Élections législatives cambodgiennes de 2018

Élections législatives cambodgiennes de 2018
125 sièges de l'Assemblée nationale
Composition de l'assemblée élue
Diagramme

Les élections législatives cambodgiennes de 2018 se déroulent le 29 juillet 2018 afin de renouveler les 125 membres de l'Assemblée nationale du Cambodge.

Le Parti du peuple cambodgien, après avoir fait interdire les principaux partis d'opposition, se présente contre une myriade de petits partis lui étant favorables, et remporte sans surprise le scrutin en décrochant la totalité des sièges.

Élections législatives cambodgiennes de 2018

Sommaire

Mode de scrutin

L'Assemblée nationale est la chambre basse du parlement bicaméral du Cambodge. Elle est composée de 125 sièges (123 au précédentes élections) dont les membres sont élus pour cinq ans au scrutin proportionnel de liste dans vingt cinq circonscriptions de 1 à 18 sièges correspondants aux provinces cambodgiennes plus la capitale[1]. Le scrutin se tient avec des listes fermées et les résultats en voix conduisent à une répartition des sièges sur la base du quotient de Hare et selon la méthode de la plus forte moyenne[2].

Situation politique

Le Cambodge vit actuellement sous un régime autoritaire. Le Parti du sauvetage national du Cambodge, le principal parti d'opposition, a été interdit fin 2017. Kem Sokha, chef de l'opposition parlementaire, a été arrêté et inculpé de complot contre le régime avec l'aide des États-Unis en septembre 2017[3]. Sam Rainsy, précédent chef de l'opposition, est interdit de retour au pays. La presse indépendante n'existe presque plus : le Cambodia Daily a été fermé en 2017, et le Phnom Penh Post a été vendu en mai 2018 à une entreprise proche du Premier ministre Hun Sen. En 2017 également, une trentaine de chaînes de radio, dont l'antenne locale de Radio Free Asia, ont été fermées par les autorités. Les journalistes travaillent dans un climat d'intimidations de la part du gouvernement[4]. Suite à la dissolution du principal parti d'opposition, l'Union européenne et les États-Unis ont suspendu l'aide pour l'organisation des élections, considérant que le scrutin « ne peut être considéré comme légitime »[5]. L'ONG Human Rights Watch dénonce une parodie de démocratie et la partialité politique de la Commission nationale électorale[6].

Résultats

Les résultats préliminaires annoncés par la Commission électorale nationale (Cen) peu après le scrutin attribue 114 sièges au Parti du peuple, 6 au FUNCIPEC, et 5 à la Ligue pour la démocratie. Le 15 août, néanmoins, la Cen divulgue les résultats définitifs, dans lesquels Le parti du peuple remporte l'ensemble des sièges au parlement.

Résultats des législatives cambodgiennes de 2018[7],[8]
Parti Votes % Sièges +/–
Parti du peuple cambodgien 4 875 189 76,78 125 Increase2.svg 57
FUNCINPEC 373 526 5,88 0 Steady.svg
Ligue pour la démocratie 308 292 4,86 0 Steady.svg
Parti khmer de la volonté 212 409 3,35 0 Nv
Parti national khmer uni 99 320 1,56 0 Nv
Parti de la démocratie populaire 70 291 1,11 0 Nv
Parti social démocrate de la ruche 55 912 0,88 0 Nv
Parti khmer anti pauvreté 55 404 0,87 0 Steady.svg
Parti des khmer unis 52 407 0,83 0 Nv
Parti de la nationalité cambodgienne 45 322 0,71 0 Steady.svg
Parti khmer républicain 41 530 0,65 0 Nv
Parti de la jeunesse cambodgienne 39 323 0,62 0 Nv
Parti dharmacracy 29 121 0,46 0 Nv
Parti khmer du développement économique 23 260 0,37 0 Steady.svg
Parti khmer debout 21 900 0,34 0 Nv
Parti ponleu thmey 13 540 0,21 0 Nv
Parti de la démocratie indigène 10 409 0,16 0 Nv
Notre patrie 9 141 0,14 0 Nv
Parti républicain démocrate 8 757 0,14 0 Steady.svg
Parti reaksmey khemray 4 336 0,07 0 Nv
Votes valides 6 349 389 91,41
Votes blancs et invalides 596 775 8,59
Total 6 946 164 100 125 Increase2.svg2
Abstention 1 434 153 17,83
Inscrits / participation 8 380 317 82,17
125
CCP

Analyses

Pour Sam Rainsy, exilé en France, « le régime a pris en otage tous les cambodgien ». Fort du soutien de Pékin, Hun Sen se soucie peu des critiques occidentales mais après cette victoire à la soviétique se donne le luxe de libérer quelques opposants ayant sollicité un pardon royal humiliant[3].

Notes et références