Élections législatives lettonnes de 2014

Élections législatives lettonnes de 2014
100 sièges de la Saeima
(Majorité absolue : 51 sièges)
le
Type d’élection élection parlementaire
Corps électoral et résultats
Inscrits 1 552 235
Votants 913 491
58,85 %  −0,6
Votes exprimés 912 553
Votes nuls 938
Nil Ushakov.jpg SSDP – Nils Ušakovs
Voix 209 885
23,00 %
 −5,4
Sièges obtenus 24  −7
Laimdota Straujuma 2014.jpg Unité – Laimdota Straujuma
Voix 199 535
21,87 %
 +3,6
Sièges obtenus 23  −19
Flickr - Saeima - 10.Saeimas deputāts Raimonds Vējonis.jpg ZZS – Raimonds Vējonis
Voix 178 212
19,53 %
 +7,3
Sièges obtenus 21  +8
Raivis Dzintars.jpg NA – Raivis Dzintars
Voix 151 568
16,61 %
 +2,8
Sièges obtenus 17  +3
12.Saeimas deputāts Mārtiņš Bondars (15978820646).jpg LRA – Mārtiņš Bondars
Voix 60 812
6,66 %
Sièges obtenus 8  +8
Inguna Sudraba foto 2014 05a.jpg NSL – Inguna Sudraba
Voix 62 521
6,85 %
Sièges obtenus 7  +7
Premier ministre
Sortant Élu
Laimdota Straujuma
Unité
Laimdota Straujuma
Unité

Les élections législatives lettonnes de 2014 (en letton : 12. Saeimas vēlēšanas) se sont tenues le samedi , afin d'élire les cent députés de la douzième législature de la Saeima[1] .

Bien que le Parti social-démocrate « Harmonie » arrive en tête, le scrutin voit la coalition majoritaire sortante conserver sa majorité absolue en sièges.

Contexte

La dissolution de la Saeima

Le , le président de la République d'alors, Valdis Zatlers, annonce la convocation d'un référendum sur la dissolution de la Saeima. En conséquence, cinq jours plus tard, il est battu lors de l'élection présidentielle par l'homme d'affaires Andris Bērziņš. Il décide alors de fonder un nouveau parti politique centriste et libéral, le Parti réformateur de Zatlers (ZRP).

Le référendum, marqué par 56 % d'abstention, donne au « oui » 94,3 % de suffrages ; la Saeima est alors dissoute et des élections anticipées convoquées pour le 17 septembre. Selon l'article 13 de la Constitution lettone[2], la législature est limitée à trois ans du fait de la dissolution du Parlement.

Victoire du centre droit

Lors du scrutin, le Centre de l'harmonie (SC), coalition de centre gauche pro-Russe, vire nettement en tête avec 28,4 % des voix et 31 députés. Unité, formation du Premier ministre Valdis Dombrovskis, se place troisième avec 20 parlementaires et 18,8 % des suffrages, juste derrière le ZRP, qui totalise 20,8 % des voix et 22 mandats. Le score de l'Alliance nationale (NA), coalition nationaliste qui remporte 13,9 % des suffrages et 14 sièges, lui permet de passer devant l'Union des verts et des paysans (ZZS), dernière force à entrer à la Saeima avec un résultat de 12,2 %, soit 13 élus.

Bien que le SC soit le premier parti de l'hémicycle et le ZRP la première formation du centre-droit parlementaire, c'est à Dombrovskis que le chef de l'État confie le soin de constituer une nouvelle majorité. Ce dernier décide de s'associer avec le parti de Zatlers et la ZZS, ce qui lui assure 55 sièges sur 100. Toutefois, à l'ouverture de la législature, 6 parlementaires du ZRP passent chez les indépendants, mais assurent le gouvernement Dombrovskis III de leur soutien.

Changement de Premier ministre

Le , six jours après l'effondrement d'un supermarché à Riga, le chef de l'exécutif annonce qu'il démissionne afin d'assumer les responsabilités politiques de cette catastrophe. Unité engage alors un bras de fer avec le président Bērziņš en proposant à la direction du gouvernement le ministre de la Défense Artis Pabriks. Le refus catégorique du chef de l'État amène Unité à choisir la ministre de l'Agriculture Laimdota Straujuma, une technocrate qui adhère au parti à cette occasion. Elle est nommée, avec son gouvernement, le , devenant la première femme Premier ministre de Lettonie. Elle reconduit la coalition de son prédécesseur en y ajoutant la NA, ce qui laisse le SC seul dans l'opposition.

Après que le le Parti réformateur (RP, nouveau nom du ZRP) a annoncé constituer des listes conjointes avec Unité en vue des prochaines législatives, le Parti social-démocrate « Harmonie » décide le de se présenter seul lors de ce même scrutin, son allié au sein du SC le Parti socialiste de Lettonie (LSP) faisant le choix de ne pas concourir.

Mode de scrutin

La Saeima se compose de cent députés, élus pour quatre ans au suffrage universel direct suivant les règles du scrutin proportionnel de Sainte-Laguë. Le vote préférentiel est autorisé.

Le pays est divisé en cinq circonscriptions, qui élisent de 32 à 13 députés en fonction de leur population. Seuls les forces politiques remportant au moins 5 % des suffrages exprimés au niveau national sont admises à la répartition des sièges.

Principaux partis et chefs de file

Formation Idéologie Chef de file Résultats en 2011
Parti social-démocrate « Harmonie »
„Saskaņa” Sociāldemokrātiskā Partija
Centre gauche
Social-démocratie, Défense de la minorité russe
Nils Ušakovs
(Maire de Riga)
28,43 % des voix
31 députés
Unité
Vienotība
Centre droit
Libéralisme, conservatisme, social-libéralisme
Laimdota Straujuma
(Première ministre)
18,82 % des voix
20 députés
Alliance nationale
Nacionālā apvienība
Droite
Nationalisme, conservatisme
Raivis Dzintars
(Députés)
13,86 % des voix
14 députés
Union des verts et des paysans
Zaļo un Zemnieku savienība
Centre droit
Écologie, agrarisme
Raimonds Vējonis
(Ministre de la Défense)
12,19 % des voix
13 députés

Résultats

Scores

Élections législatives lettonnes de 2014[3]
Inscrits 1 552 235
Abstentions 638 744 41,15 %
Votants 913 491 58,85 %
Bulletins enregistrés 913 491
Bulletins blancs ou nuls 938 0,1 %
Suffrages exprimés 912 553 99,9 % 100 sièges à pourvoir
Liste Tête de liste Suffrages Pourcentage Sièges acquis Var.
Parti social-démocrate « Harmonie » (SSDP) Nils Ušakovs 209 885 23 %
24 / 100
en diminution 7
Unité (V) Laimdota Straujuma 199 535 21,87 %
23 / 100
en diminution 19
Union des verts et des paysans (ZZS) Raimonds Vējonis 178 212 19,53 %
21 / 100
en augmentation 8
Alliance nationale (NA) Raivis Dzintars 151 568 16,61 %
17 / 100
en augmentation 3
Association lettonne des régions (LRA) Mārtiņš Bondars 60 812 6,66 %
8 / 100
en augmentation 8
Du cœur pour la Lettonie (NSL) Inguna Sudraba 62 521 6,85 %
7 / 100
en augmentation 7
Autres listes Néant 50 020 5,48 %
0 / 100

Analyse

Bien qu'il soit de nouveau en tête, comme en 2011 avec le Centre de l'harmonie, le Parti social-démocrate « Harmonie » connaît une forte chute, puisqu'il abandonne 7 mandats parlementaires et ne compte que 10 300 voix d'avance sur Unité. Le parti de la Première ministre améliore son score par rapport aux précédentes élections, mais son nombre de députés est inférieur de 19 au total obtenu en 2011 entre lui et le Parti réformateur ; cette alliance n'a donc pas réellement fonctionné. En revanche, les deux autres forces gouvernementales progressent, l'Union des verts et des paysans n'étant pas loin de retrouver son haut niveau de 2010 en frôlant la barre des 20 % des voix, tandis que l'Alliance nationale n'a aucune difficulté à dépasser les 15 %. Dans l'ensemble, les partis de la majorité sortante totalisent 58 % des suffrages et 61 sièges à la Saeima.

Enfin, comme à presque chaque élection depuis 1990, deux nouvelles formations entrent sur la scène parlementaire. L'Association lettonne des régions, parti centriste qui avait un accord avec le Parti social-démocrate du travail letton (LSDSP), obtient 8 élus bien qu'elle remporte 1 700 suffrages de moins que l'autre nouvelle entité, Du cœur pour la Lettonie, force conservatrice créée par l'ancienne auditrice générale Inguna Sudraba.

Notes et références

  1. (en) « Saeima Elections », sur Central Election Commission of Latvia (consulté le 5 juin 2014).
  2. « La Constitution de la République de Lettonie », sur saeima.lv.
  3. (lv) « 12.Saeimas vēlēšanas », sur sv2014.cvk.lv (consulté le 9 décembre 2015).

Voir aussi

Articles connexes