 % 10 %
GMS 12/02/2018 40 % 15 % 11 % 6 % 3 % 6 % 12 %
Infratest dimap 10/01/2018 40 % 16 % 14 % 5 % 3 % 7 % 10 %
GMS 02/01/2018 39 % 15 % 10 % 7 % 3 % 7 % 12 %
INSA 13/12/2017 40 % 15 % 12 % 7 % 4 % 7 % 12 %
GMS 30/11/2017 37 % 15 % 10 % 8 % 3 % 7 % 14 %
Forsa 10/11/2017 38 % 17 % 11 % 9 % 4 % 7 % 11 %
INSA 05/11/2017 37 % 17 % 10 % 8 % 4 % 8 % 13 %
GMS 19/10/2017 41 % 15 % 11 % 7 % 3 % 6 % 13 %
Infratest 11/01/2017 45 % 14 % 13 % 4 % 3 % 7 % 10 %
GMS 03/11/2016 44 % 18 % 10 % 6 % 2 % 6 % 9 %
GMS 13/10/2016 45 % 19 % 10 % 5 % 2 % 6 % 9 %
GMS 15/09/2016 45 % 18 % 12 % 5 % 2 % 5 % 9 %

Résultats

Résultats préliminaires des élections régionales de 2018 en Bavière[5]
Partis Circonscriptions Liste Total
Votes % Sièges +/− Votes % Sièges Votes % Sièges +/−
Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU) 2 495 960 36,76 85 Decrease2.svg 4 2 551 046 37,74 0 5 047 006 37,25 85 Decrease2.svg 16
Alliance 90 / Les Verts (Grünen) 1 189 885 17,53 6 Increase2.svg 6 1 187 881 17,57 32 2 377 766 17,55 38 Increase2.svg 20
Électeurs libres (FW) 809 126 11,92 0 Steady.svg 762 162 11,28 27 1 571 288 11,60 27 Increase2.svg 8
Alternative pour l'Allemagne (AfD) 699 202 10,30 0 Steady.svg 684 664 10,12 22 1 383 866 10,21 22 Nv.
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 683 884 10,07 0 Decrease2.svg 1 634 058 9,39 22 1 317 942 9,73 22 Decrease2.svg 20
Parti libéral-démocrate (FDP) 352 613 5,19 0 Steady.svg 335 229 4,97 11 687 842 5,08 11 Increase2.svg 11
Die Linke 219 269 3,23 0 Steady.svg 216 680 3,21 0 435 949 3,22 0 Steady.svg
Autres 339 369 5,00 0 Steady.svg 388 083 5,72 0 727 452 5,36 0 Steady.svg
Votes valides 6 789 308 99,19 6 759 803 98,78 13 549 111 98,98
Votes blancs et nuls 55 734 0,81 83 809 1,22 139 543 1,02
Total 6 845 042 100 91 Increase2.svg1 6 843 612 100 114 13 688 654 100 205 Increase2.svg25
Abstentions 2 618 541 27,64 2 629 522 27,76
Inscrits / participation 9 473 134 72,36 9 473 134 72,24

Analyses et conséquences

Les résultats du scrutin sont considérés comme un revers pour le gouvernement fédéral de grande coalition de la chancelière chrétienne-démocrate Angela Merkel. La CSU, parti frère de la CDU, chute de plus de dix points et perd sa majorité absolue pour la deuxième fois seulement depuis les années 1960. Son partenaire de coalition à Berlin, le SPD, perd presque la moitié de ses sièges[6].

Les Grünen sont considérés comme les grands gagnants du scrutin, en récupérant les voix et sièges perdus par le SPD et la CSU. Il en va de même pour l'AfD, qui réussit son entrée au Landtag avec plus de 10 % des suffrages. Le FDP parvient également de justesse à franchir le seuil électoral de 5 % et à retrouver ainsi une place au Parlement[6]. Une coalition entre la CSU et les Électeurs libres, éventuellement augmentés du FDP est jugée probable au soir des élections, le chef de la CSU Thomas Kreuzer ayant exclu de former une coalition avec l'AfD ou les Verts[7]. Un accord avec les Électeurs libres est conclu, ce qui permet à Söder d'être réélu ministre-président le par 110 voix contre 89[8].

Notes et références

  1. (de) « Wahltermine in Deutschland (2017, 2018 usw.) », sur www.wahlrecht.de (consulté le 23 janvier 2018).
  2. (en) Martin Walker, « Spring in Europe », sur upi.com, .
  3. Henri Ménudier, « Poussée électorale de l’AfD », Allemagne d'aujourd'hui, no 218,‎ , p. 17–26 (ISSN 0002-5712, lire en ligne).
  4. (de) « Sonntagsfrage – Bayern (Wahlumfrage, Wahlumfragen) », sur wahlrecht.de (consulté le 30 septembre 2017).
  5. (de) « Landtagswahl - Ergebnisse in der Grafikansicht für Gesamtbayern », sur www.landtagswahl2018.bayern.de (consulté le 15 octobre 2018).
  6. a et b « Bavière : le revers historique de la CSU, alliée de Merkel, ébranle jusqu'à Berlin », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  7. (de) « CSU: Fraktionschef Kreuzer schließt schwarz-grüne Koalition in Bayern aus », Die Welt,‎ (lire en ligne).
  8. (de) « Söder erneut zum Ministerpräsidenten gewählt », sur Süddeutsche Zeitung, .

Voir aussi

Articles connexes