Élections législatives pakistanaises de 1988

Élections législatives pakistanaises de 1988
342 sièges à l'Assemblée nationale
Benazir bhutto 1988 cropped.jpg Parti du peuple pakistanais – Benazir Bhutto
Voix 7 488 934
37,63 %
Sièges obtenus 114
Nawaz Sharif detail, 981203-D-9880W-117.jpg Alliance démocratique islamique – Nawaz Sharif
Voix 5 883 298
29,57 %
Sièges obtenus 60
Diagramme
Premier ministre sortant
Sortant Élu
Muhammad Khan Junejo
LMP
Benazir Bhutto
PPP

Les élections législatives pakistanaises de 1988 ont eu lieu le 16 novembre 1988. Elles se déroulent alors que l'ancien président Muhammad Zia-ul-Haq tout juste mort dans un accident d'avion venait de dissoudre les assemblées élues en 1985 et de démettre son Premier ministre Muhammad Khan Junejo. Ces élections se déroulent dans un climat d’apaisement entre les autorités militaires au pouvoir depuis 1977 et l'opposition principalement regroupée au sein Mouvement pour la restauration de la démocratie, qui a boycotté les scrutins tenus durant cette période, manifesté contre le régime et a été réprimé.

Contrairement aux derniers élections de 1985, les partis politiques sont autorisés à afficher leurs candidats. Le scrutin mène à une victoire large du Parti du peuple pakistanais qui faisait figure de principal parti d'opposition depuis coup d'État de 1977. Benazir Bhutto devient par la suite Premier ministre, faisant d'elle la première femme élue à diriger un pays musulman.

Contexte

Les derniers élections datent de 1985, quand le président Muhammad Zia-ul-Haq, qui a pris le pouvoir à la suite d'un coup d'État en 1977 en renversant le Premier ministre Zulfikar Ali Bhutto du Parti du peuple pakistanais, voulait légitimer son pouvoir et progressivement à un régime civil. Toutefois, ces élections dont les candidats ne pouvaient se présenter par partis politique, ont été boycottées par le Mouvement pour la restauration de la démocratie, qui agrégeaient la plupart des partis d'opposition. Alors que dans ces dernières années, l'opposition contre le président montaient à la fois à l'intérieur et à l'extérieur du système, Zia-ul-Haq meurt le dans le crash de son avion aux circonstances non élucidées[1].

Celui-ci venant juste de dissoudre toutes les assemblées, de nouvelles élections sont organisées afin d'établir un nouveau pouvoir civil et auxquels tous les partis participent. Ces élections étaient pourtant prévues pour être comme en 1985 interdisent aux partis politiques, mais la Cour suprême autorise finalement le 2 octobre les candidats à se présenter par partis[1].

Campagne

Les deux principaux protagonistes de cette élection sont le Parti du peuple pakistanais et l'Alliance démocratique islamique. Le premier fait figure de principal parti d'opposition alors qu'il était la principale composante du Mouvement pour la restauration de la démocratie qui a combattu le régime militaire entre 1977 et 1988 et qui avait renversé à la suite du coup d'État. Son fondateur Zulfikar Ali Bhutto ayant été condamné à mort et exécuté en 1979, sa fille Benazir Bhutto prend la direction du parti et mène la campagne afin de devenir le prochain cher du gouvernement.

L'Alliance démocratique islamique fait figure de parti sortant, alors que le Premier ministre Muhammad Khan Junejo a été au pouvoir de 1985 à 1988 avant d'avoir été démis de ses fonctions par Zia-ul-Haq. L'alliance est formée pour l'occasion de ces élections et est composée de la Ligue musulmane unie, du Parti national du peuple et de la Jamaat-e-Islami notamment. Il est aujourd’hui établit, le chef de l'Inter-Services Intelligence Hamid Gul l'ayant lui-même reconnu, que cette formation a eu le soutien de l'armée qui a notamment impulsé sa création[2],[a 1].

Résultats

Article détaillé : Assemblée nationale (Pakistan).
Composition de l'Assemblée nationale après les élections de 1988.

Le Parti du peuple pakistanais remporte largement le scrutin, à la fois au niveau des votes populaires en remportant près de 38 % des suffrages en devançant l'Alliance démocratique islamique de 1,6 million de voix, comme au niveau des députés en obtenant presque une majorité absolue avec 48 % des sièges.

Partis Vote populaire % Sièges élus directement Composition finale de l'Assemblée
Parti du peuple pakistanais 7 488 934 37,63 % 92 114
Alliance démocratique islamique 5 883 298 29,57 % 55 60
Muttahida Qaumi Movement 13 14
Jamiat Ulema-e-Islam 360 526 1,8 % 7 9
Parti national Awami 409 555 2,1 % 2 3
Autres partis 7 7
Indépendants 3 829 705 19,5 % 27 28
Vacants 2 2
Votes blancs ou invalides 304 097 1,3 %
Total (participation : 43,08 %) 19 902 706 100 % 207 237

Conséquences

Benazir Bhutto en 1989.

Étant donné la victoire du Parti du peuple pakistanais, le président de la République Ghulam Ishaq Khan demande à Benazir Bhutto de former un gouvernement. Celle-ci forme une coalition en s'alliant avec des partis mineur, puis annonce son gouvernement et est investie Premier ministre le 4 décembre 1988[1]. Elle devient ainsi la première femme élue à diriger un pays musulman.

Moins de deux ans plus tard, le 6 août 1990, à la suite d'un conflit avec le président, Benazir Bhutto est destituée de ses fonctions par Ghulam Ishaq Khan qui dissout toutes les assemblées et convoquent de nouvelles élections.

Références

  • Christophe Jaffrelot, Le syndrome pakistanais, Hachette, , 657 p. (ISBN 978-2-213-66170-4)
  1. Jaffrelot 2013, p. 263


  1. a, b et c (en) « Elections held in 1988 », sur site officiel de l'Union interparlementaire (consulté le 6 mars 2014)
  2. (en) « Hamid Gul accepts responsibility for creating IJI », sur Dawn.com, (consulté le 13 mars 2014)

Voir aussi

Bibliographie

  • Christophe Jaffrelot, Le syndrome pakistanais, Hachette, , 657 p. (ISBN 978-2-213-66170-4)

Articles connexes

Liens externes