Élections législatives libanaises de 2018

Élections législatives libanaises de 2018

Les élections législatives libanaises de 2018 se déroulent le 6 mai 2018 au Liban afin de renouveler les 128 membres de la Chambre des députés pour un mandat de quatre ans.

Élections législatives libanaises de 2018

Sommaire

Contexte

Ces élections interviennent après cinq ans de report du scrutin dans un contexte de conflit entre les deux principaux bords politiques quant au soutien à assurer à Bachar el-Assad au cours de la guerre civile syrienne, aggravé, de 2011 à 2017, par son extension à une partie du territoire libanais. Le scrutin a également lieu six mois après la démission forcée du président du Conseil des ministres sortant, Saad Hariri, sous la pression de l'Arabie saoudite, crise finalement résolue après une médiation du président français Emmanuel Macron.

Système électoral

Répartition des sièges par circonscription

La Chambre des députés est l'unique chambre du parlement libanais. Suite à un changement de la loi électorale en juin 2017, ses 128 députés sont élus pour quatre ans au scrutin proportionnel dans quinze circonscriptions de cinq à treize sièges, dont sept circonscriptions subdivisées en districts électoraux. Les électeurs ont également la possibilité d'utiliser un vote préférentiel pour un candidat au sein de la liste qu'ils choisissent. L'ensemble des candidats doivent se regrouper dans ces dernières, composées d'un minimum de trois candidats, ce qui rend impossible les candidatures sans étiquette[1].

En accord avec la pratique libanaise du confessionnalisme politique, les communautés religieuses libanaises se répartissent des sièges réservés dans les différentes circonscription suivant leur poids démographique. La répartition des voix se fait à la proportionnelle. Une fois l'ensemble des bulletins de votes dépouillés, le total des votes valides dans chaque circonscription est divisé par le nombre de sièges à pourvoir, ce qui donne en voix le seuil électoral nécessaire pour qu'une liste obtienne un siège. La répartition des sièges se fait entre les listes ayant atteint ce quorum de manière proportionnelle selon le pourcentage de voix obtenu, puis au sein des listes en accord avec les quota confessionnels et le nombre de vote préférentiel obtenus par les candidats[1].

Pour la première fois, les libanais vivant à l'étranger sont autorisée à participer aux législatives. Bien que la diaspora libanaise soit évaluée à douze millions d’individus, soit le double de la population du Liban même, la plupart ne possèdent plus la nationalité, plusieurs décennies après les vagues d'émigrations ayant touchées le pays, et seuls 82 000 s'inscrivent en 2017. En attendant la mise en application, lors des prochaines législatives en 2022, de la section de la nouvelle loi électorale devant leur attribuer six sièges à part, le vote de ces libanais est comptabilisé dans leurs circonscription d'origine[1].

Campagne

77 listes totalisant 976 candidats dont 111 femmes se présentent face aux électeurs[1],[2].

Analyses

Pour le politologue Ali Mourad, « avant novembre 2017, on entendait parler de la fin du haririsme. Saad Hariri était vu comme un mou, ses rivaux se préparaient à prendre sa suite. Mais l'épisode saoudien, qui s'apparente à une tentative d'assassinat politique, lui a donné la légitimité qui lui manquait. Même s'il recueille moins de voix que lors des précédentes législatives, en 2009, on sait qu'il n'y a pas d'alternative. Ce sera lui le prochain chef de gouvernement. Le Hezbollah a besoin d'Hariri pour assurer la stabilité économique du pays et faire venir les investisseurs, estime Bassam Chabb. Le premier ministre a su se positionner comme la plaque tournante, le tampon entre les Occidentaux et le camp pro-Téhéran. » « Hariri arrange le Hezbollah, il lui permet de jouer son rôle régional sans être dérangé »[3].

Pour le journaliste Sami Kleib, « Le Hezbollah se considère comme le vainqueur de la guerre en Syrie. Il pourrait être tenté d'obtenir les dividendes politiques de cette victoire, en exigeant un accord de gouvernement encore plus à son avantage »[3].

Le 11 mai, le secrétaire général adjoint du Hezbollah, Naïm Kassem, appelle à constituer un « gouvernement d'union nationale »[4].

Résultats

Résultats préliminaires des législatives libanaises de 2018[réf. nécessaire]
Parti Votes % Sièges +/–
Courant du futur 20 Decrease2.svg 13
Courant patriotique libre 24 Increase2.svg 5
Mouvement Amal 17 Increase2.svg 4
Forces libanaises 15 Increase2.svg 7
Hezbollah 13 Decrease2.svg
Parti socialiste progressiste 9 Decrease2.svg 1
Mouvement Azm 4 Nv.
Phalanges libanaises 3 Decrease2.svg 2
Mouvement marada 3 Steady.svg
Parti social nationaliste syrien 3 Increase2.svg
Fédération révolutionnaire arménienne 3 Increase2.svg 1
Association des projets de bienfaisance islamiques 1 Increase2.svg 1
Mouvement pour la dignité 1 Increase2.svg 1
Mouvement pour l'indépendance 1 Increase2.svg 1
Parti démocratique libanais 1 Decrease2.svg 2
Bloc Murr 1 Increase2.svg 1
Parti du dialogue national 1 Increase2.svg 1
Association nasseriste populaire 1 Increase2.svg 1
Parti saaba 1 Nv.
Parti de l'union 1 Increase2.svg 1
Listes indépendantes 15 -
Votes blancs et invalides
Votes valides
Total 100 128 Steady.svg
Abstention
Nombre d'inscrits / participation

Notes et références

  1. a, b, c et d Législatives au Liban : proportionnelle, équilibre confessionnel... un système électoral complexe France24
  2. (en) Record Number of Women Register to Run in Parliamentary Elections naharnet
  3. a et b Benjamin Barthe, « Liban : le premier ministre Saad Hariri, revenant et favori des législatives », sur Le Monde, (consulté le 6 mai 2018)
  4. « Le Hezbollah appelle à la formation d'un gouvernement d'union nationale », L'Orient-Le Jour,‎ (lire en ligne)