Élections législatives néo-zélandaises de 2014

Élections législatives néo-zélandaises de 2014
20 septembre 2014
John Key 2014 (cropped).jpg Parti national – John Key
Voix 1 131 501
47,04 %
 −0,3
Sièges obtenus 60  +1
Cunliffe crop.jpg Parti travailliste – David Cunliffe
Voix 604 534
25,13 %
 −2,4
Sièges obtenus 32  −2
Metiria Turei and Russel Norman crop.jpg Parti vert – Russel Norman et Metiria Turei
Voix 257 356
10,70 %
 −0,4
Sièges obtenus 14  0
Winston Peters cropped.PNG Nouvelle-Zélande d'abord – Winston Peters
Voix 208 300
8,66 %
 +2,1
Sièges obtenus 11  +4
Premier ministre
Sortant Élu
John Key John Key

Des élections législatives se tiennent en Nouvelle-Zélande le 20 septembre 2014[1]. Il s'agit d'élire l'ensemble des cent-vingt députés (ou plus) de la cinquante-et-unième législature de la Chambre des représentants, assemblée législative monocamérale. La Nouvelle-Zélande est une monarchie parlementaire fondée sur le modèle de Westminster.

Le Parti national (centre droit), au pouvoir depuis 2008 à la tête d'un gouvernement de coalition, conserve sa majorité relative des sièges. John Key demeure Premier ministre.

Système électoral

Les élections ont lieu tous les trois ans. Chaque électeur dispose de deux voix : une pour élire un député pour sa circonscription, et une pour un parti politique. Soixante-dix députés sont ainsi élus dans des circonscriptions à siège unique au scrutin uninominal à un tour ; les cinquante autres sont élus à la proportionnelle, à partir de listes de candidats soumises par les partis, afin de rééquilibrer les résultats des circonscriptions avec le rapport de forces sur le plan national. Si un parti remporte un nombre de circonscriptions inférieur à la proportion de voix qu'il a obtenue au niveau national, des candidats de la liste de ce parti sont élus députés, pour que la proportion de députés de ce parti corresponde à la proportion de voix[2].

En raison de ce système, il est possible qu'un parti remporte un nombre de circonscriptions supérieur à la proportion de voix qu'il obtient par les scrutins de liste. Dans un tel cas, le nombre de sièges obtenus par ce parti dépasse le nombre de sièges qui lui serait normalement alloué à la proportionnelle. Ce cas de figure engendre la création de « sièges excédentaires » (overhang seats), portant le nombre de sièges au Parlement au-delà de cent-vingt. Ainsi, parce que le Parti māori en 2011 a remporté trois circonscriptions mais n'a obtenu que 1,4 % des voix, le Parlement issu des élections de 2011 compte 121 députés[3].

Le pays est divisé en soixante-trois circonscriptions uninominale dites « circonscriptions générales » (general electorates), auxquelles sont superposées sept circonscriptions uninominales dites « circonscriptions maori » (Maori electorates)[4]. Chaque citoyen choisit s'il souhaite être inscrit sur les listes électorales générales ou maori. Les sièges maori existent depuis 1867, afin de garantir que les Maori soient représentés au Parlement. Les citoyens maori peuvent néanmoins choisir de s'inscrire sur les listes générales[5].

Contexte, partis et candidats

Majorité sortante

Le Parti national (libéral-conservateur), dirigé par le premier ministre John Key, est au pouvoir depuis les législatives de novembre 2008. Suite aux législatives de 2011, il dispose de cinquante-neuf sièges sur cent-vingt-et-un. Il dispose d'une majorité absolue lui permettant de gouverner grâce à des accords de confiance avec le Parti māori (trois sièges), l'Association des consommateurs et des contribuables (ACT) (droite, libéralisme classique ; 1 siège), et United Future (auto-défini comme centriste ; 1 siège).

Dans le gouvernement Key, Pita Sharples, du Parti maori, siège comme ministre des Affaires maori ; Tariana Turia, également du Parti maori, est ministre des questions de handicap, et ministre de la santé familiale autochtone (whānau ora). John Banks, l'unique député de l'ACT, fut ministre des Petites entreprises jusqu'à sa démission du gouvernement en octobre 2013, ayant été inculpé de fraude électorale. Il demeure néanmoins membre de la majorité parlementaire[6]. Peter Dunne, chef et unique député de United Future, fut ministre des Revenus jusqu'en juin 2013, puis fut contraint à la démission, accusé d'avoir transmis à la presse des documents confidentiels. Il demeure néanmoins lui aussi membre de la majorité parlementaire[7].

Pita Sharples, Tariana Turia et John Banks ont tous annoncé qu'ils ne se représenteraient pas aux élections de 2014[8],[9],[10].

Partis d'opposition

L'opposition officielle est constituée des trente-quatre députés du Parti travailliste (centre gauche), dirigé par David Cunliffe, chef de l'opposition.

Les trois autres partis représentés au Parlement siègent également en opposition au gouvernement, de manière autonome[11] :
- le Parti vert, dirigé conjointement par Metiria Turei et Russel Norman, avec quatorze sièges ;
- New Zealand First (La Nouvelle-Zélande d'abord, populiste), dirigé par Winston Peters, avec sept sièges ;
- le Parti mana (autochtone, scindé du Parti maori en 2011), avec un député (son fondateur, Hone Harawira). Pour cette élection, le parti mana présente des candidats communs avec le Parti d'Internet, son allié, fondé en 2014 par le fondateur de Megaupload, Kim Dotcom[12].

Campagne et sondages

Les sondages donnent un net avantage au Parti national tout au long de la campagne. John Key fait campagne sur sa gestion de l'économie, et promet des baisses d'impôts. Lors des dernières semaines, toutefois, sa popularité est entachée par des accusations de programme d'espionnage ; sa ministre de la Justice Judith Collins, accusée de connivence avec des blogueurs conservateurs dans une campagne de dénigrement de ses adversaires, est contrainte de démissionner. Pour autant, le dernier sondage avant l'élection indique 48 % d'intentions de vote pour les Nationaux. Les Travaillistes, promettant un accroissement du salaire minimum et un impôt sur les plus-values, recueilleraient 26 % d'intentions de vote, tandis que leurs alliés du Parti vert seraient à 11 %[13].

En amont de l'élection, John Key annonce qu'en cas de victoire des Nationaux, son gouvernement souhaiterait changer le drapeau de la Nouvelle-Zélande, et initierait un référendum à ce sujet. David Cunliffe est lui aussi favorable à un changement du drapeau, via un référendum. Metiria Turei, pour sa part, fait valoir qu'il n'y a pas eu de demande des citoyens à ce sujet, et ne voit pas de raison de changer le drapeau[14].

Résultats

Le Parti national conserve une majorité relative des sièges (60 sur 121), manquant de peu d'obtenir une majorité absolue[15]. Les Travaillistes, quant à eux, enregistrent leur pire résultat depuis 1925[16].

Les résultats sont les suivants[17] :

Résultats d'ensemble

Parti Dirigeant Circonscription du dirigeant Sièges
(circonscriptions)
Sièges
(liste)
Sièges
(total)
Changement par
rapport à 2011
Parti national John Key
Premier ministre
Helensville 41 19 60 députés +1
Parti travailliste David Cunliffe
Chef de l'opposition
New Lynn 27 5 32 députés -2
Parti vert Metiria Turei
et Russel Norman
aucun (liste) 0 14 14 députés +0
New Zealand First Winston Peters aucun (liste) 0 11 11 députés +3
Parti māori Te Ururoa Flavell Waiariki 1 1 2 députés -1
ACT Jamie Whyte aucun
(battu au scrutin de liste)
1 0 1 député +0
United Future Peter Dunne Ohariu 1 0 1 député +0
Parti mana / Parti d'Internet Hone Harawira Te Tai Tokerau
(battu)
0 0 0 député -1
Autres, et
candidats sans étiquette
n/a n/a 0 0 0 député +0

Circonscriptions notables

Helensville : circonscription du premier ministre

Candidat Parti Voix Pourcentage
John Key National 19 756 66,56 %
Corie Jon Haddock Travailliste 3 734 12,60 %
Kennedy Graham Vert 3 570 12,04 %
Laila Harré sans étiquette 1 057 3,57 %
Deborah Dougherty Conservateur 826 2,79 %
Penny Bright sans étiquette 359 1,21 %
Phelan Pirrie ACT 265 0,89 %
Brendan Whyte sans étiquette 73 0,25 %

New Lynn : circonscription du chef de l'opposition

Candidat Parti Voix Pourcentage
David Cunliffe Travailliste

Epsom : unique circonscription du parti ACT

Candidat Parti Voix Pourcentage
non-défini ACT

Ohariu : unique circonscription du parti United Future

Candidat Parti Voix Pourcentage
Peter Dunne United Future

Circonscriptions maori

Circonscription Député sortant Parti du sortant Sortant se représente ? Élu Parti de l'élu
Hauraki-Waikato Nanaia Mahuta Travailliste
Ikaroa-Rāwhiti Meka Whaitiri Travailliste
Tāmaki Makaurau Pita Sharples Māori non
Te Tai Hauāuru Tariana Turia Māori non
Te Tai Tokerau Hone Harawira Mana
Te Tai Tonga Rahui Katene Māori
Waiariki Te Ururoa Flavell Māori oui

Circonscriptions ayant changé de couleur politique
Seules quatre circonscriptions sont passées d'un parti à un autre à ces élections. Les quatre changements ont été en faveur du Parti travailliste. Les Travaillistes ont ravi la circonscription de Napier (centrée sur la ville du même nom) aux Nationaux, et les circonscriptions de Tāmaki Makaurau et Te Tai Hauāuru au Parti maori. Enfin, dans la circonscription de Te Tai Tokerau, le sortant Hone Harawira, fondateur et seul député du Parti mana, est battu par le candidat travailliste Kelvin Davis.

Notes et références

  1. (en) "General election to be held on 20 September", Radio New Zealand, 10 mars 2014
  2. (en) "The MMP voting system", Elections New Zealand
  3. (en) "How are MPs elected?", Commission électorale néo-zélandaise
  4. (en) "Electorate profiles", Parlement de Nouvelle-Zélande
  5. (en) "Maori représentation", Commission électorale néo-zélandaise
  6. (en) "PM accepts John Banks’ resignation as Minister", gouvernement néo-zélandais, 16 octobre 2013
  7. (en) "Peter Dunne resigns as minister", 3 News, 7 juin 2013
  8. (en) "Tariana Turia to retire", Stuff.co.nz, 29 octobre 2011
  9. (en) "Prime Minister John Key says it's hard to judge the Maori Party's long-term viability but Pita Sharples' retirement is "the right decision"", NZ City, 2 juillet 2013
  10. (en) "Banks shuffles towards retirement", Stuff.co.nz, 4 décembre 2013
  11. (en) "Parties", Parlement néo-zélandais
  12. (en) "Internet Mana launch ends in chaos", 3 News, 24 août 2014
  13. (en) "Polls close in New Zealand 'dirty tricks' election", BBC News, 20 septembre 2014
  14. (en) "Fast Fire Leaders Question: Flag", The New Zealand Herald, 8 septembre 2014
  15. (en) "Final election results in: National loses majority", The New Zealand Herald, 4 octobre 2014
  16. (en) "NZ's John Key celebrates emphatic poll win", BBC News, 20 septembre 2014
  17. (en) "Official Count Results -- Overall Status", Commission électorale de Nouvelle-Zélande

Liens externes

  • (en) Résultats, Commission électorale
  • (en) Débat des dirigeants des 'petits' partis, 3 News, 9 août 2014