Élections législatives kirghizes de 2015

Élections législatives kirghizes de 2015
Les 120 sièges Zhogorku Kengesh
Beshimov 2008 parliament.jpg Parti social-démocrate du Kirghizistan – Bakyt Bechimov
Voix 430 661
27,44 %
 +12,9
Sièges sortants 51
Omurbek Babanov, October 2011.jpeg Respoublika Ata-jourt – Ömürbek Babanov
Voix 315 114
20,07 %
 −9,1
Transparent flag waving on Infobox grey background.svg
Ata-Meken – Ömürbek Tekebaev
Voix 121 723
7,75 %
 −2,4
Sièges sortants 25
Felix Kulov 22 September 2010.jpg Ar-Namys – Felix Koulov
Voix 12 479
0,79 %
 −13,2
Sièges sortants 26
Premier ministre
Sortant Élu
Temir Sarïev
Akshoumkar
Temir Sarïev
Akshoumkar

Les élections législatives kirghizes de 2015 ont eu lieu le pour élire les 120 sièges du Zhogorku Kengesh.

Système électoral

Article détaillé : Élections au Kirghizistan.

Les élections du 4 octobre 2015 se déroulent dans le cadre d'une nouvelle loi électorale amendée en 2015.

Les élections se font par scrutin proportionnel plurinominal, les sièges sont attribués à tous les partis qui obtiennent plus de 7 % des voix et plus de 0,7 % dans chacune des neuf provinces, plafonné à 65 sièges par parti[1]. Chaque parti doit présenter au moins 35 % de femmes, 15 % de moins de 35 ans, 15 % de candidats issus des minorités ethniques et deux personnes handicapées.

L'OSCE[2] et la Commission de Venise estimaient dans un avis de 2014 que certaines dispositions de la loi électorale étaient insuffisamment démocratiques. Selon eux, le maximum de 65 sièges au Parlement et le double seuil portaient atteinte au principe d'égalité des votes. Les multiples limitations au droit de vote (toute personne emprisonnée notamment) et au droit des partis de se porter candidats sont également soulignés. Il apparaît en effet que sur les 34 partis ayant déposé une demande de candidature seuls 14 aient été admis à concourir.

Contexte

Depuis les élections législatives de 2010, le pays est marqué par une forte instabilité politique qui a vu se succéder pas moins de cinq chefs de gouvernement. Cette instabilité est liée aux larges coalitions nécessaires à l'obtention d'une majorité, par nature instables. Si à l'issue des élections de 2010, une coalition Ata-Jourt (conservateur), SPDK (social-démocrate) et Respoublika avait permis l'élection de M. Atambaiev (SPDK) au poste de Premier Ministre[3], les partis conservateurs et nationalistes Ata-Jourt et Respublika quittent tour à tour la coalition pour l'opposition après la victoire de M. Atambaev contre le candidat du parti Ata-Jourt à l'élection présidentielle de 2011. Courant 2015, le chef de gouvernement de la nouvelle coalition Ata-Meken (gauche progressiste), Ar-Namys (conservateur) et PSDK démissionne sous fond de scandale de corruption sur la gestion de la mine d'or de Koumtor[4].

Campagne

Sujets de campagne

  • Le thème de la corruption est au cœur de la campagne électorale. La lutte contre la corruption apparaît dans les sondages comme une préoccupation majeure des électeurs[5]. En outre, des accusations d'achat de vote font notamment irruption au cours de la campagne[6].
  • La crise économique est également un enjeu central des élections, le Kirghizistan étant touché par la crise monétaire russe.
  • La stabilité politique et sécuritaire sont également l'objet de la campagne, profitant en particulier au SPDK. En effet, le Président Atambaiev prend parti en faveur du SPDK afin de pouvoir mener à terme son programme présidentiel et estime publiquement que plus de stabilité politique nécessite d'avoir moins de partis représentés[7]. En outre, les motifs de sécurité pousseraient la minorité Ouzbek, persécutée sous le régime nationaliste, à voter pour le SPDK[8].

Déroulement de la campagne

Selon le Conseil de l'Europe[9] et l'OSCE, la campagne s'est globalement déroulée de façon régulière, calme et pacifique. Toutefois, ils soulignent que du fait de l'absence de plafond de dépenses de campagne les financements aient été peu transparents et exorbitants.

Résultats

Résultats des législatives kirghizes de 2015
Partis Voix  % Sièges +/-
PSDK 435 968 27,35 38 en augmentation 12
Respoublika - Ata-jourt 320 115 20,08 28 en diminution 23
Boutoun Kirgizistan 206 094 12,93 18 Nv
Onuguu-Progrès 148 279 9,30 13 Nv
Bir Bol 135 875 8,52 12 Nv
Ata-Meken 123 055 7,72 11 en diminution 7
Butun Kyrgyzstan–Emgek 97 869 6,14 0 en stagnation 0
Zamandash 43 405 2,72 0 en stagnation 0
Uluu Kyrgyzstan 23 899 1,50 0 Nv
Ar-Namys 12 807 0,80 0 en diminution 25
Autres partis (4) 34 051 2,14 0 -
Aucun d'entre eux 12 428 0,78 - -
Votes valides 1 626 255 98,05
Votes blancs ou invalides 32 410 1,95
Total 1 658 665 100 120 =
Abstention 1 102 632 39,93
Inscrits/Participation 2 761 297 60,07

Victoire du PSDK et nouvelle coalition

Nouvelle composition du Conseil Suprême.

Le PSDK remporte l'élection avec 27 % des voix, gagnant 12 sièges de plus que lors de la précédente mandature. Les partis d'opposition Respublika-Ata-Jourt, qui ont fait liste commune sont second avec 20 %. Le scrutin représente ainsi une victoire pour le Président Atambaiev. La chambre est composée de 19 % de femmes contre 23 % en 2010[10].

Du côté de la coalition, le scrutin voit l'effondrement du parti conservateur Ar-Namys qui n'obtient aucun siège et la persistance, bien qu'en baisse, du parti de gauche Ata-Meken. Deux nouveaux partis font leur entrée au Parlement : le parti Onuguu–Progress , libéral et pro-entreprises et le parti Bir-Bol, constitué de technocrates.

Une nouvelle coalition est formée par le PSDK avec Ata-Meken, le parti Kyrgystan et Onuguu-progress.

Condition de déroulement de l'élection

Selon certains commentateurs[7], ces élections sont les plus régulières de l'histoire de l'Asie-centrale. Elles confirment le tournant démocratique du pays pris après la révolution de 2010.

Les observateurs internationaux (OSCE, Conseil de l'Europe) estiment que le scrutin s'est déroulé de façon globalement calme et régulière dans 95 % des bureaux de vote[11]. Ils notent toutefois quelques irrégularités : des procédures de vote non respectées, des atteintes au secret du vote ou des problèmes d'inscription sur les listes électorales. En outre, la généralisation du contrôle biométrique du vote, qui constitue en soi une avancée, n'a pas fait l'objet d'une information suffisante et a limité l'exercice du droit de vote des électeurs n'ayant pas fait leur passeport biométrique, en particulier dans les régions éloignées.

Notes et références

  1. (en) Reuters Editorial, « rapport du conseil de l'Europe, page 4 », sur Reuters, (consulté le 3 juin 2015).
  2. (en) « avis de l'OSCE », sur osce.org.
  3. (en) « IPU PARLINE database: KYRGYZSTAN (Jogorku Kenesh), ELECTIONS IN 2010 », sur ipu.org (consulté le 26 novembre 2015).
  4. « Le premier ministre kirghiz démissionne », sur novastan.org (consulté le 26 novembre 2015).
  5. (en) « IRI Kyrgyzstan Poll: Majority Intend to Vote in Elections despite Concern over Corruption and Unemployment | IRI », sur iri.org (consulté le 26 novembre 2015).
  6. (en) « Rapport de l'OSCE, », sur osce.org.
  7. a et b (en) Peter Leonard, « Kyrgyzstan: Clean Election Produces Messy Result », EurasiaNet,‎ (lire en ligne).
  8. (en) Peter Leonard et Joanna Lillis, « Kyrgyzstan: Nation Awaits Results as Hi-Tech Election Sets New Standard for Region », EurasiaNet,‎ (lire en ligne).
  9. « Observation des élections législative, Assemblée du Conseil de l'Europe », sur assembly.coe.int.
  10. (en) « IPU PARLINE database: KYRGYZSTAN (Jogorku Kenesh), Last elections », sur ipu.org (consulté le 26 novembre 2015).
  11. (en) « Rapport de l'OSCE, page 3 », sur osce.org.